Thursday, January 08, 2009

Petit retour en arrière (2008)

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Avant d'y arriver, elle me plaisait, cette année-là. J'aime les années en 8. Elle me semblait prometteuse. En fait, elle a été plutôt ardue. C'est l'année des lourdes décisions, des choix qu'il faut assumer.

Un hiver pénible, lourd, tendu. Une décision à prendre: partir, rester? Rétrospectivement, il me semble que j'étais face à une fausse alternative, une illusion de choix. C'est comme si je m'étais inventé la possibilité d'un départ. C'est à cela aussi - surtout? - que sert ce blog: inscrire ce qui s'est vraiment passé, et qui, sans cette trace pourtant virtuelle, disparaîtrait, menus débris emportés par le courant des "vrais" événements.

Il est long, cet hiver. Et la certitude qu'il faudra quitter cette petite maison que j'aime tant, pour aller où?

En mars, 3 jours à New York avec Else. Malgré le gris du ciel, une éclaircie, l'annonce du printemps.

Tout de suite après, d'un commun accord, nous décidons d'acheter cette maison, celle que nous avions vue, pas aimée (enfin, moi, je ne l'aimais guère), mais vers laquelle nous ne cessions de revenir.

Plusieurs visites plus tard, nous entamons les négociations. La pesanteur, la lenteur du processus rend le printemps interminable et stressant.
L'enfant, le premier-né, fête ses 10 ans. Je n'en reviens toujours pas. 10 ans?

Il fête aussi la fin de l'école primaire. Avec une cravate et une fleur à la boutonnière.
L'été commence quand le vieil homme me remet enfin les clés, sur un porte-clé en tortillon multicolore.

L'été est celui de l'installation. Le déménagement épuisant. Le campement dans la poussière. Les couleurs à choisir pour les murs (c'est incroyable comme il est difficile de prendre ce genre de décision). Les travaux dans lesquels l'homme se lance à corps perdu tandis que j'emmène les garçons en France.
Paris, à courir de l'un à l'autre, essayer de voir tout le monde et de voir Paris aussi, mon amour. 14 heures de train et Barcelone sur le quai.

Trois jours fatigants, électrisants, à traîner des enfants épuisés, grognons et malgré tout heureux d'être là. Barcelone n'est qu'à trois heures et demie de "chez moi", alors on vient nous chercher en voiture.

Le reste passe trop vite: quelques jours avec mon père, quelques jours avec ma mère, d'un village l'autre. Piscine, quelques balades en montagne, repas de famille, et il faut déjà repartir. Toulouse Paris en voiture. Un dimanche morne dans Paris désert et l'avion.
Le retour est rude. L'homme qui a travaillé comme un fou, repeint toute la maison, bricolé du petit matin au soir dans une maison sans clim, voudrait qu'on l'encense et je n'en fais pas assez dans l'admiration et la reconnaissance. Il m'en veut, je l'envoie balader. J'ai du mal à trouver mes repères dans cette maison où nous continuons à camper. Je ne l'aide pas assez, il accumule la rancoeur. Heureusement, il faut que je dégage pour que les ouvriers refasse les planchers: j'emmène les enfants une semaine dans le New Hampshire, chez Else.

Il pleut presque sans discontinuer, mais ce n'est pas grave. J'aurais aimé voir le Prince Charmant, mais ce n'est pas grave. Un peu de mer, un bain - ultra-rapide - dans l'eau glacée de la rivière, une tarte aux myrtilles, et beaucoup de livres. Encore une fois, revenir est le plus difficile.


Une journée à la plage pour mon anniversaire...

L'automne commence sur nos efforts pour tout mettre en ordre avant la rentrée. Je trouve le lit de mes rêves. Nous sommes à peu près installés. Les garçons sont heureux dans leurs chambres respectives.

C'est ma quatrième année dans cette école, je l'aborde avec confiance. Et, évidemment, je me prends une grande claque pour punir mon excès de certitude: mon ordinateur crashe, je perds tout, tous mes cours, mes interros, mes tests, mes documents, tout. Repartir à zéro, c'est rude, surtout quand l'année a déjà commencé. Tout le premier trimestre, j'ai l'impression de ramer à contre-courant. L'homme se plaint que je consacre trop de temps à mon travail, je ne fais rien d'autre, je suis tout le temps fatiguée, jamais disponible.

Un grand espoir, non sans inquiétude: les élections. Je ne vote pas, mais milite. Etonnant comme le lendemain de la victoire, l'atmosphère n'est pas au triomphe, mais au vertige devant l'immensité de la tâche. Maintenant, il faut se remonter les manches.

Décembre me chauffe le coeur, malgré tout. Mais les vacances passent sans que je les vois, assommée par une crève tenace.
Voilà, c'est fini. Une année qui a changé pas mal de choses dans ma/notre vie. Une année qui finit sur de sérieuses inquiétudes liées à l'argent qui fait défaut. Une année qui nous ancre un peu plus ici, et me détache un peu plus de là-bas.
2009, nous voilà!

1 comment:

Anonymous said...

Hey my dear Lola ! votre bilan réveille en moi de multiples échos.. mais le plus pregnant, chez moi, est celui-ci "le plus difficile c'est de revenir".

Je n'ai pas le courage de faire le mien, de bilan, même s'il me semble que 2008 a été une bonne année !

Je vous embrasse.