[Je n'arrive pas à comprendre la fascination des garçons pour capitaine culotte (existe-t-il seulement en France?) Plus je développe mon aversion pour ces livres, plus mes fils s'en entichent. Pour ceux qui connaissent, l'invitation au centre de l'image est directement tirée de là.]
Thursday, April 19, 2007
Du bonheur d'avoir des fils (et pas des filles)
[Je n'arrive pas à comprendre la fascination des garçons pour capitaine culotte (existe-t-il seulement en France?) Plus je développe mon aversion pour ces livres, plus mes fils s'en entichent. Pour ceux qui connaissent, l'invitation au centre de l'image est directement tirée de là.]
Wednesday, April 18, 2007
Mercredi 18 avril: En suspens
Je suis une loque, exaspérée de fatigue et d'attente, morcellée par toutes ces priorités.
Il faut, il faut ...
- acheter deux cadeaux pour le copain de Paolo et la copine du Grand A (l'Aîné), la saison des anniversaires a commencé (deux pour samedi prochain);
- passer l'aspirateur, briquer la salle de bains;
- me renseigner sur l'entretien et la longévité des fosses sceptiques (le genre de sujet qui me passionne);
- faire une lessive ou deux;
- faire réviser à Paul son interro d'orthographe (first et pas frist);
- travailler sur l'AP audit;
- contacter les parents d'une de mes "advisees";
- corriger, corriger, corriger, je n'en finirai jamais ...
Et pendant que je (ne) fais (pas) tout ce qui est sur ma liste, ma pensée est là-bas, pas très loin, dans une petite maison carrée avec un long jardin. Sera-t-elle, un jour, la mienne?
Monday, April 16, 2007
Tristesse
Ma mère a passé le week-end avec ses frères et soeurs, à ranger, à trier, à distribuer (une fois de plus) tout ce qui reste dans la maison de leurs grands-parents. Un siècle entassé là.
Ma grand-mère nous a quittés (ce n'est pas un cliché, c'est vraiment ce que je ressens: elle nous a laissés, désamparés) il y a presque deux ans, et ses sept enfants n'en finissent pas de se réunir pour entrer en désaccord. Cette fois, il est question de torchons qui ont disparu.
On s'en fout, des torchons, on s'en fout et contrefout, ce ne sont que des chiffons qui s'useront et disparaîtront! Mais qu'y a-t-il, caché dans les noeuds de ces torchons, qui vient sournoisement mettre à mal des années de bonne entente, des vacances partagées, des complicités établies?
Tout se délite, se défait. J'ai passé toute mon enfance entre oncles et tantes, mes cousines étaient mes soeurs, la famille mon refuge. Et voilà que tout fout le camp. L'aigreur, le ressentiment, la rancune règnent en maîtres. De maladresses en cachotteries, les relations se tendent. A coups d'e-mails revanchards, règlements de compte dans le cyber-space, ils se déchirent. Je suis sûre qu'ils ont pleuré hier soir. Tous, tous les sept enfants de ma grand-mère. Et pourtant, je ne pensais pas que ça pouvait nous arriver, à nous, si unis. Non, pas à nous.
Il n'est même pas question d'argent. Ce qui se paye ici, c'est autre chose.
Thursday, April 12, 2007
Quelque chose à dire
Je reviens de la gare. Je n'ai pas beaucoup de temps, pas beaucoup de patience non plus, ni pour moi, ni pour les pensées encombrantes qui se bousculent derrière mes fenêtres closes. Dehors, c'est encore l'hiver, tapissé de gris et hérissé de branches désolées. J'ai quelque chose dans la gorge, une poussière, un brin d'herbe, qui ne passe pas, ne part pas, m'irrite et me gêne.
Pourquoi ne pas simplement dire "Merci"? Elle m'a donné 10 jours de ses vacances pour garder mes enfants (et aussi des CD, des DVD, une boîte de foie gras, 2 paquets de tisane, une bouteille de Sainte-Croix du Mont, et j'en oublie sûrement encore. Sa valise était pleine de cadeaux pour moi et les garçons). Je ne sais pas, ne peux pas dire simplement merci à ma mère. Je dois avoir beaucoup à lui faire payer pour être ainsi paralysée dans ma reconnaissance. Elle a cuisiné toute la semaine, s'est occupée des garçons, nous a invités au restau, a passé l'aspirateur et fait plein de lessives. Et j'ai fait la tête, me suis plainte de ma fatigue, l'ai rembarrée plus d'une fois. Elle m'a reprochée d'être désagréable, et elle a eu raison. Je m'en veux, je regrette, mais pourquoi ne puis-je décrocher mon téléphone pour le lui dire?
Pourquoi ne pas simplement dire "Merci"? Elle m'a donné 10 jours de ses vacances pour garder mes enfants (et aussi des CD, des DVD, une boîte de foie gras, 2 paquets de tisane, une bouteille de Sainte-Croix du Mont, et j'en oublie sûrement encore. Sa valise était pleine de cadeaux pour moi et les garçons). Je ne sais pas, ne peux pas dire simplement merci à ma mère. Je dois avoir beaucoup à lui faire payer pour être ainsi paralysée dans ma reconnaissance. Elle a cuisiné toute la semaine, s'est occupée des garçons, nous a invités au restau, a passé l'aspirateur et fait plein de lessives. Et j'ai fait la tête, me suis plainte de ma fatigue, l'ai rembarrée plus d'une fois. Elle m'a reprochée d'être désagréable, et elle a eu raison. Je m'en veux, je regrette, mais pourquoi ne puis-je décrocher mon téléphone pour le lui dire?
Wednesday, April 11, 2007
Pas cotison
Une année, nous avons dû chercher les oeufs dans la neige. Ma cousine fouillait allègrement, moi je trouvais que ça faisait trop froid aux doigts. Nous en avons perdu plein, découverts tout délavés quelques jours plus tard, quand la neige a fondu.
Une autre année, nous avions décidé de faire des oeufs pour la petite. Facile: un coeur en caramel enrobé de chocolat. Nous avons tapissé la cuisine de ma tante de fils de sucre brûlé et de taches de chocolat grumeleux. Nos oeufs étaient immangeables, et pas vraiment regardables non plus. Notre petite cousine n'a même pas voulu y goûter.
Quand mon grand était petit - nous habitions rue Saint Charles - j'avais caché des oeufs dans l'appartement, un peu partout. Le concept ne l'a pas du tout intéressé. Il s'est emparé du premier oeuf qu'il a trouvé, s'est installé par terre pour le dépioter, l'a mangé, et s'en est allé jouer dans sa chambre, malgré mes encouragements à en dénicher d'autres.
Heureusement, maintenant, il se rattrape en manifestant beaucoup plus d'enthousiasme. Ce dimanche, il a fait rire tout le monde en hurlant "AN EGG!" chaque fois qu'il en trouvait un. Comme il en a trouvé 243 (il a compté), à la fin, ça devenait lassant ...
Tuesday, April 10, 2007
Je vieillis

Le premier, la veille de mon mariage (ha!), j'avais 25 ans.
Dix ans plus tard, je ne les compte plus, je les laisse tranquilles, ils ne me dérangent guère. Sauf que ... Soudainement, ils se précipitent, se dévoilent, s'exposent. Au point que mon père m'a fait remarquer, il y a trois semaines de cela: "Mais ..."
J'imagine que ça doit faire bizarre pour un père de remarquer que sa fille a des cheveux blancs.
Monday, April 09, 2007
Saturday, April 07, 2007
Samedi 7 avril: Work in progress
Et aussi:
- Corriger les examens blancs de mes élèves de littérature;
- Commencer l'audit AP;
- Emmener le grand chez le coiffeur (il a une forêt vierge sur la tête, une masse inextricable de boucles qu'il refuse de sacrifier aux exigences de l'esthétique);
- Faire un gâteau au yaourt version myrtilles;
- Aller à la piscine;
- Ne plus me disputer avec ma mère;
- Préparer mes cours de la semaine prochaine.
Je n'y arriverai pas, surtout que j'ai une féroce envie de faire la sieste, là, tout de suite.
En faisant le vide, j'ai déterré des souvenirs , petits trésors minuscules que j'accumule et qui s'empoussièrent sous les strates de chosesurgentesàfaire.
Friday, April 06, 2007
Vendredi 6 avril: Avril en blanc
J'étais en classe quand ça a commencé. Un élève s'est écrié, puis un autre, mais j'ai rigolé: "Ce sont des pétales de fleurs emportées par le vent". Sébastien m'a fait remarqué: "Your petals dissolve when they touche the window ..."
Ils avaient raison. Neige d'avril, tourbillon de papillons très doux, décoration poudreuse d'un ciel à peine inquiet.
Quand je suis rentrée à la maison, c'était déjà fini. Les garçons sont sortis faire une démonstration de basket pour impressionner ma petite soeur et sa copine. Un brusque coup de vent et la neige a repris, une envolée zigzagante qui se prend dans les cheveux, un duvet impalpable qui flotte et se dissout avant même de toucher le sol.


Neige d'avril, une petite pointe d'humour du dieu des vents ...
Ils avaient raison. Neige d'avril, tourbillon de papillons très doux, décoration poudreuse d'un ciel à peine inquiet.
Quand je suis rentrée à la maison, c'était déjà fini. Les garçons sont sortis faire une démonstration de basket pour impressionner ma petite soeur et sa copine. Un brusque coup de vent et la neige a repris, une envolée zigzagante qui se prend dans les cheveux, un duvet impalpable qui flotte et se dissout avant même de toucher le sol.

Neige d'avril, une petite pointe d'humour du dieu des vents ...
Wednesday, April 04, 2007
Deux maisons
"Qui a deux femmes perd son âme
Qui a deux maisons perd la raison"
(Eric Rhomer, Les Nuits de la Pleine Lune)

Qui a deux maisons perd la raison"
(Eric Rhomer, Les Nuits de la Pleine Lune)
Nous en avons tant visité. Nous avons comparé l'espace, la disposition, le jardin, l'emplacement, la rue, le village, l'équipement intérieur, la cheminée (indispensable, la cheminée, c'est une de nos exigences, avec le chauffage par radiateur, et non par soufflerie, comme dans la plupart des maisons récentes ici), la taille des chambres, l'humidité du sous-sol, les possibilités d'expansion, que sais-je encore ...
L'homme de la maison (de quelle maison?) est devenu un expert en fosses sceptiques, en contamination du sol, en législation sur les puits. Je suis incollable sur les horaires d'ouverture et de fermeture de toutes les écoles de la région, ainsi que le coût des programmes de garderie avant et après l'école.
Et finalement, finalement, deux maisons. L'une a tout, absolument tout ce que nous souhaitons (cheminée, radiateurs, quatre grandes chambres, beaucoup d'espace, un jardin, un sous-sol assez sain, et elle est raccordée à l'eau de ville et au tout-à-l'égoût).
L'autre, ah, l'autre n'a pas ce que nous voulions, mais voilà, nous sommes sous le charme. Ses chambres sont minuscules, il n'y a pratiquement aucun espace de rangement, la fosse sceptique est vieille et risque de nous lâcher n'importe quand (changer un système de fosse sceptique coûte une fortune et demie), il n'y a pas de cheminée. Et pourtant, nous y revenons sans cesse, c'est celle-là qui nous plaît, c'est celle-là avec tous ses défauts, plutôt que l'autre avec tous ses avantages.
Sommes-nous capricieux? (C'est ce que doit penser notre agent immonilier qui se démène avec tant de patience pour nous et était persuadée avoir trouvé la maison idéale pour nous. Et nous faisons la moue. Oui, elle est bien, mais ... elle ne nous plaît pas. Je comprendrais qu'elle nous envoie balader sur ce coup-là.)
Sommes-nous prêts à nous endetter à vie pour une charmante somme de problèmes, plutôt que pour un très banal ensemble de solutions?
Sommes-nous déraisonnables de nous laisser entraîner par notre instinct? Ma réponse penche plutôt vers le "oui", ces jours-ci, oui, nous sommes déraisonnables. Sauf que ... Sauf que nous sommes deux à l'être, sauf que nous allons tous les deux dans le même sens, sans même avoir besoin de nous convaincre l'un l'autre, sans même hésiter. Pour une fois, nous regardons dans la même direction. Est-ce à dire que la déraison est contagieuse, ou que notre "gut feeling" est le bon?
L'homme de la maison (de quelle maison?) est devenu un expert en fosses sceptiques, en contamination du sol, en législation sur les puits. Je suis incollable sur les horaires d'ouverture et de fermeture de toutes les écoles de la région, ainsi que le coût des programmes de garderie avant et après l'école.
Et finalement, finalement, deux maisons. L'une a tout, absolument tout ce que nous souhaitons (cheminée, radiateurs, quatre grandes chambres, beaucoup d'espace, un jardin, un sous-sol assez sain, et elle est raccordée à l'eau de ville et au tout-à-l'égoût).
L'autre, ah, l'autre n'a pas ce que nous voulions, mais voilà, nous sommes sous le charme. Ses chambres sont minuscules, il n'y a pratiquement aucun espace de rangement, la fosse sceptique est vieille et risque de nous lâcher n'importe quand (changer un système de fosse sceptique coûte une fortune et demie), il n'y a pas de cheminée. Et pourtant, nous y revenons sans cesse, c'est celle-là qui nous plaît, c'est celle-là avec tous ses défauts, plutôt que l'autre avec tous ses avantages.
Sommes-nous capricieux? (C'est ce que doit penser notre agent immonilier qui se démène avec tant de patience pour nous et était persuadée avoir trouvé la maison idéale pour nous. Et nous faisons la moue. Oui, elle est bien, mais ... elle ne nous plaît pas. Je comprendrais qu'elle nous envoie balader sur ce coup-là.)
Sommes-nous prêts à nous endetter à vie pour une charmante somme de problèmes, plutôt que pour un très banal ensemble de solutions?
Sommes-nous déraisonnables de nous laisser entraîner par notre instinct? Ma réponse penche plutôt vers le "oui", ces jours-ci, oui, nous sommes déraisonnables. Sauf que ... Sauf que nous sommes deux à l'être, sauf que nous allons tous les deux dans le même sens, sans même avoir besoin de nous convaincre l'un l'autre, sans même hésiter. Pour une fois, nous regardons dans la même direction. Est-ce à dire que la déraison est contagieuse, ou que notre "gut feeling" est le bon?
Friday, March 30, 2007
Vendredi 30 mars: Promesse tenue
D'abord un peu de couleur ...
Puis une guirlande de fleurs!

[Je vais me faire discrète, ces prochains jours: ma mère et ma soeur (et une copine de ma soeur) arrivent dans quelques heures, et je vais être un peu submergée, entre boulot et visiteuses, cette semaine. Et puis, je veux profiter d'elles aussi! A bientôt ...]
[Je vais me faire discrète, ces prochains jours: ma mère et ma soeur (et une copine de ma soeur) arrivent dans quelques heures, et je vais être un peu submergée, entre boulot et visiteuses, cette semaine. Et puis, je veux profiter d'elles aussi! A bientôt ...]
Thursday, March 29, 2007
Jeudi 29 mars: Promesse et rayon de soleil

Je l'entendais taper avec son marteau. Elle m'a dit: "Prends le sécateur, et va t'en couper toi aussi."
De ces branches bourgeonnantes? Là, dans le buisson en désordre?
Elle m'a dit: "Avant de les mettre dans l'eau, écrase le bout de la branche avec un marteau, sur une planche. Comme ça. L'eau remonte mieux."
Je lui ai demandé: "Les fleurs vont s'ouvrir?"
Elle m'a dit: "Tu verras..."
Wednesday, March 28, 2007
Thursday, March 22, 2007
Jeudi 22 mars: Alors, les vacances?...
Je suis partie un peu à contre-coeur, chaperonnant sans être rémunérée (et partageant les frais avec) deux de mes élèves les plus avancées. Notre séjour s'est déroulé sans heurt, elles ont été ravies je crois de leur expérience, d'autant plus que je les ai laissé voguer on their own assez souvent (après une journée épuisante aux Galeries Lafayettes, elles ont fait le Printemps et le Bon Marché ... sans moi!). Elles se sont fait des dîners en tête-à-tête plusieurs fois, soit au restau, soit dans le très charmant petit apart' près du Luxembourg que j'avais loué pour nous trois. Et elles m'ont même cuisiné un petit repas de fin de séjour très sympa (avec cidre, soyons folles!)
Les meilleurs moments (dans le désordre):
* Une soirée avec ma Karinette, ma copine/ancienne voisine, ma fidèle, celle qui a des enfants du même âge que les miens (sauf qu'elle s'est lancée dans l'aventure de la petite troisième, elle ...) Une soirée rien que pour nous deux, dans notre petit restau fétiche rue des Entrepreneurs, une soirée à coeurs ouverts où nous nous sommes enfin retrouvées (ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas consacré du temps l'une à l'autre, sans hommes et sans enfants).
* Un déjeuner avec mon papa, seuls à seuls. Des années que cela ne nous était pas arrivé. Et une conversation si ouverte, si franche, sans gêne ni arrière-pensée, qui est sans doute la première dans ma vie d'adulte. J'en suis ressortie très très heureuse. J'en garde, encore aujourd'hui, une force secrète. Il m'a, en une heure et demie dans un bistro près des Champs, redonné un équilibre, rétabli un socle un peu bancal (suis-je grandiloquente, là?)
* Une après-midi au soleil, à la terrasse d'un café à Tours, avec mes deux chaperonnées et un verre (ou plutôt deux, hum!) de Vouvray. Une douceur de vivre inattendue, au détour d'une promenade touristique.
* Un thé extraordinaire et une tartine de miel qui ont enchanté une fin de grise après-midi, avec en fond sonore deux petites voix à ravir mon coeur et une conversation de ci de là, petits pas d'un lien qui se construit doucement. Merci encore de m'avoir accueillie.
* Un verre en début de soirée et une balade entre chien et loup avec mon jeune homme (une fois par an, une seule fois par an et toujours entre nous nos liens invisibles).
* Un éblouissement ou deux: Musée Rodin, pas le baiser, mais Sakountala (ou Vertumne et Pomone, de Camille Claudel). Chenonceau, le château de mes rêves (dans une vie antérieure, j'étais châtelaine).
Wednesday, March 21, 2007
Mercredi 21 mars: I'm back
Deux mots (anglais) pour qualifier mon retour (s'appliquent à tous mes retours, en fait):
Jet-lag
Crankiness

[Il a neigé en mon absence, et même beaucoup: les garçons ont fait de la luge, le week-end dernier. Il reste un peu de neige, qu'on aperçoit par la fenêtre ... ]
Jet-lag
Crankiness
Je suis fatiguée, de mauvais poil, je vois tout en gris et lorgne mes valises en pagaille d'un méchant oeil.
L'homme de la maison a "fait tout le ménage" avant mon retour (clame-t-il haut et fort), et moi je vois des miettes partout, des trucs moisis dans le frigo, une épaisse couche de poussière sur les étagères. Je fais une remarque désagréable sur le contenu du frigo, et je m'en veux tout aussitôt (il avait préparé le repas pour mon arrivée, acheté un bouquet de fleurs avec des freesias que j'affectionne particulièrement et fait une carte de "Welcome back" avec les garçons. Quelle raison, vraiment, de faire ma méchante?)
Ce matin, re-belote, longue engueulade à propos des enfants (après leur départ pour l'école). J'ai du mal à entendre, une fois de plus, "Avec moi, aucun problème le matin, tout se passe toujours bien, Paolo ne fait jamais de crise. Ce matin, c'est parce que tu étais de retour qu'il a fait une scène au moment de partir, il n'a jamais fait ça de toute la semaine, d'ailleurs, tu as vu, ça s'est arrêté tout de suite quand je suis intervenu!" Retenez-moi, je vais lui balancer quelque chose à la figure.
Nous avons toujours du mal à nous retrouver. Il est au mieux distant, quelquefois carrément désagréable quand je lui téléphone de loin. Je lui en veux du goût amer de nos (courtes) conversations à distance.
Et lui, m'en veut-il de partir seule? Il n'agirait pas autrement si c'était le cas, et pourtant je sais qu'il aime être sans moi de temps en temps, sans mes "diktats" en matière d'horaire, de propreté, de game boy (à entendre les vagissements désespérés des garçons quand j'ai mis mon veto tout à l'heure, ils ont dû jouer très souvent sur leurs game boy en mon absence ...)
Je sais aussi que nous nous recallerons, au bout de deux ou trois jours. Mais, là, tout de suite, nous sommes hérissés de piquants, l'un et l'autre.
[Heureusement, je vous ai retrouvés, vous qui m'avez laissé des mots gentils en mon absence, et je peux vous le dire, à vous: ça fait du bien d'être de retour! Merci à vous ...]
L'homme de la maison a "fait tout le ménage" avant mon retour (clame-t-il haut et fort), et moi je vois des miettes partout, des trucs moisis dans le frigo, une épaisse couche de poussière sur les étagères. Je fais une remarque désagréable sur le contenu du frigo, et je m'en veux tout aussitôt (il avait préparé le repas pour mon arrivée, acheté un bouquet de fleurs avec des freesias que j'affectionne particulièrement et fait une carte de "Welcome back" avec les garçons. Quelle raison, vraiment, de faire ma méchante?)
Ce matin, re-belote, longue engueulade à propos des enfants (après leur départ pour l'école). J'ai du mal à entendre, une fois de plus, "Avec moi, aucun problème le matin, tout se passe toujours bien, Paolo ne fait jamais de crise. Ce matin, c'est parce que tu étais de retour qu'il a fait une scène au moment de partir, il n'a jamais fait ça de toute la semaine, d'ailleurs, tu as vu, ça s'est arrêté tout de suite quand je suis intervenu!" Retenez-moi, je vais lui balancer quelque chose à la figure.
Nous avons toujours du mal à nous retrouver. Il est au mieux distant, quelquefois carrément désagréable quand je lui téléphone de loin. Je lui en veux du goût amer de nos (courtes) conversations à distance.
Et lui, m'en veut-il de partir seule? Il n'agirait pas autrement si c'était le cas, et pourtant je sais qu'il aime être sans moi de temps en temps, sans mes "diktats" en matière d'horaire, de propreté, de game boy (à entendre les vagissements désespérés des garçons quand j'ai mis mon veto tout à l'heure, ils ont dû jouer très souvent sur leurs game boy en mon absence ...)
Je sais aussi que nous nous recallerons, au bout de deux ou trois jours. Mais, là, tout de suite, nous sommes hérissés de piquants, l'un et l'autre.
[Heureusement, je vous ai retrouvés, vous qui m'avez laissé des mots gentils en mon absence, et je peux vous le dire, à vous: ça fait du bien d'être de retour! Merci à vous ...]
[Il a neigé en mon absence, et même beaucoup: les garçons ont fait de la luge, le week-end dernier. Il reste un peu de neige, qu'on aperçoit par la fenêtre ... ]
Friday, March 09, 2007
Vendredi 9 mars: Gone fishing ...
Je m'éclipse pendant 10 jours ...
Pas vraiment des vacances, mais c'est moi qui l'ai voulu. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi et comment pourquoi je m'impose des obligations. I do it to myself.
Oh well. That's just who I am. Pour faire plaisir, je me couperais en petits morceaux. Et puis je me mords les doigts: mais mais mais ... Pourquoi donner mon temps si précieux à des gens qui ne sont presque rien pour moi? Mon temps, mon trésor, mon unique bien. Pourquoi être si dispendieuse, si insouciante avec ce qui m'importe le plus?
Oh well. En tous cas, vous allez me manquez ...
Thursday, March 08, 2007
Mercredi 7 mars: La valse du temps qu'il fait
Wednesday, March 07, 2007
Samedi 3 mars: Autoportrait en tenue de soirée
Saturday, March 03, 2007
Samedi 3 mars: Le Grand Bazar
J'ai été fille unique pendant 18 ans, alors je n'ai jamais eu à partager ma chambre d'enfant avec personne (sauf pendant les vacances). Mon désordre était toujours raisonnable, sinon raisonné: j'ai toujours su m'y retrouver dans mes piles et mes tas.
Leur bazar à eux me dépasse.

Je ne comprends pas. Je passe des heures à tout trier, lego avec lego, playmobils tous ensemble, livres classés par genre ou par taille, tous les wagons du train dans la même boîte. J'ai étiqueté à plusieurs reprises les bacs Ikea pour qu'ils se repèrent, je leur ai fait écrire eux-même les étiquettes. J'ai imposé la règle: "On ne commence pas un jeu avant d'avoir rangé celui qu'on a terminé". RIEN ne marche.
Ils sortent tout, mélangent tout, et quand je les force à ranger, mère cruelle que je suis, ils fourrent tout, avec force larmes, dans la première boîte qui passe. Nevermind l'étiquette! Et le reste part sous le lit. Quand je pousse une gueulante, mère autoritaire psycho-rigide, et exige qu'ils rangent au moins ce avec quoi ils ne sont pas en train de jouer, ils hurlent en choeur (pour une fois!): Mais on joue avec TOUT!
Le plus souvent, j'abandonne. Parfois, quand j'ai vraiment besoin de passer l'aspirateur ou quand on a de la visite et que je redoute l'oeil critique sur le Grand Bazar, je les soudoie honteusement (1$ pour une chambre impeccable, un gâteau au chocolat pour "plus rien qui traîne par terre"). Efficace.

Mais ça ne dure jamais plus d'une demi-heure. Dès que j'ai tourné le dos, ils réinstallent avec bonheur leur pagaille familière. Et je me fais mal en marchant sur un truc horriblement pointu en venant leur faire un bisou en pleine nuit.
- Maman, c'est toi qui a détruit ma tour / mon vaisseau spatial / mon bateau de pirates?
- Non, c'est pas moi, ce doit être papa.
J'ai encore les griffures du mât de ce fichu bateau sur le mollet.

Leur bazar à eux me dépasse.
Je ne comprends pas. Je passe des heures à tout trier, lego avec lego, playmobils tous ensemble, livres classés par genre ou par taille, tous les wagons du train dans la même boîte. J'ai étiqueté à plusieurs reprises les bacs Ikea pour qu'ils se repèrent, je leur ai fait écrire eux-même les étiquettes. J'ai imposé la règle: "On ne commence pas un jeu avant d'avoir rangé celui qu'on a terminé". RIEN ne marche.
Ils sortent tout, mélangent tout, et quand je les force à ranger, mère cruelle que je suis, ils fourrent tout, avec force larmes, dans la première boîte qui passe. Nevermind l'étiquette! Et le reste part sous le lit. Quand je pousse une gueulante, mère autoritaire psycho-rigide, et exige qu'ils rangent au moins ce avec quoi ils ne sont pas en train de jouer, ils hurlent en choeur (pour une fois!): Mais on joue avec TOUT!
Le plus souvent, j'abandonne. Parfois, quand j'ai vraiment besoin de passer l'aspirateur ou quand on a de la visite et que je redoute l'oeil critique sur le Grand Bazar, je les soudoie honteusement (1$ pour une chambre impeccable, un gâteau au chocolat pour "plus rien qui traîne par terre"). Efficace.
Mais ça ne dure jamais plus d'une demi-heure. Dès que j'ai tourné le dos, ils réinstallent avec bonheur leur pagaille familière. Et je me fais mal en marchant sur un truc horriblement pointu en venant leur faire un bisou en pleine nuit.
- Maman, c'est toi qui a détruit ma tour / mon vaisseau spatial / mon bateau de pirates?
- Non, c'est pas moi, ce doit être papa.
J'ai encore les griffures du mât de ce fichu bateau sur le mollet.
Thursday, March 01, 2007
Jeudi 1er mars: Débordement
Tout m'échappe. Mon bureau a disparu depuis longtemps sous des piles croulantes de paperasses toutes plus urgentes les unes que les autres (et qui prennent la poussière). Alors je me suis installée sur la table de la salle à manger, au milieu du reste du désordre que personne n'a le temps de trier. Nous dînons par conséquent sur le comptoir de la cuisine, enfants sur les tabourets, parents debout. La maison part à vau l'eau (heureusement que j'ai une "élève" à qui je donne des cours particuliers une fois par semaine, la femme d'un de mes collègues. Le mercredi après-midi, avant qu'elle n'arrive, je me lance dans un ménage frénétique - sinon nous vivrions dans une porcherie).
Je ne suis pas arrivée à dégager le sol de la chambre des enfants suffisamment longtemps pour pouvoir passer l'aspirateur depuis des lustres. Impossible de voir la couleur de la moquette sous la couche de minuscules trucs très très précieux (Ne marche paaaaas sur ça!), du coup on ne voit pas la poussière non plus, c'est déjà ça ...
Je ne suis pas arrivée non plus à leur faire faire du français depuis un mois. Je maîtrise encore les devoirs, mais c'est tout.
Cette histoire de maison me bouffe la vie, me prend tout mon temps, toute mon énergie, toutes mes envies. Je n'ai plus le temps pour rien, même pas pour mon boulot. Pour me maintenir à flot, j'ai besoin d'un jour sur les 2 du week-end pour bosser. Je ne l'ai plus, je suis en retard sur toutes mes corrections, mon organisation part en quenouille. Demain, c'est le dernier jour du trimestre, il faut songer aux moyennes, aux bulletins, mais COMMENT vais-je y arriver?
Depuis un mois, nous ne faisons plus que ça: chercher, visiter, discuter, analyser, re-visiter, choisir, abandonner, rêver des maisons. Je n'en peux plus des maisons, je ne veux plus entendre parler de fosses sceptiques, de cuves à mazout enterrées, de chauffage par soufflerie, d'eau contaminée, de moisissures sournoises... Tout ce que je ne savais pas, qui ne me préoccupait pas, que je veux continuer à ignorer. Déceptions, frustrations, remises en question, engueulades, fatigue, impatience. Nous sommes des pantins animés d'une mauvaise fièvre dans les mains d'un marionniste cynique. L'argent nous manque, l'argent nous fait défaut. Nous qui étions résignés à n'être jamais riches, nous voilà soudain exaspérés d'être éloignés de l'objet de nos désirs par presque rien - pour les parents de mes élèves, à peine les frais d'une année de scolarité. Un quart de voiture. Une misère. Mais pour nous, un gouffre.
Alors nous continuons. Je laisse s'entasser les "inachevés", je pare au plus pressé. Et nous prenons rendez-vous pour d'autres visites, nous comparons les photos, nous étudions les analyses de l'eau. Il y a une grande concentration d'arsenic dans le sol. Cette chasse à la maison m'intoxique.
Je ne suis pas arrivée à dégager le sol de la chambre des enfants suffisamment longtemps pour pouvoir passer l'aspirateur depuis des lustres. Impossible de voir la couleur de la moquette sous la couche de minuscules trucs très très précieux (Ne marche paaaaas sur ça!), du coup on ne voit pas la poussière non plus, c'est déjà ça ...
Je ne suis pas arrivée non plus à leur faire faire du français depuis un mois. Je maîtrise encore les devoirs, mais c'est tout.
Cette histoire de maison me bouffe la vie, me prend tout mon temps, toute mon énergie, toutes mes envies. Je n'ai plus le temps pour rien, même pas pour mon boulot. Pour me maintenir à flot, j'ai besoin d'un jour sur les 2 du week-end pour bosser. Je ne l'ai plus, je suis en retard sur toutes mes corrections, mon organisation part en quenouille. Demain, c'est le dernier jour du trimestre, il faut songer aux moyennes, aux bulletins, mais COMMENT vais-je y arriver?
Depuis un mois, nous ne faisons plus que ça: chercher, visiter, discuter, analyser, re-visiter, choisir, abandonner, rêver des maisons. Je n'en peux plus des maisons, je ne veux plus entendre parler de fosses sceptiques, de cuves à mazout enterrées, de chauffage par soufflerie, d'eau contaminée, de moisissures sournoises... Tout ce que je ne savais pas, qui ne me préoccupait pas, que je veux continuer à ignorer. Déceptions, frustrations, remises en question, engueulades, fatigue, impatience. Nous sommes des pantins animés d'une mauvaise fièvre dans les mains d'un marionniste cynique. L'argent nous manque, l'argent nous fait défaut. Nous qui étions résignés à n'être jamais riches, nous voilà soudain exaspérés d'être éloignés de l'objet de nos désirs par presque rien - pour les parents de mes élèves, à peine les frais d'une année de scolarité. Un quart de voiture. Une misère. Mais pour nous, un gouffre.
Alors nous continuons. Je laisse s'entasser les "inachevés", je pare au plus pressé. Et nous prenons rendez-vous pour d'autres visites, nous comparons les photos, nous étudions les analyses de l'eau. Il y a une grande concentration d'arsenic dans le sol. Cette chasse à la maison m'intoxique.
[Photo prise dimanche dernier, je me suis quand même mise au travail, au moins un peu, sur un coin de table ...]
Monday, February 26, 2007
Lundi 26 février: Citrune
[Qu'est-ce que c'est?]
Petit déjeuner interrompu, fourchette à mi-chemin, air de méditation intense. Mon grand garçon a l'air perdu dans une profonde rêverie (rien d'inhabituel pour ce lunaire matinal). Il finit par me demander:
- Quand nous serons pauvres, nous pourrons toujours acheter des fruits? Quand nous serons pauvres?...
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Je veux dire: quand nous aurons acheté une maison et que nous n'aurons plus d'argent, nous pourrons toujours acheter des fruits pour le petit déjeuner? Plusieurs genres de fruits?
Les enfants ont des antennes et les parents ne sont pas très doués pour bloquer leurs émissions naturelles d'angoisse. Je m'épate toujours de voir comment les messages codés sont reçus et transformés, interprétés, remis à leur échelle de 6 et 8 ans ...
Du coup, pour faire plaisir à mon fructivore préféré, je lui ai acheté ce fruit étrange, et j'en ai fait un petit déj de luxe (c'est pas moi qui avais dit que je me lançais dans des économies drastiques pour pouvoir partir en France cet été?...)
Wednesday, February 21, 2007
Jeudi 22 février: Coup de foudre et tant pis pour moi
Je découvre qu'on ne peut pas écrire en direct live. J'ai toujours quelques jours de décalage. (Je suis d'une naïveté confondante.)
Le week-end dernier (il y a quelques jours, donc) nous avons eu une petite pensionnaire (la jolie demoiselle qui s'étire au soleil sur la photo). Nous l'aurions bien gardée avec nous. J'ai fait le plein de chat-câlins, et les garçons l'ont rendue presque folle avec des bouts de ficelle et des ceintures de robe de chambre. Sans oublier les toupies. Playing time non stop. Il paraît que depuis qu'elle est rentrée chez elle, elle a l'air de chercher toujours quelqu'un avec qui jouer.
Et puis je suis sérieusement tombée amoureuse. Et deux jours plus tard, il a fallu abandonner mon beau rêve et me résoudre à ne pas donner suite à mon "crush". L'objet de mes désirs? Une petite maison blanche, posée de travers dans un très beau jardin. L'air modeste de l'extérieur, mais quand je suis entrée, je n'en revenais pas. C'était MA maison. Exactement.
Hélas, il a fallu déchanter. Il faut dire que la belle a un certain âge et, malheureusement, même si elle cache bien ses rides sous des coquetteries de jeune fille, ses poutres, elles, portent bien la marque de ses années. Ma chérie a été construite en 1850, quand même ...
Alors, il aurait fallu refaire tant de choses, et envisager dans l'avenir tant de travaux de maintenance que nous avons renoncé. J'ai encore le coeur en berne. Maintenant, toutes les maisons et appartements que nous visitons me semblent banalement corrects, "sans plus", quand je ne les trouve pas carrément moches. Il leur manque la grâce, celle qui m'a touchée au coeur quand j'ai fait le tour de mon petit cottage, celle qui m'a réconciliée avec l'idée d'acheter une maison. Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais fait une offre tout de suite. Ah, où peut mener un coup de foudre ...
Tuesday, February 20, 2007
Mardi 20 février: Mettre un nom sur un visage
[Les garçons en octobre 2005. Ils ont grandi, depuis ...]J'ai découvert le monde des blogs par Christie. Irruption soudaine d'une vie dans ma vie. J'ai accroché tout de suite. Tellement à lire, tellement à voir! Je ne voulais pas m'arrêter. J'adore qu'on me raconte des histoires (c'est peut-être ce que j'aime le plus au monde), et sa voix est de celles qui m'arrêtent, me touchent, me font tout poser pour écouter. J'ai mis longtemps à me persuader que je voyais bien des photos de ses filles, de ses vraies filles, que leurs vrais noms étaient bien Chimène et Alma. Ma première réaction a été: mais elle est folle! N'importe qui a accès à ces informations, n'importe qui a accès à sa famille, sa vie privée? Mais il faut qu'elle se protège!
Peut-être était-ce parce que depuis deux ans je vivais dans un monde où les "cyber-prédateurs" étaient devenus la plus grande terreur des parents d'élèves, dans l'école où je travaillais. Déformation professionnelle? Ou déformation tout court (une obsession: protéger, protéger, protéger ...)?
J'en suis venue à mon propre blog par Christie, grâce à ses encouragements, et aussi pour combler (illusoirement?) la grande solitude dans laquelle j'étais alors drapée. Personne autour de moi à qui parler (surtout dans ma langue), à qui parler vraiment. Famine de copines.
Mais toujours cette peur, de dire qui je suis, où je vis, de montrer mes enfants (Ah, et pourtant ce n'est pas l'envie qui me manque, de les montrer, les exhiber, les faire parader!), de dire leurs noms. Peur ni vraiment raisonnée, ni vraiment absurde. Les mettre à la disposition du World Wide Web, je ne peux m'y resoudre. En fait, j'aimerais créer un petit cercle, restreint, sécurisant, dont seraient exclus les voyeurs de tous ordres. Irréalisable? Certes, mais demander l'impossible et bouder quand je ne l'obtiens pas est un de mes traits de caractère les plus constants (voir les billets d'avion pour la France ...)
Paolo n'est pas le vrai nom de mon fils cadet, c'est le nom qu'il aurait pu avoir (et qui lui correspond bien). C'est le nom que je lui donne parfois. Mais l'aîné ... Je n'arrive pas à lui inventer un autre nom que le sien. Je l'appelle le grand par défaut, par impossibilité de le nommer autrement que par son nom, celui que nous lui avons donné le jour de mai où il est né, il y a huit ans et demi de cela. Il est qui il est, et je ne peux me résoudre à lui mettre un masque.
La vérité, bien sûr, a de multiples jupons superposés, et en lever un ne garantit pas de tout savoir.
Mon homme, l'homme de la famille, J., ne sait rien de ce blog, et s'y opposerait probablement farouchement. Il ne supporterait pas que des photos de ses enfants circulent sur le WWW. Et le grand, l'aîné, est tellement connecté à son père, tellement relié à lui par une multitude de fils invisibles et indestructibles, qu'il m'est difficile de parler de lui. Mon Paolo est plus accessible, il est celui qui est attaché à moi par toutes les fibres de son être, je parle de lui aussi facilement que je parle de moi. Mais évoquer mon fils aîné me donne toujours l'impression de violer son intimité, de le déposséder, sans qu'il le sache, de sa vie propre. Parce que je ressens la même chose vis-à-vis de son père.
[Un matin gris de mars, au café en face de la Pyramide du Louvre:
- Vous devriez commencer un blog.
- Oh, je ne pourrais pas. Je ne pourrais pas parler de mes enfants sans parler de leur père. Et ça ... Non, ça, ce n'est pas possible.]
Bon, j'ai passé outre. Mais je n'ai pas mis un nom sur le visage de mon grand garçon. Et je ne le montre pas beaucoup non plus ...
Sunday, February 18, 2007
Dimanche18 février: Sweets
L'année dernière, les deux maîtresses avaient fourni, début février, la liste de tous les enfants de la classe, pour être sûres que personne ne serait oublié dans la distribution des cartes de la Saint Valentin. C'est qu'ici la Saint Valentin a une importance considérable, et on offre des cartes à tout le monde et pas seulement à son amoureux(se). Chaque enfant doit écrire une carte pour tous les autres de sa classe (+ la maîtresse). Ma chef offre à tous les profs du département des bonbons en forme de coeur. Quelques uns de mes élèves m'ont offert des fleurs ou des cookies ...
Donc, l'année dernière, j'avais acheté un stock de cartes et je les avais diligemment fait remplir par les garçons (qui n'avaient pas grand-chose à faire, il faut bien le dire: juste écrire leur nom (From ...) et le nom du/ de la destinataire (To ...). Et j'avais la conscience tranquille, une mère certes non autochtone, mais bien en phase avec les exigences des coutumes locales.
Hélas, innocente que j'étais! Je les ai vu revenir, un peu déconfits (surtout le grand, en fait), chargés chacun d'un gros sac de bonbons.
- Maman, tous les autres m'ont donné des bonbons, et moi je n'avais rien à leur donner! Mais tu leur as donné tes cartes! - Oui, mais ça ne suffit pas!
Au concours de la meilleure mère (beaucoup de participantes, dans la région), je suis à la traîne ...
Cette année, chat échaudé craint l'eau froide: j'ai acheté (en plus des cartes Bob l'éponge) des sacs de bonbons et nous avons scotché à chaque carte une sucrerie. Bon, évidemment, certaines mères ont mis dans une enveloppe décorée (à laquelle était attaché un coeur en mousse) une photocopie en couleur d'un dessin de leur enfant et un coeur en guimauve ou en chocolat... On ne joue pas dans la même catégorie.
[Oui, mais moi je suis la seule, vraiment la seule, mère avec deux enfants qui travaille et n'ai ni nanny ni femme de ménage. Bon, je ne le crie pas sur tous les toits non plus, mais je me le répète parfois tout bas, ça me console de n'être jamais de celles qui accompagnent les sorties, organisent les goûters et les activités de fête, sont présentes et actives dans l'école ...]

Les sacs de bonbons de la Saint Valentin sont allé rejoindre ceux d'Halloween pas encore terminés ... De deux choses l'une:
- ou bien nous sommes des parents psycho-rigides qui limitons outrageusement la consommation de sucreries de nos enfants (Tu dis toujours NON quand je demande un bonbon!);
- ou bien cette société a un sacré problème, qui ne peut inventer de célébration festive qu'à grand renfort de High Fructose Corn Syrup, Palm oil, yellow 5, artificial flavor, dextrose, maltodextrine, Red 40 lake et j'en passe.
[A propos, avez-vous jamais goûté un H ershey Kiss? L'odeur est déjà assez détestable, mais le goût de plâtre est assez pour sevrer toute addiction sévère au chocolat. Préfèrerais me passer de "chocolat" pour plusieurs années plutôt que d'ingurgiter ça. Suis apparemment la seule. Suis bizarre? Probablement trop mal habituée: importante consommation de chocolat noir 70% a dû sévèrement altérer la tolérance de mon palais]
Donc, l'année dernière, j'avais acheté un stock de cartes et je les avais diligemment fait remplir par les garçons (qui n'avaient pas grand-chose à faire, il faut bien le dire: juste écrire leur nom (From ...) et le nom du/ de la destinataire (To ...). Et j'avais la conscience tranquille, une mère certes non autochtone, mais bien en phase avec les exigences des coutumes locales.
Hélas, innocente que j'étais! Je les ai vu revenir, un peu déconfits (surtout le grand, en fait), chargés chacun d'un gros sac de bonbons.
- Maman, tous les autres m'ont donné des bonbons, et moi je n'avais rien à leur donner! Mais tu leur as donné tes cartes! - Oui, mais ça ne suffit pas!
Au concours de la meilleure mère (beaucoup de participantes, dans la région), je suis à la traîne ...
Cette année, chat échaudé craint l'eau froide: j'ai acheté (en plus des cartes Bob l'éponge) des sacs de bonbons et nous avons scotché à chaque carte une sucrerie. Bon, évidemment, certaines mères ont mis dans une enveloppe décorée (à laquelle était attaché un coeur en mousse) une photocopie en couleur d'un dessin de leur enfant et un coeur en guimauve ou en chocolat... On ne joue pas dans la même catégorie.
[Oui, mais moi je suis la seule, vraiment la seule, mère avec deux enfants qui travaille et n'ai ni nanny ni femme de ménage. Bon, je ne le crie pas sur tous les toits non plus, mais je me le répète parfois tout bas, ça me console de n'être jamais de celles qui accompagnent les sorties, organisent les goûters et les activités de fête, sont présentes et actives dans l'école ...]
Les sacs de bonbons de la Saint Valentin sont allé rejoindre ceux d'Halloween pas encore terminés ... De deux choses l'une:
- ou bien nous sommes des parents psycho-rigides qui limitons outrageusement la consommation de sucreries de nos enfants (Tu dis toujours NON quand je demande un bonbon!);
- ou bien cette société a un sacré problème, qui ne peut inventer de célébration festive qu'à grand renfort de High Fructose Corn Syrup, Palm oil, yellow 5, artificial flavor, dextrose, maltodextrine, Red 40 lake et j'en passe.
[A propos, avez-vous jamais goûté un H ershey Kiss? L'odeur est déjà assez détestable, mais le goût de plâtre est assez pour sevrer toute addiction sévère au chocolat. Préfèrerais me passer de "chocolat" pour plusieurs années plutôt que d'ingurgiter ça. Suis apparemment la seule. Suis bizarre? Probablement trop mal habituée: importante consommation de chocolat noir 70% a dû sévèrement altérer la tolérance de mon palais]
Friday, February 16, 2007
Jeudi 16 février: Marche arrière
Il y a une semaine, dix jours peut-être, il m'a dit dans la voiture: Non, nous n'irons pas en France cet été. Impossible. Pas d'argent. Si nous n'avons pas trouvé la maison (LA maison), il faudra chercher. Et si nous l'avons trouvée, nous n'aurons plus un sou en poche. Et puis, nous y sommes allés à Noël, tu y retournes en mars, faut pas exagérer.
Et là toutes mes locomotives ont renversé la vapeur. Machine arrière, toute! Je ne peux pas supporter l'idée de ne pas rentrer pendant l'été. Je ne peux pas. Il ne me croit pas, bien sûr, quand je lui dis que c'était la condition sine qua non de notre départ pour les Etats-Unis. Il est catégorique: Je n'ai jamais passé un tel marché. Je ne le suis pas moins: J'ai besoin d'aller en France pour l'été. Je ne peux pas, je ne peux pas vivre sans. Nous sommes aussi butés l'un que l'autre. Je suis une capricieuse et c'est un monstre insensible. Nous nous crachons notre venin.
Je repense aux 6 ans que nous avons passé à Paris, durant lesquels nous ne sommes allés qu'une seule fois aux Etats-Unis, au tout début. Il n'avait pas l'air d'être malheureux, son pays ne semblait pas lui manquer. Je repense à l'été 2005, l'été où nous avons quitté Memphis. Le déménagement a dévoré nos maigres économies, cette année-là. Et je n'arrivais pas à accepter l'idée de renoncer à notre voyage en France. Irréconciliables: d'une part la certitude que nos comptes en banque étaient à sec, d'autre part la nécessité absolue de partir. On ne raisonne pas avec une nécessité absolue, un besoin physique. Lui me présentait des arguments raisonnables. Je n'avais que des réponses viscérales: Je ne peux pas, je dois, j'ai besoin, il faut. Mon père a court-circuité l'affrontement, en nous payant les billets. Lui est resté, je suis partie avec les enfants.
Et cette année?
Machine arrière, donc. Je ne veux plus entendre parler de cette maison. Je ne veux pas sacrifier l'essentiel. Je peux me passer de fringues, de livres, de CD, de sorties (de toutes façons, je consomme si peu de tout cela en ce moment). Je peux réduire mes dépenses-enfants (mon point faible, côté porte-monnaie). Je peux arrêter d'acheter des Pim's et des Petits Ecoliers à prix d'or chez Wegmans, et me passer de fromage français. J'aurais un peu plus de mal pour le vin, mais je peux aussi décider de diminuer les occasions d'ouvrir une bouteille (et puis, s'il n'y a plus de fromage pour aller avec ...) Je peux laisser tomber la lessive bio (mon petit geste à moi pour l'environnement), deux fois plus chère que la lessive normale.
Mais je ne peux pas me passer de rentrer chez moi pendant l'été. Non.
Même les enfants s'y mettent: Maman, on ira l'année d'après. L'année d'après?
Non. Je suis un bloc de négation.
Thursday, February 15, 2007
Mercredi 14 février: Finally
Enfin, on l'a eu notre snow day!!!...

Pas de chance: j'ai été malade toute la journée. Au lieu de profiter de cette petite vacance inattendue pour lire, jouer avec les garçons dans la neige, rattraper le temps perdu en corrigeant des montagnes de copies ou faire des gâteaux, je me suis contentée de rester roulée en boule sous la couette en gémissant lamentablement. C'est bête, non?
[La photo a été prise il y a deux semaines. Hier, en fait, il faisait trop gris et moche et j'étais trop mal en point pour prendre des photos ...]
Pas de chance: j'ai été malade toute la journée. Au lieu de profiter de cette petite vacance inattendue pour lire, jouer avec les garçons dans la neige, rattraper le temps perdu en corrigeant des montagnes de copies ou faire des gâteaux, je me suis contentée de rester roulée en boule sous la couette en gémissant lamentablement. C'est bête, non?
[La photo a été prise il y a deux semaines. Hier, en fait, il faisait trop gris et moche et j'étais trop mal en point pour prendre des photos ...]
Tuesday, February 06, 2007
Mardi 6 février: Et vous, elle ressemble à quoi votre cuisine, le matin?
Morning duties: le matin, je suis la reine des préparatifs. Je prépare trois petits dej', deux lunch boxes, deux goûters du matin, un goûter de l'après-midi le mardi (Chinese club) et le jeudi (Chess club), deux garçons dont un grognon et un rêveur, et trois cartables.
Il faut qu'à 7:43 nous soyons tous les trois dehors, sacs sur le dos, dents brossées, chaussures lacées, mains gantées. Chaque jour est un nouveau défi.
Et comme je pars en même temps qu'eux, je sais dans quel état je retrouverai ma cuisine chaque après-midi (les elfes de maison ne sont pas très efficaces chez moi ...)
Friday, February 02, 2007
Tuesday, January 30, 2007
Mardi 30 janvier: Conductrice
Je conduis. Si si. Et j'ai une voiture (une petite rouge, celle qui est sous la neige de l'hiver dernier, sur la photo). Et je m'étonne que personne ne me félicite en me voyant aller et venir, si tranquille au volant. Ils ne savent pas, oh ils n'ont pas idée du chemin parcouru pour en arriver là...
J'ai passé mon permis à 22 ans, je l'ai eu au deuxième essai, et j'ai reçu ma petite carte rose avec l'impression d'une vaste supercherie. C'est que je ne savais pas conduire, moi! Et me voilà en possession d'un document officiel qui attestait du contraire.
Résultat: je ne l'ai pas utilisé, ce permis, pendant des années. Normal: j'habitais Paris, je n'avais pas de voiture. Dans le sud, j'ai utilisé quelques rares fois l'auto de ma grand-mère (qui ne conduisait pas, mais tenait à la disposition de ses enfants et petits-enfants une petite 205 blanche, pour les vacances), que j'ai d'ailleurs mise dans le fossé deux fois de suite (en manquant d'écraser mon jeune homme contre un mur, la première fois). Evidemment, ça m'a guérie de l'envie de conduire pendant un certain temps.
En Californie, mon Américain avait une moto (je n'ai jamais été tentée de la conduire), mais nous avons loué une belle et grande voiture pour nous balader vers l'intérieur des terres, pendant une semaine de vacances. C'est dans Death Valley que je me suis reconciliée avec la conduite: rien devant, rien derrière, rien sur les côtés (et surtout pas de fossé!) sur des miles et des miles. Pas de changement de file, toujours tout droit. Le rêve. J'ai été conquise par la conduite automatique.
Retour en France: toujours pas de voiture, je me fais conduire pendant les vacances dans des voitures empruntées à droite et à gauche.
Mais lors de ma deuxième installation aux Etats-Unis, il a pourtant fallu que je m'y mette. C'était très simple: à Memphis, le piéton n'existe pas. Le non-conducteur est un non-être. Ma survie dépendant de ma capacité à changer de file sur Germantown Parkway, je me suis résolue, la mort dans l'âme, à reprendre le volant. Pas le choix: rien n'était accessible à pied. Le supermarché le plus proche était à 45 min de marche (j'ai essayé, quand même, sous un soleil de plomb et sous les regards intrigués des autochtones qui n'avaient jamais vu ça). Alors, après de multiples sessions de ré-acclimatation progressive (niveau de stress maximum, un mari critiquant mes moindres mouvement à côté de moi, des enfants grognons à l'arrière ... Plus d'une fois je me suis garée, je suis sortie en claquant la porte, "C'est fini, je ne reprends pas le volant, si tu veux rentrer, tu n'as qu'à conduire.")
Et puis, nous sommes arrivés ici, nous avons acheté une deuxième voiture (ma petite rouge que j'aime), et j'ai commencé à me sentir à l'aise. A faire la fière (sur les routes que je connais bien uniquement). Même à prendre plaisir à rouler, Thomas Fersen à fond, dans la campagne. Je suis devenue une conductrice.
Et, mercredi dernier: consécration. Pour la première fois, je me suis risquée, seule, sur une freeway que je ne connaissais pas, une de ces terrifiante à 6 ou 8 voies, qui bifurque sans arrêt et presque sans prévenir. Pour peu qu'on n'y fasse pas vraiment attention, si on reste tranquillement à droite en respectant les limites de vitesse (c'est tout moi, ça), on se retrouve embarqué vers New York sans possibilité de faire demi-tour. Heureusement que mon homme m'avait dessiné des schémas très précis avec des indications irréprochables. Je ne me suis pas perdue, je n'ai pas eu d'accident, je suis arrivée à l'heure, entière et en nage, malgré le froid. Tellement crispée pendant tout le trajet que depuis je ne me tiens plus de mal de dos. Complètement nouée. MAIS j'y suis arrivée. Pas peu fière.
Du coup, l'entretien pour lequel je m'étais lancée dans une telle aventure s'est déroulé comme sur des roulettes. J'avais consommé tout mon stress disponible dans la voiture, je suis donc arrivée totalement à l'aise. Décontractée au maximum. Effet garanti.
Maintenant, l'euphorie de l'exploi (deux heures de bagnole sur une American freeway! Yeah!) s'étant quelque peu atténué, reste la question:
Est-ce que je vais changer de boulot? Vais-je prendre ce nouveau poste qu'on vient de m'offrir?
En question subsidiaire: est-ce vraiment une bonne idée de vouloir travailler non seulement dans la même boîte que mon mari, mais surtout en étroite collaboration avec lui?...
Monday, January 29, 2007
Lundi 28 janvier: Sick day
Alors je suis restée à la maison. Sans le dire aux garçons qui râlaient de devoir aller à l'école alors que la neige était tombée pendant la nuit.
(- Mais il n'y en a pas assez pour un snow day!
- Cette année, il n'y en a jamais assez pour un snow day. Il leur faut quoi? Dix mètres de neige?)
Je suis restée à la maison. Pour la première fois depuis que je travaille ici. Pour me poser, me récupérer, me reprendre.
Bien sûr, j'avais oublié qu'un jour, c'est toujours trop court. Alors, oui, j'ai corrigé un paquet de compositions, oui, j'ai réglé des problèmes de paperasse, bien sûr, j'ai réussi à passer l'aspirateur et à laver les draps des enfants ... Mais je n'ai pas préparé mon cours de littérature, ni trié la pile dangereusement vacillante qui grandit de jour en jour sur mon bureau (c'est pour cela que je travaille toujours sur le bureau de l'homme de la maison). Ni, malheureusement, fait la sieste.
J'ai bu du thé, éparpillé mes tasses, plié du linge et regardé la neige par la fenêtre.
Alors bilan de cette journée off: pas plus reposée, mais moins suffoquée par le poids des contingences. Et la fatigue crée autour de moi un écran cotonneux qui amortit les chocs.
Wednesday, January 24, 2007
Mercredi 24 janvier: Souvenir en forme de birthday cake
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