...
Mardi est le seul jour de la semaine dernière où je n'ai pas pris de photo.
Mardi à Paris, mardi gris, mardi pluie.
J'aurais tellement, tellement aimé être heureuse d'être là, profiter, marcher dans les rues, voir des amis et d'autres qui le sont presque, boire un verre en terrasse, raconter des bêtises jusque tard dans la nuit - mais voilà, un voile sombre couvre tout et je n'ai qu'une hâte, partir. L'angoisse gagne insidieusement, et je plie. A part un mercredi au Louvre, promis depuis un an, je n'ai rien pu faire de mon passage à Paris. Une courte visite à un nouveau-né m'a presque fait défaillir d'anxiété. J'ai acheté des pyjamas - pour les garçons et aussi un pour moi -, des pulls - il fait froid, et puis j'ai rebroussé chemin.
Tout ce que je pensais laisser derrière moi, je l'ai retrouvé en fait ici.
L'année dernière, je n'attendais rien de mon été, j'étais arrivée complètement vidée - d'énergie, d'espoir, de perspective - et je suis repartie tellement plus forte. Tout ce qui m'avait alors accueillie, entourée, regonflée, je l'attendais cette année, j'y comptais. Hélas, rien de cela. La tristesse, la souffrance, la peur - une juste continuation de mon année.
Et la pluie, le froid, pour s'accorder avec l'humeur du moment.
Sunday, July 24, 2011
Tuesday, July 12, 2011
Thursday, July 07, 2011
Paolo et les lucioles
...
J'ai une passion pour les lucioles - de loin. Elles arrivent en même temps que le solstice d'été et ont généralement disparu quand je reviens de France. J'aime les voir pétiller dans la nuit tombante, comme des petites bulles lumineuses qui remontent à la surface du soir et s'évaporent presque tout de suite. Vues de près, elles m'intéressent beaucoup moins - ressemblent à ce qu'elles sont, des insectes (et parce que ma maison en est envahie en cette saison, j'ai très peu de tolérance ou de sympathie pour les insectes).
Paolo les adore aussi et s'est institué Fireflies Hunter, malgré mes protestations. Au moins, il leur rend leur liberté, une fois constituée sa petite collection du soir.
Vous les voyez?
(Au passage, un petit aperçu du franglais qui lui est coutumier...)
J'ai une passion pour les lucioles - de loin. Elles arrivent en même temps que le solstice d'été et ont généralement disparu quand je reviens de France. J'aime les voir pétiller dans la nuit tombante, comme des petites bulles lumineuses qui remontent à la surface du soir et s'évaporent presque tout de suite. Vues de près, elles m'intéressent beaucoup moins - ressemblent à ce qu'elles sont, des insectes (et parce que ma maison en est envahie en cette saison, j'ai très peu de tolérance ou de sympathie pour les insectes).
Paolo les adore aussi et s'est institué Fireflies Hunter, malgré mes protestations. Au moins, il leur rend leur liberté, une fois constituée sa petite collection du soir.
Vous les voyez?
(Au passage, un petit aperçu du franglais qui lui est coutumier...)
Tuesday, July 05, 2011
Comme un mardi (39)
Tuesday, June 28, 2011
Comme un mardi (38)
...
Cela faisait des mois que je n'avais pas nagé. Mon corps a retrouvé facilement, presque avec surprise, les lisses mouvements, l'étirement, l'enveloppement de l'eau.
Dimanche dernier, alors que je me sortais avec difficulté d'une mauvaise torpeur, une gluante déprime, j'avais décidé de me botter les fesses et d'emmener les garçons à la piscine. Ha! C'était sans compter Paolo, qui n'a rien trouvé de mieux que de se coincer le doigt dans la portière de la voiture. Au lieu de passer l'après-midi à la piscine, nous l'avons passée aux urgences... Rien de cassé, mais une douleur terrible (il est pourtant résistant). Du coup, c'était aujourd'hui notre premier plongeon de la saison.
Dimanche dernier, alors que je me sortais avec difficulté d'une mauvaise torpeur, une gluante déprime, j'avais décidé de me botter les fesses et d'emmener les garçons à la piscine. Ha! C'était sans compter Paolo, qui n'a rien trouvé de mieux que de se coincer le doigt dans la portière de la voiture. Au lieu de passer l'après-midi à la piscine, nous l'avons passée aux urgences... Rien de cassé, mais une douleur terrible (il est pourtant résistant). Du coup, c'était aujourd'hui notre premier plongeon de la saison.
Monday, June 27, 2011
New York avec eux ...
...
Ce n'est pas forcément un plaisir.
Hum.
Donc, voyage obligé pour faire renouveler les passeports.
Quelques imprévus: embouteillages pour arriver à la gare, on ne prend pas le train de 8h40 mais le suivant (heureusement, je m'étais laissé de la marge...); la DS de Dudie est à court de batteries (il avait oublié de la charger hier soir ... C'est sa faute. Il réclame celle de son frère, je lui dis que ce ne serait pas juste, il fait la gueule pendant une bonne heure); je renverse du thé sur ma jupe blanche avant même d'avoir quitté Penn Station.
Mais à part ça ... Je navigue le subway de NYC comme une pro, nous arrivons au consulat à l'heure du rendez-vous, j'ai tous les papiers nécessaires (sauf que l'enveloppe pour le retour des passeports n'est pas recommandée...) Ça roule.
Paolo a du mal à rester tranquille pendant 45 minutes. C'est là que je remarque (encore une fois) qu'il est "différent": il ne peut pas simplement attendre. Il touche à tout, la clim, les bidules sur le bureau du monsieur des passeports, le fauteuil, mon sac... Il cherche son frère (et le trouve trop facilement, il faut que je me mette entre eux), geint parce que c'est trop long, demande à partir. Pendant ce temps, Dudie, le regard vague, patiente sans bouger (à moins d'être titillé par son frangin). J'observe une famille de trois garçons, entre 12 et 4 ans, qui attend son tour sans broncher. Pourquoi le mien ne peut-il se tenir?
C'est fini, nous sortons. J'avais prévu une visite au Met, pas loin, mais l'estomac parle et il faut trouver un restau. Ils décident qu'il faut manger italien et nous voilà en train de grimper l'escalier étroit d'un probable piège à touristes, mais je n'ai plus la force de me battre contre eux. Nous décidons de déjeuner sur la "terrasse", tout en haut.
[Et la porte au plafond? Ça leur a bien sûr rappelé le dialogue d'un film culte qu'ils connaissent par cœur*]
C'est finalement assez sympa et plutôt bon. Paolo est en extase devant sa margharita géante (contre toutes mes prédictions, il l'a bel et bien finie...), Dudie est ravi de ses linguini a la vongole et je me dis que peut-être la fin de la journée sera plus facile. Ahah.
Bien évidemment, le Met est fermé (Today's Monday, ma'am!) et nous voilà repartis à la recherche d'une poste pour trouver une enveloppe recommandée.
Une dizaine de blocks plus tard, Paolo gémit, il a chaud, il a trop mangé, il ne veut plus marcher. Derrière son guichet, un employé me garantit qu'on ne peut PAS acheter une enveloppe pré-payée recommandée. Je ne m'avoue pas vaincue et je fais la queue à un autre guichet. Et repars avec mon enveloppe, pas mécontente d'avoir persévéré, pour une fois. Et maintenant, il faut repartir au consulat. Drame. Paolo refuse d'avancer, Dudie se met à l'insulter, je suis au bord de l'explosion. Finalement, nous attrapons un bus sur la 5e, ce qui raccourcit notre marche et me donne - très temporairement - la paix.
En ressortant du consulat, je propose Central Park, juste là, d'ailleurs regardez les bateaux sur l'étang, mais rien à faire, ils veulent rentrer. Le zoo? Non, je veux juste rentrer à la maison.

Le bus, donc, et puis le train, la voiture, la maison (deux heures et demie plus tard). Je m'effondre sur mon lit. Je ne peux plus bouger. Ils ont le talent de me presser comme un citron, d'extirper jusqu'à la dernière goutte de mon énergie déjà tellement en pénurie en ce moment.
Je reviendrai à New York avec Dudie qui aime les musées et j'attendrai que Paolo se décide à grandir (un jour?) - ou alors peut-être que, comme son père, il n'aimera jamais New York. Après tout, il n'est pas obligé. Ni moi de le traîner avec moi.
* - La porte au plafond, là!
- Ça? Non mais, j'anticipe! Si vous voulez faire un deuxième étage, paf! vous pouvez parce qu'y a déjà une porte pour y accéder!
Edit: Pour revoir la scène, c'est ici!


[Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand]
Hum.
Donc, voyage obligé pour faire renouveler les passeports.
Quelques imprévus: embouteillages pour arriver à la gare, on ne prend pas le train de 8h40 mais le suivant (heureusement, je m'étais laissé de la marge...); la DS de Dudie est à court de batteries (il avait oublié de la charger hier soir ... C'est sa faute. Il réclame celle de son frère, je lui dis que ce ne serait pas juste, il fait la gueule pendant une bonne heure); je renverse du thé sur ma jupe blanche avant même d'avoir quitté Penn Station.
Mais à part ça ... Je navigue le subway de NYC comme une pro, nous arrivons au consulat à l'heure du rendez-vous, j'ai tous les papiers nécessaires (sauf que l'enveloppe pour le retour des passeports n'est pas recommandée...) Ça roule.
Paolo a du mal à rester tranquille pendant 45 minutes. C'est là que je remarque (encore une fois) qu'il est "différent": il ne peut pas simplement attendre. Il touche à tout, la clim, les bidules sur le bureau du monsieur des passeports, le fauteuil, mon sac... Il cherche son frère (et le trouve trop facilement, il faut que je me mette entre eux), geint parce que c'est trop long, demande à partir. Pendant ce temps, Dudie, le regard vague, patiente sans bouger (à moins d'être titillé par son frangin). J'observe une famille de trois garçons, entre 12 et 4 ans, qui attend son tour sans broncher. Pourquoi le mien ne peut-il se tenir?
C'est fini, nous sortons. J'avais prévu une visite au Met, pas loin, mais l'estomac parle et il faut trouver un restau. Ils décident qu'il faut manger italien et nous voilà en train de grimper l'escalier étroit d'un probable piège à touristes, mais je n'ai plus la force de me battre contre eux. Nous décidons de déjeuner sur la "terrasse", tout en haut.
C'est finalement assez sympa et plutôt bon. Paolo est en extase devant sa margharita géante (contre toutes mes prédictions, il l'a bel et bien finie...), Dudie est ravi de ses linguini a la vongole et je me dis que peut-être la fin de la journée sera plus facile. Ahah.
En ressortant du consulat, je propose Central Park, juste là, d'ailleurs regardez les bateaux sur l'étang, mais rien à faire, ils veulent rentrer. Le zoo? Non, je veux juste rentrer à la maison.
Je reviendrai à New York avec Dudie qui aime les musées et j'attendrai que Paolo se décide à grandir (un jour?) - ou alors peut-être que, comme son père, il n'aimera jamais New York. Après tout, il n'est pas obligé. Ni moi de le traîner avec moi.
* - La porte au plafond, là!
- Ça? Non mais, j'anticipe! Si vous voulez faire un deuxième étage, paf! vous pouvez parce qu'y a déjà une porte pour y accéder!
Edit: Pour revoir la scène, c'est ici!
Wednesday, June 22, 2011
22
...

Another golden birthday - après 13 ans le 13 mai, voilà 22 ans le 22 juin.
Pour la fille de mon cœur, ma petite sœur.
Bon anniversaire, ma belle!
Another golden birthday - après 13 ans le 13 mai, voilà 22 ans le 22 juin.
Pour la fille de mon cœur, ma petite sœur.
Bon anniversaire, ma belle!
Comme un mardi (37)
Tuesday, June 14, 2011
Comme un mardi (36)
...
J'ai ce soir retrouvé cette photo dans mon appareil et je me suis un instant demandé à quel moment de la journée je l'avais prise. Et qu'est-ce que je faisais en ville, au juste?
Symptomatique de ces journées de bouclage d'année scolaire, tellement remplies que j'ai du mal à en distinguer les jointures. J'ai l'impression de ne jamais dormir, d'enchaîner les unes après les autres les tâches à accomplir, de toujours - no matter what - me laisser déborder. Pas eu le temps de déjeuner ce matin, encore des bulletins à rédiger en buvant mon thé, un baiser à mes enfants endormis, ils sont en vacances, eux, à peine arrivée à l'école une interview par skype (c'est magique, la technologie), encore des bulletins à finir, j'ai dépassé l'échéance de deux heures, mais ça y est, je les ai envoyés, tellement de petits problèmes à régler, emplois du temps, summer reading, teaching assignments, et les livres de classe à commander, encore une fois je suis en super retard, c'était dû vendredi à midi... Il est finalement 11h et demie et je mange une pomme, qui traînait sur mon bureau depuis une semaine (mais elle n'est pas mauvaise) en me disant que j'irai bientôt déjeuner en ville, juste avant mon rendez-vous avec le Tuesday Man. Le Grand Organisateur des Emplois du Temps râle contre moi, j'ai encore changé ses plans avec mes profs que je veux faire enseigner au collège et au lycée, c'est quoi ce bazar. Il faut, il faut, j'ai promis, écrire cette lettre de recommandation pour A., et rapidement l'envoyer. Ah, et puis il faut que je rappelle ce type qui veut me parler de la candidature de S. dans son école.
Il est deux heures et quart, je suis en ville et je vais enfin pouvoir manger.
Je dois passer par la banque, plus un rond dans mon porte-monnaie, et puis j'ai cette lettre à poster, une réponse à une invitation de mariage, RSVP avant le 31 mai, je suis en retard (ça devient lassant, ce refrain).
C'est à ce moment-là que j'ai dû prendre la photo.
Et cette photo ressemble à ma vie en ce moment, fouillis, circulation, des gens qui traversent, "NO STOPPING OR STANDING", et cet orage qui noircit dans le fond, entre les arbres.
Symptomatique de ces journées de bouclage d'année scolaire, tellement remplies que j'ai du mal à en distinguer les jointures. J'ai l'impression de ne jamais dormir, d'enchaîner les unes après les autres les tâches à accomplir, de toujours - no matter what - me laisser déborder. Pas eu le temps de déjeuner ce matin, encore des bulletins à rédiger en buvant mon thé, un baiser à mes enfants endormis, ils sont en vacances, eux, à peine arrivée à l'école une interview par skype (c'est magique, la technologie), encore des bulletins à finir, j'ai dépassé l'échéance de deux heures, mais ça y est, je les ai envoyés, tellement de petits problèmes à régler, emplois du temps, summer reading, teaching assignments, et les livres de classe à commander, encore une fois je suis en super retard, c'était dû vendredi à midi... Il est finalement 11h et demie et je mange une pomme, qui traînait sur mon bureau depuis une semaine (mais elle n'est pas mauvaise) en me disant que j'irai bientôt déjeuner en ville, juste avant mon rendez-vous avec le Tuesday Man. Le Grand Organisateur des Emplois du Temps râle contre moi, j'ai encore changé ses plans avec mes profs que je veux faire enseigner au collège et au lycée, c'est quoi ce bazar. Il faut, il faut, j'ai promis, écrire cette lettre de recommandation pour A., et rapidement l'envoyer. Ah, et puis il faut que je rappelle ce type qui veut me parler de la candidature de S. dans son école.
Il est deux heures et quart, je suis en ville et je vais enfin pouvoir manger.
Je dois passer par la banque, plus un rond dans mon porte-monnaie, et puis j'ai cette lettre à poster, une réponse à une invitation de mariage, RSVP avant le 31 mai, je suis en retard (ça devient lassant, ce refrain).
C'est à ce moment-là que j'ai dû prendre la photo.
Et cette photo ressemble à ma vie en ce moment, fouillis, circulation, des gens qui traversent, "NO STOPPING OR STANDING", et cet orage qui noircit dans le fond, entre les arbres.
Tuesday, June 07, 2011
Comme un mardi (35)
...
Ce matin, quand je suis entrée dans sa chambre, il avait déjà les yeux ouverts. C'est rare - extrêmement rare un jour d'école. Je me suis assise sur le bord de son lit et je lui ai parlé doucement. Et une immense, insurmontable angoisse m'a envahie. Il a fallu que j'attende, en respirant comme je pouvais, que disparaisse la tentation de sombrer, l'évanouissement.
Aujourd'hui était le dernier jour d'école de Paolo.
Dernier jour de l'année scolaire.
Dernier jour de l'école primaire.
Il est arrivé au bout, il a réussi, oui! C'était vraiment un "group effort", sa maîtresse, la "dame" du jeudi, les visages bienveillants à l'école, moi, un peu aussi, mais surtout lui, qui a tenu, qui a appris, qui a atteint le dernier jour de la dernière année de l'école primaire.
Pour presque tous les autres enfants de 4th grade qui étaient au centre de la cérémonie d'aujourd'hui, c'était une fête, même si certains étaient nostalgiques (une petite fille s'est mise à sangloter sur l'estrade en serrant la main du directeur et des instits, je crois qu'elle a mis les larmes aux yeux de la moitié de l'assemblée).
Pour Paolo, c'est une victoire, parce qu'il est passé bien près de l'exclusion une fois ou deux. Il a réussi à se prouver, et à prouver au directeur qui l'avait mis sur une voie de garage l'année dernière, qu'il pouvait finir ses années d'école élémentaire, malgré son refus des règles et règlementations, malgré son indépendance d'esprit et sa main trop leste, qui rend le coup de poing avant même d'avoir réfléchi aux conséquences de son geste.
Il était beau, aujourd'hui, et aussi un peu nerveux. Il a été parfait, il a bien chanté, bien joué du violoncelle, et il n'a même pas perdu sa chaussure en chemin (J'ai cherché la trace de l'incident, mais mon blog n'en a rien gardé: pourtant Dudie, il y a trois ans, a défilé sa chaussure à la main. Oui, une chaussure au pied et l'autre à la main.)
Paolo m'a dit, soulagé: "C'est fini". Oui, c'est fini, mon cœur. Jusqu'en septembre. Jusqu'à la rentrée au collège. Et là, là, les choses vont redevenir intéressantes...
Aujourd'hui était le dernier jour d'école de Paolo.
Dernier jour de l'année scolaire.
Dernier jour de l'école primaire.
Il est arrivé au bout, il a réussi, oui! C'était vraiment un "group effort", sa maîtresse, la "dame" du jeudi, les visages bienveillants à l'école, moi, un peu aussi, mais surtout lui, qui a tenu, qui a appris, qui a atteint le dernier jour de la dernière année de l'école primaire.
Pour Paolo, c'est une victoire, parce qu'il est passé bien près de l'exclusion une fois ou deux. Il a réussi à se prouver, et à prouver au directeur qui l'avait mis sur une voie de garage l'année dernière, qu'il pouvait finir ses années d'école élémentaire, malgré son refus des règles et règlementations, malgré son indépendance d'esprit et sa main trop leste, qui rend le coup de poing avant même d'avoir réfléchi aux conséquences de son geste.
Il était beau, aujourd'hui, et aussi un peu nerveux. Il a été parfait, il a bien chanté, bien joué du violoncelle, et il n'a même pas perdu sa chaussure en chemin (J'ai cherché la trace de l'incident, mais mon blog n'en a rien gardé: pourtant Dudie, il y a trois ans, a défilé sa chaussure à la main. Oui, une chaussure au pied et l'autre à la main.)
Paolo m'a dit, soulagé: "C'est fini". Oui, c'est fini, mon cœur. Jusqu'en septembre. Jusqu'à la rentrée au collège. Et là, là, les choses vont redevenir intéressantes...
Sunday, June 05, 2011
Ces jours-ci
...
Et d'ailleurs je ne suis pas la seule.


(et oui, je sais, Paolo se moque des lois de la conjugaisons comme de tout ce qui règlemente la vie en général)
... qui n'est pas resté chenille longtemps.
Maintenant, j'ai un cocon dans mon bureau. Je ne sais s'il en sortira un jour quelque chose.




Moi qui n'aime pas les petits pois, j'en raffole quand ils sont frais. Et crus.

Et d'ailleurs je ne suis pas la seule.
- On me confie un "nouveau copain"...
... qui n'est pas resté chenille longtemps.
- J'ai aussi droit à des revendications répétées (impossibles à ignorer, elles sont partout dans la maison, même à l'intérieur des placards).
- J'emmène les garçons regarder un match de foot sur grand écran à la bibliothèque et je finis par rester avec eux (BAAAAAAARRRÇÇÇAAAAAAAA!!!) (oui, c'est moi qui crie le plus fort, les copains de Paolo n'en reviennent pas). Mes copies ne sont pas sorties de mon sac.
- Je me fais des salades roquette/mangue (avec roquefort, amandes grillées, tomates-cerises, parfois prociutto, ou vieux gouda...) C'est très très bon.
- Je regarde et re-regarde ma maison sous tous les angles. C'est encore ma maison. Pas pour très longtemps (quoique ... Ce n'est tellement pas le moment de vendre, et il y a tellement de maisons sur le marché...) (Il me tarde et il ne me tarde pas qu'elle soit vendue. Mais je n'en peux plus de la tenir toujours sur son 31, dans l'espoir qu'elle séduira d'éventuels acheteurs. Elle nous a séduits, nous, pourquoi les gens ne la voient-ils pas avec nos yeux?)
- J’écosse et j'embauche des écosseurs.
- J'observe les combats sans merci qui se déroulent dans mon jardin. Et puis je crie: "Vous vous déshabillez avant d'entrer!" La mud room est jonchée de shorts et t-shirts trempés. Difficile à croire que ces engins à l'aspect redoutable sont de bêtes pistolets à eau.
Saturday, June 04, 2011
Allergènes
...
Else avait en charge pour quelques jours les chatons de son fils. Nous sommes allés les voir, imprudents que nous sommes ...
Immédiatement, nous nous sommes mis à roucouler et à vouloir les mêmes.


Et puis, au bout d'un quart d'heure, l'un d'entre nous ...

... (pas moi) ...


... s'est mis à se gratter, se frotter les yeux, le visage ...
... et il a fallu partir vite vite, avec un Paolo au visage gonflé, aux yeux presque fermés, la peau en feu et toussant comme un fumeur.
Je le savais allergique aux poils de lapin, mais pour la première fois il nous a démontré que les chats non plus ne lui réussissaient pas. Adieu donc notre projet d'adopter deux chatons. Il en était tout malheureux - et moi aussi qui attends depuis des années un chat dans ma vie.
Et puis, au bout d'un quart d'heure, l'un d'entre nous ...
... (pas moi) ...
... s'est mis à se gratter, se frotter les yeux, le visage ...
Je le savais allergique aux poils de lapin, mais pour la première fois il nous a démontré que les chats non plus ne lui réussissaient pas. Adieu donc notre projet d'adopter deux chatons. Il en était tout malheureux - et moi aussi qui attends depuis des années un chat dans ma vie.
Tuesday, May 31, 2011
Comme un mardi (34)
...
Petits pois frais, chaleur lourde et humide, fatigue pesante, deux lessives et une chute de vélo. Des écorchures partout, un petit trou dans le bras et un vélo plié.
Avant de dormir, 10 minutes de lecture (toujours The Fellowship of the Ring, on avance doucement), tous les trois dans mon lit, le blessé au milieu, l'écosseur à droite et moi à gauche (comme le cœur, toujours à gauche).
C'était ma soirée du mardi. Bien heureuse qu'elle soit finie.
Avant de dormir, 10 minutes de lecture (toujours The Fellowship of the Ring, on avance doucement), tous les trois dans mon lit, le blessé au milieu, l'écosseur à droite et moi à gauche (comme le cœur, toujours à gauche).
C'était ma soirée du mardi. Bien heureuse qu'elle soit finie.
Tuesday, May 24, 2011
Comme un mardi (33)
Monday, May 23, 2011
Bientôt les éclaircies?
...
Les pieds mouillés et la tête dans les nuages. Je ne compte plus les jours de pluie - ils se suivent sans interruption - mais je tiens le compte des quarts d'heure de soleil - samedi, tu sais, entre 10 heures et quart et 10 heures et demie.
Trois personnes différentes m'ont dit la semaine dernière que quelque chose avait changé, que j'avais l'air moins stressé, que je paraissais plus sereine, que mes couleurs étaient revenues. C'est incroyable comme ça fait du bien à attendre. Je me suis rendu compte que c'était certainement vrai, malgré le printemps de chien trempé et la maison à vendre et l'état de débordement permanent qui est mon quotidien. Pas moyen de comprendre pourquoi, quand, comment. Le Catalan, lui, avait une explication: "C'est parce que tu as pris la décision de partir en France cet été. Rien que l'idée, te voilà mieux." Et il a raison, comme pour beaucoup d'autres choses.
Bon, bien sûr, il a fallu que Paolo fasse des siennes, histoires de ne pas me laisser remonter la pente trop haut. Un coup de poing reçu, deux donnés (fort), l'autre gamin rentre à la maison avec des marques (que les parents prennent en photo pour les envoyer au directeur) (on est aux US, quand même), un coup de fil de la maîtresse et voilà mon weekend foutu en l'air, à craindre le renvoi pur et simple. Mon angoisse génère celle du délinquant, qui n'arrive plus à dormir; mes craintes me rendent hargneuse, et les siennes le transforment en pile électrique. Quand arrive lundi matin et la perspective d'un passage dans le bureau du directeur, nous sommes l'un et l'autre complètement survoltés. Avant même d'arriver à l'école, nous nous sommes débrouillés pour avoir trois gros clash. Je le dépose devant l'entrée de l'école, et il refuse de me faire un bisou. Le ventre noué, je pars enseigner. Sympa les premières heures quand la tête est de l'autre côté du bâtiment (heureusement, en ce moment on boucle l'année avec un lipdub dans ma classe de AP).
Le même weekend, le fils d'Else disjoncte lui aussi (mais c'est plus grave, parce qu'il a 31 ans). Elle est dans un tel état d'inquiétude et de désespérance que mes petits soucis me paraissent insignifiants, à côté. Être renvoyé d'une école, bon, ce n'est pas la mort, il y en a d'autres, écoles!
Finalement, Paolo s'en tire avec une suspension d'une demi-journée, passée dans la salle de réunion à côté du bureau du directeur. Il y a déjeuné, puis pendant les trois heures suivantes, il a bossé tout seul sur les devoirs fournis par la maîtresse. Il avait l'air plus soulagé qu'autre chose, quand je l'ai récupéré (et moi aussi) (ça ne nous a pas empêchés de nous prendre immédiatement le bec à propos des devoirs).
Maintenant, je voudrais reprendre ma pente ascendante (et mes couleurs). J'aimerais bien me débarrasser de la menace "S'il recommence avant la fin de l'année...", mais avec Paolo, il est impossible de savoir. L'imprévisibilité faite enfant.
En tout cas, j'ai appris que c'était possible, de commencer à reprendre du poil de la bête.
Trois personnes différentes m'ont dit la semaine dernière que quelque chose avait changé, que j'avais l'air moins stressé, que je paraissais plus sereine, que mes couleurs étaient revenues. C'est incroyable comme ça fait du bien à attendre. Je me suis rendu compte que c'était certainement vrai, malgré le printemps de chien trempé et la maison à vendre et l'état de débordement permanent qui est mon quotidien. Pas moyen de comprendre pourquoi, quand, comment. Le Catalan, lui, avait une explication: "C'est parce que tu as pris la décision de partir en France cet été. Rien que l'idée, te voilà mieux." Et il a raison, comme pour beaucoup d'autres choses.
Bon, bien sûr, il a fallu que Paolo fasse des siennes, histoires de ne pas me laisser remonter la pente trop haut. Un coup de poing reçu, deux donnés (fort), l'autre gamin rentre à la maison avec des marques (que les parents prennent en photo pour les envoyer au directeur) (on est aux US, quand même), un coup de fil de la maîtresse et voilà mon weekend foutu en l'air, à craindre le renvoi pur et simple. Mon angoisse génère celle du délinquant, qui n'arrive plus à dormir; mes craintes me rendent hargneuse, et les siennes le transforment en pile électrique. Quand arrive lundi matin et la perspective d'un passage dans le bureau du directeur, nous sommes l'un et l'autre complètement survoltés. Avant même d'arriver à l'école, nous nous sommes débrouillés pour avoir trois gros clash. Je le dépose devant l'entrée de l'école, et il refuse de me faire un bisou. Le ventre noué, je pars enseigner. Sympa les premières heures quand la tête est de l'autre côté du bâtiment (heureusement, en ce moment on boucle l'année avec un lipdub dans ma classe de AP).
Le même weekend, le fils d'Else disjoncte lui aussi (mais c'est plus grave, parce qu'il a 31 ans). Elle est dans un tel état d'inquiétude et de désespérance que mes petits soucis me paraissent insignifiants, à côté. Être renvoyé d'une école, bon, ce n'est pas la mort, il y en a d'autres, écoles!
Finalement, Paolo s'en tire avec une suspension d'une demi-journée, passée dans la salle de réunion à côté du bureau du directeur. Il y a déjeuné, puis pendant les trois heures suivantes, il a bossé tout seul sur les devoirs fournis par la maîtresse. Il avait l'air plus soulagé qu'autre chose, quand je l'ai récupéré (et moi aussi) (ça ne nous a pas empêchés de nous prendre immédiatement le bec à propos des devoirs).
Maintenant, je voudrais reprendre ma pente ascendante (et mes couleurs). J'aimerais bien me débarrasser de la menace "S'il recommence avant la fin de l'année...", mais avec Paolo, il est impossible de savoir. L'imprévisibilité faite enfant.
En tout cas, j'ai appris que c'était possible, de commencer à reprendre du poil de la bête.
Tuesday, May 17, 2011
Comme un mardi (32)
Sunday, May 15, 2011
Teenager
...
Banana cake du petit dej, avec un premier cadeau pour respecter la tradition.

(un bouquin qu'il attendait depuis longtemps).
Gâteau chiffon au citron, avec poissons en chocolat (c'est Else la pâtissière pour le coup) le soir, juste avant le reste des cadeaux (et surtout la 3DS qui le fait rêver et quelques jeux qui vont avec).
Un teenager, un authentique, avec ses cheveux fous qu'il refuse de couper, ses coups de colère et ses coups de gueule, sa rébellion contre les fiches de lecture et les devoirs le weekend, mais aussi sa gentillesse impromptue, sa fragilité, son besoin de câlins encore et toujours.
Un teenager, un authentique, avec ses cheveux fous qu'il refuse de couper, ses coups de colère et ses coups de gueule, sa rébellion contre les fiches de lecture et les devoirs le weekend, mais aussi sa gentillesse impromptue, sa fragilité, son besoin de câlins encore et toujours.
Friday, May 13, 2011
Subscribe to:
Posts (Atom)
