Friday, August 29, 2008

Le dernier jour des vacances (1)

Journée grisounette et tristounette. On a beau essayer d'invoquer ce qui d'habitude nous met en joie, rien n'y fait. Je n'ai pas envie, pas envie de faire les bagages (alors je ne les fais pas). Des entassements de nuages noient la vallée. Ma mère fait des gambas pour me faire plaisir, mais le coeur n'y est pas. Elle ne porte pas de maquillage et paraît fatiguée. Les garçons s'asticotent jusqu'à mon exaspération. Nous nous traînons jusqu'à la piscine, histoire de, malgré la menace de pluie. L'eau est froide, mais les garçons refusent d'en sortir: c'est la dernière baignade. La brume descend un peu plus bas. Ma mère parle, parle, sans arrêt. De l'autre côté, ma soeur se tait. Elle a appris hier qu'un de ses amis de toujours venait de mourir dans un accident de voiture. A 21 ans. Il n'était même pas au volant. Elle n'en parle surtout pas. Tous ses gestes sont plombés. Hier soir, elle m'a montré ses photos de Londres. On a bu du champagne à son bac et à sa mention Assez Bien. Elle est allée rapidement se coucher. Aujourd'hui, elle se tait.
Ma mère me questionne à l'infini. Je n'ai pas envie de parler, je veux lire. Elle arrête un moment, et puis reprend, c'est plus fort qu'elle. Je ne veux plus sortir de mon livre.
Je finis par extraire les garçons de l'eau quand leurs lèvres sont tellement violettes qu'elles sont devenues bleues.
Je bouclerai les sacs après le dîner. Et j'écrirai mes cartes postales - une petite vingtaine - sans entrain. Juillet n'est pas tout à fait fini, mais c'est déjà la fin des vacances. La première.

Saturday, August 23, 2008

La nouvelle maison

Pour la première fois depuis presque trois mois, l'homme de la maison (appelons-le Jim, parce que Christie pense qu'il s'appelle ainsi, et après tout, ça lui va bien) a repris sa guitare. Il se plaint, ses doigts sont rouillés. J'écoute sans y prêter vraiment attention ces fluctuations que je connais si bien. Et puis, je comprends: nous sommes installés.

J'observe, sans parvenir à les fixer dans ma mémoire, à quel endroit se déposent les flaques de soleil dans cette maison. Je suis toujours étonnée de les découvrir - elles devaient pourtant être au même endroit hier, non?

Je ne m'habitue toujours pas ma cuisine. Je perds mes ustensiles, mets du temps à trouver les bols et les plats et redoute d'ouvrir le placard que j'ai retrouvé infesté d'insectes à mon retour de France (ils habitaient dans les pâtes et la farine, j'ai dû tout jeter...). Le sol en lino est un peu hostile et les portes des placards sont toujours collantes, malgré mes efforts pour les cirer. Je suis en charge de peindre cette pièce - Jim a fait tout le reste de la maison, tellement de surface à couvrir. Mais voilà, je n'arrive pas à me décider quant à la couleur des murs, alors je repousse l'échéance (j'avoue que je suis aussi quelque peu appréhensive d'avoir à me comparer avec le travail léché à la perfection de mon cher et tendre... Je sais qu'à moitié chemin, je commencerai à en avoir marre et que la dernière couche sera balancée sur les murs avec désinvolture. Hélas, je me connais trop bien...). En attendant, Jim a fait sa propre déco avec des restes de peinture blanche. Oeuvre éphémère (qui durera peut-être...)
Les chambres des enfants me ravissent. Malgré mes supplications, ils n'arrivent pas à les garder rangées plus d'un quart d'heure (pourtant, la moitié de leurs jouets sont encore dans des cartons à la cave. J'avoue que l'envie me prend parfois de les y "oublier". Non, je ne suis pas une méchante marâtre [or maybe I am], mais ils ont tellement de jouets. Ils ne s'aperçoivent même pas qu'il leur en manque. Comme dirait l'homme "Moi, quand j'avais leur âge..." Oui, oui, je sais, je sais.)
[Rangée. Pendant quelques minutes.]

[Fouillis. "Mais non, je n'ai pas besoin de ranger, c'est MA chambre". Pré-adolescence?]

Je n'habite toujours pas ma chambre. Cela fait deux jours que Le Lit (ah, il faudra que je raconte Le Lit) est installé et nous dormons toujours dans le bureau, tellement rempli de tout ce qu'on ne veut pas mettre dans les autres pièces qu'il est difficile de s'y mouvoir. Mais cette chambre ... non, n'est pas encore la mienne. La nôtre. Ou bien?... J'aime sa couleur, sa lumière. Il va falloir que je l'apprivoise. Pour l'instant, elle ne compte qu'un lit (Le Lit) et une commode. Elle a l'air un peu désappointée d'être si vide.

Notre nouvelle maison est toujours une nouvelle maison. C'est étrange comme j'ai l'impression de m'être acclimatée beaucoup plus vite, l'année dernière, à la petite vieille maison que nous n'avons habitée que quelques mois. Je crois que je suis toujours intimidée par le fait que celle-ci c'est la nôtre. Pour de vrai.

Tuesday, August 19, 2008

Ma tête d'anniversaire

Ah, me voilà, moi, 37 ans sur la plage...
L'océan comme cadeau, le sable dans mes petits souliers.

I went to the shore on my birthday. And I loved it.

Saturday, August 09, 2008

Départ

Je repars déjà ... Une semaine dans le New Hampshire, chez mon amie Else. Pas de prince charmant cette année, il s'est trouvé une princesse exotique. Mais du repos, du vert, de l'eau, de la lecture, des recettes à cuisiner en commun et des vodka tonic au coucher du soleil. Pas mal comme programme.
Bien sûr, il faudra d'abord se lever à 4 heures du matin, ne pas rater le train pour New York, celui pour Boston, le car pour Concord. Je n'y suis pas encore. Mais je pars, je pars, je suis en partance...
Bonne semaine à vous!

[Dudie, sur la photo, partait en exploration avec détermination et bravoure. Il est revenu avec une sangsue...]

Wednesday, August 06, 2008

Retour

Qu'il est difficile de rentrer. Le retour a exactement le même goût que les céréales que j'ai retrouvées, à leur place, dans leur emballage habituel, un peu passées, un peu "éventées": elles ont perdu leur fraîcheur, et je ne peux m'empêcher de leur trouver un arrière-goût de poussière, même si je sais que c'est dans ma tête (comment, en trois semaines, la poussière pourrait-elle s'être infiltrée a l'intérieur d'une boîte bien fermée?...)

L'homme a travaillé comme un damné en notre absence, et presque tous les murs de la maison (y compris l'intérieur des placards) sont peints. Il me fait remarquer que c'est du travail quasi-professionnel (je veux bien le croire, vu le temps qu'il a passé sur chaque mètre carré ...) et s'agace de mon manque d'enthousiasme délirant. Je m'attendais à des bordures rouges dans le couloir (il m'avait consultée par téléphone) et je les retrouve blanches sans crier gare. Il me fait admirer le superbe luminaire qu'il a acheté pour notre chambre, et je grimace parce qu'il a choisi une ampoule "économie d'énergie" qui projette la lumière crue et glaçante d'un néon. Et puis je vois qu'il n'a pas - du tout - fait le ménage depuis notre départ, et que tout est sale... Je ne dis rien, mais ça doit se voir sur mon visage (bon, il faut aussi dire que je me suis levée à 4 heures du mat' pour prendre l'avion, que j'ai supporté 8 heures de vol avec mes deux loulous qui n'ont bien sûr pas fermé l'oeil une seconde, que nous sommes restés coincés dans les embouteillages en revenant de l'aéroport, qu'il m'a dit d'un ton désinvolte "Y'a rien à manger à la maison", ce qui fait que je me suis payé un petit tour au supermarché avant même d'avoir pu mettre les pieds chez moi... Bref, j'ai des circonstances atténuantes qui expliquent mon incapacité à feindre l'éblouissement devant l'amplitude du travail accompli). Nous finissons exaspérés l'un par l'autre et boudeurs, et nous le restons pendant deux jours.

Le jet-lag m'a frappée fort cette année. Il m'a fallu 4 bons jours pour me remettre d'aplomb et cesser de me traîner. Je supporte de moins en moins de quitter la France, je crois. Chaque fois, le contraste est plus violent. Les paysages ternes, les fruits insipides, les manies et les tics des gens d'ici me heurtent de plein fouet. 5 jours après, je me suis réhabituée, il n'y paraît plus. La France me manque de manière abstraite, c'est un sentiment que je range dans ma panoplie d'expatriée, et plus une douleur physique qui me fait répéter "Je me sens mal, je me sens mal" à longueur de journée (et l'homme exaspéré de lever les yeux au plafond - peint à la perfection, sans aucune dégoulinade).

Je suis de retour - et repars bientôt. L'été me file entre les doigts.

Thursday, July 10, 2008

Buller, l'été

.
C'est ce que je vous souhaite, de tout coeur!

Je vais être encore déconnectée pendant un bon moment, je vous retrouverai en août, sans doute.
Bonnes bulles!

Ce qu'on emporte ...

... de maison en maison

* nos messages/images/mirages de frigo

* nos quelques certitudes et principes établis en commun (certains sont branlants, mais l'ensemble se tient encore)


* Nos rancoeurs, nos regrets, nos réserves. Nos non-dits, nos non-faits, nos pas-encore accomplis. Nos projets. En commun et séparés. Tout ce qui nous sépare et nous rassemble. Tout ce qui nous assemble et nous ressemble.


* La forme de nos rêves

Monday, July 07, 2008

Forget-me-nots about moving

.La prochaine fois, il faudra se souvenir de:

- ne pas débarquer du camion les cartons marqués "Kitchen" en premier (ils se retrouvent tout au fond du garage, sous un tas d'autres cartons, inaccessibles...);
- emballer les boîtes de conserve AVEC l'ouvre-boîte (avez-vous déjà essayé d'ouvrir une boîte sans ouvre-boîte?);
- préparer une valise de vêtements qui n'ont pas besoin d'être repassés, BEAUCOUP de vêtements (surtout si la machine à laver doit arriver beaucoup plus tard);
- déballer le carton de DVD en premier (mesure de tranquillité nécessaire);
- contacter le service de téléphone/internet avant même d'être sûr d'avoir la maison: apparemment, 3 semaines à l'avance, ce n'est pas suffisant.
- repérer les cafés avec wifi (Quel bonheur, à BonneEspérance, il y en a un, justement, au milieu du village, qui fait d'excellents scones et de très bonnes gaufres... Ils me voient tous les jours. Paolo a baptisé le lieu, en fracassant une bouteille de jus de pomme sur le joli plancher devant le comptoir. Du verre et du jus partout, et un petit garçon enragé contre lui-même et contre le monde entier. Depuis, j'y vais plutôt seule.)
- Ne pas espérer s'installer rapidement. Etre patiente, patiente. Accepter le chaos, le désordre, la poussière. Ne pas lutter contre des moulins à vent, ni se décourager parce que rien n'avance. Petit à petit, une chose après l'autre... Mais oui, cette maison sera habitable!

Saturday, July 05, 2008

Disconnected

.

Je ne suis pas partie, je ne me suis pas perdue dans un dédale de cartons, j'ai déménagé et je suis sans téléphone, sans internet, sans chambre, sans repères depuis une semaine. C'est comme une épreuve initiatique: apprendre à vivre sans confort moderne. Le frigo et le four qui décident d'arrêter de fonctionner quand nous emménageons (quelqu'un m'a dit: "Tu sais, les maisons sont un peu rancunières, elles n'aiment pas le changement. Et méfiantes. Il faut leur laisser le temps de s'adapter.") Pas de machine à laver, ni à sécher. Pas d'eau froide pendant 2 jours.
Camping, tous les 4 sur des matelas dans une petite pièce. Je ne retrouve pas ce que je cherche (quel que soit ce que je cherche, d'ailleurs).
Mais petit à petit, les choses s'organisent. Un semblant d'ordre dans le chaos. La fatigue pèse lourd sur mes épaules. L'homme a apparemment chopé la maladie de Lyme (c'est le moment...) et bien sûr, en bonne hyponcondriaque que je suis, je me suis convaincue que moi aussi.
Les garçons sautent sur les matelas et dessinent sur les murs pas encore peints.

Bientôt la France.
Si je ne vous écris pas d'ici là, bonnes vacances, bel été à vous tous!

Thursday, June 26, 2008

Moving again

..

Août 1995: Paris-Berkeley

Novembre 1995: Berkeley-Oakland

Août 1996: Oakland-San Francisco

Août 1997: San Fancisco-Paris (Rue Sébastien-Mercier)

Mars 2000: Rue SB-Rue Saint-Charles

Juillet 2003: Paris-Memphis

Juin 2005: Memphis-Small Town (NJ)

Juillet 2007: Appartement (Faculty Housing)-Maison (Faculty Housing) toujours à Small Town

Juin 2008: Maison (Faculty Housing)-Maison (la nôtre!) à Bonne Espérance

Je n'en peux plus, des déménagements. Ils sont à chaque fois un peu plus épuisants. Pourvu qu'on se pose un peu, cette fois...


Friday, June 20, 2008

Un nouveau copain

...
Juste avant de quitter notre petite vieille chaleureuse maison, on s'est fait un nouveau copain. J'avais idée qu'il était déjà venu nous rendre visite en notre absence, mais voilà qu'un soir, je l'ai entendu faire du bruit dans le garage (grand ouvert, comme d'habitude). Et c'est là que j'ai compris que notre copain n'était pas attiré par nos personnalités hors du commun, notre extraordinaire gentillesse, notre éblouissante culture générale ou nos beaux yeux. Non. Il était juste intéressé par nos poubelles. Ah. Bon.



Même pas peur! Visiblement, ça ne le dérangeait pas du tout que nous assistions à son entreprise de perforation des sacs poubelles. Il a fallu faire un raffut d'enfer pour le faire déguerpir. Et encore, il est revenu deux minutes plus tard, d'un air de dire: J'ai pas fini, je peux m'y remettre?
[Les photos ne sont pas géniales, forcément, c'est l'homme qui les a prises...]

Thursday, June 19, 2008

Propriété

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L'hiver dernier, alors que je me perdais dans les méandres d'impossibles prises de décision, alors que je m'étais persuadée que j'étais sur le point de rompre, définitivement, les liens qui me rattachaient à ma vie rangée, je me suis réveillée un matin avec une calme et irrévocable conviction. Je ne sais si j'avais rêvé, ou si j'avais juste eu, fugitivement, un aperçu de ce qui pourrait être. Je me suis réveillée, seule, dans le lit déserté par l'homme de la maison (déjà parti? encore une de ces nuits passées sur le canapé?), avec la certitude que dans cette maison nous pourrions vivre.
L'homme l'avait dit depuis le départ, j'avais résisté. Quelques mois plus tard, une décision, comme une évidence: cette maison-là.

Nous avons signé mardi. Elle est à nous.
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Monday, June 16, 2008

Birthday Party

Recette pour une fête d'anniversaire réussie (sans se ruiner ni - trop - se fatiguer):

1) Choisir le dimanche le plus chaud du printemps (35° minimum);

2) Se tenir prêt, écran total à la main, à enduire les gamins à peine descendus de la voiture des parents (un peu interloqués). Les enduire généreusement;

3) Organiser une chasse au trésor - prévoir d'abreuver les chasseurs à intervalles réguliers - qui les fera courir d'un bout à l'autre du jardin pour enfin arriver au coffret qui récèle, merveille!, une douzaine de pistolets à eau.


4) Fournir des seaux d'eau (munitions) et brancher le jet d'eau, astucieusement connecté à cette invention géniale qu'est le Slip and Slide;


5) S'asseoir à l'ombre et laisser faire. Vous n'aurez plus rien à bouger jusqu'au ravitaillement (hot-dogs et maïs au BBQ, puis gâteau et bougies). Quand tout le monde est rassasié, rebrancher le jet d'eau. Attendre les parents, toujours à l'ombre.


Entendu ce jour-là:
- That was the best birthday party!
- Why do I have to leave? I want to stay!
- Oh, what a great idea, a good, old-fashioned backyard party!
(un parent)

Pour lutter contre la surenchère des fêtes de plus en plus chères et "originales" (bowling party, laser tag party, karate party, cooking party...), rien ne vaut un bon retour aux sources: la fête dans le jardin, avec un gâteau maison et un bon vieux tuyau d'arrosage! (N'empêche, s'il avait plu, je ne sais ce que nous aurions fait des 12 gamins ...)

Thursday, June 12, 2008

No Friday this week

C'était une semaine sans vendredi. On avait beau attendre, attendre, le vendredi n'arrivait jamais. JAMAIS. Le jeudi soir, les enfants n'allèrent pas se coucher. Ce vendredi n'arriverait pas, pas du tout.

Il m'a expliqué: ça ne sert à rien de commencer en avance. De toute façon, le boulot, il faut le faire. Soit on y passe 3 jours entiers, en s'appliquant, et à la fin, on s'aperçoit qu'on a bien fait le boulot, mais on n'a fait que ça. Soit on le fait à la dernière minute, en 8 heures, on travaille intensément, mais au moins on n'a pas perdu 3 jours. Je n'aurais pas dû l'écouter. Toute ma vie (d'élève, de prof) justifiée, théorisée. Maintenant je ne me sens même plus coupable, je me sens rationnelle. J'ai repoussé jusqu'à la dernière minute, et alors? Au moins je n'ai pas perdu mon temps.

Tout irait bien sans ce vent de panique intérieur, qui se lève soudain à 23h22 et cette voix qui répète sans qu'on lui ait rien demandé: On Friday at noon, all the comments must be sent to the Registrar. Et alors? J'ai tout demain matin... Je crois que je vais arrêter de perdre mon temps à me raconter des histoires et je vais - enfin - aller me coucher.

Et moi qui dors d'un sommeil de plomb, moi qui sombre avant même d'avoir eu le temps de poser ma tête sur l'oreiller, moi la dormeuse, je sais que - rien à faire - je n'arriverai pas à dormir cette nuit. Trop pour moi. Je me délesterais volontiers d'un peu de tout ce que j'ai accumulé récemment. J'en sais trop pour dormir.

Wednesday, June 11, 2008

Heat wave

...
Il fait chaud. La peau poisse, tout de suite après la douche. La tête embrumée, mais impossible de dormir, la chaleur étouffe comme un linge humide qui colle au corps. Les enfants se plaignent, se traînent, demandent à se coucher par terre (il fait plus frais près du sol, selon eux) et finissent par s'endormir à une heure du matin. Heureusement, ils sont en vacances, eux...
Pas moi.
Le temps s'étire, on se lève déjà fatigué. Tout ce qui reste à faire plombe mes pas. Pas faim.
Dans la maison, l'air est si lourd qu'il m'abasourdit. Je sors sur la terrasse, il y fait aussi chaud mais, de temps en temps, un souffle d'air, à peine, dérange l'immobilité pesante de l'après-midi brûlante.


J'arrose les enfants à intervalles réguliers. Je resterais bien avec eux sous le jet d'eau, mais il faut que je finisse, il faut que je finisse... Mes cheveux m'embarrassent, ma robe me gène, et mes bulletins n'avancent qu'à pas d'escargot. Je jette la robe. En maillot de bain, aspergée d'eau glacée, je reviens à mon pensum. Les gouttes d'eau s'évaporent trop vite sur ma peau. Je respire du feu. Il paraît qu'il fait froid, à Toulouse...

Sunday, June 08, 2008

Of course, I had to be...

I am Elizabeth Bennet!


Take the Quiz here!


I knew it! Who else?...

Sur ce, je vais me relouer la série de BBC et recommencer la relecture de TOUS les romans de Jane Austen!! YES! Un projet pour l'été!!

[A part ça, plaignez-moi: je fais cuire des gâteaux alors qu'il fait 35° et j'ai l'impression d'être DANS le four, plutôt qu'à côté... J'espère que Dudie appréciera le dévouement de sa mère, parce que là, tout de suite, je suis presque de l'avis de son père (je cite): Birthday parties are useless, who needs them?]

Monday, June 02, 2008

Cat walk

...

Dimanche matin. Début juin.
Le printemps impose sa couleur, envahit tout,
jusqu'à la lumière, jusqu'à l'ombre, saturées de vert.
Le chat emmène l'enfant en promenade.
Le chat, l'enfant,
la grâce entre eux partagée.

Saturday, May 31, 2008

Presque la fin...

...
Presque la fin du plus long mois de mai que j'ai jamais connu, presque la fin de l'année scolaire, presque la fin de nos années de locataires, presque la fin ...
Comme chaque année, nous y arrivons épuisés, en petits morceaux, la fatigue nous déchirant en petits lambeaux agressifs et nerveux, survoltés, impatients. J'essaie de préserver un peu de bienveillance pour mener mes élèves jusqu'aux examens. Eux aussi n'en peuvent plus, ils tirent souvent un peu trop sur la ficelle et je me retiens du bout des doigts, je me raccroche à ce qui dépasse encore sur le mur lisse de mon agacement, pour ne pas les envoyer bouler tout rond.

La maison... C'est ce qui mine l'Homme, essentiellement. Il ne reprendra sa respiration, je crois, j'espère, que lorsque nous signerons définitivement, lorsqu'on nous remettra les clés. Bientôt, bientôt... Je n'arrive pas vraiment à me mettre dans l'idée que cette maison va nous appartenir, vraiment, à nous. Je n'ai jamais vécu dans un endroit dont mes parents ou moi-même étions propriétaires, et je ne m'en suis pas plus mal portée. Mais là, nous parlons peinture, plantes pour le jardin, construction d'une terrasse, et ça me donne une légère sensation de vertige. Pas désagréable, mais quand même ... quand même.

J'essaie de me rassembler, d'arrêter de me disperser dans tous les sens, mais je n'y arrive pas. Je m'échappe, je me dissous dans l'amoncellement du quotidien. Ma vie ressemble à mon bureau: des piles, le plus urgent à la surface, le reste qui disparaît dans les profondeurs, même si, surtout si, ce "reste" était finalement plus important que le pressant urgentissime qui dévore tous mes quarts d'heure, les uns après les autres.

Dès que j'en aurai fini avec mes obligations professorales et administratives, dès que je pourrai, je mettrai de l'ordre. Mais, las!, je sais bien que c'est illusoire: une fois de plus, je n'aurai pas le temps de trier, il me faudra entasser à l'aveuglette dans des cartons en espérant pouvoir trier lorsque j'ouvrirai lesdits cartons (ahah, ça fait 4 fois que je dis ça... Et de maison en maison, je me trimballe le même petit bordel, cette accumulation de bouts de trucs dont je me dis que je me débarrasserai quand j'aurai l'occasion de faire le ménage. De la même manière, tous ces petits bouts de choses auxquelles je penserai "plus tard" et que je chasse d'un coup de balai sous le tapis, en attendant le bon moment pour y penser. Ce sont ces inpensées qui me rende malade à intervalle régulier, sans doute. Et tu crois que je m'arrêterais pour, un jour, les sortir, les secouer, les regarder bien en face, les écouter, les ranger? Pas le temps, pas le temps, il me faut courir et faire tourner en rond ma petite roue qui ne me mènera jamais plus loin que là où je suis déjà...)

Allez, c'est presque la fin, on peut essayer de croire que demain, l'année prochaine, on fera mieux. On prendra le temps de faire mieux.
L'Homme tient peu de choses de sa mère, mais l'une des plus précieuses est cet adage, que je vais essayer, une fois de plus, de faire mien:
"You don't have time, you make time".

Monday, May 26, 2008

Fin mai

Ce week-end, enfin, il a fait beau. Avec hésitation au début, puis avec de plus en plus de détermination.
Samedi matin, le bonheur d'être dehors, pieds nus dans les flaques de soleil. Ce jardin que je vais quitter dans moins d'un mois, je le pleurerais si je n'étais trop occupée à en profiter.

Ce week-end devait être studieux. Pas le choix. Bouclage de l'année scolaire et cette énorme traduction à rendre mercredi ... J'ai cravaché. Et bien avancé (mais pas fini, bien sûr).


(Mes loulous, eux, font du zèle pour avoir du "screen time" en plus...)

Mais quand même, j'ai délaissé mes copies, un peu, le temps ...

* d'un déjeuner au soleil;


* d'assister à une embarcation, avant une expédition genre "vogue-la-galère"...

* d'inviter des amis à dîner;

* de petit-déjeuner céréales et Télérama, comme dans les bons vieux samedis matins parisiens;
* d'appeler ma mère, qui était prête à envoyer les secours, parce que je n'avais pas donné de nouvelles depuis SIX JOURS;
* de froisser de la menthe entre mes doigts pour garder l'odeur quelques heures seulement;
* de me faire prêter une veste pour Dudie, dont la cérémonie de fin d'école primaire est la semaine prochaine, et qui, le malheureux, est dôté d'une mère peu soucieuse d'endimancher ses rejetons. Résultats, il a une belle chemise et une cravate, on trouvera bien un pantalon qui fera l'affaire, mais je n'ai pas du tout le temps de courir les magasins pour l'équiper d'une veste. Heureusement, il y a les copains, qui, eux, ont des mères consciencieuses et des armoires bien fournies...

Est-ce que je vous ai dit qu'il a fait beau, vraiment beau?

Thursday, May 22, 2008

10


Mon grand garçon a eu 10 ans, la semaine dernière. Il a été heureux, ce jour-là, comme il l'est rarement. Rien, absolument rien n'est venu ennuager sa journée. Il a été ce que nous oublions qu'il peut être: un enfant émerveillé, ému, heureux. Il n'arrêtait pas de sourire. Je voudrais savoir l'encourager à épanouir cette facette. En même temps, je ne peux tous les jours lui fournir une nouvelle guitare, un nouveau vélo, son parrain et sa grand-mère venus exprès de France, une bouteille de champagne à ouvrir - presque - tout seul, un gâteau au chocolat ... Il faudra qu'il trouve en lui seul des raisons d'être heureux. Il apprend, il apprend, il a dix ans ...