Wednesday, September 10, 2008

Changements

...


* Un jour de la fin août, un jour de bleu très bleu et de vert tellement vert, une pluie de feuilles d'or a traversé ma route. Et, comme ça, en une envolée de lumière, l'été a annoncé sa fin prochaine. Quelques jours plus tard, une petite main écarlate au milieu d'un arbre encore entièrement revêtu de sa parure estivale m'a fait signe. Oh, ça va, j'ai compris.

* Nous devons partir une petite demi-heure plus tôt, maintenant que nous n'habitons plus à deux pas de l'école. Si nous ne sommes pas dans la voiture, avec tous nos sacs, nos livres, nos lunettes, avant 7h et demie, nous sommes bons pour les ralentissements (je n'ose dire les embouteillages, ce n'est rien comparé aux grandes villes) et pour les cavalcades dans les couloirs en arrivant. C'est que Dudie est collégien, maintenant, et il est pour lui hors de question d'être en retard. Alors qu'au mois de mai, il se moquait éperduement de son heure d'arrivée en classe.
Je sais que je dois prendre en compte ce décalage, et pourtant je n'arrive pas à me lever plus tôt que l'année dernière. Mon corps résiste de tout son poids de sommeil, de toute sa lourdeur de fatigue. Avant 5h50, pas moyen. Alors, j'ai moins de temps pour moi le matin, plus le temps de lire ou d'écrire. Il faut que je trouve une solution (me coucher plus tôt? Mais alors, je travaille quand?)

* Dudie a commencé le collège, donc. Ici, la première année du collège correspond à notre CM2. Il faut s'habituer à changer de salle, de prof, à plannifier ses devoirs non plus au jour le jour, mais d'une semaine à l'autre. Et, bien sûr, ça ne va pas sans heurt. Je m'énerve trop, je sais. Je crie inutilement (mais préparer une interro d'espagnol sans livre - laissé à l'école -, sans notes - "J'ai pas encore acheté le cahier, donc je n'ai pas pris de notes en classe" -, je trouve ça moyen comme méthodologie. Surtout quand, ultime parade, mon rejeton offensé me déclare: "Mais je comptais sur toi pour m'aider!" Ben voyons.)

* J'ai fait connaissance de mes nouveaux élèves. Je les aime bien, dans l'ensemble. Mais surtout, surtout, je suis heureuse de retrouver ceux qui sont restés avec moi, ceux qui ont survécu à l'examen AP et qui en redemandent, de la littérature française, avec des synecdoques, des rimes riches et chiasmes en veux-tu en voilà! Ceux-là, ceux que j'ai eu 3 ans sur les 4 qu'ils auront passés au lycée, je les aime d'amour. Quand j'arrive dans ma salle et que je les vois, installés en cercle, m'attendant avec Valmont et Merteuil, j'ai envie de les serrer très fort dans mes bras. Au lieu de ça, je leur dis: "Aujourd'hui, nous allons faire l'analyse de la préface".
Pas un cours ne se passe sans que l'un ou l'autre ne cite un de leurs mots fétiches: "bouc émissaire" et "soudoyer" (ils avaient parié qu'ils arriveraient à placer l'un ou l'autre dans leur essai à l'examen, je ne crois pas qu'un seul y soit arrivé. Il faut que je leur demande).

* Aujourd'hui, retour des vendredis-piscine. Les garçons étaient contents. Mais ils ne retrouveront plus leur copain Juan, et moi je me retrouve bien seulette sans sa maman. J'attendais presque de les voir surgir, en retard comme d'habitude. Mais non, ils sont à Barcelone cette année. Alors, après avoir regardé mes poissons sauter dans l'eau, c'est toute seule sous mon grand parapluie que j'ai fait le trajet du Y à la bibliothèque, toute seule que j'ai choisi un film pour ce soir, toute seule que je suis allée chercher un goûter (pour deux nageurs affamés, et non pour trois) à la boulangerie. Je n'ai même pas eu envie de ma brioche du vendredi. L'année dernière, ces quarante minutes passées ensemble à la fin de la semaine étaient ma respiration, une petite parenthèse entre la semaine de boulot et les tâches du week-end. Sous pretexte de tuer le temps pendant que nos enfants nageaient, nous nous accordions une vacance dans nos emplois du temps, le temps de parler de nous, de nos hommes, de mon boulot, de sa petiote, de nos familles au loin, de notre prochain dîner tous les quatre... Je suis revenue lentement vers le Y, toujours sous la pluie. Elle me manque, elle va me manquer. Ils vont être longs, ces vendredis après-midis.

3 comments:

Anonymous said...

Chère Lola bonjour! Juste un petit mot et une pensée lumineuse pour toi!J'ai découvert tes billets grâce au blog de Christie :-)
Je vis en Europe de l'Est, j'y ai rencontré l'homme que j'aime, natif du pays et j'ai fait le choix d'y rester .... Je me retrouve souvent dans tes mots... Prends soin de toi, et offre toi tout de même une douceur le vendredi :-) Belle journée; Marie-Pierre

Anonymous said...

Moi je les aime les changements ! ainsi que la nostalgie du passé qu'ils entrainent... Ce qu'on a perdu, ce qu'on va perdre, on le savoure... Et cela me conduit à savourer ce dont j'ai encore aujourd'hui la pleine jouissance : mes deux jambes, mon envie de vivre, des petitounes qui sont avec moi tout le temps ou presque... gros baisers belle Lola !

Lola said...

Ordinateur récalcitrant, voire déclarant forfait + emploi du temps trop chargé ... Je ne peux plus m'arrêter par ici!

Bienvenue, Marie-Pierre! C'est aujourd'hui vendredi, je vais essayer de me créer un nouveau rituel pour me faire attendre le vendredi avec impatience.

Christie, moi aussi je les aime, les changements, mais ils portent pour moi l'étiquette "Bumpy Road", alors je m'accroche au wagon en attendant que s'installent de lisses habitudes...
Happy Friday, you all!