Saturday, January 20, 2007

Samedi 20 janvier: Cultural differences

Depuis très longtemps, c'est son obsession: acheter une maison. Et c'est vraiment la dernière de mes priorités. D'abord un voyage en Italie, en Grèce, une nouvelle table basse, une machine à faire des glaces, un dîner à New York, que sais-je?... La maison passe après.

Comme la majorité des Américains (comme TOUS les Américains que je connais), il a grandi dans une maison dont ses parents étaient propriétaires. Moi, je n'ai jamais habité que dans des appartements (à l'exception de la maison dans laquelle nous habitons maintenant, mais elle est coupée en 4 appartements, ça ne compte pas vraiment), loués par mes parents ou moi-même (Ah oui, et j'ai aussi habité dans un dortoir).

Sa philosophie, c'est: "Payer un loyer, c'est payer les études universitaires des enfants de quelqu'un d'autre".
Ma philosophie, c'est: "Payer les mensualités d'une maison, c'est sacrifier nos vacances, nos rares sorties, les activités extra-scolaires des garçons ... Je préfère profiter MOI de mon argent maintenant, plutôt que d'en consacrer autant aux murs qui m'abritent."

Sa peur, c'est: "Se retrouver à la retraite toujours en location, avec à peine de quoi payer le loyer et RIEN à transmettre à nos enfants." (C'est vrai que les retraites, aux US ...)
Ma peur, c'est: "Se serrer la ceinture pendant des années pour une maison qui ne sera rien d'autre qu'un gouffre à $$, la vendre dans la précipitation si l'un de nous perd son job (une probabilité toujours à l'horizon, ici), et passer à côté de mille choses, juste pour devenir propriétaires."

Conflit qui dure, conflit non encore résolu. La crise de voisinage que nous traversons en ce moment a précipité les choses, et pour un peu, j'aurais dit oui les yeux fermés. Mais une conversation avec mon père ("Vous êtes fous, vous allez bouffer des patates pendant 20 ans!") m'a remis les idées en place et ma méfiance à l'égard du projet a ressurgi. Alors, achètera, n'achètera pas?... Qui de nous deux?...

Friday, January 19, 2007

Vendredi 19 janvier: Enfin!

Au réveil, je n'avais rien remarqué, dans l'obscurité et la fatigue du "before 6 AM". Et puis, pour tirer Paolo de son lit, j'ai ouvert les stores et j'ai vu le duvet blanc d'une toute jeune neige ...
Bon, évidemment, ce n'est pas assez pour un "Snow Day", mais c'est un début.

Et comme ce n'était définitivement pas un Snow Day, il a fallu aller à l'école. Quelqu'un m'avait précédée sur la grande route.

Thursday, January 18, 2007

Jeudi 18 janvier: Compote aux petits lapins

Recette: vous prenez de jolis petits lapins, vous les faites gambader dans une compote pommes-poires caramélisée, et vous les croquez avant qu'ils ne s'échappent.

Wednesday, January 17, 2007

Mercredi 17 janvier: Suite et fin de l'histoire (à la demande de mes 3 lectrices)

Alors le voisin ... Par où commencer?

La première fois que je les ai vus, par la fenêtre, j'ai pensé: "These people are bad news". Pourtant je ne suis pas particulièrement intuitive, je ne "sens" pas les gens (et me trompe souvent sur la vraie personnalité de ceux que je croise), mais là, "gut feeling" très très négatif.

J'ai dit à mon autre voisine, qui est devenue une amie (et a déménagé depuis): "I saw the new neighbors, they have a little girl". Elle m'a répondu avec un air d'entre deux airs: "No, I think it is a little boy". J'ai insisté: non, non, je t'assure, j'ai bien vu une petite fille d'environ 3 ou 4 ans, aux longs cheveux blonds bouclés qui lui arrivent au milieu du dos.

Hé bien, en fait, elle avait raison. Quoi, vous n'avez jamais rencontré un petit garçon à qui on n'a jamais coupé les cheveux depuis sa naissance?

Le père: beaucoup de poils gris, comme dirait l'homme de la maison, c'est à dire une longue barbe grise et filandreuse et des cheveux pareils, attachés en queue de cheval. Un air de soixante-huitard attardé, que n'a pas tardé à confirmer nos premières conversations. Ce type a lu énormément, en français ou en anglais, alors forcément, il avait l'air plutôt content d'être tombé sur des littéraires (nous). Et pourtant, l'une des premières choses qu'il nous ait dite, c'est qu'il ne sortait jamais ("I haven't gone out since 1968", tiens, qu'est-ce que je disais...), qu'il voyait le moins de monde possible, qu'il préférait les livres aux gens ... Ah?... Comme premier contact, ça se pose là.

Mais il nous a flairés et rapidement branchés littérature. Pour donner une idée du personnage, il est fasciné par les écrivains d'extrême droite antisémites français de l'entre-deux guerres. Il a tout lu, il trouve ça extraordinaire. Lui-même étant issu d'une famille juive (richissime, selon ses dires, mais il aurait été déshérité par son père parce qu'il s'est enfui en Europe au lieu d'aller à l'université, ou parce qu'il était anarchiste, ou quelque chose dans le genre), je trouve cette fascination pour le moins malsaine.

Autre signe particulier: il a travaillé deux ans dans sa vie. En tout et pour tout. C'est le grand qui lui a posé la question, l'année dernière (et, en bon paranoïaque, il a répondu: "Je vois de quoi parlent tes parents ...", ce en quoi il se trompait). Le reste du temps? Selon lui, il lit, selon sa femme, c'est un écrivain "free-lance". A propos de femmes, il en a eu au moins 3 (pourquoi m'a-t-il raconté autant de sa vie, quand je ne lui demandais absolument rien?), et j'en ai déduis que c'est de là que provenaient ses revenus. La dernière qu'il s'est trouvé ... est ma collègue, et je n'en dirai rien.

Anyway.

Je passe sur bien des épisodes désagréables, bien des heurts à cause du bruit. Nous vivons au-dessus d'eux, la maison est très mal insonorisée, et le fait de simplement marcher produit un bruit impressionnant. Depuis que nous habitons ici (depuis 18 mois), nous passons notre temps à dire aux garçons: ne courez pas, ne sautez pas! Je devrais enregistrer une cassette et la leur passer en boucle. Ils essaient, mais c'est plus fort qu'eux, ils oublient ... Comme dit mon oncle, le sautillement est le mode de déplacement naturel des enfants. Alors ils sont envoyés au coin, et se demandent pourquoi le gamin d'en-dessous, lui, a le droit de courir-sauter-crier (on l'entend très bien), alors qu'eux se font punir. Mais c'est terminé, j'ai arrêté me casser la tête pour le bien-être de ces gens, dans la mesure où les garçons restent raisonnables, pas question de jouer à sauter du lit superposé (ils ont essayé, j'ai cru que la maison s'effondrait). Il ne faut pas exagérer.

Bref (je voudrais faire court ...), cette femme est enceinte (elle a 40 ans, lui 60, passons), et elle ne veut pas que mon homme fume sur le parking devant la maison (il ne fume jamais à l'intérieur, par courtoisie et parce que sinon je piquerais une crise). Il avait l'habitude de griller sa cigarette à une quinzaine de mètres de la maison, mais ce n'est pas assez loin pour elle, surtout qu'elle est enceinte, blablabla. Plutôt conciliant, le fumeur accepte de s'éloigner sur l'herbe (alors que rien ne l'y oblige).

Et le 2 janvier, alors qu'il finit sa clope à la limite de l'herbe et du parking (à 20 bons mètre de la maison), le voisin arrive en voiture, se gare, sort en trombe de sa bagnole, s'avance sur lui et commence à le menacer. "If I catch you smoking here again, I am going to put you in the hospital, I am going to beat the shit out of you, I am going to kick your ass in front of your kids. You can call the police, I don't care, when I get out, I'll find you ..." Etc., etc. Rien de ce qu'a pu répondre mon mari (qui est resté remarquablement zen) ne l'a calmé. De menaces en imprécations, il a fini par rentrer chez lui.

J'en ai été malade. Ce type est fou et violent, j'en ai des preuves, mais c'était la première fois qu'il nous menaçait directement. Le lendemain, j'ai tremblé toute la journée, sans pouvoir m'arrêter, un froid incontrôlable. Peur pour moi, pour mon homme, mes enfants. Une peur viscérale, comme si mon corps en savait plus que moi.

Depuis, j'en ai beaucoup parlé, je me suis calmée, raisonnée, mais nous avons décidé de partir d'ici. Décision lourde de conséquences, et je ne sors pas des complications qui s'ensuivent ... En attendant, nous nous enfermons à clé (ce que nous ne faisions jamais auparavant), nous l'évitons, l'homme de la maison fume loin dans le jardin et je n'adresse plus la parole ou le moindre regard à ma collègue (dont le bureau touche le mien, pratique ...)

Voilà la fin de l'histoire, trop longue et pourtant considérablement abrégée.

Ah, j'oubliais. Nous ne savons pas si cet homme possède une arme. Lorsque mon mari a demandé à sa femme, il y a quelques mois, s'il avait un flingue chez lui, elle a répondu "I don't know ..."

Pour moi, ce n'est pas une bonne réponse.

Wednesday, January 10, 2007

Vendredi 12 janvier: Voisinage


Quand j'étais enfant, j'habitais dans le 15e avec mes parents, à côté d'un fou. Il avait entre 50 et 60 ans, ne travaillait pas, vivait chez sa mère (qui avait donc environ 80 ans), et buvait comme un trou. Quand il était ivre (tous les jours, à des heures différentes), sa mère ne le laissait pas entrer dans l'appartement, alors il l'insultait devant la porte "Chienne, salope, crève charogne!", une belle collection de jurons que j'écoutais, terrorisée, collée à ma porte d'entrée. Une seule fois il a défoncé sa porte (elle était solide). Quand il avait moins ou pas encore bu, il était aimable, ou plutôt obséquieux ("Bonjour maaaademoiselle!"), et ne me faisait pas moins peur. Je rentrais vite vite vite chez moi. Ma chambre partageait un mur avec leur appartement, et j'entendais leur quotidien, les "Qu'est-ce qui te ferait plaisir pour le dîner?", les "Maman chérie, tu es sûre que tu n'as pas froid?", aussi bien que "Tu crèveras avant moi, salope!". Ils vivaient dans l'amour-fusion et la haine, et m'ont fait trembler pendant quelques années (surtout quand elle ne lui ouvrait pas en pleine nuit et qu'il venait sonner chez nous). J'ai vécu longtemps dans cet appartement, mais je ne me souviens plus de ce qu'ils sont devenus, durant les dernières années que j'y ai passé.

Rue du Cardinal Lemoine, quand j'habitais seule dans mon 20 mètres carrés, j'ai attiré l'attention d'une autre folle, une femme qui ne sortait jamais de chez elle et me guettait quand je montais le minuscule escalier pour atteindre mon 4e étage. Elle m'alpagait et me demandait de lui faire quelques courses, à la pharmacie ou au supermarché. Elle tenait la porte serrée contre elle pour que je ne vois pas l'intérieur de son appartement, et parfois se couvrait la bouche d'un foulard quand elle me parlait. Elle insistait pour me donner des biscuits en remerciement de mes petits services, biscuits que je jettais dès que j'arrivais chez moi, écoeurée par l'odeur rance qui s'échappait par bouffées de l'entrebaillement de sa porte et qui restait - du moins j'en avais l'impression - sur les biscuits.

Quand je suis partie vivre à Berkeley, je me suis trouvé une room-mate avant même de débarquer aux Etats-Unis. C'était rassurant de penser que j'allais cohabiter avec une Française qui vivait là-bas depuis un certain temps. J'imaginais ... je ne sais pas, une complicité, un guidage pour m'aventurer en terrain inconnu. Ha! Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'apercevoir que j'étais encore tombée sur un cas intéressant.
D'abord, personne à la maison quand j'ai débarqué, cafardeuse et jet-lagged au maximum. Juste un mot sur la porte pour m'indiquer d'aller chercher les clés chez les voisins (plutôt méfiants). Une serviette de toilette pliée sur mon lit, un savon (elle devait me penser très sale après un long voyage en avion...) et un autre petit mot pour m'informer qu'elle était chez son amie, et que je pouvais me servir de ce que je voulais dans le frigo. C'était plutôt gentil, sauf qu'il n'y avait dans le frigo que des pots: moutarde, mayonnaise, et quelques cornichons (pardon, pickles). Heureusement, il me restait des barres de céréales du voyage.
Elle ne s'est montrée que 2 jours plus tard (elle m'avait appelée entretemps, pour m'expliquer que son amie s'était fait cambrioler et qu'elle devait rester avec elle parce que ladite amie était morte de peur à l'idée de rester seule chez elle), j'ai donc dû trouver par moi-même une source de ravitaillement (les voisins toujours méfiants m'avaient indiqué le supermarché le plus proche, à 25 mn à pied de là, sans bien sûr me proposer de m'y accompagner. Je suis rentrée crevée, chargée comme un baudet de sacs en plastique que j'ai failli abandonner deux ou trois fois sur le trottoir et je crois bien que j'ai pleuré en chemin). Une des premières choses que m'a dite ma room-mate, c'est "Tu as compris que je suis lesbienne?" Heu, oui, pas de problème ...
J'ai vécu deux mois intéressants, prise dans les crises de jalousie de sa copine qui déboulait à n'importe quelle heure pour la surveiller et à qui il fallait mentir à l'occasion ("Non, elle n'est pas rentrée depuis hier soir ..."), ses coups d'humeur à elle, ma chambre fouillée, des disquettes qui ont disparu, et puis brusquement (après d'autres péripéties), elle m'a annoncé qu'elle allait emménager avec sa copine, alors il fallait que je me trouve autre chose ... A posteriori, ça a été une bénédiction, mais sur le moment, je l'ai eu rude.

A Paris, rue Saint-Charles, il y a eu le boucher qui faisait vibrer l'immeuble de haut en bas par ces coups de hachoir à 5h du mat' (sa table à découper était contre un mur porteur, et il refusait obstinément de faire les bricolages nécessaires pour l'isoler). Nous habitions juste au-dessus de lui, au premier étage, nous étions donc aux premières loges pour subir ses BOUMs matinaux. J'étais enceinte, le grand avait 18 mois, et nous étions tous épuisés par un sommeil haché menu par un boucher hargneux. J'avais l'impression qu'il me tapait directement sur la tête. Un dimanche matin, nous avons senti une odeur de gaz très forte dans la salle de bains, immédiatement appelé les pompiers et fait évacuer l'immeuble (j'aime à penser que nous avons sauvé la vie de toutes ces personnes ...). Les pompiers ont brisé la porte du boucher et sont allés éteindre le gaz qu'il avait laissé allumé (criminel!). Tout ça a fini par un procès, pas initié par nous, pourtant immédiatement concernés, mais par les propriétaires du 8e, qui n'en pouvaient plus d'être ébranlés tous les matins. Ils ont gagné leur procès, le boucher avait de toute façon déjà plié boutique, et nos derniers mois rue Saint Charles ont été beaucoup plus calmes, au-dessus d'un magasin de fringues.

A Memphis, notre voisin de gauche est mort d'overdose, une nuit d'été alors que nous avions passée en grande partie à refaire le monde dehors sur la terrasse, avec notre copine de Californie. Mais lui, il ne nous a jamais gêné, c'est à peine si nous l'avions remarqué jusqu'à ce que les flics défoncent sa porte.

Mais tout ça, tout ça, c'est du pipi de sansonnet à côté du type qui vit en ce moment en-dessous de chez nous. The neighbor from HELL.

Sunday, January 07, 2007

Dimanche 7 janvier: Climate change

Il faisait beau ce week-end. Trop beau? Une vingtaine de degrés en janvier ... Et dire qu'il s'en trouve pour ne pas juger de première importance la lutte contre le réchauffement du climat.
J'aime le soleil, la chaleur, l'air tiède du printemps ... au printemps.

Où sont les neiges d'antan?...
(Comprenez par antan, l'année dernière à la même époque, à 2 semaines près, sous le même arbre)

Friday, January 05, 2007

Vendredi 5 janvier: Savoir se taire


Il faut que j'apprenne. Il faut que j'arrête de me confier à tout le monde. Il faut que j'arrête de jouer les drama queens. Il faut que je dé-dra-ma-ti-se. Il faut que je ferme ma gueule!
Pourquoi est-ce que je ne peux pas m'en apercevoir avant qu'il soit trop tard? Pourquoi faut-il toujours que je me dise "Ah ... j'ai dépassé les bornes" une fois que c'est fait et jamais deux secondes avant d'ouvrir la bouche?
Je n'apprends rien. Je n'apprends rien.

Tuesday, January 02, 2007

Mardi 2 janvier: Tout nouveau, tout beau

Nouvelles couettes.


Nouveau peignoir (merci Père Noël!)



Nouveau talent (oui, si je puis me permettre le pastiche, C'est Moi Qui Les Ai Faits, ces petits savons, cadeaux en retard pour celles qui doivent croire que je les ai oubliées. Pas peu fière!)


Nouveau jour, nouvelle semaine, nouveau mois, nouvelle année ...

Monday, January 01, 2007

Lundi 1er janvier 2007: Ce que j'espère ...

Bonne année à tous!

Dimanche 31 décembre: Le dernier jour de l'année

Je voulais trouver le temps, aujourd'hui, de faire le bilan, en solitaire, de 2006. Peut-être d'aller marcher un peu, au soleil. Ha! As if ...
Pas le temps.

Je voulais commencer à corriger mes copies avant la rentrée.
Pfff.

Je voulais ranger la maison, finir de vider les valises, faire le grand ménage.
JE L'AI FAIT !! (A part mon bureau, toujours work in process)

Je voulais écrire des cartes de voeux (je suis très en retard, cette année).
Pas une.

Je voulais faire des truffes au gingembre, des financiers au citron et au chocolat, des orangettes pour finir l'année en douceur ...
Voilà!



Je voulais mettre ma jupe de princesse et boire du champagne avec des amis.
J'ai fini par mettre mon nouveau pantalon en velours et nous avons bu des bulles vers onze heures avec notre gentille voisine, sans faire de bruit pour ne pas renouveller le conflit avec les odieux voisins. Les souvenirs du réveillon de l'année dernière sont amers.

Je voulais des bougies partout, pour commencer l'année en lumières. Les loupiottes ont tenu leur promesses, nous nous sommes embrassés avec dans les yeux les reflets multiples de tous ces petits feux qui brillent en nous, pour nous, autour de nous.

Saturday, December 30, 2006

Samedi 30 décembre: Back home

De retour ...
Il y avait des cadeaux sous le sapin, à la maison (Tu vois, maman, je te l'avais bien dit!!)


et aussi beaucoup beaucoup beaucoup de cadeaux là-bas (27 personnes, à raison d'au moins un cadeau par personne, souvent plus, parfois beaucoup plus [voir nos valises du retour], ça fait ... un tas indécent de paquets enrubannés),


et il y avait aussi les balades dans la neige, les dîners à 6, 10, 15, 27 personnes, un petit tour en Catalogne, les biscuits de Noël, le sanglier cuit au feu de bois (pour les fans d'Asterix), le chemins des fiancés, le plateau de fromage à la fin de chaque repas, les sourires d'une petite fille de 9 mois, la coque des rois en avance, et deux petits rois qui s'en sont mis plein la panse, plein les yeux et plein les oreilles de l'accent chantant de par chez moi.




Monday, December 25, 2006

Dimanche 24 décembre: Qu'avez-vous fait, aujourd'hui?

Moi?
J'ai fait des biscuits de Noël avec ma petite soeur.




Les enfants ont attendu, attendu ...

Monday, December 11, 2006

Lundi 11 décembre: Sapin


Un sapin, même si nous ne serons pas là pour Noël ...

Quelqu'un hier, à la représentation de "Casse-Noisettes":
- Tu es content d'aller en France?
Paolo, tout sourire:
- Oui, comme ça, nous aurons des cadeaux là-bas, et des cadeaux ici!
Moi, avec un air de "Ah bon?":
- Ah bon?
Lui, un peu condescendant, il faut tout leur expliquer, à ces adultes:
- Mais oui, maman, puisque nous avons un sapin, il y aura des cadeaux!


Logique irréfutable ...

Tuesday, December 05, 2006

Mardi 5 décembre: Monstrueuse surprise

Ce matin, derrière la petite porte du n°5, des trucs pas très ragoutants ... Un oeil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts. Tout ce qu'on aime.



Même pas peur de son ombre!

Monday, December 04, 2006

Lundi 4 décembre: Calendrier en avance



Vendredi dernier, j'ai eu du mal à tirer les garçons du lit (comme d'habitude), mais je savais que, pour le reste du mois, j'avais en main le levier qui les éjecterait de leur couette rapido presto dès poltron minet.
- Vous savez quel jour nous sommes?
- Vendredi.
(même ensommeillé, le grand garde ses repères)
- Oui, mais pas n'importe quel vendredi ...
Il calcule vite.
- Oh, c'est le premier décembre ...
Il lui semble bien que cette date a quelque chose de spécial, mais il ne se souvient plus vraiment quoi. Il s'assied dans son lit.
- Qu'est-ce qu'on commence, le premier décembre?
- Ah, le calendrier en avance!!!


L'année dernière, nous avions fait notre calendrier de l'avent nous-mêmes.
[Ah, voilà, c'est donc comme cela que nous avions occupé nos vacances de Thanksgiving ... Ma mélancolie cette année, mon impression de n'avoir "rien fait", d'avoir trop trainé, vient certainement du fait que je n'avais pas de projet. L'année dernière, en plus du magnifique calendrier de l'avent auquel ils avaient participé tous les deux - découpages et collages, écriture des chiffres, je m'étais seule chargée du ressemblissage des pochons en papier - , nous avions trouvé le temps de faire des bonhommes en pain d'épices. Qu'ai-je fait de mon temps cette année?]
L'élaboration de ce calendrier fait maison (ça se voit, non, qu'il est fait maison?) nous avait occupés pendant un bon moment. Et, évidemment, il n'était pas tellement réutilisable après le 25 (pas très solide, tendance à tomber en morceaux ...) Après Noël, au détour d'une de nos très rares incursions dans un centre commercial (j'ai une aversion tenace pour les malls et leur odeur de graillon), j'ai trouvé un calendrier de l'avent perpétuel, en soldes. Une merveille, le concentré de mes rêves de petite fille, entre la boîte aux trésors et la maison de poupée. Je n'ai pas résisté.



Les garçons l'ont découvert vendredi, ont ouvert la petite porte du 1 pour en sortir une mini-construction lego - un elfe assis sur un paquet cadeau. Joie, ravissement, construction. Puis, Paolo a commencé à tourner autour du calendrier en demandant ce qu'il y avait derrière les portes, surtout derrière la grande, celle du 25. J'ai averti: si vous ouvrez une porte qui n'est pas celle du jour, tout disparaîtra, c'est magique! Ils ont promis.
Quand j'étais en train de me brosser les dents, un oeil sur la montre - 4 minutes avant de sortir de la maison, 7 minutes avant l'arrivée du bus -, Paolo tout déconfit est venu me voir: Il n'y a rien derrière la porte du 25. Rien. Ah. Je t'avais prévenu, si tu ouvres une porte en avance, tout disparaît. Paolo, désolé:
- Mais ça reviendra? Le bon jour, ça reviendra?
- Je ne crois pas. C'est magique, tu vois. Il ne faut pas contrarier la magie.
Le grand, furieux:
- Tu vois ce que tu as fait!
Je les ai rassurés: peut-être que, s'ils n'ouvraient aucune autre porte en avance, le cadeau du 25 reviendrait.
N'empêche, j'ai été inspirée de ne mettre qu'un cadeau à la fois. Maintenant, il va falloir que je me souvienne de mettre mes petits bidules chaque soir, avant d'aller me coucher. Parce que sinon, s'ils perdent foi en la magie, c'est moi qui suis perdue ...

Sunday, December 03, 2006

Dimanche 3 décembre: Bientôt ...


Encore une (moi) qui aime plus les préparatifs que la fête ... J'adore les vibrations, les senteurs, les lumières qui précèdent Noël. J'adore les catalogues, les idées de cadeaux que je ne note pas et que j'oublie, le rituel du chocolat chaud (que je ne bois pas, mais dont l'odeur me met le coeur en papillotte), les chansons-scies des magasins, les bonhommes de pain d'épices et même mes tentatives pour "manger léger" avant les fêtes (je n'y arrive jamais). J'aime que le grand se souvienne des histoires et des chansons des années précédentes, et que Paolo ait l'air de les découvrir à chaque fois (non, cette année il se souvenait quand même de "Petit Papa Noël". Juste ces mots "Petit Papa Noël", et le reste, il m'a obligée à le chanter encore et encore, un peu plus faux chaque fois).
Je suis en période pré-fêtes, j'ai des loupiottes plein les yeux et des guirlandes dans les cheveux!

Saturday, December 02, 2006

Samedi 2 décembre: Mes musiciens


Djoing, djoing, plink plink plink ... Il paraît que je n'ai pas l'oreille musicale. Mais apparemment, je suis bien la seule dans cette maison.

Friday, December 01, 2006

Vendredi 1er décembre: Blog-therapy


Après mon billet cafardeux de ce matin, étrange vague d'énergie qui m'a portée toute la journée - jusqu'à ce soir et le retour d'une vague migraine. D'où venait-elle? Une nuit trop courte (cinq heures à tout casser) et la promesse d'une journée de boulot non-stop? I think not ...
Je parierai pour les vertus cathartiques du blog. Il faudra que je retente le coup, pour voir si ça marche. La prochaine fois, je me lance sur ma famille. Il y aura fort à faire ...

Vendredi 1er décembre: Brouillard, brouillage

Hier, quand je me suis levée, tout était plongé dans le flou. Brume épaisse, lourde, mouillante, collante. Et je ne m'en suis pas étonnée. Depuis quelques jours, ma tête aussi est remplie de brouillard. Je me demande d'où vient ce malaise, ces maux physiques, ce flottement moral, cette impossibilité de me sortir de cet état cotonneux.
Et puis, je me cogne à la nouvelle du week-end, l'offre des vacances de Noël en France. Et je n'arrive pas à me sortir de l'idée que mon état présent et le voyage à venir sont liés.
Pourquoi, alors que j'avais envie de ce voyage, ma première réaction, quand on me l'a proposé, a été de refuser? Pourquoi, alors que tout devrait me réjouir, est-ce que je m'inquiète tant? Pourquoi, alors que les enfants sont ravis, ma mère aussi, et que même l'homme de la maison a l'air content, pourquoi est-ce que je me triture les méninges à trouver d'éventuelles raisons de ne pas partir?

C'est trop tard, les billets sont pris.

Je ne peux dire à personne que je redoute ce voyage - ce voyage qu'on m'offre - on ne me comprendrait pas. Moi-même, je ne suis pas vraiment sûre de comprendre. La perspective d'un Noêl en famille, le premier depuis 4 ans, m'angoisse. La tête pleine de brouillard, le corps moulu comme si on m'avait frappée, l'impatience et la colère à fleur de peau, il est temps que j'en sorte.

J'attends une éclaircie.

Friday, November 24, 2006

Vendredi 24 novembre: Thanksgiving



L'année dernière, le Grand était revenu de l'école avec une dinde bien coloriée, sur le ventre de laquelle, avec sa plus belle écriture (grand honneur pour nous, il y a peu de choses qu'il déteste autant que s'appliquer à écrire ...).

Dear Mom and Dad,
Happy Thanksgiving
Thank you for taking good care of me.
Love

Et il a signé de tous ses noms.

Mercredi, Paolo (qui a la même fabuleuse maître
sse qu'avait son frère l'année dernière) nous a apporté sa propre version (plus élémentaire) de la dinde de saison. Je m'attendais au même message, à peu de choses près, mais quand il nous l'a lu, avec autant d'application que son frère avait mis à écrire le sien, je n'ai pas été la seule à être étonnée. Il avait écrit:

Dear A... (le nom de son frère)
Thck yuo for beig a good bruthr. I apresheate you.


Le Grand a pris l'air de celui qui observe quelque chose dans le lointain, mais son ombre de sourire en coin disait ce qu'il ne disait pas.



Cette année, pas de dinde trop sèche/pas assez cuite qui m'avait coûté, l'année dernière, des heures de préparation pour un résultat plus que médiocre. Forcément, je n'avais pas appelé la Turkey Hot Line, pensant pouvoir me débrouiller toute seule ...
La semaine dernière, j'ai commandé un énorme jambon doré au miel, comme celui qui nous avait régalés à Memphis, il y a deux ans. Bon, le jambon n'est jamais arrivé (j'ai quand même réussi à me faire rembourser mes 60 $), alors nous avons, avec un jour de retard, fait notre repas de fête avec stuffing, cranberry sauce, mashed patatoes, et ... blancs de poulet. Nous sommes toujours un peu décalés.
Mais en revanche, pour le dessert, tradition oblige: pumpkin pie pour le côté américain, et gâteau aux thé brun pour mon côté à moi. La coutume, parfois, ça a du bon (voire du délicieux ...)

Thursday, November 23, 2006

Jeudi 23 novembre: Giving thanks

Un de mes plus gros défauts (mon plus gros peut-être): je suis rancunière. Terriblement rancunière. Le pire, c'est que j'y tiens, à ma rancune, je ne laisse pas ma colère et mon ressentiment se dissiper facilement. Je m'y accroche avec fureur.
Le revers de la médaille: j'ai aussi le sens de la reconnaissance. Je ne sais pas facilement demander ou accorder pardon, mais je n'ai aucune difficulté à dire merci. Je sais gré à ceux qui, croisés sur le chemin, m'ont donné quelque chose pour la route: un peu de leur temps, une oreille attentive, un moment heureux, une parole gentille, la confiance accordée. Je n'oublie pas.

Aujourd'hui, jour officiel des mercis, je pense à James, Elizabeth et Christie. Pour des raisons très différentes, et à des moments très différents, ils m'ont tous trois beaucoup donné. Je ne sais pas s'ils le savent vraiment, mais là n'est pas l'essentiel ... L'essentiel est dans mon coeur, et pour longtemps.



Ce soir, dîner à thème: What are you thankful for? Réponse des garçons: Food! Ah ben oui, forcément, nous étions en train de manger ... Mais encore? Réflexion. Air, meubles, jouets, livres. Je pousse un peu: Mais si on sort des choses matérielles? Est-ce que vous n'êtes pas reconnaissants de recevoir quelque chose d'intangible? (c'est un des mots préférés du Grand)
Sa réponse, un peu condescendante (ces parents, il faut tout leur expliquer): Mais maman, l'air c'est intangible!
Ah oui. C'est vrai.

Friday, November 17, 2006

Vendredi 17 novembre: Le dit de Paolito

Paolo est seul dans sa chambre (l'homme de la maison et le grand sont à leur leçon hebdomadaire de guitare), il joue et, comme chaque fois qu'il est seul, se raconte à haute voix des histoires. C'est incroyable comme cet enfant est incapable de silence.
Depuis tout petit, il se tient compagnie en faisant du bruit. En permanence. Je me souviens à quel point il avait le don de rendre son père fou avec son bruitage incessant. A quelques mois, dans son transat que j'amenais dans la cuisine pour qu'il soit avec nous pendant les repas, il était content d'accompagner notre conversation de BBBZZZZMMMZZZZBBBBLLLLLRRRRR en continu. C'est alors que son père a commencé à parler de le mettre dans un placard. Le grand, trop content de l'aubaine, me répétait "Maman, il faut le mettre dans un placard, il fait trop de bruit!", déclenchant ma colère contre le père et son fils aîné. Plus d'une fois j'ai quitté la table, emportant avec moi mon bruiteur inconscient des vagues qu'il provoquait dans la mare familiale.
A la crèche, les filles n'ont pas voulu me croire, quand je les ai prévenues: il chante tout le temps. Au bout de deux semaines, elles m'ont dit: C'est vrai, vous aviez raison. Il grogne, il chante, il ronronne, il crisse, mais il ne s'arrête de faire du bruit que quand il dort. Moi je disais: il vrombit. C'était, je crois, le meilleur terme pour décrire son bruit de fond.
Il a commencé à chanter (la 5e de Beethoven, tant qu'à faire) avant de savoir parler.
Il est toujours très sonore. La maîtresse et les parents passent leur vie à répéter Moins fort, Paolo. Inside voice! Peine perdue.

Je l'ai pris sur le vif, ce soir. Je ne capte pas tout, bien sûr. Et puis, si je lui demande ce qu'il dit, il m'envoie poliment promener.

We are all happy .. we are all happy ... we are all happy!!
Because ... because ... we love to fight fight fight, tatata!
Tattè tatètè! tackangtakang kangkang tadan tadan
Here is a king, kch kch kch pffouu
Capture it capture it Woh!
Coffee cup!
What are those? Coffee cups!

pfffou tchiooooaaa ptain be the little (?)

Me: Be the what?
Him: Nevermind! (singsong)

tilitttiltittil
Eleven twelve thirteen ...
NO!!!

Boing boing boing tchHHHHH
Battle done.
Dead people done.
A little dirty.

Cell phone ...AHHH

Rushes to the toilet, whining. Belt in the way, comes back whining for help with the belt. Rushes back to the bathroom. Too late, pants wet.

Maman, est-ce que je peux changer ma culotte et mon pantalon?

Ah oui, quand on est trop pris par le jeu ...

[Update: en pyjama, il danse sur la nouvelle chanson préférée du moment "J'ai dix ans" d'Alain Souchon. Crie à plein poumons Je vais embêter les filles à la vanille, les gars en chocolat ... Tarte à gueule à la récré!]

Thursday, November 16, 2006

Jeudi 16 novembre: Liquidambar, indeed!



Casa me l'avait soufflé, et elle avait raison: mon arbre-très-rouge est bel et bien un liquidambar! J'adore ce nom, entre liquide et carambar (de fait, on a autrefois utilisé son baume pour faire les premiers chewing gums ...) L'idée qu' "en Orient, on extrayait de son baume un lait de beauté pour les dames, au XIXe siècle" me fait rêver. Apparemment, son baume contient une essence au goût de canelle (une épice pour laquelle j'ai une sérieuse addiction, quoique je me sois calmée, depuis quelque temps). Je suis sûre que Marie ne passerait pas à coté d'une pareille opportunité...
Je commence une idylle avec un voisin que j'ai cotoyé pendant un an sans vraiment y prêter attention. Bon, il est vrai que depuis quelques jours, le nouvel objet de mon affection est sombre et disgracieux, dans sa nudité hivernale, mais qu'à cela ne tienne! Je guetterai avec d'autant plus d'attention le renouveau de sa splendeur.
Et il faut avouer qu'il y a une poignée de jours à peine, il en jettait, mon ardent liquidambar!



http://www.lesarbres.fr/fiche-liquidambar.php

Monday, November 13, 2006

Lundi 13 novembre: Le désamour


Cette année-là, l'année terrible de ma lente noyade, j'avais dans ma chambre une petite affiche du film de Philippe Harel, Le Garçon qui voulait qu'on l'embrasse. J'y tenais beaucoup, et pourtant, de ce film qui m'a tellement marquée à l'époque, il ne me reste presque rien. A part le souvenir très précis du moment où le garçon du titre entre en désamour avec celle qui l'avait finalement embrassé: il la regarde accomplir un geste quotidien (je crois qu'elle s'habille ou se déshabille), et son regard se fixe sur un pansement qu'elle a au talon (une ampoule, sans doute ...) Et tout à coup, on voit dans son regard que ce détail le dégoûte, le repousse, le secoue comme s'il se réveillait: qui est cette fille qui vit avec lui, et, vraiment, qu'est-ce qu'il lui trouve?
Peut-être que j'étais tellement attachée à ce film par prémonition ...
Je me demande maintenant ce qui, chez moi, sur moi, en moi, a été, pour le garçon qui m'avait tant aimée, le détail qui soudain signale que le désamour s'est mis en marche. Je n'ai rien vu. Je n'ai pu que suivre, impuissante, l'avancée vers la fin de l'amour. Je sais que j'étais alors ma meilleure ennemie, celle qui détruisait tout le bonheur que j'avais grain à grain amassé l'année précédente (je n'étais pas la seule, cependant, à oeuvrer dans ce sens; deux sorcières guettaient avidement ma chute) Mais où, quand, précisément a commencé le sourd travail du désamour, lui seul le sait. S'il s'en souvient, ce dont je doute.

Friday, November 10, 2006

Vendredi 10 novembre: Le temps s'en va, Madame

Souvent, trop souvent, je passe devant quelque chose qui me plaît, me touche, me marque et je me dis, je reviendrai faire une photo. Mais on sait ce qu'il advient de tout ce qui est remis à plus tard ... (En tous cas, moi je sais, étant donné ma longue habitude de procrastineuse)
Souvent, plus tard, c'est trop tard.
Alors je me suis félicitée d'avoir couru, l'autre jour, chercher mon appareil photo pour saisir les derniers rayons sur mon arbre Très Rouge. Parce que, ce matin, par la fenêtre, j'ai vu qu'il avait perdu presque toute sa superbe, et que ses vêtements d'apparas traînaient en loques par terre ... Sa courte saison de gloire est révolue.

Avant

Après

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mon bel arbre a dessus la place,
Las, las ! ses beautés laissé choir !

Monday, November 06, 2006

Lundi 6 novembre: Telle est la question

Alors, voilà, on m'a lancé la balle et je suis tellement contente qu'on m'ait remarquée, dans mon coin, que j'en oublie de jouer. Merci Joséphine!

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
"C'est ici que le chantre de la Henriade se déclare poète, si l'on définit poésie une invention
continue de l'expression, ayant pouvoir d'alerter la sensibilité esthétique"

Romans et contes, Voltaire (page18, on est encore dans la préface "Voltaire conteur", de René Pomeau), GF, 1966.

2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
5h38

3) Vérifiez :
5h39. Yay! Moi qui n'ai d'habitude aucune notion de l'heure... (Mais il faut dire que j'avais
regardé ma montre à 5h30, pour voir si j'avais encore le temps d'aller à la piscine.)


4) Que portez-vous ?
Ma vieille jupe longue, rayée de brun, bleu, vert, orange et jaune (je sais, ça a l'air très moche décrit comme ça, mais en fait, elle est très chouette), un t-shirt bleu, un gilet noir, une écharpe marron et noire. Des collants. Et mes pantoufles.


5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Voltaire...

6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
La guitare de l'homme de la maison, mes enfants qui font une bataille entre aliens et chevaliers (playmobils qui souffrent d'une étrange maladie, ils ont tous perdu leurs cheveux et ont un
grand trou dans la tête), à grands coups d'explosions et de bruitages intergalactiques. Je crois que les chevaliers à la tête vide mais au coeur valeureux vont gagner.

7) Quand êtes-vous sorti la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Samedi, je suis allée voir une pièce de théâtre, jouée par les élèves de mon école. C'était vraiment bien. Mes souvenirs de théâtre au lycée sont ceux d'un amateurisme heu ... criant. Chaque fois que j'assiste à une représentation ici, je suis épatée par le professionnalisme, la
motivation, le travail acharné de ces gamins.

8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui, mais je ne m'en souviens pas. Hier, je sais que j'ai rêvé que j'étais dans le désert, et que je devais apprendre à lire à des autochtones.

9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Il y a une heure ou deux.

10) Qu'y a t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Des photos de mes enfants. Des dessins de mes enfants. Un petit tableau peint par quelqu'un de
ma famille représentant le boulevard Jourdan. Un autre petit tableau représentant mon village (celui où est née ma mère, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère, etc.) sous la neige.

11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Des billets pour la France pour les vacances de Noël. Ou des billets pour ici pour que mon père vienne nous voir à Noël.

12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Aïe, aïe, aïe, ça fait des lustres que je ne suis pas allée au cinéma. Je me demande si ça compte les DVD? Alors, le dernier vu, c'était Crash, je crois. Et c'était très bien.

13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
La lune, énorme, blafarde et grimaçante, juste en face de moi, à la lisière des arbres. (J'ai délaissé le questionnaire pour aller nager ... et j'ai croisé la lune sur mon chemin).

Sinon, j'ai vu un arbre rouge, très rouge, carrément rouge. Un arbre qui fait son modeste toute l'année, l'air de rien, et qui soudain, en novembre, alors que son copain d'à côté est tout déshabillé, se paie une semaine flamboyante, revêtant sans vergogne son habit de diva.

14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Hé hé, je suis contente que Joséphine ait pensé à moi! Je l'ai vu traîner, ce questionnaire, à droite et à gauche sur le web, mais je ne pensais pas qu'il m'arriverait.

15) Dites-nous quelque chose de vous que nous ne savons pas encore :
Une de mes grands-mères était italienne, et je me suis mariée avec un homme moitié japonais, moitié libanais (et totalement américain). Ce qui fait qu'on peut dire sans mentir que nos enfants viennent des quatre coins du monde.

16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Ah, mais c'est un secret, ça! Bon, mais étant donné l'étendue de mon lectorat, je peux me lancer sans trop de crainte.

Emma.

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Gabriel.

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Hé bien, en fait, j'y suis (à l'étranger). Mais oui.

19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
"Je vais tout t'expliquer, tu vas comprendre." Et puis aussi: "Allez, en place pour le second tour!"

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Je ne crois pas qu'il faudrait supprimer la culpabilité (sinon, que deviendrait la responsabilité?) Je changerais l'aveuglement et la bêtise en une prise de conscience commune (et en commun). Bon, c'est vite dit et facilement retournable contre moi ("Et ton propre aveuglement, et ta propre bêtise, tu en fais quoi?"), alors disons que je limite mes propos au domaine de l'environnement.

21) Aimez-vous danser ?
Oui. Les occasions manquent, quand même.

22) Georges Bush ?
Ah tiens. A propos d'aveuglement et de bêtise ... Quand la stupidité et l'ignorance deviennent dangereuses parce qu'elles sont armées.

23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Ah. La finale de la coupe du monde, cet été, peut-être.

24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Alors ça, c'est vraiment la question la plus difficile. Je ne connais pas grand monde dans la blogsphère, et il me semble que beaucoup ont déjà répondu à ce questionnaire ...

Heu ... Christie, ça vous dit?... Marie, peut-être? Estelle, oui? Et, et ... Pascale? Je ne sais pas si vous y avez déjà répondu (pas l'impression, mais on sait jamais, ça a pu m'échapper), en tous cas, il n'y a aucune obligation, hein. Mais bon, il est sympa, ce questionnaire. Non? Bon, c'est vous qui voyez (c'est un peu gênant de passer le relais à des gens qu'on connaît si peu, on ne sait pas comment ils vont réagir ...)

Saturday, November 04, 2006

Samedi 4 novembre: La fête chez les autres


Ce soir, Christie fête son anniversaire. En lisant son billet sur les préparatifs, j'ai tout d'un coup vu passer très vite une image, une scène que j'ai vécue sans pourtant pouvoir la situer clairement dans le temps. Une scène à répétition, mettons.

Je marche dans la nuit froide, seule, je me dépêche, plus à cause du froid que de l'envie de rentrer à la maison, et puis, une vague presque imperceptible de bruits, de lumière vient s'échouer sur ma silhouette sombre. Je lève les yeux, et sur la façade de l'immeuble, au troisième ou quatrième étage, une fenêtre ouverte irradie une lumière dorée. Un mélange adouci de rires, de musique et de conversation flotte dans l'air immobile de cette rue morte. Comme si toute la vie s'était concentrée dans une fenêtre lumineuse. Comment font-ils, ces gens, pour être si heureux? Une forme gracile se penche, découpée en noir sur la chaude lumière. Le rubis d'un mégot, et une voix un peu rauque sous laquelle on peut entendre rouler un rire sans arrière-pensée. De multiples profils bloquent un instant les émanations lumineuses et certains semblent même danser. Je les envie, je voudrais les connaître, et puis la fenêtre est repoussée, les sons assourdis, et je reprends ma route solitaire.
C'est toujours réussi, la fête chez les autres.


Bon anniversaire, Christie!

Thursday, November 02, 2006

Jeudi 2 novembre: Halloween



Le matin, il faisait frais à attendre le bus... Mais le pirate est habitué aux tempêtes et Harry Potter avait sa baguette magique pour faire apparaître un feu pour se réchauffer. Il n'y avait que moi, dans mon accoutrement 50's qui me gelait.


Le soir, nous sommes allés prendre d'assaut les maisons (hantées pour la plupart) d'une rue illuminée de citrouilles. Et sommes revenus avec suffisamment de bonbons pour tenir jusqu'à Noël (croit-elle, ricanent les garçons ...)