Saturday, January 24, 2009

Meanwhile

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C'est le mot préféré, le plus utilisé quand ils jouent. Meanwhile. Il se passe toujours autre chose autre part, en même temps.
Et donc, pendant que je jouais aux Sabliers Givrés, pendant que j'écrivais et lisais plus que mon emploi du temps ne me le permettait, il s'est passé beaucoup de choses, ici et ailleurs.

* Il a fait froid, très froid, si froid qu'il n'a que très peu neigé. Mais quand il a neigé, c'était très beau. Nous avons eu deux nuits à - 18°, et un vendredi avec -9° au meilleur de la journée. Moi qui détestais l'hiver, dont le froid paralysait le cerveau aussi bien que le corps, qui perdais l'usage de mes bouts de doigts et de mes bouts de pieds de manière récurrente, je suis fière de vous annoncer avec autant de nonchalance ces températures très négatives... En vérité, si je supporte beaucoup mieux le froid que quand j'avais une vingtaine d'année, je reste quand même une grande frileuse, fan de bouillotte et qui conduis avec gants et bonnets jusqu'à ce que la voiture se réchauffe. Et je continue à pester contre la couche de glace que je dois gratter tous les matins sur mon pare-brise, les pieds dans la neige, et l'oeil sur la montre...

* Mes élèves chéris ont a-do-ré mon idée de Lipdub, et ils ne parlent plus que de ça. Il n'est plus question de finir Les Mains sales, et ils ne veulent rien savoir de Sartre. Lipdub ou rien. J'ai un peu de mal à les garder concentrés. C'est ma faute aussi, j'aurais dû attendre d'avoir fini le livre avant d'annoncer un nouveau projet. Je suis trop impatiente. En tout cas, c'est bien parti!

* Ma vie professionnelle se complique, et mes élèves n'y sont pour rien.

* Nous avons un nouveau président. Ah, ça fait du bien de ne plus entendre "President-elect". J'avoue que j'ai encore un petit frisson quand j'entends à la radio "President Obama". Oui, ça va vite me passer. Mais quand même. L'inauguration: magnifique. Tout s'est arrêté à 11h30 dans l'école, et tout le monde s'est retrouvé devant un écran. Les petits ont mangé leurs sandwiches assis par terre devant un grand écran. Les collégiens, qui avaient mangé très tôt, ont suivi en direct, assis sur des chaises pliantes. Et les lycéens (et moi avec) se sont entassés dans le théâtre pour regarder la cérémonie. C'est-à-dire quand notre directeur a bien voulu se taire, parce que son long discours nous a fait craindre de rater le début des festivités. Mais quand ça a commencé... l'émotion était palpable. Nous avons applaudi, nous nous sommes levés (comme un seul homme) en même temps que la foule à Washington DC, nous avons eu la larme à l'oeil et certains (pas moi) (je chante comme une casserole, et en plus je ne connais pas les paroles) ont chanté. Une fois passée cette journée exceptionnelle, nous sommes tous repartis à notre grisaille, nos soucis, nos inquiétudes et notre argent qui vient à manquer. Mais au moins, pendant une journée, ou juste quelques heures, nous avons eu l'impression que l'histoire allait dans le bon sens.

* Une paire de lunettes cassées, une paire de lunettes tordues. Une bosse. De grosses colères. Des tentatives de tricheries dévoilées (la DS sous la couette, je la renifle à trois lieues), des punitions. Un matin exemplaire, à l'heure, sans dispute, sans énervement. Plein de matins à la bourre, plus de cris qu'il n'est nécessaire et des machoires serrées sur le trajet de l'école. Des boules de neige. Des bottes perdues et retrouvées. Des lèvres gercées. Un gros rhume. La vie comme elle va.
Meanwhile...

2 comments:

Anonymous said...

J'avais une cliente qui disait tout le temps "sur ces entrefaites". J'adorais cette expression. De même que j'adore la traduction de "meanwhile" en espagnol : "mientras tanto".. je trouve que ça fait voyager !

Et oui la réalité continue sa course pendant que l'on s'évade dans le monde du dessous, des histoires et des rêves. Qui sont souvent bien plus réels pour nous.

Anonymous said...

Même émotion pour Obama (que je ne m'explique pas d'ailleurs, tout cela est très irrationnel pour une française vivant en France...). En revanche, je n'ai pas trop suivi la cérémonie, surtout le passage où il descendait je ne sais quelle avenue à pied, entouré de nombreux gardes du corps: "il est fou, dis-je alors à l'Homme, il va se faire assassiner: je ne veux pas voir ça!"
No comment ;-)