Saturday, August 18, 2007

New Hamphire

.Alors, bien sûr, j'avais emporté mes livres pour bosser. Cette semaine représentait ma dernière chance pour préparer mes cours avant la rentrée. Je m'étais même dit que je me réserverais une heure par jour, ce n'est pas la mort, une heure, je devrais y arriver, tout de même.

Mais pas une seule journée ne m'a cédé cette heure promise. Il y avait trop à faire.

Nager dans la rivière.

Préparer des petits déjeuners pantagruéliques (et ne pas en laisser une miette). Jouer de la guitare dans le jardin (bon, ça bien sûr, ça ne m'a pas pris trop de temps, étant donné que ce n'est pas moi qui en joue, de cet instrument qui rythme, bon gré mal gré, mes journées...).

Acheter du fromage français et des crèmes exquises pour adoucir la peau dans les boutiques de Concord. Faire du voilier sur le lac Sunapee.

Faire des tartes aux myrtilles. Déjeuner sur le porche.

Boire des Vodka Tonic au soleil couchant. S'allonger dans l'herbe pour regarder les étoiles filantes. Aller passer la journée au bord de la mer et ramasser des coquillages.

Tracer le chemin du retour sous des orages gris et des éclairs oranges. Aller cueillir des légumes dans le jardin sauvage des voisins. Lire (mais surtout rien qui soit au programme de mon cours de littérature). Et parler, parler, pendant des heures douces qui coulent comme de l'eau, profiter des moments calmes et lumineux de cette fin d'été pour rendre durables, solides, mes liens avec Else, celle qui a été pendant un an une voisine, puis une amie, un soutien et un refuge. Celle qui nous a accueillis avec simplicité et affection, celle qui nous a ouvert sa maison et son coeur, celle à qui je dois la découverte de la Nouvelle Angleterre. Et tant d'autres choses.

Monday, August 13, 2007

Un an


Un an qu'il vogue sur les cyber-eaux, avec des passages à vide et des grandes vagues d'écriture. Merci une fois de plus à Christie, sans qui ce blog n'existerait pas. Merci à vous, mes lectrices (y a-t-il des mecs dans la salle?), les habituées et celles de passage, avec qui j'ai tissé des liens qui me sont devenus chers (j'ai un "attachment disorder", comme dirait ma chef).
Et pour fêter ces 12 mois de blogage, ces 114 billets et tous vos commentaires, je lui donne quelques jours de repos, à mon petit blog, le temps d'aller faire un tour en Nouvelle Angleterre (je vais essayer d'éviter les mauvaises rencontres, il paraît que le coin est mal fréquenté en ce moment). Je reviens vite!

Sunday, August 12, 2007

Vacances en France


Chaque année à la même époque, je pique ma crise. Je dois aller en France cet été. Je le dois, je ne peux pas faire autrement, je ne survivrai pas, il le faut. Pour les enfants aussi, c'est indispensable, la langue, l'immersion dans leur langue maternelle, le contact avec la famille. Je dois, nous ne pouvons pas, tu ne comprends pas, j'irai!

Et chaque année, nous partons en France pour l'été. Bien sûr, une fois déboursée la somme astronomique (chaque année un peu plus) pour les billets d'avion, pas de folie, nous restons dans les maisons qui nous ouvrent grandes leurs portes, pas d'aventure dans les coins de France inconnus, pas de voyage autre que celui de la 20: Paris-Toulouse, ça nous connaît. Les contraintes financières et la pression familiale font que nous ne varions guère nos lieux de villégiature. Bien contents, me direz-vous, d'avoir tant de points de chute, tant de seuils hospitaliers à franchir! Ce sont mes repères, ceux auxquels déjà s'accrochent mes enfants, qui attendent chaque année avec impatience le retour aux sources (les miennes, les leurs)

Et pourtant, chaque année, une fois sur place, vient le moment où me titille la question: est-ce vraiment indispensable? Cette année en particulier, parce que j'ai été archi-gâtée, c'est mon troisième voyage en terre natale. Alors? Tant que tout notre budget vacances ira vers le retour dans le cocon familial, nous ne pourrons nous permettre de voyager (j'ai fait une entorse cette année, en solo. More about that later...) La Crête, notre rêve depuis quelque temps, continue d'attendre son tour dans le carton des projets mis de côté. L'achat d'une maison n'autorise aucun extra (et c'est bien pour cela que je suis fondamentalement contre, mais passons, ce débat est mort).

Alors, les vacances? Ah, c'était bien.

Mon projet était de lire beaucoup, et je m'y suis plus ou moins tenue. Et aussi: nager, même quand le temps était moyen; manger, surtout du fromage, une cure pour tenir jusqu'à l'année prochaine, de l'izard aussi, à la demande expresse de mon fils aîné qui sait apprécier les bonnes choses (sauf le fromage); se balader en montagne, et tester la resistance des petits Américains (qui ne s'en sont pas trop mal sortis, il faut bien le dire. L'année prochaine, on tente quelque chose de plus pentu. Ah, m'y voilà déjà!); se replonger dans les histoires familiales qui poussent et s'épanouissent avec la vigueur des mauvaises herbes (je suis contente d'avoir transplanté ma vie suffisamment loin pour en souffrir le moins possible); revoir ceux que j'aime, ceux que nous aimons, et nous apercevoir que parfois le temps ne compte pas. Reprendre une conversation comme si nous nous étions quittés la veille.
Les plus forts, pour ça, ce sont les enfants. Ces quatre-là se connaissent depuis qu'ils ont 3 mois, se retrouvent tous les ans et renouent leurs liens avec le naturel de ceux qui ne sont jamais vraiment éloignés. Je redoute les obstacles que l'adolescence mettre sur le chemin de leurs faciles échanges.



[La réponse est bien sûr: Oui, ce voyage est indispensable. Il m'est d'autant plus facile de l'affirmer que je suis de retour en Amérique et que mon pays me manque déjà.]

Friday, August 10, 2007

Swimming

Je suis un signe de feu, un pur lion (1), et pourtant, mon élément de prédilection, c'est l'eau. Nager, comme dormir: plaisir et nécessité.


Cette année, Paolo s'est enfin décidé à apprendre (au bout de tant et tant de leçons de natation...), et je suis moins tenaillée par l'angoisse de le voir perdre pied. Il ne nage pas tout à fait, mais se débrouille pas mal, à condition qu'il ne panique pas (dès qu'il perd confiance, il coule à pic, alors je le cantonne dans les eaux où il a pied, et je reste à proximité). J'imagine qu'il est arrivé au point où il est "enfin prêt". Comme pour la lecture, comme pour les échecs, je devrais avoir compris pourtant: Paolo n'apprend qu'au moment où il est prêt. A son heure à lui. Contrairement à son frère, qui ne demande qu'à engranger le savoir, tous genres de savoir, Paolo choisit son rythme et son moment, et il est inutile de vouloir lui forcer la main. J'ai longtemps essayé de lui apprendre à lire, mais ça ne l'intéressait pas. Quand il s'y est mis, c'est venu rapidement, en anglais un peu mieux qu'en français, mais avec une aisance qui dénotait une longue préparation intérieure.

Dudie s'entraîne aux plongeons, voire aux sauts périlleux (que son père pourtant lui a interdits), avec tellement de vigueur qu'il est allé s'écraser le nez contre le fond de la piscine, il y a deux jours. J'ai dû le sortir de l'eau avant qu'il n'y répande des flots de sang. Un vrai bonheur.


Nous y passons une à deux heures par jour, dans cette piscine qui est maintenant si près de chez nous. Et je me demande pourquoi je n'ai guère le temps de me mettre à bosser, je m'interroge sur les heures qui s'envolent...

Je nage. La lumière liquide au-dessus de ma tête efface le décompte. Je nage.





(1) (Lion ascendant lion, paraît-il... Mais on m'a dit aussi que j'étais ascendant verseau, ce que je croirais bien plus volontiers.)


Thursday, August 09, 2007

Vraiment de retour

I am baaaaack!
Enfin, je suis re-connectée, téléphone et surtout internet à ma disposition (Accio WWW!), je reprends contact avec le vaste monde. Cela fait trois soirs que je surfe avec tellement d'euphorie que je ne lis rien en entier, je papillonne avec ivresse et essaie de rattraper mon retard (plus d'un mois, aaarrrrggghh, le cybermonde a continué à tourner pendant que j'étais en vacances. Hmph.)

Curieux tout de même de constater que, durant mon séjour en France, la-dite cyber-sphère m'a si peu manqué alors qu'à peine rentrée, ma curiosité m'a fait tourner (en bourrique) autour de l'ordinateur vite installé dans la nouvelle maison, mais pas connecté (les "brancheurs" ont pris leur temps avant d'arriver jusqu'à chez nous). Cette privation m'a permis de bien avancer dans l'installation, mais il est vrai que depuis le début de la semaine, nous avons tous ralenti le rythme. L'essentiel est fait, mais il reste des cartons à ouvrir, des paperasses à trier, la terrasse à balayer (c'est fou comme je peux remettre de jour en jour une tâche aussi simple et qui me prendrait à peine 5 minutes) et nous n'avons toujours rien décidé en ce qui concerne l'achat d'une table pour la cuisine.

[Cartons le premier jour... Nous avons progressé depuis]

Nous y sommes bien, dans notre nouvelle demeure. Les garçons ont pris leurs marques tout de suite, l'homme joue de la guitare nuit et jour sans avoir à se soucier des voisins, je suis la seule à avoir quitté l'appartement avec regret. J'aimais sa clarté.

[Dernière nuit dans l'appartement]

Il ne faut pas exagérer: j'adore cette maison, toute vieille et pleine de défauts. Le jardin est une merveille, et il y a une cheminée!!! Si nous ne déménageons pas à nouveau avant l'hiver, nous ferons des flambées d'ici quelques mois... Mais pas d'attachement sentimental inutile: nous n'avons cette maison en location que pour 11 mois. Il va falloir se remettre sérieusement en quête d'une maison à acheter!

En attendant, je profite ...


Thursday, August 02, 2007

Le retour

Mercredi 25 juillet: Pourquoi mes cuillères me semblent-elles si peu familières? Quelqu'un les a-t-il changées en mon absence? Ou alors le fouillis autour de moi altère-t-il mes repères? Je n'ai pas l'impression d'être de retour chez moi.

Jeudi 2 août: Trois jours après notre retour, nous avons déménagé. Pas le temps pour le jet-lag. Les cartons nous submergent, nous engloutissent. Une fois notre bazar déposé dans la nouvelle maison, commence le tri, ce qu'on garde, ce qu'on jette, ce pour quoi on n'a vraiment pas la place. L'homme de la maison veut jeter ma collection de sacs en papier (j'avoue un peu honteusement que j'ai un attachement maladif à mes sacs, en particulier les sacs Petit Bateau, DPAM et Princesse TamTam), il a fallu que je me batte. Je cherche encore une cachette sûre.

Pas d'internet à la maison, un emploi du temps (ouverture de cartons, ménage et rangement) chargé et une grosse fatigue (le jet-lag m'a sournoisement rattrapée), il est difficile de blogger ces jours-ci... Je reviens vite, il me tarde de vous retrouver!!

Saturday, June 30, 2007

Retrouvailles

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Alors, voilà. J'ai retrouvé les odeurs - les marronniers, le métro, le marché, la boulangerie au coin de la rue de l'Eglise -, les habitudes et les visages. J'ai reconnu les voix, les sourires, les motifs. Dans Paris grisouillet, j'ai marché, marché, marché... J'ai découvert, aussi: les fontaines d'argent du jardin de l'abbaye de Cluny. Le vent mordant de cette fin de juin si tristounette. Les studios Harcourt. Un petit bistro, rue de Sèvres.
[Merci à Camille, qui m'a fait découvrir cet endroit, par blog interposé]
Je me suis glissée dans mon ancienne peau, conservée là par la fidélité de mes amis. J'ai retracé les chemins bien connus.
J'aurais aimé prendre mon temps, mais, malgré moi, je n'ai cessé de courir. Essayer de voir tout le monde, et d'accomplir toutes mes "obligations"... Décevoir les uns - "Je ne peux pas rester" - et oublier la moitié de ce que je m'étais promis de faire.
Mais j'ai préservé l'essentiel: j'ai donné la plus grande partie de mon temps à ceux qui comptent tant pour moi, ceux qui, d'année en année, nous gardent dans leur coeur et nous ouvrent leur porte.
Paris, c'est la ville où vivent mes meilleurs amis.

Monday, June 25, 2007

A beautiful day

Samedi, j'ai passé la journée à New York, avec mon amie Else, ma gentille voisine, celle dont je ne parle jamais ici, alors qu'elle a pris une importance de plus en plus grande dans ma vie.
Un jour-parenthèse, un jour rien que pour nous. Un jour de balade, un jour sans autre contrainte que nos envies, un très beau jour d'été.

J'ai découvert la ville, enfin, à travers des yeux qui la connaissent et la pratiquent. Je me suis laissé guider. Sous le soleil haut et clair de juin, les couleurs vibraient. New York est une ville en couleurs, contrairement à Paris.


Bien sûr, déjeuner chez Pastis, à 3 heures de l'après-midi, et un cocktail qui s'appelle "Le Pêche"...


Je pars ce soir en France, et mets donc ce blog en sommeil estival, mais avant de tirer le rideau, je vous souhaite un très bel été. Et j'en profite pour vous remercier de votre présence, de vos commentaires, de vos voix qui m'entourent.

Friday, June 22, 2007

18 ans


Au moment d'emballer le cadre dans lequel je la tiens dans mes bras, le jour de sa naissance, j'ai marqué une pause. Cela fait dix-huit ans que je trimballe cette photo partout où je pose mon chapeau.
Il y a dix-huit ans, jour pour jour, je passais la première épreuve du bac (mise à part la philo, qui était, comme il se doit, la première à ouvrir le bal, dix jours avant les autres matières). La veille, j'avais révisé l'histoire des Etats-Unis et l'économie de l'Union Soviétique sur le balcon, en écoutant les hirondelles. Il faisait doux, et je regrettais de ne pouvoir aller profiter de la fête de la musique. Un voisin bien intentionné avait remédié au manque de rythme de ce coin tranquille du 15e en poussant sa stéréo à fond.
Ma mère portait une robe blanche et un ventre très en avant. Elle parlait avec ma grand-mère qui crochetait tranquillement assise sur le canapé à côté d'elle et de son gros ventre.
Le 22 juin, j'ai anticipé sur la sonnerie de mon réveil. L'inquiétude des matins d'exam. Mais je n'ai pas bougé, j'ai attendu. Devant ma porte, j'entendais des bruissements, je savais que ma mère attendait elle aussi que mon réveil sonne. Mais, c'est ma grand-mère qui a ouvert la porte, pour me dire que ma mère était partie à l'hôpital. J'ai poussé mon dernier grand cri de fille unique égoïste. Ce bébé n'aurait-il pas pu patienter jusqu'à la fin du bac? ou du moins me laisser passer l'histoire-géo tranquille?
Le reste s'est déroulé dans le brouillard. Pendant quatre heures, je n'ai pensé à rien d'autre que l'agriculture de l'Urss et le Front Populaire. Je suis sortie de la salle, et je me suis souvenue. J'ai commencé à courir. Je ne me suis pas arrêtée. J'ai couru jusqu'au métro, j'ai couru sur le quai, je suis sortie du métro en courant, j'ai couru pour attraper le bus (qui était au terminus et donc ne bougeait pas, je piétinais!), j'ai couru jusqu'à l'hôpital, j'ai couru dans les couloirs. Je l'ai finalement trouvée, cette chambre où dans un berceau en plastique transparent, j'ai vu ma soeur pour la première fois.

Thursday, June 21, 2007

10 ans

C'est moi qui l'ai demandé en mariage. Je l'ai regretté, dès qu'il a dit: "OK", parce que c'était certainement ma seule opportunité de recevoir a formal proposal, et ... ah, I blew it. Au lieu de le laisser faire sa déclaration, j'ai pris les devants. Ah, je vous jure, où nous mènent la précipitation et l'enthousiasme non réfléchi!

Il y a dix ans, sous un ciel hésitant, nous nous sommes mariés. L'émotion de ce jour-là est toujours intacte. Je n'arrivais pas à croire combien j'étais heureuse.
C'était loin d'être un mariage parfait. En y repensant, il y avait tellement de choses que j'aurais aimé différentes. Mais, ce jour-là, cela n'avait aucune importance.

Il a appris à danser la valse une demi-heure avant la cérémonie, dans une petite chambre de la vieille maison. Il m'a beaucoup marché sur les pieds et nous nous sommes tous deux demandé pourquoi quelqu'un avait choisi une valse interminable. J'avais voulu des sushis, du foie gras et des patisseries libanaises, pour illustrer toutes les cultures que nous réunissions à nous deux. J'ai dansé jusqu'à 6 heures du matin. Nous avons traversé le village désert pour aller nous coucher. Il s'est endormi comme une pierre (c'était bien la peine d'avoir investi dans des sous-vêtements raffinés!)

Aujourd'hui, journée d'été magnifique. Ce soir, nous célébrons le début de l'été, nos 10 ans, la fin de l'année (scolaire, s'entend, nous sommes profs!) et plusieurs anniversaires: fête dans le jardin, grand feu de joie, saumon fumé et vin blanc...

Eclaircissements

Bon, ma narration n'était pas vraiment convaincante, alors je reprends le fil des événements - chronologiquement.

En janvier notre voisin a pété les plombs et menacé mon mari. Nous avons décidé qu'il était temps de quitter cet appartement (que nous louons à mon école et adorons par ailleurs). C'est à ce moment-là que moi, anti-achat et pro-location, j'ai fini par me laisser convaincre par l'homme (Américain et donc par culture destiné au propriétariat) de la validité de ses arguments. Nous nous sommes donc lancés dans la recherche d'une maison à acheter. Entre janvier et avril, nous avons passé tous nos week-ends à sillonner la région avec notre agent immobilier.

Parallèlement, un poste de prof de français s'est libéré dans l'école de mon mari, on me l'a proposé, j'ai hésité, puis décidé de rester là où j'étais. J'ai des pointes de regret, de temps en temps, surtout quand je me vois un peu submergée d'exigences administratives...

En mars, nous avons repéré une maison carrée qui nous plaisait. En avril, les choses se sont précisées (offre, contre-offre, etc.). Finalement, nous avons signé le contrat, que nous avons rompu quelques semaines plus tard, lorsqu'il s'est avéré que le système de fosse sceptique de la maison était complètement out, et que la propriétaire a refusé de s'en occuper elle-même.

C'est juste à ce moment-là que mon école nous a proposé un autre logement, une petite maison (individuelle, mais oui, sans mur partagé!!) qui allait se libérer. C'est une faveur qu'on me fait, j'en suis consciente et reconnaissante. Nous ne pouvons y rester qu'un an, mais j'ai l'espoir que nous finirons par trouver la maison de nos rêves d'ici là...

Nous avons fait les cartons dans la précipitation, parce que nous devons vider notre appartement au maximum, sans pouvoir encore nous installer dans l'autre maison, toujours occupée. Nous avons entassé la plus grande partie de nos possessions terrestres dans la cave de cette autre maison, et nous finirons le déménagement à notre retour. Car, oui, nous partons pour la France en début de semaine prochaine, d'où l'urgence des cartons.

Avant-hier, les garçons ont bâti leurs "maisons" entre les cartons. Ils ont fini par s'y endormir, chacun chez soi...

Wednesday, June 20, 2007

Moving on

Juin 2005: Moving in

Juillet 2005: Installés!

Juin 2007: Moving out

Je déteste déménager.
Depuis 16 ans, je n'ai jamais habité plus de 3 ans dans un même endroit. Depuis que j'ai quitté l'appartement que j'ai habité d'abord avec mes parents, puis avec ma mère et son nouveau mari, puis avec une colocataire, je n'ai cessé de changer d'endroit. Cet appartement, que j'aime tant et m'apprête à quitter, est le 9e depuis 1991.
Je n'ai pas pour autant appris à voyager léger, ni à faire mes cartons avec rationnalité et sourire. Je continue envers et malgré tout à trimballer des bouts de ficelle, des trucs et des machins qui me rappellent quelque chose et prennent beaucoup de place. Je m'obstine à collectionner les sacs dont je ne me sers jamais. Je persiste à emballer les traces de mon existence avec une mauvaise humeur légendaire, une laborieuse lenteur et un manque d'organisation assez exceptionnel.
De son côté, l'homme de la maison fait preuve de toutes les qualités qui me font défaut: rapide, efficace, organisé, trieur/jeteur et capable de soulever des kilos de livres, il me maudit et ne m'adresse plus la parole que pour m'exhorter à finir "plus d'un carton par jour". Heureusement, ma chef a jugé bon de me faire bosser pendant mes vacances, et depuis le début de la semaine, j'ai trouvé chaque jour une bonne raison de m'eclipser du champ des travaux forcés pour aller à des réunions ou autres tâches professionnelles.
Ce soir, une grande partie du travail a été accompli (pas grâce à moi) (un peu quand même). J'ai quand même mal au dos. Ah vraiment, je déteste déménager.

[On part pour un an (ou moins si on trouve une maison à acheter d'ici là), mon école a trouvé le moyen de nous relocaliser sur le campus, loin des affreux voisins qui nous pourrissent la vie depuis 2 ans. L'autre voisine, celle qui est devenue mon amie, est triste de nous voir partir et agacée de sentir notre soulagement. ]

Saturday, June 16, 2007

Game boys

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J'étais contre, à fond contre, radicalement opposée. Position de principe inflexible. J'ai vu trop d'enfants, y compris mon frère, tellement omnubilés par leur petit écran qu'ils en devenaient stupides, incapables de parler, de voir, d'entendre. Enfermés dans la cellule étroite et solitaire de leur jeu mécanique et répétitif.
Alors, quand mon beau-père a voulu offrir à Dudie pour ses 5 ans une game boy, j'ai fait ma méchante, mis mon veto et intercepté le paquet. Pendant un an, il est resté enfermé dans mon placard, sans que son propriétaire n'en connaisse même l'existence. Et puis nous avons déménagé...
De Memphis à notre nouvelle maison, il y avait 3 jours de route et j'ai repensé à l'objet maléfique, toujours emballé. Il est ressorti de sa cachette, et je dois avouer que j'ai découvert ses vertus insoupçonnées, quand je me suis rendu compte qu'il aidait grandement mes petits zèbres de 7 et 4 ans et demi à supporter le long et monotone voyage.
Dès lors, la GB est devenue notre compagne de voyage, l'indispensable accessoire des longues heures d'avion et des trajets en train. Dans la vie quotidienne, elles (évidemment, elles se sont multipliées, c'est bien joli le "chacun son tour", mais ça va un temps) disparaissaient de la circulation.
Jusqu'au moment où nous avons commencé à chercher une maison à acheter. La GB est redevenue une aide précieuse, qui nous a permis, week-end après week-end, de charger les garçons dans la voiture et de partir pour d'interminables visites sans qu'ils s'impatientent, ni ne manifestent leur faim, leur soif ou autre petit soucis (oui, l'objet maléfique a pour effet secondaire étonnant d'anesthésier la sensation des besoins naturels, au point de nous valoir quelques mésaventures et flaques quand Paolo s'est rendu compte - trop tard - qu'il avait vraiment besoin de faire pipi)
Maintenant, il est devenu de plus en plus difficile de réserver cet objet honni aux seuls voyages. Ils clament et réclament, sont prêts à "faire du français" (c'était ma condition - que je pensais dissuasive) pour une petite demi-heure de screen time. Et, lorsque Thomas, le meilleur copain de Dudie, est arrivé avec un cordon magique qui permet de relier deux GB pour pouvoir jouer ensemble, que voulez-vous, je n'ai pas pu dire non...
Cela dit, étant la marâtre que je suis, au bout de 20 mn (j'avais mis le minuteur), j'ai exigé l'extinction des écrans et je les ai envoyés dehors se rafraîchir les idées.


Il faut dire qu'il a fait chaud...


[Je fais des rénovations sur le blog, peinture fraîche, etc. J'ajoute des décorations - liste de mes blogs chouchous -, je repeins les murs, mais tout cela met du désordre: j'ai perdu la liste des commentaires récents, dans ma colonne de gauche, et ne semble pas pouvoir remettre la main dessus; l'espace entre les lignes dans les billets est devenu très aléatoire... Je continue mes réparations bloguesques, entre deux cartons dans la vraie vie, et j'espère avoir mis un peu d'ordre avant de quitter les lieux la semaine prochaine!]

Wednesday, June 13, 2007

Hierarchie des valeurs

Un bruit répété dans la chambre des garçons. Quelqu'un tape sur quelque chose. Coups de marteau? Tambour? Assassinat d'un playmobil traitre qui serait passé du côté des lego guys?

- Qu'est-ce que tu fais, mon Paolou?
- Quelque chose de très important.
- Ah? Très important? Et qu'est-ce que tu fais de très important?
- JE JOUE!


En voilà un, au moins, qui a le sens des priorités.

Monday, June 11, 2007

Graduation ceremony

J'ai passé mon bac il y a exactement 18 ans. Les circonstances un peu particulières qui ont entouré cet "événement" (ma soeur est née le matin de ma première épreuve) font que j'en garde un souvenir très précis. Je me souviens de la difficulté pour trouver un café pour déjeuner, dans ce coin inconnu du XVIe, je me souviens qu'une de mes copines était dans la même salle que Charlotte Gainsbourg (du moins, nous l'avait-elle affirmé ...), je me souviens du numéro de charme que j'avais fait au prof de math (section A2, je passais les math à l'oral uniquement. Et j'ai eu 17, la meilleure note en math de toute ma carrière scolaire!). Je me souviens des hauts murs gris de Janson de Sailly, entourant une cour qui me semblait comme un puit. Le jour des résultats, j'ai obtenu d'arriver en retard au boulot (j'avais commencé mon premier boulot d'été, j'étais standardiste dans la boîte où travaillait mon père), et je suis allée, avec tant d'autres, repérer mon nom sur les listes scotchées à des tables, dans cette cour sombre. Je me souviens de la ronde des visages autour de moi, l'évantail des émotions un peu brouillées par ma propre anxiété. Je me souviens d'être tombée dans les bras de Vanessa, toutes deux débordantes de joie et de soulagement, nous avions les mentions espérées-inespérées. Je ne voulais plus voir personne, je ne voulais pas que leur chagrin ou déception entament mon bonheur égoïste. Je ne voulais pas qu'ils me détestent d'être si heureuse. Je me souviens d'avoir pris un taxi pour rejoindre mon boulot, dans le VIIe. Je me souviens si bien de mes sentiments mélés dans la voiture. C'était fini, le lycée. Et rien ne semblait vraiment le prouver, l'affirmer. Le manque de conclusion me laissait une amertume indéfinie.
Ce soir-là, je suis allée à une soirée, chez un de mes copains. Pour "fêter le bac". L'année suivante, je me suis retrouvée en hypokhâgne avec un certain nombre de ceux qui étaient présents à cette fête en demi-teinte. Les autres, je ne les ai jamais revus, je ne sais même pas ce qu'ils sont devenus.
Ce week-end, tout cela m'est revenu. J'ai repensé à mon bac, à cette journée des résultats, à d'autres résultats encore, affichés sur une porte, à la française. Si je revisite ma chambre aux souvenirs, c'est parce que dimanche était le jour de la "Graduation ceremony" pour les élèves de mon lycée. Et, bien qu'on puisse trouver caricaturale et exagérée la pompe de cette cérémonie (moi je la trouve émouvante), je ne peux m'empêcher de croire qu'au moins, elle offre une conclusion, a closure, à ces années d'école. Elle permet de tourner la page, une dernière fois tous ensemble. Je trouve que notre école républicaine pourrait parfois gagner à rétablir quelques rites de passage symboliques, comme la célébration de tant d'années (d'efforts? de souffrance? de découverte? d'ennui?) pour ceux qui sont arrivés au bout.
Si je dépoussière mes souvenirs mélancoliques de quand-j'avais-17 ans, c'est aussi parce que ma petite soeur passe sa première épreuve du bac, aujourd'hui... Elle m'a porté bonheur, il y a 18 ans, j'espère lui rendre la pareille.


[Un an plus tard, j'avais 18 ans, ma petite soeur à peine un an... Bonne chance, ma belle!]

Sunday, June 10, 2007

Presque la fin


La fin de l'année scolaire approche, approche... Et en attendant, je bosse, je bosse... J'envahis la table de la salle à manger, je m'étale, mes papiers s'empilent dans tous les coins de l'appartement, je dors peu et ma patience est de plus en plus limitée. Mais, ah!, je n'en ai plus pour longtemps!
J'ai toujours pensé que juin était mon mois préféré, mais chaque année, quelque chose m'empêche d'en profiter. Le bac, les exams, le concours, l'agreg, le mariage, le mémoire, le déménagement, les bulletins... Pas une année sans un mois de juin survolté, sur-stressant, trop rempli pour pouvoir me poser et en profiter. Je ne sais pas pourquoi, malgré tout, je persiste à croire que c'est le plus beau moment de l'année.

Friday, June 08, 2007

Potions Magiques

Les potions magique, c'est très facile. Il suffit d'avoir quelques ingrédients de base (La cendre volcanique et le venin d'Acromentula sont indispensables).


Good Luck Potion: Remplir votre éprouvette de Jus gazeux de Flobberworm, ajouter 2 gouttes (pas plus) d'Essence Florale Toxique, ajouter des yeux séchés de Glumbumble, des racines séchées de Horklump, des coeurs racornis de Hinky Punk, et finalement un peu de Venin d'Acromentula. Remuer. Saupoudrer de racine d'Asphodèle reduite en poudre... Et voilà!
Il ne reste plus qu'à plonger délicatement le bout de votre baguette magique pour vous porter bonheur dans tous les sorts que vous lancerez à l'avenir!



Bon, je vous ai donné la version des apprentis sorciers, voilà maintenant la version du maître des potions.

Pour la Good Luck Potion, le tout est de mélanger à de l'eau gazeuse le plus d'ingrédients possible (airelles ou raisins secs, petites boules décoratives blanches - les yeux de Glumbumble - grains de poivre, etc. J'ai même liquidé un paquet de calamard séché que m'avait envoyé ma belle-mère il y a un certain temps. L'odeur était tellement horrible que ce ne pouvait être qu'un ingrédient magique!). Mais avant de mettre en suspension dans le liquide à bulles toutes ces petites choses, on prend soin de mettre deux gouttes de colorant alimentaire, chaque enfant ayant ainsi une potion personnalisée, d'une couleur différente. Les petites choses ajoutées dansent dans la potion. Pour finir, on saupoudre sur la potion une cuillerée de bonbons appelés "Pop Rocks", une sorte de poudre qui grésille et pétille dès qu'elle touche un liquide. Nous avons obtenu un grand silence quand toutes les oreilles se sont penchées vers la potion pour l'entendre faire "Flizz Pop Whizzzzz..."! Le bruit était la condition de la réussite de la potion.


La deuxième, encore plus impressionnante, s'appelle Fizzing Phantom Potion. Chaque enfant a versé dans son verre mélangeur un liquide de couleur (j'ai utilisé d'horribles boissons bleue et rouge pétard, mais en fait on peut utiliser de l'eau colorée). On ajoute 2 gouttes de colorant alimentaire (la couleur change), un peu d'eau gazeuse, puis on remplit le verre au 3/4 de vinaigre (Acromentula Venom!). Quelques gouttes de liquide vaisselle (Slimy Gillyweed Juice). Puis, roulement de tambour, vient le moment de prendre une cuillerée de cendre volcanique (baking soda ou bicarbonate de soude). Tous les enfants gardent la cuillère en l'air (mais pas au-dessus du verre) et se tiennent prêts à verser la cuillère tous en même temps, chacun dans son verre.


Et là, whoumffffff!!! Incroyable, ça mousse, ça bouillonne, ça déborde, ça dégouline... Et si la réaction n'est pas assez impressionnante, une autre petite cuillère de cendre volcanique suffit.
Expérience fortement déconseillée dans votre salon. Ne choisissez pas non plus votre plus belle nappe: le liquide déborde partout, fait des flaques sur la table, sur le sol, un vrai bonheur. J'ai vraiment apprécié d'avoir un garage à ma disposition!


L'année prochaine, c'est sûr, je me lance dans la production de Ooblek. Vous savez, cette substance liquide qui devient solide si on la pince ou si on en frappe la surface... Je vous en dirai des nouvelles!

Tuesday, June 05, 2007

Rendons à César ...


Bon, il est vrai qu'il a râlé devant mes projets démesurés, il est vrai qu'il a refusé de s'investir avec enthousiasme dans l'aventure, mais la veille de la fameuse fête, il s'est montré à la hauteur. Et s'est transformé en un tour de main en Maître des Potions. J'avais certes trouvé les expériences adéquates, préparé tous les ingrédients, déniché les bouteilles et flacons appropriés, inventé (avec l'aide de Dudie, qui sait tout sur la faune et la flore magiques) les noms des substances mystérieuses ...

[Le vinaigre est devenu Acromentula Venom; le bicarbonate: Volcanic Ash; le liquide vaisselle: Slimy Gillyweed Juice; les airelles: Hinky Punk Shrunk Hearts; le jus de je ne sais quoi 100% colorants: Dragon blood (bleu) et Fragon Tears (rouge), etc. ]

Mais c'est lui qui a imprimé les recettes sur de petites fiches, c'est lui qui a donné les instructions et mené les expériences, réussissant à garder un calme relatif parmi les 11 apprentis sorciers en ébullition devant leurs potions mousseuses et débordantes.
(Moi je prenais des photos, qui sont d'ailleurs toutes ratées, il serait temps, après trois ans d'utilisation, que je finisse par lire le mode d'emploi de mon appareil photo)

Et bien sûr, comme d'habitude, c'est lui qui a fait le gâteau (jusqu'à une heure du mat', la veille au soir). Un peu moins de succès que les années précédentes: les enfants n'ont pas reconnu le Hogwarts Express, ils ont cru que c'était un bête camion, pfff. C'était bien la peine de tenter le gateau en 3D! L'année prochaine, l'homme reviendra à un art patissier plus traditionnel.

Monday, June 04, 2007

Acromantula venom et autres potions

Dimanche matin, j'avais récupéré l'essentiel de mes facultés élocutoires (ma voix est encore éraillée, mais au moins on m'entend), j'avais réussi à faire fi de tous mes maux, grands et petits, pour me concentrer sur l'ordre du jour: transformer notre banale maison muggle en un lieu magique, combinant Hogwarts et Diagon Alley, pour fêter les 9 ans de Dudie par une fabuleuse fête Harry Potter!


Après des semaines de cogitations, de glanage d'idées et de plannifications, après avoir obtenu de haute lutte la coopération réluctante de l'homme de la maison (Qui a besoin de goûter d'anniversaire?), après avoir menacé à diverses reprises de tout annuler (jusqu'à la veille au soir, quand deux zèbres surexcités sautaient sur leurs lits à 11h du soir en poussant des cris aigus, alors qu'ils auraient dû dormir depuis deux heures), après avoir commandé tous les accessoires indispensables sur e-bay (y compris une décoration pour le gâteau qui, à ce jour, n'est toujours pas arrivée) et acheté le reste samedi, nous y étions, le grand jour était arrivé, et il pleuvait.

Comme l'année dernière, il a fait un temps magnifique toute la semaine (31° et pas un nuage), et il s'est mis à pleuvoir le jour de la fête. Tant pis pour la partie de Quidditch (j'avais pourtant appris par coeur les règles modifiées pour jouer sans balai), et tant pis pour la chasse au trésor dans la Forbidden Forest (notre forêt de bambous aurait très bien pu faire l'affaire). Nous avons précipitamment rentré la table de jardin dans le garage, où s'est tenu le point culminant de la fête: Potion class!


Les copains (et copines) de Dudie ont adoré, tout le monde a trouvé le temps trop court, y compris moi qui avais encore 3 activités dans mon sac. Il n'y avait que l'homme de la maison pour trouver que deux heures étaient largement suffisantes.
Sorting hat ceremony, wand choosing, pin the pig tail on Dudley: tout a très bien marché, mais les potions, alors là, alors là ... Et nous n'avons même pas eu le temps de faire la troisième, celle du Ooblek, qui produit un fluide mega cool, bien poisseux, bien gooey. Oh well, ça sera pour l'année prochaine!


Tous les copains de Dudie fêtent leurs anniversaires sur le même modèle: les parents louent une salle dans un endroit spécialisé (les strip malls regorgent de ces mini-usines à Birthday parties), les enfants s'y entassent pendant une heure pour faire l'activité requise (se tirer dessus avec des pistolets lasers, sauter sur des pistes faites de boudins gonflables, jouer sur des machines à l'aide de jetons, payés par les parents qui invitent, bien entendu), puis ils doivent laisser leur place à l'anniversaire suivant, et sont parqués dans une salle étroite (le plus souvent sans fenêtres, je ne sais pas pourquoi), où sont servis pizzas, glace et gâteau d'anniversaire. Je ne vois pas l'intérêt.
Certains sont plus inventifs: Dudie est allé l'année dernière à un anniversaire dans un bowling, et il a adoré.
Mais l'idée semble être: gardons les enfants le plus loin possible de notre maison (alors que la plupart des gens ici ont de grandes maisons, souvent avec une salle de jeux ...)
La vérité, c'est que je prends plaisir à organiser des anniversaires home-made, même si je râle sur tout le mal que je me donne, et le stress, et le temps que ça me prend...

Ma conclusion sur la fête de cette année (mais je crois que je m'étais fait la même remarque l'année dernière): j'espère que Dudie continuera à inviter des filles et des garçons. A son âge, les anniversaires deviennent unisexe, et c'est dommage.


Sunday, June 03, 2007

The Lucky Luke effect


Paolo: "Si j'avais un revolver, je serais un cow-boy." Pause.
"Et si j'avais deux revolvers ... je serais un cow-boy avec deux revolvers!!"

Quant il était un peu plus petit, son père l'appelait le Roi des Tautologies.

[Je suis malade comme un chien depuis quelques jours ... Extinction de voix jeudi - le dernier jour de cours -, même plus un filet de son pour donner à mes élèves les dernières recommandations avant les exams de fin d'année. Ma gorge me trahit. Grosse fatigue, je ne dors plus parce que mon estomac recommence à faire des siennes, il produit un toxique qui s'insinue partout en moi, je m'auto-empoisonne. Et me tords de douleur, surtout pendant la nuit. Il est temps que cela s'arrête, mon corps crie STOP de toutes ses forces!]

Monday, May 28, 2007

Lundi 28 mai: Passage à vide

Fin mai, le temps s'accélère. Je ne suis plus.

Les fleurs ont dissipé leurs robes de bal éphémères, elles se sont dissoutes dans le vert, le vert puissant qui prend toute la place, toute l'odeur, que reste-t-il donc pour les fleurs? Le lilas n'a presque pas duré, quelques matins à peine.

J'ai l'impression d'être passée à côté du printemps, cette année.


J'assiste au vertige silencieux que crée le contraste de plus en plus grand entre l'accumulation des choses-urgentes-à-faire, le tourbillon des obligations qui m'oblige à garder l'oeil sur le calendrier (chaque jour un peu plus ...), et le vide intérieur qui se creuse en moi. Je fonctionne, mais de justesse. Je sais que cette période d'intense activité sera suivie d'une décompression sévère - à éviter à tout prix. Je commence déjà à m'imposer des repères, des tâches à accomplir. Il faut que j'écrive une liste.
Surplomber, c'est un art. Trop souvent, je suis trop en-plein-dedans. Il faut vraiment que je travaille la technique de l'élévation...

Sunday, May 20, 2007

Pagaille du vendredi soir

Vendredi soir. Paolo dans sa chambre joue à l'enfant unique. Il est seul maître à bord. Son frère et son père sont partis à leur leçon de guitare. Lui et moi, chacun absorbé dans ses occupations et préoccupations, dans le bazar de fin de semaine.
En passant devant sa chambre, je ressors la rengaine habituelle. Il va vraiment falloir que vous rangiez, ce n'est pas possible une telle pagaille! Il ne répond même pas, trop habitué et trop pris dans son jeu. Il joue comme moi à son âge, mêlant narration et dialogue, mais il est beaucoup plus fort que moi pour les bruitages.

Et puis une porte plus loin, le découragement me prend. Et je me dis que j'ai de la chance qu'ils soient encore petits, qu'ils n'aient pas encore la répartie impitoyable des pré-ados. Il ne me tarde pas de les entendre rétorquer Hé maman, tu as vu la tienne, de chambre?


[Sinon, nous n'habiterons pas cette maison que nous pensions acheter. Le contrat a été annulé. Entre soulagement et déprime, nous tournons la page.]

Monday, May 14, 2007

Neuf ans

Mon grand garçon a eu neuf ans dimanche. J'ai parfois du mal à me souvenir de mon tout petit, mon premier bébé. Les images se surimposent: mon Dudie à 2 ans, tout bouclé, tout souriant, qui regarde son petit frère nouveau-né.
Mon garçon à 5 ans, qui courageusement entre en Kindergarten dans une nouvelle ville, un nouveau pays (comme il était pâle ce jour-là! Chaque fois que j'y pense, cela me donne envie de pleurer. Nous l'avons laissé, grave et digne, dans cette classe inconnue, avec cette maîtresse qui se demandait si cet enfant muet comprenait l'anglais ... Il s'est bien rattrapé, par la suite! Mais ce jour-là, il ne disait rien, n'a pas pleuré, pas crié, ne s'est pas accroché à moi comme son frère l'a fait le jour de son entrée à la grande école).
Mon passionné de lecture qui, dans la bibliothèque de l'école où je travaillais à Memphis, ignorait superbement le groupe de lycéennes qui faisait cercle autour de lui ("So cuuuute!") et dévorait son Harry Potter avec le plus grand sérieux du monde.
Mon boudeur, mon rêveur, mon distrait, mon intello, mon inventeur, mon grimpeur d'arbres...


Neuf ans d'amour.


Il a laissé fondre les bougies parce qu'il réfléchissait au voeu qu'il allait faire en soufflant...