Sunday, March 21, 2010

Ma paresse

...
A la moitié exactement des vacances, je regarde à droite et à gauche et me prends la tête à deux mains (et à demain aussi. Bye!)

Tout ce que je voulais, avais prévu de faire. Ma longue liste. Mes beaux projets. A demain?
Tout ça à cause de ma paresse.

Ma paresse.
Ma paresse est une vieille amie. Elle est avec moi depuis mon enfance (me chuchotait: encore une page avant de se mettre aux devoirs. Et le chapitre est presque fini. Et le suivant n'est pas très long...)
Ma paresse est traîtresse. Elle use de subterfuges toujours nouveaux pour me prendre au dépourvu. Elle me fait abandonner sans que je m'en aperçoive ce qui me tient vraiment à coeur.
Ma paresse est maîtresse du temps. Etire les heures, les jours, les semaines. Et quand ils me reviennent à la figure (effet "élastique"), je n'arrive pas à comprendre comment et où ils sont passés.
Ma paresse est mesquine. Elle accuse toujours les autres.
Ma paresse est geignarde. Elle invoque toujours la fatigue, la faiblesse. "Je ne me sens pas bien" est son refrain préféré (avec "J'ai le temps" et "Plus tard").
Ma paresse me fait horreur. Je la chasse et la retrouve toujours lovée à mes pieds.
Ma paresse maîtrise parfaitement l'art de la procrastination. Tout plutôt que ce que je dois faire. La vaisselle plutôt que les copies à corriger. L'aspirateur plutôt que les bulletins à rédiger. La lessive plutôt que l'aspirateur. Et ainsi de suite. Rien n'est plus urgent que récurer la baignoire quand il faut envoyer un e-mail délicat. Quant à la paperasse qui attend depuis des mois, impossible d'y arriver, il faut corriger les copies.
Ma paresse prend ses aises en vacances. Me fait traîner des heures en pyjama. Qu'est-ce que tu as fait ce matin/ cette semaine / ce mois d'août? Rien.
Ma paresse n'aime pas qu'on la secoue - en veut à ceux qui la critiquent sévèrement.
Ma paresse est raisonneuse, experte en arguments (presque autant que l'Homme, Maître des Arguments, au sens français et anglais). Elle sait se justifier. S'offense vite. Boude longtemps.
Ma paresse adore internet et le blogabondage. Resterait en transe pendant des heures à suivre des liens improbables, l'esprit en roue libre.

La semaine prochaine (demain?), je vais mettre ma paresse en veilleuse. Ou essayer.

[J'ai réagi au rythme lent de Samantdi. Je crois bien que nous sommes faites de la même pâte...]

13 comments:

myosotis said...

Oh, le blogabondage, comme c'est joli :-)
Ah oui, la paresse et la procrastination, mes arguments contre la résistance à faire ce que je n'aime pas, ce qui m'effraie, ce qui me paralyse.... Même pâte aussi chez moi....

Claire said...

Je me demande souvent pourquoi il y a si peu de commentaires chez toi. Encore ce matin, j'ouvre la fenêtre "comments" et ne sais quoi écrire.
Alors ce que je voulais dire (maladroitement) :
1. Je comprends.
2. Suis un peu comme ça mais j'en fais 10x moins, suis-je au-delà de la paresse.
3. Ce texte est chouette.
4. La photo aussi

marijo said...

t inquiète t es pas la seule comme ça
et tu as le mérite de l introspection et la remise en question
Comme Myosotis je me reconnais dans ta description
je ne mets pas tout cela sur le compte de la paresse
non ! ne te dévalorise pas !
mais aussi sur le compte du manque de confiance , la peur de ne pas y arriver , nettoyer la baignoire plus fastoche que corriger les copies
pour moi c est pareil dans mon boulot ce qui est nouveau je le reporte et au bout du compte quand on s y met on voit qu on y arrive très bien

Lola said...

Pas beaucoup de commentaires parce que... ils sont modérés (je n'en élimine pas, sauf ceux - rares - des trolls, mais peut-être que ça décourage?)
Ou parce que je n'invite pas à commenter?
Ou parce que je ferme la discussion? (c'est un peu moi moi moi, par ici. J'écris beaucoup plus pour moi que pour les autres, souvent).

La photo, c'était à la fin de l'été dernier, au moment où je me suis rendu compte qu'il fallait repartir au boulot et que je n'avais pas fait ce que j'avais prévu de faire. Même état d'esprit qu'aujourd'hui.

Lola said...

En fait, j'aime bien mon petit cercle restreint de commentateurs. J'ai l'impression de vous connaître (illusion, bien sûr).

Anonymous said...

En tous cas, tu n'as pas la paresse d'écrire de beaux billets !
Je m'inscris au club, qui fait que je blogabonde (très chouette ce mot)au lieu d'avancer sur mes dossiers, en sachant pertinemment que je vais stresser parce-que je serai en retard...

Amélie said...

C'est curieux, je t'imagine plutôt bosseuse, stressée, jonglant entre mille tâches à la fois... Ta paresse existe-t-elle vraiment ou n'est-elle que l'argument préféré de ta culpabilité en ces moments où tu prends le temps ( et tu en as le droit!) de te détendre...?

Lola said...

Mmh, bonne question, Amélie. Je crois que je suis bosseuse, stressée, jongleuse ET paresseuse. Quand je m'y mets, j'abats la besogne. Mais m'y mettre est le problème. Je tourne et vire, trouve toujours tellement à faire avant d'aborder ce qui est vraiment important. Je recule, recule ... et me trouve le dos au mur.

Ma paresse m'empêche d'être ambitieuse, et c'est dommage. Ou alors, elle n'est qu'un prétexte parce que j'ai peur de me lancer dans de vrais grands projets? Durant les années où je prétendais écrire ma thèse (RIP), je passais mes après-midis à briquer l'appartement ou à ... dormir. Terrassée par l'impossibilité de la tâche devant moi.

Milky said...

Ma soeur ! Mon double ! (bis)
Connais-tu aussi l'effet collatéral, genre de ta journée le sommet a été d'aller poster une lettre et de passer à la pharmacie (qui était sur le chemin, quand même), et tu as du coup l'impression d'avoir fait des MASSES de trucs (et c'est vrai que par rapport à d'habitude, hum, bon) ?

Lola said...

Est-ce que je ne raconte ici que mes moments d'activité intense (pour me donner bonne conscience)? Possible.

"Bien prétentieux de ma part": oh oui, c'est exactement ça. Il faudra que j'y revienne. (L'agreg, je l'ai passée, je l'ai eue, j'ai failli y laisser ma santé et mon équilibre mental).

En tout cas, si je me démène (oui, c'est vrai) au quotidien pour arriver à tout faire (boulot-maison-enfants), dès que le rythme se relâche, je me laisse rouler sur ma pente habituelle ...
Comme ces jours-ci. Je ne me suis jamais levée avant 9h depuis presque 10 jours. Et je ne suis pas habillée avant midi. Et je n'ai RIEN fait avant 1h de l'aprèm (blogabonder, boire du thé et bouquiner au soleil ne comptent pas).
Et oui, Milky, je me congratule parce que je suis arrivée à faire UNE lessive aujourd'hui (hourra!)

Bon maintenant, il est temps d'aller au lit pour lire jusqu'à pas d'heure en écoutant la pluie tomber.

Anonymous said...

Eh ben!
J'avais l'impression de lire la description d'un aspect essentiel de ma personnalite...Je suis tombee sur votre blog au hasard du "blogabondage" et je m'en rejouis.
En lisant les commentaires, je m'etonne aussi que cette notion de paresse s'applique a vous. Que dire d'une "underachieved" comme moi?

Belle ecriture! Merci!

Val.

Lola said...

Bienvenue, Val! Et bienvenue au club des paresseuses (combien sommes-nous à nous ressembler?... Au fond, je me réjouis d'avoir tant de "soeurs". Vous me tenez chaud au coeur, mes soeurs!)

Anonymous said...

Merci!

Val.