Un mardi à faire des aller-retours entre l'école et la maison.
Un trajet pour nous amener, Paolo et moi, à l'école.
Un trajet pour aller chercher l'aîné que j'ai laissé dormir ce matin, parce qu'il avait été bien malade hier.
Un trajet pour ramener à la maison le même enfant parce que l'infirmière ne veut pas le voir à l'école - 24 heures à la maison sans symptomes avant de revenir en classe. (Et je ne peux même pas prétendre qu'il n'a pas vraiment été malade, puisque c'est à l'infirmerie qu'il a vomi abondamment lundi après-midi...) Il va mieux, pourtant. Il râle un peu de devoir rater une répétition deux jours d'affilée, mais il n'est pas mécontent de passer l'après-midi tout seul à la maison - une première.
Retour à l'école pour finir mes cours de la journée et attendre Paolo qui se déclare "not feeling too good", mais insiste pour aller à son club de lego robotics. Comme quoi, il a le sens des priorités, cet enfant.
Dernier trajet, il fait nuit, nous rentrons à la maison. Paolo me fait remarquer qu'il n'a pas vu son frère de la journée (Dudie dormait quand nous sommes partis ce matin), ce qui n'arrive jamais. Je lui demande s'il lui a manqué, mais j'anticipe la réponse: "Je suis sûr que moi, en tout cas, je ne lui ai pas manqué!"
Et puis nous nous disputons à propos de la session de lego robotics de vendredi à laquelle il ne pourra pas assister - Mais il y aura des pizzas! Et le voilà qui crie et pleure dans la voiture. Je me tais, il se calme.
Il ne nous reste que quelques minutes avant d'arriver. Nous écoutons la pluie tout autour de la voiture en silence.
...

5 comments:
"je me tais, il se calme"
ça c'est de la stratégie
je l'utilise de plus en plus...
souvent je viens le mercredi tôt, vérifier que vous êtes bien "passé du mardi"
ça a du bon les jalons...
J'étais tellement fatiguée, j'ai failli zapper mon mardi, hier soir...
Oui, la stratégie du calme opposé à leurs tempêtes m'est de plus en plus utile. Ils se déchaînent en ce moment, et si je fais dans la surenchère, nous escaladons rapidement les échelons de la Crise Monumentale. Mais parfois il est difficile de trouver en moi ce petit coin tranquille où me retirer pour regarder de loin leur colère.
J'aime bien la photo,
elle me rappelle mon plus jeune fils entrant en maternelle tous les matins, tête en avant, épaule rentrées.
Parfois un truc ridicule marche pour rester silencieuse et calme lorsqu'ils crient: je pense à quand ils seront plus grands, partis de la maison !
Merci pour les repères quant aux activités, je vais continuer à donner!
Je crois qu'on réagis toutes sur la même chose: ces deux dernières phrases sont magiques "Je me tais, il se calme. Il ne nous reste que quelques minutes avant d'arriver. Nous écoutons la pluie tout autour de la voiture en silence.
Il n'avait pas trop d'entrain, l'enfant encore un peu mal en point, pour retourner à l'école... (Grâce à l'infirmière, il en est vite reparti!)
Notre vie en ce moment est très bruyante, trop pleine de cris, de mots, de chants guerriers, de harangues apprises par coeur qu'ils aiment à s'asséner. Alors quand le silence, brièvement, nous enveloppe, nous sentons combien la fatigue et la tension nous tiennent dans leur carcan. Et nous nous laissons aller à un calme temporaire, un moment entre parenthèses.
Post a Comment