Monday, December 31, 2007

Hope

Quand nous avons déménagé, cet été, j'ai trouvé quelque part, mais je ne sais pas exactement où, un grigri. Je ne sais pas d'où il vient. Je ne sais pas de quand il date. Je ne connais pas son destinataire. Mais il porte un message que j'ai fait mien, et je ne m'en sépare plus.
Le plus souvent, je le porte au poignet. Personne ne le remarque.

Maintenant que mes cheveux sont plus longs, je m'en sers aussi parfois pour les attacher.
Je fais attention, je voudrais le garder.

Je vous souhaite - et je me souhaite - de ne jamais le perdre en 2008.

Soyez le plus heureux possible.

Sunday, December 30, 2007

My own little Christmas


Il s'est installé sans bruit sur le canapé. Tout est prêt, mais pas moi à me réveiller, j'ai fini à une heure du matin. Je le sens, je devine sa silhouette menue et silencieuse. Je demande: "Qui est là?". Il me répond, bien sûr: "C'est moi". J'arrive encore à distinguer leurs voix, même si elles se ressemblent de plus en plus. Il me dit: "Vous n'êtes pas obligés de vous lever, j'attends". Et il attend, et attend et attend.

Au pied du lit duquel je n'arrive pas à m'arracher, il y a ce que je préfère, la promesse, les paquets encore enveloppés, les rubans, les noms sur les étiquettes.

Je finis par me lever, puis les autres après moi ... sauf Paolo plongé dans un sommeil infini. Dudie n'en peut plus d'attendre, il compte et recompte les cadeaux (un nombre exhorbitant...), il tourne en rond, fait de plus en plus de bruit, mais rien n'y fait: Paolo semble hors d'atteinte. Pour passer le temps, je fais un pain à la citrouille et au gingembre, nous grignotons les biscuits aux épices laissés par le Père Noël (Dudie a repéré ceux qu'il a emportés: un sapin et un bonhomme et un coeur), on allume le feu. Enfin, à 10h et demie, j'essaie de sortir mon doux des bras de Morphée. Il n'y arrive pas, ouvre les yeux, les referme ... Il faudra que toute la famille défile devant sa couette pour qu'il en sorte enfin. Et c'est les yeux embrumés de sommeil qu'il découvre ...

Ils s'arrêtent un instant, ne savent pas bien par où commencer. Et puis ils commencent: euphorie du papier déchiré.

Quand tout est ouvert, je sens bien leur désarroi. C'est tout et c'est trop en même temps. On enchaîne sur le petit déjeuner, mais ils s'échappent déjà pour revenir à leurs nouveaux trésors. Il s'agit maintenant de se les approprier.

Plus tard, bien plus tard, le déjeuner de Noël... Je me souviens du réveillon qui a eu lieu hier soir, là-bas, sans nous. Ni ma mère ni moi n'en parlons vraiment, mais nous y pensons. Nous avons eu des échos par le téléphone. Oui, ça s'est bien passé (trêve de Noël ), le foie gras était bon, le gigot d'izard très réussi. Tiens, je n'ai pas demandé si la traditionnelle querelle du Saint Honoré a eu lieu cette année.

L'après-midi s'étale tranquillement. J'ai essayé mon nouveau pantalon et celui qui l'a commandé pour moi au Père Noël s'étonne (s'irrite presque): "Mais c'est la même taille que celui de l'année dernière [et de l'année précédente], et la même marque, il devrait t'aller!" Ah, mais voilà, il m'est trop grand, tu n'as pas remarqué que j'ai changé de taille?... Il faudra le changer.

Le jour baisse, mais je décide de partir en balade. Il faut un peu pousser les garçons, ils protestent, mais finalement, nous nous emmitouflons et ils se lancent dans une opération "nettoyage de la nature" qui les occupent tout le long du chemin. Ils remplissent un plein sac de cannettes, de papiers et des sacs de chips.

Nous rebroussons chemin quand la nuit tombe. Noël est fini pour cette année.


Thursday, December 27, 2007

Signs of Christmas

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C'était avant, les moments que je préfère: les préparatifs. Dans la morosité de l'après, ces petits bonheurs comme des loupiottes.
J'aime par dessus tout l'euphorie des jours trop remplis, débordants, scintillants qui précèdent Noël.

Saturday, December 15, 2007

An only child

Jeudi, j'ai séché la dernière heure. Je ne me suis pas servie d'un prétexte: j'étais rééllement mal. Mais dès que je me suis retrouvée chez moi, 3 quarts d'heure plus tôt que d'habitude, j'ai compris que les médicaments contre le mal de ventre n'étaient pas le remède qu'il me fallait. J'avais besoin d'être au repos, un peu.
Dudie étant au club d'échecs, j'étais seule avec Paolo. Et j'ai pu constater, une fois de plus, combien il me ressemble, par certains côtés. Il est, par nature sinon par le hasard de la naissance, un enfant unique, de ceux qui s'inventent un monde, le peuplent, l'habitent et l'enchantent. Enfant, je passais des heures dans mes refuges imaginaires. Lui, il ne se les construit qu'en l'absence de son frère - assez rare. Jeudi après-midi, alors qu'il ne faisait que quelques degrés au-dessus de zéro, je l'ai observé courir dehors, tourbillonner, parler à l'arbre et l'écouter, édifier, minute par minute, son palais d'enfant unique. Aucune de ces frustrations qui le rendent fou de rage, larmes bouillonnantes contre l'injustice servie comme pain quotidien par son frère aîné. Aucun cri de protestation montant dans les aigus. Seul prince de son monde.
Parfois je regrette de ne pas avoir plusieurs enfants uniques.


Parfois seulement, parce que quand je les entends se gondoler comme des tordus sur des bêtises (du genre qui impliquent des bruits bizarres et des chansons stupides...), je me dis que finalement ils ont de la chance de s'avoir. La question est de savoir ce qui restera, plus tard: les violents disputes ou la complicité.

Wednesday, December 12, 2007

The world is a mess

Ce n'est pas moi qui le dis -l'écris-, ni même moi qui le lui ai soufflé. Il a vécu ici, lui aussi, ces dernières semaines, dans la tension croissante, l'explosion violente, les cris, le silence et le chagrin.

Je m'en veux de ne pas savoir les protéger, lui et son frère, du malaise qui est le nôtre, adultes, et qui devrait d'une manière ou d'une autre être "contenu".
De tous les reproches qui m'ont été faits, j'ai du mal à accepter celui de mon inefficacité et de mon "débordement". Overworked is not an excuse, everybody is overworked. You just have to become more efficient or give up something. Oui, mais voilà, je ne suis pas prête à lâcher quoi que ce soit. Adulte, disais-je? Si peu. Je veux tout à la fois, et je pique une crise quand confrontée au principe de réalité.

Ce mois-ci, les garçons se lèvent plus volontiers, grâce à la Maison de l'Avent. Non seulement ça me simplifie la vie (j'ai tellement de mal moi-même, trop peu de sommeil, la tête lource), mais ça me rassure sur ma capacité à préserver leur part d'enfance. Quand même.

Tuesday, December 04, 2007

Le paradoxe du chocolat chaud



Je voudrais bien comprendre pourquoi cet enfant qui ne peut manger aucun laitage, qui n'avalerait pour rien au monde une cuillerée de yaourt, qui, depuis qu'il est tout tout petit, a toujours refusé d'approcher la moindre miette de fromage, je voudrais bien comprendre pourquoi cet enfant-là adore le chocolat chaud. D'accord, il n'en boit que les jours de neige, ça minimise le risque de s'en dégoûter, forcément...


Et l'autre, celui qui jusqu'à l'âge avancé de 5 ans a bu d'énormes biberons de lait tous les matins (remarque, depuis qu'on a arrêté le biberon, il a arrêté le lait...), celui qui emporte à l'école des yaourts à boire "pour le dessert", celui dont les plats préférés sont la pizza (au fromage), les macaroni and cheese (avec du parmesan en plus) et les raviolis aux 3 ou 4 fromages, celui-là, donc, ne veut même pas goûter au chocolat chaud, si crémeux qu'il soit.

Vous y comprenez quelque chose, vous?

Monday, December 03, 2007

Week-end pictures

Je n'ai - presque - rien fait d'autre que travailler ce week-end. Je me suis un peu arrêtée pour aider (par téléphone) ma soeur et sa dissert de philo, pour (toujours par téléphone) parler longuement à ma mère (et partager son inquiétude) et pour prendre des photos. Parce que dimanche matin, en me réveillant, surprise ...

Bon, évidemment, avoir sacrifié la majeure partie de mon week-end n'a pas suffit, il a fallu que je me fasse une petite nuit d'à peine 4 heures (trrrès insuffisant pour moi) pour pouvoir boucler mes bulletins. A 6 heures et demie du mat', c'est fait. Et je me prépare une chouette journée de boulot, avec en plus réunion après l'école.
Mais pourquoi suis-je si lente/pointilleuse/facilement distraite?

Thursday, November 29, 2007

Tough days

Heureusement que j'ai pris un peu d'avance, la semaine dernière. Sans cette "réserve" (de repos, de calme), je me demande comment j'aurais tenu, cette semaine.

I don't want / I can't talk about it. Just a few questions:

- What is "home"?

- Comment définiriez-vous l'enfer? Et Satan? (Attention, si votre réponse ne comporte pas une citation de Deleuze - pas de Sartre, duh -, vous avez tout faux).

- Peut-on être à la fois une adolescente attardée, geignarde et perpétuellement insatisfaite, un tyran et un dictateur? [La réponse est bien évidemment oui. Et n'allez pas chercher bien loin pour en trouver un exemple]

- Combien de replis mystérieux recèle encore le for intérieur de mon fils aîné? Arriverai-je à bout de ses méandres? Va-t-il se laisser un jour reconnaître?

A part ça, c'est bientôt le week-end, je vais pouvoir bosser non-stop (c'est-à-dire remplir mes bulletins sans être interrompue par l'enseignement - les cours et les élèves me prennent trop de temps, il faut bien le dire. Ah, on me signale que les 3 jours de vacances de la semaine dernière étaient faits pour ça - remplissage de bulletins. Désolée, pas reçu le message. J'ai fait autre chose à la place.)

Wednesday, November 28, 2007

Tristesse (Les Histoires d'A)

Ah, mais avons-nous tous été adolescents dans les années 80 pour être si tourneboulés par la disparition, aujourd'hui, d'un étrange musicien à l'allure de grand pantin au sourire en coin?
En faisant mon tour des blogs, ce soir, je me suis rendu compte que nous sommes beaucoup de la même tranche d'âge, de ceux qui ont chanté à tue-tête "Dis-moi OUIIIIII", qui ont dansé en avoir le vertige sur Marcia Baila...
Le premier concert auquel je sois jamais allée, c'était les Rita Mitsouko, à la Cigale. J'avais 17 ans. J'avais été électrifiée par l'énergie qui passait de la scène à la salle, de la salle à la scène.
Mais ce n'est quand même pas la raison de ma tristesse aujourd'hui. Je ne saurais dire pourquoi la disparition de certains personnages publics m'atteint ainsi de manière personnelle. Il n'y en a pas beaucoup (Bernard Rapp est l'un d'eux, sans que je m'explique bien pourquoi, et aussi Philippe Aubert), et il me semble que si j'ai tant de mal à accepter leur disparition, c'est qu'ils faisaient partie de ma vie, à leur insu. C'est tout un pan de mon adolescence qui s'en va aujourd'hui, avec Fred Chichin. Puisse-t-il reposer en paix et en musique.

Tuesday, November 27, 2007

Just a few days off

.Lundi de rentrée, j'ai un peu mal partout. Mal à l'épaule, au dos, à la tête, à l'estomac... Mais juste un peu, juste pour me rappeler que c'était bien, quand même, ces quelques jours de vacances.

J'ai commencé par deux jours de grosse déprime (mais je devrais pourtant le savoir, depuis le temps: je commence TOUJOURS par avoir le blues, que les vacances durent 3 jours ou tout l'été...), et puis, tout doucement, je me suis calée en mode "Steam: OFF" et je me suis laissé partir en roue libre. Ah.

Je pourrais faire la liste de tout ce que je n'ai pas fait (elle est longue, j'avais des ambitions démesurées, comme celle de rattraper le temps perdu en matière de paperasse...), mais je préfère expliquer mes petits maux:

* J'ai emmené les garçons à la patinoire. Dudie commence la semaine prochaine le patin à glace (en lieu et place des cours de gym), et il faut bien s'y mettre. Je pensais bien que je serai un peu ridicule, bon, hé bien, ça c'est fait. Il faut dire que je n'ai patiné que deux ou trois fois dans ma vie, il y a ... ouh, bien vingt ans de cela (quelle horreur, vingt ans déjà), c'était avec des copains, à la patinoire Montparnasse. Dudie avait essayé une fois, et Paolo chaussait les patins pour la première fois. A nous trois, nous avons assuré le spectacle, les gens n'ont pas regretté d'être venus. Paolo s'est suspendu à mon bras de tout son poids pendant une bonne heure, déjà que j'étais un peu branlante, à tous les deux nous étions hautement instables. Les patineurs faisaient un grand détour pour nous éviter. Et maintenant, j'ai terriblement mal à l'épaule, j'ai l'impression d'avancer penchée...

* J'ai trop mangé et surtout trop bu, trois soirées en une semaine, c'est un peu trop pour mon âge avancé, et en même temps, abondance de biens ne nuit point. Sauf que j'ai fort peu apprécié que le chat (que nous avions en pension pour 4 jours) insiste pour que je me lève à 7 heures, quand je m'étais couchée une poignée d'heures auparavant et que j'avais un casque en plomb qui me comprimait la cervelle. Le chat a failli apprendre à voler, la troisième fois qu'il est venu me miauler dans les oreilles. Heureusement, mon incapacité à remuer trop vite (sous peine d'accroître la pression dudit casque sur les tempes) l'a sauvé;

* J'ai fait des cakes à la citrouilles (pour varier des tartes à la citrouille de l'homme), avec des petits morceaux de gingembre confit dedans. Mmmh;

* J'ai lu un roman et demi (un "chick lit" qui m'a donné des courbatures partout parce que je ne voulais pas bouger avant de l'avoir fini, et un très sombre, auquel il faut que je m'accroche sous peine d'être obligée de le reprendre au début si je l'abandonne trop longtemps);

* J'ai finalement vu Je vais bien, ne t'en fais pas, et AH! Je suis encore sous le choc. J'ai aussi revu Le piano (merci Maurine pour la suggestion);

* J'ai piétiné avec des centaines de parents gelés et d'enfants surexcités pour voir apparaître Santa Claus sur le toit de la Poste ("C'est pas le vrai, hein, maman?") et pour voir s'illuminer le grand arbre sur la place centrale de la ville.

Bon, et tout ce que je n'ai pas fait... Hé bien, ça va me faire une semaine chargée. Mais je suis un peu regonflée, ça ira. Et puis, j'ai décidé que c'était le parfait moment pour montrer un film à mes élèves (Thanksgiving est LA grande fête familiale: généralement ils ont passé leur temps soit à voyager pour rendre visite à leur famille, soit à recevoir tout un tas de cousins, oncles, tantes... Et ils se sont gavés de dinde farcie, de tarte à la citrouille, de purée de patates douces... Bref, cette semaine, ils digèrent et ils ne faut pas trop leur en demander ... ni à moi non plus.)

Donc, nous regardons Le Roi et l'Oiseau et je ne m'en lasse pas...

Bonne semaine!

Friday, November 23, 2007

Could we go for a walk?

Sad and long and grey Thanksgiving Day. I am too bitter inside to be able to give thanks (he is right about that: the poison of resentment is eating me from within).
Alors, après un morose déjeuner, je force tout le monde à sortir pour une balade. Bien sûr, ça ne va pas sans crise, sans larmes même, mais de la part de deux créatures ayant passé la journée entière d'hier en pyjama, sans mettre le nez dehors, je ne reçois aucun argument. Et même s'il faut les pousser dehors, je n'ai aucun scrupule. D'ailleurs, après deux minutes à donner des coups de pied dans les feuilles, ils se laissent prendre tout entiers à la pure joie de courir dans la lumière indécise de novembre, ivres de leur propre vitesse et de leurs cris aigus.



Sur le chemin, nous avons croisé un certain nombre de ces étranges fruits, qui tombent des arbres en automne et auxquels nous avons donné le petit nom de "Brain fruits", parce qu'ils ressemblent étrangement à des cerveaux. Ils fournissent d'excellents prétextes à une partie improvisée de foot, jusqu'à ce qu'ils éclatent...


Marcher dans les bois...


Nous avons marché pendant une heure et demie, sans (presque) entendre aucune plainte. Au retour à la maison, moins de nuages noirs dedans et plus dehors. L'orage a éclaté quelques minutes après que nous avons allumé le feu dans la cheminée.


Wednesday, November 21, 2007

Un peu de blanc

Lundi matin, au moment de partir, j'ai jeté un coup d'oeil par la fenêtre et j'ai crié: "Regardez!"
Les garçons étaient déjà prêts, cartables sur le dos, et ils sont sortis d'un bond. Je les ai vus courir, la bouche ouverte, pour attraper sur le bout de la langue les premiers flocons.
Bien sûr, ça n'a pas duré. Bien sûr, les petits papillons blancs se sont tous dissipés en touchant le sol (quoique, plus au nord, 2 bons centimètres se sont formés au sol, aux dires de l'homme). Mais quand même, c'est la première neige de la saison, et ça me met le coeur en fête.

Ne me dites pas que vous ne les voyez pas, les petits flocons voltigeurs... Non? Bon, ils étaient légers et rapides, mais on les aperçoit quand même!

Tuesday, November 20, 2007

I-pod

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I stand in the middle of the kitchen, frozen. I hold my tea cup in one hand. I have a hard time finishing to swallow the bread that I was eating when he caught me. He yelled "I am not done", so I stopped. I didn't look at him, not once. I stay there and listen. It lasts forever.

"You are growing plastic out of your ears!", he says. Which is almost funny. Especially because he is the one who gave me this i-pod (the idea was mine, but he went and bought it).
There is nothing untrue in what he says. Yes, I do plug myself out of my daily life. Yes, I cut myself from what's going on in here. No, I don't want to listen to his guitar. Yes, I want to be elsewhere.

I wait and wait. Listen and listen. I don't move, this time, until he tells me he is done. I am getting better at not fighting back (lack of energy, maybe). Later, he comes to see me to - not apologize, but rephrase more calmly. Once again, I don't say a word. This time, I think I am listening to the music in my head (no plastic in my ears, don't need it), but I nevertheless can hear "I feel genuinely sorry that you are not happy". It is just a part of a long sentence in which it turns out that I am responsible for my unhappiness. But still.

I am building a wall around myself. Un mur du son.

Sunday, November 18, 2007

Rouge

Jeudi matin, nous nous sommes aperçu que les arbres étaient devenus rouges. "Mais hier, ils ne l'étaient pas!" a fait remarquer Dudie. Presque en colère d'avoir raté l'événement. Oui, pas de doute, ça s'est passé pendant la nuit. En tout cas, j'apprécie que le paysage extérieur s'harmonise avec les rideaux. Et les chaises. C'est du meilleur goût. Et je suis contente de trouver une raison de bien commencer la journée.

Bonne semaine à vous tous, puisse votre lundi se parer de couleurs flamboyantes...

Saturday, November 17, 2007

La plus longue semaine

Cette semaine n'en finissait pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, à le sentir: mes collègues me l'ont confirmé, mes élèves ne peuvent que le reconnaître. Je vous jure qu'ils ont rajouté un mardi ou deux, cette semaine. Et quelques heures au mercredi.
Des couches de fatigue toute fraîche sur le limon ancien du manque de sommeil. Je me trouve si vieille, en me regardant dans la glace. Et puis, un manque de bienveillance, de gentillesse, un manque d'indulgence (pour mes élèves, mes enfants, mes collègues), que je ne reconnais pas ni ne peux contrôler. Ma chef m'a prévenue plusieurs fois cette semaine, "Apprendre à gérer les relations humaines" m'a-t-elle seriné. Oui, mais je ne trouve pas l'énergie pour cela. J'ai envoyé baladé plusieurs élèves qui pensent que mon temps est tout entier le leur, et que, parce que je suis là, je suis à leur disposition. En temps normal, je m'en accommode assez bien, mais là, j'ai réagi avec une agressivité qui ne me correspond pas, comme s'ils voulaient me voler mon temps précieux, mon unique bien.
Alors, je m'isole, me cache, disparaît. A l'école, je reste dans ma salle, ou trouve refuge dans un coin de la bibliothèque. Je n'ai quasiment pas mis les pieds dans le bureau, ces derniers temps.
J'ai de plus en plus de mal à partager l'espace.
A la maison, je me retranche derrière mes barrières infranchissables. Je ne suis pas là, je ne suis pas là, ne me cherchez pas!

It is over now. La semaine est finie. Même mon samedi m'a glissé entre les doigts.
La fatigue me rend mauvaise, il est temps que je sorte de ce trou dans lequel je me suis fourvoyée.
When you find yourself in a hole, the first thing to do is to stop digging.
Certes.

Wednesday, November 14, 2007

Don't know what I'm doing

.Je fais n'importe quoi, ces derniers temps. Je sais que c'est en grande partie une question de manque de sommeil - mais c'est la fin du trimestre, une semaine pour tout boucler, pas le temps de s'arrêter. J'ai des copies à corriger par wagons entiers. Et des weeks-ends chargés, sans pause (visites de maison, courses pour l'hiver - gants, bonnets, etc. -, open house à l'école...). Pas de grasse mat', le dimanche on ne fait pas relâche.
Alors, je fais n'importe quoi. Comme chercher pendant une minute comment ranger mes assiettes dans le placard des pâtes et gâteaux. Avant de me reprendre, et d'ouvrir le placard d'à côté. Oui, je sais, je yoyotte.
Comme arriver en classe lundi matin, m'étonner de ne voir aucun livre sur les tables, remarquer l'air expectatif des élèves et me rappeler subitement qu'ils ont une interro, ce matin. C'est écrit sur le programme de la semaine, celui que j'ai moi-même posté la veille. Mais voilà, j'ai oublié de l'écrire, cette interro... Sur ce coup-là, je ne sais pas comment je me suis débrouillée, mais ils ne se sont aperçu de rien. Un peu de conversation anodine - Le week-end s'est bien passé? - pendant que je pianote furieusement sur mon ordinateur pour retrouver un quiz passé composé/imparfait de l'année dernière, quelques modifications, "Je vous donne 3 minutes de plus pour réviser", hop, je cours récupérer l'interro dans l'imprimante, sprint jusqu'à la photocopieuse, et me revoilà, mes feuilles encore chaudes à la main, "Vous êtes prêts? Pas de questions? Alors, on y va!" Je m'en suis tirée à bon compte, franchement. Totale maîtrise de l'art d'improviser.
Comme me mettre à faire la vaisselle, ce matin, avant de partir. J'ai totalement zappé le fait que c'était l'heure, qu'il fallait se bouger, que tout était prêt ... J'ai passé 5 minutes à récurer les bols du petit dej' avant de sursauter: Mais, mais ... On est super en retard, qu'est-ce que je fais là, moi?
N'importe quoi, vous dis-je. J'ai bien besoin des 3 jours de vacances qui arrivent la semaine prochaine. Les enfants aussi. Pas seulement les miens propres: mes élèves aussi accusent le coup de ce long premier trimestre, sans interruption depuis début septembre. Eux aussi font n'importe quoi. Comme dans leur interro passé composé / imparfait, par exemple ...