Mais pas une seule journée ne m'a cédé cette heure promise. Il y avait trop à faire.
Nager dans la rivière.
Préparer des petits déjeuners pantagruéliques (et ne pas en laisser une miette). Jouer de la guitare dans le jardin (bon, ça bien sûr, ça ne m'a pas pris trop de temps, étant donné que ce n'est pas moi qui en joue, de cet instrument qui rythme, bon gré mal gré, mes journées...).
Acheter du fromage français et des crèmes exquises pour adoucir la peau dans les boutiques de Concord. Faire du voilier sur le lac Sunapee.
Faire des tartes aux myrtilles. Déjeuner sur le porche.
Boire des Vodka Tonic au soleil couchant. S'allonger dans l'herbe pour regarder les étoiles filantes. Aller passer la journée au bord de la mer et ramasser des coquillages.
Tracer le chemin du retour sous des orages gris et des éclairs oranges. Aller cueillir des légumes dans le jardin sauvage des voisins. Lire (mais surtout rien qui soit au programme de mon cours de littérature). Et parler, parler, pendant des heures douces qui coulent comme de l'eau, profiter des moments calmes et lumineux de cette fin d'été pour rendre durables, solides, mes liens avec Else, celle qui a été pendant un an une voisine, puis une amie, un soutien et un refuge. Celle qui nous a accueillis avec simplicité et affection, celle qui nous a ouvert sa maison et son coeur, celle à qui je dois la découverte de la Nouvelle Angleterre. Et tant d'autres choses.








