Thursday, August 27, 2009

Sa carrière d'enfant

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Ils avaient construit ensemble une lego-civilisation. Une dispute a éclaté - rien de nouveau à cela - et l'aîné a décidé de récupérer tous les éléments de la civilisation qui lui appartenaient. Comme ils étaient nombreux, il a détruit une grande partie de la cité. Paolo pleure à grosses larmes et refuse d'être consolé. Il me montre une petite maison: "C'est la première que j'ai construite, et maintenant, maintenant ..." L'autre se défend, les legos sont à lui, il peut les reprendre quand il veut, et d'abord il en reste plein dans la chambre de son frère. Je le congédie sans ménagement.
Paolo, sur son lit, roulé en boule, à travers les larmes: "Ma carrière d'enfant est terminée!"

Je l'ai fait répéter trois fois, je voulais être sûre d'avoir bien entendu. Mais ce sont bien ses mots, qui me brisent le coeur.
Je lui demande d'expliquer. "Je voulais construire une civilisation, je voulais vraiment construire une civilisation, et maintenant, voilà ... Ma carrière d'enfant est terminée".

Une demi-heure plus tard, une miraculeuse réconciliation a eu lieu et Dudie a re-déménagé ses legos dans la chambre de son frère. Ensemble, ils construisent une civilisation encore plus belle et plus grande que la précédente.

Sunday, August 23, 2009

Raison, sentiments et MPP

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J'ai boudé pendant quelques jours.
Parce que.
Je ne suis pas allée à la plage le jour de mon anniversaire (la nouvelle voiture ayant besoin d'une réparation a eu la priorité).
Mes amis (même ma chère Else) m'ont oubliée - ainsi qu'une partie de ma famille. Seul mon Jeune Homme et une très chère blog-friend ont pensé à me souhaiter mes 38 ans - et vous qui me lisez!
Mes amis, quels amis?
Engueulade avec l'Homme. Où j'apprends - une fois de plus - que je suis paranoïaque (et je vous passe le reste) (Vous qui commencez à me connaître, vous imaginez bien les qualificatifs qui décrivent mon caractère). "Of course your feelings are true. What could be truer than one's own feelings? but you have to measure them, to compare them to REALITY. You have to realize they are not reasonable". Ah. Reality check. Damn it, je n'apprendrai jamais.
La rentrée approche et je panique. Normal. J'ai l'impression qu'on m'a volé mes vacances. Qui, comment? J'enrage de ne pas avoir fait ce que je voulais faire. Pourquoi?
Bref, je boude.
Et puis quand j'ai entendu parler de MPP, je me suis reconnue, et j'ai eu un peu honte. Pas trop, juste la petite piqure qui suffit à remettre les pendules à leur place.

Wednesday, August 19, 2009

38

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C'était mon anniversaire aujourd'hui.
Et j'ai décidé qu'il était temps que je renonce.
Entre autres, à espérer que le jour de mon anniversaire ressemble à ce que je voudrais.

Ma tête d'anniversaire...

Tuesday, August 18, 2009

De la difficulté à être avec ceux qu'on aime

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Cela fait quatre ans que j'attendais cette visite. Rien d'étonnant à ce qu'elle m'ait mise sens dessus-dessous. Mon père était venu nous voir à Memphis, la première année, et depuis il avait voyagé dans bien des pays, mais jamais vers chez nous. Il a enfin pris des billets, cet été - mais uniquement, je crois, parce que nous avions renoncé à aller en France.
J'étais tellement contente que je n'ai pas tout de suite ressenti la morsure de déception. C'est en parlant à Else de mon bonheur de les voir enfin venir chez moi que j'en ai pris conscience. "Si peu?" m'a-t-elle dit. Oui, deux jours chez nous, et trois jours à New York, ça fait peu. (Mais ils ont déjà passé deux semaines en Croatie et une semaine dans le sud, cet été. Nous arrivons en dernier dans leurs plans de vacances. C'est comme ça).

J'ai récuré ma maison de fond en combles. Jusqu'à ce que je ne fais jamais, d'habitude (épousseter les plinthes, balayer l'escalier de la cave). J'ai enfin remplacé les vieux stores en plastique tout pourris par des rideaux blancs, dans les salles de bain. J'ai harcelé l'Homme pour qu'il finisse d'accrocher les cadres dans toute la maison. J'ai dépensé une petite fortune en nourriture et vins. J'ai acheté des draps neufs pour notre lit - j'ai insisté pour leur laisser notre chambre avec la salle de bains.
J'en fais trop? Sans doute. Mon coeur se serre, à y penser. Je dois être un peu pathétique - encore faut-il qu'ils s'en aperçoivent.

Leur avion décolle dans un peu moins d'une heure. L'orage gronde (et je m'inquiète, bien sûr). L'Homme insiste: ça s'est bien passé. C'est vrai - en partie. Ils ont eu l'air content d'être ici, ont trouvé la maison vraiment bien, ont aimé Smalltown et Bonne Espérance (la ville où je travaille et le village où je vis). Nous avons fait le tour de Smalltown très rapidement - c'est charmant, mais très provincial, ont-ils dit. Je voulais les emmener voir le musée de l'université, mais ça sera pour une autre fois. Et puis, il faut dire que mes enfants se sont donné beaucoup de mal pour être le plus désagréables possible, refusant de venir se promener en ville, traînant les pieds, gémissant qu'ils avaient chaud, étaient fatigués, "Et pourquoi on est OBLIGÉS de venir avec vous?". Au restau, Paolo a piqué une crise, une belle, parce que la garniture de la pizza ne tenait pas sur la pâte. Il s'est mis à pleurer, a refusé de toucher à son assiette, a repoussé brutalement mes tentatives pour l'aider à découper la pizza récalcitrante. L'enfer. Mon père, à côté de lui, regardait le spectacle, Paolo at his worst. Cela m'a fait beaucoup de peine.

Le deuxième jour, ils ont voulu aller sur la côte. Bon, c'était samedi, il faisait plus de 35°, et après être restés coincés dans les embouteillages, il nous a été impossible de trouver une place de parking pour aller à la plage. Mais, c'était bien, quand même. Nous avons mangé de la langouste sur une terrasse couverte (la compagne de mon père se plaignant de la chaleur) et puis nous sommes partis dans une autre petite ville côtière, moins populaire, pour essayer d'accéder à l'océan. Bravant l'irritation de l'Homme, j'ai insisté pour que les enfants (et moi avec) aient au moins une heure sur la plage. Quand nous avons enfin pu nous garer, je les ai emmenés au bord de l'eau (zigzagant entre les New Jersiens, qui se faisaient rôtir, presque les uns sur les autres), pendant que les trois autres allaient prendre un café quelque part. L'eau était très bonne, nous nous sommes régalés.

Tout au long de ces deux jours, j'ai été prise dans un dilemne récurrent: passer du temps avec eux / ou préparer (le repas, la maison) pour eux. Le repas du samedi soir, que j'aurais tant aimé élaborer longuement, a été un peu assemblé à la va-vite. J'ai oublié de mettre du champagne au frais. Mais ... c'était bien, quand même.

C'est ce qu'on peut dire de leur séjour. C'était bien, quand même.

Je ne parle pas de dimanche soir, quand nous sommes allés les rejoindre à New York, pour un dîner dans un de mes restau préférés. Là, vraiment, ce n'était pas une réussite. c'est dommage que nous nous soyons quittés là-dessus.

Monday, August 17, 2009

Summer lunch: What we love

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Un déjeuner composé uniquement de restes - et des tomates d'un jardin ami (les propriétaires de notre chat de vacances sont en vadrouille. Je m'occupe du chat, j'arrose le jardin, et je mange les tomates!). Un déjeuner selon notre coeur (chacun son coeur).

Dans la famille gourmande, qui mange quoi?

Sunday, August 16, 2009

New Jersey Shore

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Presque Port-la-Nouvelle ...

Les langoustes en plus!

Wednesday, August 12, 2009

Encyclopédie

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Mon père arrive demain (5 heures de ménage, 3 heures de rangement, 4 heures - ! - de courses), et je sais déjà ce qu'il va me dire: "Mais fous-leur la paix!". Mon père contre mes principes d'éducation: une vieille histoire. Ce qui me fait un peu rigoler, c'est que je reproduis plus ou moins, avec mes enfants, la manière dont j'ai été élevée. Mais ses idées ont changé en 25 ans, et mon frère a eu un père radicalement différent du mien (c'est la même personne, pourtant).

Je sais déjà qu'il va se moquer de mon système de troc: deux pages de français contre une demi-heure de "screen time" (DS ou jeu sur l'ordinateur). Oui, c'est un affreux chantage. C'est aussi la seule manière que j'ai trouvée pour leur inculquer la grammaire, l'orthographe, la culture françaises. Sans récompense, aucune motivation: "Et pourquoi je dois faire deux fois plus de devoirs que les copains?" Bah oui, pourquoi, au fond?
Mais j'y tiens. Dudie absorbe comme une éponge: la formation des adverbes, la conjugaison du passé simple, la règle d'accord des participes passés (et s'empresse d'oublier, une fois finis les exercices). Paolo proteste, râle, se cabre, se fâche, jette son cahier, pleure un bon coup, récupère le cahier, complète la page, retrouve le sourire. C'est épuisant. Est-ce que ça vaut la peine?

Une après-midi, poussé par une envie frénétique d'essayer le nouveau jeu acheté par sa grand-mère, Dudie s'est lancé dans un marathon-cahier de vacances. Il galope. Et m'interroge sans cesse (il est sur l'unité des synonymes): "Qu'est-ce que ça veut dire 's'invectiver'? Et 'suppléant'? 'Tonitruant'?"
Au lieu de ménerver de ces interruptions incessantes (ou plutôt en plus de m'énerver...) (j'essaie de travailler, c'est déjà dur, une après-midi d'été), je le plante devant l'encyclopédie Larousse, achetée dans les années 80 à France Loisirs, 4 volumes par mois, et qui m'a accompagnée durant toutes mes études. Je ne sais pas pourquoi exactement nous l'avons transportée aux Etats-Unis, nous aurions pu économiser le poids des 25 volumes, un peu outdated, tout de même. Mais bon, elle est là, autant s'en servir.
Il proteste, il ne veut pas tourner les pages, et puis... Je l'observe, silencieux, feuilleter l'encyclopédie. Comme moi. Il s'arrête, de page en page, d'article en article, il picore. Chaque fois que je l'ouvrais, quelle que soit l'urgence de ma recherche, je finissais toujours par sautiller de mot en mot, absorbée, envoûtée par les mondes contenus entre les lignes des petits livres rouge foncé. Je ne pensais pas lui transmettre cette fascination-là. L'encyclopédie, mi-labyrinthe, mi-sirène, l'a séduit.

Friday, August 07, 2009

Répit?

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Bon, j'ai fini:

- Séminaires de formation professionnelle. Deux. (Maintenant, il faut essayer de me souvenir de ce que j'y ai appris et m'en servir l'année prochaine. Et les suivantes. Et celles d'après...)

- Visites de la belle-famille. Trois. Deux du beau-père, une (combinée) belle-mère et beau-frère. J'adore le frère de mon homme, mais j'ai du mal avec ma belle-mère. Heureusement, je travaillais la plupart du temps de son séjour, et ça ne s'est pas trop mal passé. Plutôt bien en fait. Et je regrette toujours de voir si peu cet homme que j'aime tellement.

- Leçons particulières. 4 semaines. J'ai quinze jours de battement avant le retour de mon élève. Je ne me plains pas: je l'aime bien, j'adore son frère (qui a été mon élève pendant 3 ans), je suis bien payée. Mais quand même, quinze jours sans obligations, rendez-vous, horaires ... c'est pas mal.

- Accrochages des cadres dans la maison. Seize. Terriblement difficile (choisir l'emplacement, remplacer les vieux sous-verre par des cadres un peu plus regardables). Et puis, se rendre compte que tout ce que nous avons à mettre sur les murs, ce sont des photos de nos enfants... Je ne sais pas, c'est déprimant. Nous sommes dans une période de misère (ah oui, c'est encore la crise, chez les petites gens de la middle class, même si à la radio on clame à corps et à cris le début du commencement de la reprise) et nous n'avons pas de quoi nous payer de belles affiches. Ou des meubles pour la plus belle pièce de la maison (toujours vide). Mais bon, nos enfants sur partout sur nos murs. Jamais, dans aucun des (nombreux) appartements que nous avons successivement occupés, je n'ai été gênée par cet étalage de "Nous". Maintenant, j'ai envie d'autre chose.

- Summer Camp! C'était aujourd'hui mon dernier jour de "French Immersion" pour les petits. Yeah! Bon, deux semaines, ce n'était pas non plus la fin du monde (certains de mes collègues travaillent depuis mi-juin...), mais me lever à 6 h et demie, passer plusieurs heures par jour à préparer la "classe" du lendemain, avoir en tête un programme, mettre en place les moyens de le réaliser, me confronter à la réalité du "public" en face de moi ... ça ressemble un peu trop à mon quotidien de l'année scolaire. Bien sûr, beaucoup de points positifs: les 7-9 ans, ça me change des lycéens. J'apprends à m'adapter, et j'acquiers une nouvelle flexiblité. J'emmagazine les idées pour mon cours de Français 1. Je m'exerce à la patience et je répète sans me lasser dix mille fois les jours de la semaine ou les nombres jusqu'à 20. J'ai reçu plein de hugs aujourd'hui, en remerciement de mes efforts, et ça m'a mis du baume au coeur. Je sais que mes petits campers se souviendront des crêpes que nous avons faites ensemble, de la chanson "La Famille Tortue", du film Le Roi et l'Oiseau (qu'ils ont regardé de bout en bout et bien compris), des croissants, brioches, baguettes du dernier jour, et de ma balle lumineuse...


Ce qu'il me reste à accomplir avant la fin de l'été:

- Visite de mon frère (demain) et de mon père (dans cinq jours).

- Préparation de l'année prochaine (plus beaucoup de temps, aaarrrhhgh!).

- Rangement de tous les placards de la maison.

- Installation de rideaux ou stores aux fenêtres (il faudrait d'abord les acheter. Mais la Banque de l'Amérique s'y oppose fermement - voir plus haut la misère de la middle class).

- Réparation de la vieille voiture. Ou achat d'une nouvelle. QUOI? Non, mais ça va pas? N'a-t-on pas dit que c'était la misère, chez les braves gens de la middle class? Ah oui, mais il faut bien aller travailler quand même. Comment faire? Dilemne. On tourne en rond: réparer la vieille voiture, qui tiendra ... combien de temps? Acheter une nouvelle. Réparer, acheter. Un nouvel emprunt? Impossible. Encore quelques centaines de $ pour maintenir tant bien que mal un truc roulant qui tombe en morceaux? Pas raisonnable. Alors?...

- Aménagement et agencement de mon nouveau bureau (à suivre ...)

- Retour à la piscine (miraculeusement réouverte aujourd'hui, après une semaine d'interruption pour cause de "traitement chimique" -?-), histoire de se muscler les fessiers et de présenter une photo de "femme en maillot de bain" sur ce blog. Sinon, je vais être obligée d'avoir recours à celles de l'année dernière, et ça, franchement, franchement, c'est la honte. Si je n'assume pas mes fessiers de 37 ans et trois quarts, qu'est-ce que ce sera à 38? Je frémis rien que d'y penser. Brrr.

Tuesday, August 04, 2009

Ce que m'apporte le WWW...

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... et je lui en suis très reconnaissante!

J'ai l'impression de ne pas avoir eu de vacances, cette année - pas seulement parce que nous ne sommes pas allés en France, mais aussi parce que je travaille tout le temps -, et tout d'un coup, les vacances sont arrivées à moi ... par la poste. Et, tout bêtement, ça m'a remplie de joie.
Merci, merci!

Tuesday, July 28, 2009

Port-la-Nouvelle

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J'ai fini par détester Port-la-Nouvelle. C'était injuste de ma part, bien sûr. Je ne voulais plus y aller, plus en entendre parler.
Et pourtant, Port-la-Nouvelle revient, encore et encore, au fil de mes années. Je croise de loin en loin, sur mon chemin, cette petite ville de l'Aude. L'été dernier, le train de nuit qui nous emmenaient de Paris à Barcelone (et qui a pris tout son temps tout au long du voyage) m'a mis sous les yeux les plâtrières de Port-la-Nouvelle au soleil levant. Je n'en revenais pas de passer juste devant, comme ça, sans prévenir.

Port-la-Nouvelle.
C'est un mot-valise, un vrai. Qui contient tant et tant ... C'est un mot-valise-de-vacances.

Un jour - mais comment en sommes-nous arrivés à parler de cela? - dans les premiers temps de ma romance avec mon Jeune Homme, j'ai évoqué mon enfance à Port-la-Nouvelle. Et il m'a immédiatement sorti la sienne. A quelques immeubles de distance, nous avons passé nos jeunes étés côte à côte. Oui. Il est même plus que probable que nous avons fait de l'optimist ensemble, à l'unique Club de Voile de Port-la-Nouvelle. Ah, le Destin se marre, c'est sûr (mais comme il était de près de 3 ans mon cadet, il y a peu de chance pour qu'à l'époque nous nous soyons remarqués. A 11 ans, je n'allais tout de même m'intéresser à un marmot de 8 ans...)

J'ai appris à faire du vélo sur le parking désert du dernier immeuble de la plage, ces week-ends d'hiver où mes parents quittaient Toulouse pour passer deux jours à la mer. Il n'y avait personne, absolument personne. Le sable était froid, malgré le soleil, et je portais des bottes en caoutchouc - et des sous-pulls en nylon sous ma tunique violette, c'était les 70's, quand même.

L'été, toute ma famille s'entassait dans l'appartement acheté par mon grand-père pour ses enfants et petits-enfants. Nous partagions les chambres, quelques-uns dormaient dans la salle à manger, il fallait faire la queue pour accéder à la douche et se dépêcher de laisser la place ("Qui a encore laissé du sable plein la baignoire?"). Un de mes oncles dormait toujours sur le balcon.

Le 14 juillet, nous regardions toujours le feu d'artifice au-dessus de la jetée. Le 17, c'était l'anniversaire du petit dernier de la famille (du moins à l'époque, d'autres sont venus se rajouter après), et parfois c'était quelqu'un de chez nous qui allumait des fusées et des pétards sur la plage.

Une année, ce même petit cousin a saisi à plein bras une méduse échouée. Il a beaucoup pleuré.

Souvent, nous emportions un pique-nique sur la plage, salade de riz et thon, pastèque. Nous, les cousines, étions nues, mais il fallait porter des chaussures en plastique à cause des vives, dont la "morsure" cruelle agitait la plage, chaque fois qu'un imprudent marchait dessus. Tout le monde se rassemblait, abreuvait de conseil le malheureux (ou ses parents): "Il faut de l'ammoniaque, qui a de l'ammoniaque? ... Alors il faut lui faire pipi sur le pied. Ou alors approcher un briquet très près. Faites-le marcher, il faut faire circuler le sang." Je me souviens, ça fait vraiment mal, les piqûres de vive.

Et puis, il y avait le manège. En fin d'après-midi, nous rentrions, recuits, sablés, irrités par une journée dans les remous constants du bruit des vagues, des cris des enfants et des mouettes, du cinglement de l'eau et du sable. Fraîches douchées et shampooinées, parées de nos robes d'été: c'était l'heure du manège. Nous partions avec notre oncle, laissant nos mères et/ou tantes un temps de répit. Parfois en voiture, parfois à pied le long du bord de mer. Et chaque jour, chaque année, la même excitation renouvelée, incroyablement intacte: le manège. Nous faisions des tours et des tours, à nous en donner le tournis, pendant que notre oncle s'achetait une gaufre (parfois des frites) à la baraque à côté du manège. Un peu plus loin, sur la jetée, la Réserve, allongée, paraissait endormie, attendant la nuit pour s'éclairer. Mais ça, c'est plus tard, quand nous nous sommes finalement lassées du manège.
La première, l'aînée des cousines (celle qui venait à PLN le moins souvent), a décidé d'arrêter. Trop grande, a-t-elle dit avec une moue dédaigneuse. Elle a commencé à manger des gaufres (parfois des frites). Nous avons encore tenu bon, nous les presque-jumelles, prétextant que la plus petite ne pouvait monter sur le manège toute seule, il fallait la tenir. Quand elle a eu 4 ans et qu'elle nous a envoyé balader, quand son frère n'a plus du tout voulu qu'on le tienne dans la toupie, il a bien fallu renoncer. Nous avions 10, 11 ans, et nos longues jambes, même bien pliées, ne rentraient déjà plus dans l'hélico. Nous avons rejoint les spectateurs-mangeurs de gaufres (et parfois de frites).

L'année suivante, tout a changé. A 12 ans, nous avons - de haute lutte - obtenu le droit de nous promener seules (pas tard!) sur l'esplanade.

L'année où j'ai reçu pour mon anniversaire un appareil photo, j'ai organisé des défilés de mode sans fin, utilisant ce que j'avais sous la main - cousines, cousin, serviette de plage et paréo.

Et, finalement, l'été de nos 14 ans, deux de nos oncles nous ont emmenées à la Réserve, qui nous faisait rêver depuis quelques années.

Et puis, ça a été la fin de Port-la-Nouvelle. Et je n'ai plus voulu y revenir. Pendant quelques années, PLN a été pour moi une petite ville laide et minable, avec cet appartement rongé par le sable et le sel, ces plages remplies de beaufs et ces usines comme toiles de fond. J'étais ingrate, oui, et partiale. Ma vision troublée par le ressentiment. J'oubliais les années et les années de bonheur au bord de la mer, ces étés parfois trop longs, le sable qui fouettait parfois trop fort, le soleil, toujours, l'optimist - parce que mon dernier été à PLN a été malheureux.

J'y suis retournée, depuis. Deux fois. Et le temps a adouci ma rancoeur. Ce n'est pas la faute de Port-la-Nouvelle, vraiment, mais celle des adultes autour de moi si, à 15 ans, je suis entrée dans une période grise. Maintenant, l'appartement est vendu, mais il reste des liens: la famille de mon Jeune Homme y passe toujours ses étés. Et une amie de blog va y faire le plein d'air marin et de sable blanc. Elle y a peut-être vu mon fantôme, avec ou sans maillot (mais avec des chaussures en plastique), creusant des châteaux de princesse et cherchant des tenilles pour en remplir mon seau.

[Bien sûr, ces réminiscences m'ont été inspirées par les nouvelles de La Nouvelle offertes par Samantdi. Depuis, les souvenirs de Mab (avec une très belle photo) sont venus se rajouter aux miens, tissant la chaîne de "celles qui ont passé leurs étés à La Nouvelle". Il y en a d'autres?]

Monday, July 20, 2009

From Philadelphia to strange inertia

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Je suis partie à Philadelphie à reculons - pour un séminaire sur "Comment Devenir Chef" ou "Les Premiers Pas d'un Calife". Et je suis revenue en faisant des bonds partout, pleine d'énergie, d'idées fantastiques, de contacts utiles... C'était vraiment bien. Le Chef qui menait le séminaire est un homme formidable, un excellent pédagogue (la preuve, son temps de parole était inférieur à celui des participants), et un homme de théâtre (ce qui est toujours bon signe), qui ne nous a jamais laissés longtemps dans l'immobilité. Il a démontré par l'exemple ce qu'est un bon prof - et un bon chef. Notre groupe de 24 néo-Califes est reparti rempli de reconnaissance et d'enthousiasme.
Bon, forcément, nous avons passé plus de temps dans l'hôtel que dans les musées, ce qui fait que de Philadelphia je n'ai guère vu que ce que m'offrait la fenêtre de ma chambre d'hôtel

Un bar à tapas, très chic, très très bon (et pas très cher, si si, c'est possible)

Un restau de fruits de mer façon bouiboui, mais où les crabes (bleus) étaient fort bons. (La serveuse, à qui mon amie demandait comment était le Shiraz australien, répondit: "It's red wine!", et nous nous en sommes contentés...)
Et un glacier 1900, assez bon ma foi, mais surtout remarquable pour le décor (et les costumes) d'époque.
Quand ma petite famille est venue me récupérer, j'ai pu enfin m'offrir une après-midi de tourisme - version tourisme 8-11 ans. Nous avons visité un authentique sous-marin

un authentique bateau du 19e (le cruiser Olympia, qui a défait la flotte espagnole à Manila Bay)

et un musée (en fait, on y est entrés pour les toilettes, mais une expo sur les tatouages a attrapé l'oeil de l'homme et de fil en aiguille nous en avons visité la plus grande partie). Bref, le zoo - qui était prévu pour la deuxième partie de l'après-midi - a dû être déprogrammé faute de temps, mais nous sommes revenus avec deux futurs marins à la vocation bien ancrée (ahah).

Maintenant, je cherche en vain des traces de l'énergie que j'ai rapportée avec moi de Philadelphie. Le New Jersey doit avoir une atmosphère néfaste qui dissout les reserves d'entrain. Tiens, d'ailleurs, je vais me coucher de ce pas.

Thursday, July 09, 2009

Quelques jours en Nouvelle Angleterre

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C'est la troisième année d'affilée qu'Else nous invite dans sa maison-refuge du New Hampshire.
[En revenant en arrière, je me rends compte 1) que j'ai annoncé mais pas chroniqué mon voyage de l'année dernière; 2) que je parle à répétition des vodka-tonic au coucher du soleil, ça en devient suspect...]
Cette fois, je suis partie avec ma mère et mes garçons. Après avoir longuement hésité, je me suis laissé convaincre d'y aller en voiture. Je ne suis pas une bonne conductrice, je n'aime pas les autoroutes, ni les camions, j'ai un sens de l'orientation épouvantable et changer de file sur une multi-voies me fait transpirer horriblement.
Mais ma mère a promis de conduire la plupart du voyage, et de fait, en nous relayant au volant, le voyage (à l'aller) s'est déroulé facilement. 7 heures et quart pour passer du New Jersey au New Hampshire.

Il a plu, plu, plu. Comme l'année dernière, en fait. Et comme l'année dernière, les garçons enfermés ont été parfois pénibles. Mais quand même, quand même ... C'était bien!


Cette année, j'ai laissé à ma mère la jolie chambre et j'ai dormi sur le porche. On y entend la rivère si fort qu'on a l'impression de dormir sur la rive. Et de se réveiller au milieu des arbres.

Blackwater River...


Nous avons bravé le mauvais temps pour nous offrir une journée à l'océan. Bien nous en a pris: après un début sous les nuages...

(qui n'a pas empêché les braves de courir dans les vagues), le soleil nous a fait la grace de sa visite (enfin!)

Le voyage du retour a été autrement moins plaisant que l'aller... A cause d'une engueulade à propos d'un ticket de péage, nous avons pris la mauvaise direction, et il m'a fallu 3 quarts d'heure - oui, oui - pour m'apercevoir que nous partions vers Boston, et pas vers New York. Demi-tour, embouteillages de fin de week-end, bref, nous avons mis 10 heures pour rentrer. Et là, je me suis dit que mes garçons avaient beau avoir des tonnes de défauts, ils sont en tout cas de super voyageurs (habitués depuis tout petits...). Je les en remercie - et leur DS aussi!