Saturday, June 16, 2007

Game boys

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J'étais contre, à fond contre, radicalement opposée. Position de principe inflexible. J'ai vu trop d'enfants, y compris mon frère, tellement omnubilés par leur petit écran qu'ils en devenaient stupides, incapables de parler, de voir, d'entendre. Enfermés dans la cellule étroite et solitaire de leur jeu mécanique et répétitif.
Alors, quand mon beau-père a voulu offrir à Dudie pour ses 5 ans une game boy, j'ai fait ma méchante, mis mon veto et intercepté le paquet. Pendant un an, il est resté enfermé dans mon placard, sans que son propriétaire n'en connaisse même l'existence. Et puis nous avons déménagé...
De Memphis à notre nouvelle maison, il y avait 3 jours de route et j'ai repensé à l'objet maléfique, toujours emballé. Il est ressorti de sa cachette, et je dois avouer que j'ai découvert ses vertus insoupçonnées, quand je me suis rendu compte qu'il aidait grandement mes petits zèbres de 7 et 4 ans et demi à supporter le long et monotone voyage.
Dès lors, la GB est devenue notre compagne de voyage, l'indispensable accessoire des longues heures d'avion et des trajets en train. Dans la vie quotidienne, elles (évidemment, elles se sont multipliées, c'est bien joli le "chacun son tour", mais ça va un temps) disparaissaient de la circulation.
Jusqu'au moment où nous avons commencé à chercher une maison à acheter. La GB est redevenue une aide précieuse, qui nous a permis, week-end après week-end, de charger les garçons dans la voiture et de partir pour d'interminables visites sans qu'ils s'impatientent, ni ne manifestent leur faim, leur soif ou autre petit soucis (oui, l'objet maléfique a pour effet secondaire étonnant d'anesthésier la sensation des besoins naturels, au point de nous valoir quelques mésaventures et flaques quand Paolo s'est rendu compte - trop tard - qu'il avait vraiment besoin de faire pipi)
Maintenant, il est devenu de plus en plus difficile de réserver cet objet honni aux seuls voyages. Ils clament et réclament, sont prêts à "faire du français" (c'était ma condition - que je pensais dissuasive) pour une petite demi-heure de screen time. Et, lorsque Thomas, le meilleur copain de Dudie, est arrivé avec un cordon magique qui permet de relier deux GB pour pouvoir jouer ensemble, que voulez-vous, je n'ai pas pu dire non...
Cela dit, étant la marâtre que je suis, au bout de 20 mn (j'avais mis le minuteur), j'ai exigé l'extinction des écrans et je les ai envoyés dehors se rafraîchir les idées.


Il faut dire qu'il a fait chaud...


[Je fais des rénovations sur le blog, peinture fraîche, etc. J'ajoute des décorations - liste de mes blogs chouchous -, je repeins les murs, mais tout cela met du désordre: j'ai perdu la liste des commentaires récents, dans ma colonne de gauche, et ne semble pas pouvoir remettre la main dessus; l'espace entre les lignes dans les billets est devenu très aléatoire... Je continue mes réparations bloguesques, entre deux cartons dans la vraie vie, et j'espère avoir mis un peu d'ordre avant de quitter les lieux la semaine prochaine!]

5 comments:

Anonymous said...

J'ai bien ri en lisant ton message, nous sommes tous (toutes) pareilles. Chez nous, c'est plutôt le père qui a fait opposition formelle à un cadeau de la marraine de Quentin pour ses 15 ans. Elle voulait lui offrir un jeu PC du nom de Age of Empires. Il a refusé catégoriquement. Six mois plus tard, il a donné son feu vert à Noël, sous prétexte de s'être mieux renseigné sur le côté éthique du jeu. Depuis, presque tous les soirs, ils jouent seuls, ensemble, en réseau, avec des copains. Ils mobilisent deux PC et ne nous adressent plus la parole pendant des heures. Mais "ton fils développe des qualités organisationnelles et stratégiques incroyables".... :-)

Anonymous said...

Ouf j'ai encore qq annees devant moi avant de devenir la maratre de la GameBoy!

PS Tu rentres en France dans une semaine? Tu vas blogger de la-bas j'espere?

Anonymous said...

Mes parents ont toujours encadré notre pratique des jeux vidéo et je garde des très bons souvenirs de parties avec mes frères et soeur - pour moi c'étaient des moments de sociabilité et de complicité et aujourd'hui que je n'ai plus besoin de partager ma console avec quiconque, ben, ça me manque! Comme quoi - c'est une banalité, je sais - je dirais que tout est une question de mesure ;))

Lola said...

Ce qui me dérange le plus, dans l'usage intensif de la GB, c'est l'isolement de ces gamins qui trimballent partout leurs engins de malheur et se coupent systématiquement du monde, où qu'ils soient. J'avoue que ça ne fait pas du tout le même effet de les voir jouer ensemble (comme c'est le cas sur une console de jeux, non?). Mais je reste agrippée à mes principes à l'ancienne et le "screen time" (que ce soit ordinateur, GB ou DVDs) est toujours limité. Quant à la télé... nous ne l'avons pas, ce qui simplifie les choses.

Oui, Maurine, je pars à la fin de la semaine en France, pour un mois, sans ordinateur, ce qui signifie probablement pas de blog... Sevrage obligé, mais je reviendrai (j'espère) avec plein d'idées et de photos!

Anonymous said...

Nous non plus, nous n'avons pas la télé. Mais les DVD et le PC la remplacent largement :-)
Lola, je te souhaite de très très bonnes vacances. Profite bien de ce bain d'en France ou d'enfance, as you wish. Moi aussi, plus que 15 jours et je m'offre 3 semaines de Provence. A très vite...