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Depuis une semaine, je ne touche plus terre. Mes élèves de AP Litérature vont passer leur exam demain. Je n'ai fait que ça depuis une semaine: les préparer. Faire des synthèses, des rappels, des précisions, des ajouts. Encourager, interroger, me désespérer (secrètement) (quand, vendredi dernier, ils m'ont tous dit comme un seul homme que Louise Labé était un auteur du 17e siècle), rattraper le coup (et en remettre une couche sur le Pétrarquisme, tant qu'on y est), féliciter.
Aujourd'hui, pas de cours, un survol général, les dernières recommandations (ne commencez pas à écrire votre essai sans avoir défini une problématique; et souvenez-vous, on dit EN même temps, pas *au même temps - je ne sais pas pourquoi les Anglophones ont tant de mal avec cette expression), et les félicitations d'usage (C'est les brettes! C'est les brettes!) C'est vrai que je suis fière d'eux, oh combien, quand je vois le chemin parcouru en quelques mois. L'année dernière, ils apprenaient le français, le subjonctif, l'accord du participe passé. Cette année, ils lisent, écrivent, décrivent, analysent, organisent leurs idées en français. Ils pensent en français. Et, quelle que soit leur note à l'examen, je leur tire mon chapeau. Ils ont travaillé dur pour moi, avec moi. Cette dernière semaine, j'ai passé plus de temps avec ces 6 élèves qu'avec ma famille. Paolo, quand je suis rentrée de ma session de révision, dimanche après-midi, m'a dit: "Je ne t'ai pas vue de tout le week-end..." Et c'était vrai.
(Bien sûr, cela n'arrange rien que j'ai décidé de monter une pièce de théâtre avec une autre classe, pour le festival qui aura lieu dans 10 jours... Alors, forcément, entre révisions et répétitions, je ne suis pas souvent à la maison, ces jours-ci.)
Ce soir, j'ai été prise par l'envie frénétique de me mettre à réviser, de relire mes notes, de m'assurer que j'étais prête. Mais, bon sang, ce n'est pas moi qui vais passer cet examen! J'en fais un peu trop, non? Pourquoi ce besoin de m'investir autant, pourquoi est-ce que la réussite de mes élèves compte-t-elle tant pour moi?
Toute la semaine, j'ai tenu, malgré mon déficit de sommeil, et le stress croissant (ah, et je ne parle même pas de l'homme qui est entré en pleine crise "problèmes liés à l'achat d'une maison", et qui peut difficilement m'adresser la parole sans se mettre à hurler), j'ai tenu, portée par l'exaltation des veilles d'exam. High on stress. Energie purement nerveuse, mais j'ai accompli (à peu près) ce que je m'étais fixé. Demain, je sens que je vais retomber comme un vieux soufflé. Gare à la descente.


2 comments:
Hmm, c'est ce que je déteste le plus, ce coup de cafard après l'effort, alors qu'on devrait savourer le calme retrouvé...
(Prévois-toi un truc agréable à faire, un livre, un film... ça marche pour moi et ça m'évite de (trop) ruminer...)
Ah, mais j'ai de la famille qui débarque de France demain, pas le temps de souffler! (ni celui de déprimer non plus, remarque)
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