Thursday, November 25, 2010

Thankfully

...
Je n'ai jamais reçu autant de fleurs que ces derniers jours. C'est pourtant une toute petite opération. Mais celles qui savent et celles qui ne savent pas que j'ai besoin de leur soutien au-delà de cet épisode médical m'entourent pareillement. Celle qui m'a accompagnée à l'hôpital, qui m'a téléphoné tous les jours, texté plusieurs fois par jour, qui m'a apporté des bouquets et des gâteaux; celle qui est venue me chercher après l'opération, qui a récupéré mes enfants et est allée me chercher les médicaments à la pharmacie; celle qui m'a apporté un pot de thym, de sauge et de romarin et qui a pris les garçons pour toute une après-midi (avec un match du Barça en plus, et 8-0 pour couronner le tout!); celle qui m'a envoyé 3 cartes en 3 jours (et un e-mail); mon chef qui a fait livré un bouquet orange et blanc.
Else aussi est passée, avec un bouquet et un panettone, parce qu'elle sait que j'adore ça. La distance qu'elle a mise entre nous depuis quelques semaines se maintient malgré tout.

Alors, maintenant que Thanksgiving est passé, je fais le tour de tous ces gestes, de tous ces mots, les leurs, les vôtres, et je me dis que j'ai de la chance.
Traditionnellement, au repas de Thanksgiving, on demande:
What are you thankful for
?

Cette année, l'atmosphère était pesante, l'aspect vaguement festif maintenu bizarrement par celui qui a toujours proclamé qu'il détestait les traditions en tous genres, et la conversation avançait prudemment pour éviter les écueils. Personne n'a posé la question.

I am thankful for my friends, who, over the years, have been there for me again and again, even when I didn't know it, when I didn't realize it. Now that I need them, they are around me, they hold me up above the water. I am so thankful for my friends. Where would I be without you?

11 comments:

Otir said...

Cette année, cette Thanksgiving m'aura moi aussi permis beaucoup de réflexions sur l'importance de nos réseaux, leur proximité, et leur nécessité.

Lorsque j'ai lu ici que tu devais subir une opération, ce fut mon premier réflexe, à l'américaine, de t'envoyer quelque chose.

Que je ne l'aie pas fait n'enlève rien aux pensées et intentions que j'en ai eu, mais je pense que rien ne vaut la véritable intention palpable, celle qui a été déposée à ta porte, et les intentions de ton voisinage.

Je ne me souviens pas qu'en France, il y avait une telle solidarité de village. Ces traditions de secours ici font partie des mille et petites choses qui me font aimer rester.

Bonne continuation de ta convalescence !

Lita said...

Lola, je suis venue un jour "chez vous" presque par hasard et puis...Peu à peu je suis devenue fidèle. Tant de choses résonnent en moi en vous lisant (ou en vous devinant) ( ou en croyant vous deviner !). C'est le première fois que je me manifeste parce là...Je vous envoie une pensée affectueuse du 15ème arrondissement, tout tout près de la rue Saint-Charles. Bon courage.

Christie said...

quelle question ?

Ori said...

J'ai oublié de te le dire!
Bon rétablissement!

Lola said...

Christie, la question est : What are you thankful for?
...
Otir, c'est l'intention qui compte, alors merci!
Et tu as raison, cette étonnante solidarité est attachante. Ne serait-ce que cette tradition des cartes que l'on envoie à tout bout de champ, pour dire: "Je pense à toi" (je suis très mauvaise à ce jeu, j'y pense et puis j'oublie...) Et tous ces gestes pour offrir un peu de réconfort, de soutien - il est vrai que je n'ai jamais connu d'équivalent en France. Ce réseau a tissé au fil des ans sa toile invisible autour de moi et tout à coup, parce que j'ai besoin d'aide, les fils se resserre, deviennent tangibles, conducteurs - et me voilà émue, toute bouleversée de me savoir si bien entourée.
...
Lita, merci de vos mots gentils et merci de sortir de l'ombre! Ah, mon quinzième arrondissement, il me manque... (Savez-vous par hasard si Zola Color a déjà installé sa vitrine de Noël?)
...
Ori, merci! C'est en bonne voie...

lady b said...

J'aime lire l'émotion , la flexion aux témoignages de soutien (culturels, sincères, spontanés, tout cela) et toujours votre humour, souvent auto-critique ;)
J'ai connu ce soutien dans un petit village (et le pendant des critiques!) et surtout en Grèce,
ce naturel surprend ma belle-famille, nos connaissances dans notre petite ville provinciale mais ils ont l'air d'apprécier, finalement alors je continue et les enfants aussi!
Je vous souhaite de bonnes lectures parfumées.

Lita said...

Zola Color (quel scandale !) ne nous offre plus ses merveilleuses ;-) vitrines de Noël...J'en faisais la réflexion la semaine dernière à mon dernier fils de 13 ans devant un pauvre père Noël riquiqui qui s'ennuie manifestement à monter et descendre le long d'une echelle ridicule ! Et de nous réjouir d'avoir pu, toute son enfance, coller nos nez à ces vitrines enchantées... Et oui...mais je vous envoie le manège sur la place qui lui reste fidèle au poste !

samantdi said...

Bonne convalescence Lola ! Je pense que tu reçois tous ces témoignages d'affection et de soutien parce que tu es une chouette jeune femme sympathique... parce que tu le vaux bien :-)

verveine said...

Précieuse amitié.

Akynou said...

Otir et Lola, moi je peux témoigner de la solidarité des gens. Pas dans un village, à Paris, quand je me suis retrouvée à la rue et que plein de gens m'ont aidé, dont certains que je ne connaissais même pas et qui avaient été émus par mon histoire.
Et c'est vrai que j'ai un immense sentiment de gratitude vis-à-vis de toutes ces personnes.Je pense que la solidarité ne s'exprime pas forcément de la même manière d'un pays à l'autre. En France, on ne fait sans doute pas de petit mot, des cartes. Mais quand il y a besoin de quelque chose, il y a toujours un bras, une main qui se tend.
Lola, je te souhaite une bonne convalescence, pour tout

Lola said...

C'est vrai, Akynou, et heureusement!, la solidarité existe partout sous des formes différentes. Je ne voudrais pas caricaturer: je sais le soutien dont ont bénéficié bien des gens de ma famille dans des moments difficiles. Et tu es un exemple magnifique d'une mobilisation de solidarités autour de toi et de tes filles au moment où tu n'aurais guère pu t'en sortir sans l'aide et les soutien des autres.
Il me semble cependant que la solidarité ici est plus organisée (j'aime le mot "réseau" qu'affectionne Otir), elle est culturellement intégrée et non le fait d'individus qui réagissent avec leurs coeurs à des situations difficiles. Je me trompe peut-être.
D'une manière ou d'une autre, ce que j'avais envie de célébrer, c'est la chaleur qui émane de ces mains qui se tendent. Je sais que tu comprends.