Thursday, March 13, 2008

Après la tempête

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Il reste des débris. Les plus grosses branches ont été balayées, enlevées de la route qu'elles entravaient, et la circulation de la vie quotidienne a repris son cours. Mais il reste ça et là, et surtout devant chez moi, les traces du grand vent de la semaine dernière.
Qu'est-ce qui m'a pris de secouer ainsi les fondations de ma vie-telle-qu'elle-est? Lui me répète et répète que ma vie-telle-que-je-la-rêve n'est qu'une illusion. Il a sans doute raison. Mais est-ce une raison pour me contenter des choses en l'état?

L'étrange calme après la tempête, les bruits atténués, l'éclat plus lumineux du quotidien, n'a pas duré. Il a mal compris mes avances, a cru que je me rendais. Et nous voilà repartis pour un tour.

Tuesday, March 04, 2008

Le chat à l'eau

Elle s'appelle Gracie, et elle est un peu particulière. Entre autres étrangetés, elle ne boit que dans l'évier et elle adore que l'eau lui tombe sur la tête ou sur le cou... C'est visiblement un des grands plaisirs de son existence.

Je crois qu'elle ne sait pas qu'elle est chat.
Je connais bien le problème.

Wednesday, February 27, 2008

Augustana

Trouvé ça et là, et dernièrement chez Versac, un petit jeu où le hasard vient rencontrer mes secrets... J'aime bien.
Vous pouvez jouer, vous aussi.

Voilà les règles:

Album Cover Generator
1.
http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article de la page est le nom de votre groupe.
2. http://www.quotationspage.com/random.php3
Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album.
3. http://www.flickr.com/explore/interesting/7days/
La 3ème photo, quelle qu'elle soit, sera votre pochette d'album!


PS: Z'avez-vu ma nouvelle bannière? Pas mon oeuvre, oh non, mais celle d'une petite fée des ordinateurs qui s'est penchée sur mes problèmes de perspective déformée, et d'un coup de clavier magique, hop là!, a fabriqué exactement l'image qui me fallait. Merci Camille!

PPS: Je m'aperçois qu'on ne peut guère lire le titre de mon premier album, c'est quand même dommage! Mais comme je viens de passer une heure à bidouiller cette pochette d'album (avec beaucoup de difficulté), je ne vais pas sur le métier remettre mon ouvrage.
Le nom de mon groupe est AUGUSTANA et le titre est :
On a day with no 'Y' in it.

Saturday, February 23, 2008

Finalement!!!

!Yep! It is a SNOW DAY!!!
YEAAAAHHHHHHHHH!!!

Un vrai, avec coup de téléphone à 5h30 du matin, retour au lit tout chaud jusqu'à 9h et Dudie qui débarque dans ma chambre tout ensuqué: "Mais maman, on a oublié de se réveiller!"


Un Snow Day, un vrai, avec pancakes au petit déjeuner...


une matinée de luge...


et chocolat chaud, bien sûr.

J'ai même réussi à caser 3 heures et demie de boulot et un dîner avec Else et sa fille, je suis assez fière de moi! Il faut dire (pour ceux, malheureux, qui n'ont jamais eu le bonheur d'en connaître un) que les Snow Days ont une particularité unique: ils sont extensibles. Ils laissent du temps pour tout. Ils rendent heureux.
Today, the snow made my day.

Monday, February 18, 2008

Valentines (suite)

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Même si on est passé de la fête des amoureux à la fête de j'aime-tout-le-monde (avec avalanche de bonbons), il n'en reste pas moins que les hommes sont ici tenus de ne pas oublier leur chère et tendre en ce jour bordé de rose. (Voire leurs filles, s'ils en ont. Ou leur secrétaire. Ou n'importe quelle représentante de la gente féminine avec laquelle ils sont amenés à être tant soit peu en contact).
Mais le plus important, donc, c'est d'honorer la femme qui partage leur vie. Jeudi soir, après l'école, je croyais en avoir fini avec toutes ces mièvreries, mais que nenni. Au supermarché du coin où j'étais allée faire trois courses, j'ai trouvé le parking étonnamment rempli d'hommes. Tous un bouquet à la main. Et à l'intérieur, ils étaient venus, ils étaient tous là.

Le papa et son fiston encore en kimono de karaté, qui attendent patiemment (le gamin frissonnait) que la vendeuse finisse d'emballer les fleurs avec les rubans et les coeurs appropriés.
Le beau gosse, son portable à l'oreille, qui triture les roses blanches (la fleur de l'amour, ici, c'est l'oeillet rouge. Mais, lui, visiblement too cool for school, il ne peut pas faire comme les autres), en prend une, la repose, en prend une autre...
Celui qui avait oublié (comment peut-il?...), et qui, l'air très contrarié, choisit le bouquet le plus cher en espérant que ça suffira. Pas le temps d'aller au Mall pour un petit cadeau. Quelle galère se lit en toutes lettres sur son visage.
Le jeune père de famille qui projette un bon petit repas et laisse son bébé détruire méthodiquement les marguerites posées à côté de lui dans le chariot.
L'adolescent mal à l'aise, qui erre, l'air sombre, devant l'étal des boîtes de bonbons spécial Saint Valentin, se décide tout d'un coup, saisit une énorme boîte en forme de coeur, fonce vers les caisses en priant pour que personne ne le reconnaisse, ne l'interpelle ou se moque de lui.
Les deux pépés qui choisissent des cartes pleines de coeur et les commentent bien fort.

Et moi avec mon yaourt nature pas sexy, mes endives et mes carottes. Et du produit vaisselle. Il faut bien que quelqu'un aille à contre-courant de toute cette amourosité, non? Sinon, on finirait par être noyés dans le rose bonbon. (J'ai toujours détesté le rose).

Thursday, February 14, 2008

Un peu dégoûtant

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La première année, quand Dudie était en Kindergarten (l'équivalent de la dernière année de maternelle, mais ici, c'est la première année de l'école primaire), je ne m'étais doutée de rien. J'étais prête pour Halloween (mais, pas de chance, dans le Mid South, on ne fête pas Halloween dans les écoles publiques, de peur d'encourager l'engouement pour la magie noire. A la place, on a eu droit à une "Fête des moissons" sans flonflon), je me doutais bien qu'il y aurait une "class party" pour Noël (Ah, pas tout à fait, c'était plutôt une célébrations de toutes les fêtes de fin d'année, pour ne pas heurter les non-Chrétiens. Alors Kwanzaa était de la partie aussi, et peut-être même l'Aïd et Diwali). Mais je ne m'attendais pas à tel vacarme autour de la Saint Valentin. Ce jour-là, mon fils est arrivé à l'école comme les autres jours (c'est-à-dire à 7h20, le malheureux). Mais il en est revenu chargé de cartes toutes plus roses les unes que les autres et de bonbons bon marché. Il portait aussi une grosse rancune: "J'étais LE SEUL qui n'avais rien à donner aux autres, LE SEUL!"

Je ne me suis plus laissé surprendre. Chaque année, j'ai acheté des mini-cartes (par paquets de 36), qui disent des choses comme: "Let's have fun on Valentine's day!" ou "Happy Valentine's day to someone who is super cool" ou encore (plus osé): "You make my heart flutter on Valentine's day!", avec plein de coeurs et de sirupeuses illustrations. J'ai aidé Dudie, puis Paolo quand il a eu l'âge, à écrire le nom de chacun de ses camarades de classe (sans oublier la maîtresse). Car, si à l'origine les enfants ne donnaient des "Valentines" qu'à leurs amis les plus proches, la tradition a été modifiée sous la pression des parents: désormais, on doit donner la même chose à tous les enfants de la classe, aucune exclusion, aucune discrimination (Quelle illusion!). Par expérience, il faut commencer à préparer les cartes bien avant la veille au soir, sinon ça risque de tourner vinaigre après la 8e carte.

Et puis, nous sommes arrivés sur la Côte Est, et là, nous avons constaté un net changement: les cartes se sont lestées. Et d'année en année, les "petits cadeaux de l'amitié" sont devenus de plus en plus gros: on est passé d'une sucette scotchée sur une carte à une petite boîte de chocolats, ou à des petits jouets. Cette année, on bat tous les records: mini-jeux, chocolats, graines de lavande à planter ("Tiens maman, ça je te le donne, ça ne m'intéresse pas"), carnets, petites peluches... C'est comme si les parents rivalisaient à travers ce que leurs enfants distribuent à leurs camarades de classe. Un peu dégoûtant. Mais quelques parents résistent (ou simplement n'ont pas les moyens d'entrer en compétition), et se contentent des bonnes vieilles cartes: "To a dude with an attitude, Happy Valentine!"

J'ai acheté, il y a deux week-ends, de grosses coccinelles en chocolat que Paolo a collées sur des coeurs en papier épais découpés par son père. Fait maison, en quelque sorte. Dudie, lui, a voulu jouer l'originalité et s'est mis en tête de faire un petit origami pour chaque enfant de sa classe. Bien sûr, ça lui a pris un temps considérable, mais il l'a fait avec beaucoup de soin et il était très fier du résultat. Je m'attendais un peu à ce qui est arrivé: il est revenu déçu, les enfants n'y ont pas prêté grande attention ou n'ont pas compris ce que c'était. Il avait fait des oiseaux, des volcans et des paniers de basket (tout ce qu'il avait appris dans sa classe d'origami, qu'il a commencée il y a quelques semaines), et ses copains n'ont même pas cherché à savoir ce que représentaient ses fragiles constructions de papier. C'est un peu triste. (Mais en même temps, il a travaillé consciencieusement et avec persévérance, et je suis sûre que la satisfaction qu'il en a tirée contre balance son amertume).

La journée est finie et j'ai une légère nausée. Trop de mièvreries. Beaucoup beaucoup trop de rouge, de rose et de sentiments sucrés. Vivement la semaine prochaine, que recommencent les jalousies et les disputes.


Sunday, February 10, 2008

Bannière?

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Comment fait-on pour installer une bannière, en haut de la page? Une qui s'étale sur toute la largeur, et pas juste une petite photo dans le coin? Quelqu'un a une idée?

[La photo n'a rien à voir avec ma question, mais je l'aime...]

Thursday, February 07, 2008

Nine daughters

.Je vous ai menti, quand je me suis lamentée (tout haut ou tout bas, je ne m'en souviens plus) de ne pas avoir de fille. En fait, j'ai des filles. Neuf, cette année. Toutes adolescentes (ce qui fait que parfois je me réjouis de les rendre à leurs autres parents à la fin de l'après-midi).

Ce sont mes petites chéries, mes protégées, mes advisees. Dans ce système scolaire où le concept de classe n'est pas du tout le même qu'en France (la "classe", c'est l'ensemble des élèves d'une même année. Par exemple, la classe 2008, ce sont les terminales, cette année, ceux qui quitteront le lycée en 2008), il n'y a pas de professeur principal. Le "Dean" de la classe s'occupe de la discipline, de tout ce qui est administratif, des gros problèmes et des regroupements hebdomadaires (Class meeting). Mais il lui est impossible d'avoir une relation proche avec les quelques 95 élèves de sa classe. Alors, à chaque élève est attribué un "advisor", sorte de tuteur, conseiller, agent de liaison avec la famille, avocat au besoin, négociateur à l'occasion, parent de substitution de temps en temps... A partir de la deuxième année de lycée, l'élève peut choisir son advisor.

J'ai commencé avec 4, l'année dernière j'en avais 6 et cette année je me retrouve avec 9 filles. Elles insistent pour maintenir la non-mixité dans le groupe (et j'avoue que ça me va bien). Les petites nouvelles, cette année, ont un peu de mal à s'intégrer, tant la petite bande compte de fortes personnalités. Mais, peu à peu, elles se font une place.
J'adore mes filles (ce qui n'exclut pas l'agacement, parfois). A l'exception d'une seule qui fait de l'espagnol, elles parlent toutes français (plus ou moins bien), ce qui me permet de passer d'une langue à l'autre, j'adore ça (elles aussi). Chaque mardi, après le déjeuner, nous avons advisory, notre réunion hebdomadaire, qui nous met toutes de bonne humeur. Nous fermons la porte de ma salle de classe, et je les laisse parler, de leurs cours, leurs profs ("Mais non, cette prof ne te déteste pas, d'ailleurs, je te l'ai déjà dit, les profs n'ont ni le temps ni l'énergie de détester leurs élèves!"), de leurs notes, leurs brouilles, leurs copains... Mais aussi de leur vie en dehors de l'école, la famille, les activités du week-end, tout ce pan qui m'échappe alors que j'ai l'impression de les connaître si bien.

Nous avons une "conférence" sur notre système de e-mail, qui nous permet de poster des messages lus par nous seulement. Hier soir, parce que nous n'avions pas envie de travailler, parce que certaines d'entre elles venaient de recevoir des notes horribles à leur contrôle de chimie (un des cours les plus difficiles de l'école), parce que nous avions besoin de resserrer nos liens, nous avons commencé une longue conversation par e-mail. L'une répondant à l'autre, nos messages se sont enchaînés... et nous avons échangé 98 e-mails. Je sais, c'est ridicule, je n'ai pas du tout travaillé, mais j'ai bien rigolé.
Tout avait commencé par les lamentations de l'une d'elles, clamant que ses parents allaient la renier (suite à son carton en chimie). Je me suis fendue d'une petite leçon sur "Comment Faire Passer Une Mauvaise Note Inaperçue", que voici:

I have THE SOLUTION. Philosophy.

Here what you are going to do: You come home looking elated, and you tell your parents you attended an extraordinary class : a Philosophy class. In this class, you learned how to detach from material contigences (is it an English word? K.?), and you are now living in the realm of pure spirituality. You tell them that you have to practise finding the right perspective to look at things and you ask them if they want to practise with you. The first exercise is to focus on something that usually makes you upset and to force yourself to smile. Then you have to consider how unimportant this small annoyance will be in 5 years from now... Ask them if they are ready to "look at things from above" and to "put things in perspective"... and then tell them your grade. And admire how they are able to be detached from non-essential things. Am I a genius, or what?

Bon, elles ont trouvé que c'était de fort bons conseils, mais il se trouve qu'aucun de leurs parents n'est très versé philosophie. Dommage.

my parents i dont think are to much of a fan of philosophy. its more like (from my eyes) there is only one way to do things and if you dont do it that way you're just messing everything up

Ma réponse: That is why they have a daughter... To introduce in their life the poetry of the unexpected.

Quand nous ne discutons pas philosophie, nous avons aussi nos "silly moments". Parfois, il faut que je me rappelle que ce sont des adolescentes (et que je n'attende pas trop d'elles). Parfois, il faut que je me rappelle que je ne suis plus une adolescente (et que je continue à être l'adulte responsable dans le groupe).

N: Due to incredible stress, i think we all need to do weekly yoga classes

A: CAN WE GO SHOPPING FOR CUTE YOGA CLOTHES?

Avec des filles comme ça, je ne connais jamais l'ennui. Jamais.

Monday, February 04, 2008

TGV

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Question; je lui donne quelque chose (un demi-point?) pour sa "créativité"?
Franchement, j'aime bien sa définition du TGV... Pas vous?

Ah, j'ai un faible pour ceux qui savent retourner la situation en leur faveur: "Je ne sais pas, mais regardez plutôt ce que je sais faire..."

Thursday, January 31, 2008

2007: le bilan

.Voilà, nous sommes fin janvier, et je n'ai toujours pas pris mes résolutions du Nouvel An. J'imagine que c'est trop tard, maintenant (pareil pour les cartes de voeux qui attendent d'être envoyées). En fait, j'ai laissé traîner parce que la lourdeur des décisions à prendre me paraît insoulevable pour le moment. Je préfère enfouir ma tête sous le sable et éviter de voir plus loin que demain.
Trop tard, donc, pour les bonnes résolutions, mais peut-être ai-je encore le temps de faire un bilan.

Dès le départ, 2007 ne me disait rien qui vaille. Je n'avais pas tort: le 2 janvier, un fou furieux a semé la panique chez nous et nous a, pour de longs mois, plongés dans l'angoisse et la colère. C'est à cause de lui que nous nous sommes frénétiquement (et en vain jusqu'à présent) lancés dans la recherche d'une maison à acheter. A cause de lui que nous avons passé TOUS nos week-ends, de janvier à juin, puis de septembre à décembre, à visiter des maisons. Nous avons failli en acheter une, ça n'a pas marché, l'aventure nous a délestés de quelques milliers de $ et nous a laissé un goût amer. Alors que tout le monde chante sur tous les tons l'effondrement du marché immobilier, nous n'arrivons toujours pas à trouver une maison dans nos prix (et une fois que nous l'aurons trouvée, arriverons-nous à payer les impots locaux, qui sont les plus élevés des Etats-Unis?)
2007, ça a donc été l'année grise de l'inquiétude sourde, de la rancoeur, de la discorde. Ce que cet homme malfaisant a porté dans ma famille, c'est plus que la simple peur de se faire agresser par un déséquilibré. Il est à l'origine de tellement de complications, ma tentative (avortée) de changer de boulot, nos disputes à propos de nos plans à longs termes, nos dissensions sur les finances, les vacances, la scolarité des enfants. Peut-être que je lui mets beaucoup sur le dos, mais c'est son pétage de plomb qui a tout déclenché.
Quand je pense à l'état d'anxiété dans lequel je vivais en permanence, il y a un an. Quand je pense au malaise qui surgissait chaque fois que je rentrais chez moi. Comment voudrait-on que je pardonne et que je parle à cette femme (sa femme, ma collègue, qui l'a défendu alors qu'elle est elle aussi une victime de sa violence) comme si rien ne s'était passé? Je ne peux pas. Je ne peux pas.

Ah, mais il ne faudrait pas oublier le silver lining: après tout, sans cette crise, nous n'aurions pas obtenu la maison dans laquelle nous habitons maintenant. Cette petite maison que j'aime tellement, que je ne voudrais pas quitter. Le déménagement ici a été le point positif de cette année.

2007 a eu aussi ses beaux moments, il ne faut pas pousser non plus. En été, bien sûr...
Le week-end à Barcelone, cadeau que j'ai offert à ma petite soeur pour ses 18 printemps. L'occasion de se retrouver entre filles, avec ma cousine et ma soeur. Un régal. Un bonheur que cette ville, vibrante, chaleureuse, brouillonne et éclatante de beauté.


Une petite semaine dans le New Hampshire, chez Else, avec son fils. Quelques jours en parenthèse, suspendus au fil léger de l'amitié.


Le plus durable, peut-être, j'espère, de 2007, ce sont les liens qui se sont créés, renforcés - avec, entre autres, certaines d'entre vous!
Et surtout le lien noué entre Else et moi, cette corde sur laquelle je marche les mauvais jours et ce fil qui s'envole vers le ciel avec un ballon au bout, les jours de beau temps. Avec toutes nos années d'écart, nous aurions pu ne jamais nous "rencontrer". Je ne sais ce qui nous a fait franchir la distance. Son amitié m'est devenue infiniment chère.

Tuesday, January 29, 2008

J'ai bien fait

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J'ai bien fait d'aller bosser lundi.

* Même si je n'ai finalement pas présenté mon super Zebda projet (ma chef a réquisitionné toute la réunion pour s'auto-défendre/justifier; nous avons donc tous remballé nos cartons. Enfin, je ne sais pas si les autres étaient aussi prêts que moi, qui piaffais d'impatience). Tant pis, j'impressionnerai mes collègues une autre fois.
* Même si ma classe-cobaye, sur laquelle, après cette réunion un peu pénible, j'ai testé mon Zebda projet, a moyennement accroché. Peut-être aurais-je dû m'abstenir de préciser que le groupe a vu le jour en 1990 (pour moi, c'est hier à peine, mais eux n'étaient même pas nés...). Ah, bah, c'est une classe bêcheuse, de toute façon. Et je me suis rattrapée depuis avec des classes plus rigolotes qui ont apprécié, elles (les bons élèves, parfois, ils ont de sacrés angles morts. J'en sais quelque chose).
* Même si j'ai constaté une fois de plus la clanification du département, et ma mise à l'écart soulignée ici et là. Même j'ai pas dit mon dernier mot. Du coup, au lieu de m'isoler dans ma salle pendant mes (rares) heures libres, je reste dans le bureau. Quitte à visser mes écouteurs sur mes oreilles, mais au moins, j'occupe le terrain.
* Même si, après la journée de cours, il a fallu me farcir une réunion supplémentaire de deux heures (record battu), qui n'a mené à à peu près rien, étant donné qu'elle n'avait pas été sérieusement préparée par les responsables. Grrr.
* Même si je suis rentrée avec le cerveau à plat, des enfants énervés qui n'avaient pas profité de leur séjour prolongé à l'After-School pour commencer leurs devoirs (du coup, Dudie y était encore à 7 heures et demie ...), et une tonne de copies qui sont restées non corrigées (je n'ai même pas eu la tentation de les aérer, comme je fais d'habitude: elles sont restées dans mon sac. Prêtes pour un autre aller-retour maison-école-maison).

Oui, j'ai bien fait d'aller bosser, lundi.
  • Parce que c'était l'anniversaire de ma jeune collègue (27 ans, la vaurienne! Presque 10 ans de moins que moi!!) et que tout le monde l'avait oublié (ça en dit long sur l'ambiance...). Elle me l'a dit en arrivant, et elle est partie enseigner sa première classe. Moi, j'avais une heure de libre avant la fameuse réunion du département, j'en ai donc profité pour filer à la boulangerie acheter une super tarte aux airelles. Comme j'ai enfin réussi à faire (partiellement) fonctionner cet appareil impossible qui me permet d'écouter mon ipod dans la voiture, comme il faisait un soleil magnifique, comme c'était une heure à laquelle je ne vais jamais en ville, cette mini-escapade m'a ravie. Et ma petite collègue était toute émue.
  • Parce que l'énergie que j'ai investie dans la préparation de mon Zebda projet ne m'a pas quittée. Je ne sais d'où elle vient ni pourquoi ni comment, mais voilà, j'ai la pêche à faire peur à la pile alcaline (copyright: Zebda). Pourvu que ça dure... Pour l'instant, cette réserve de pensée positive coussine les ondes méchantes de mon entourage professionnel, l'apathie de certains de mes élèves, le montant des impots à payer, les garçons qui se battent, la pluie qui s'est mise à tomber...
Et puis, pour finir la journée, tisane et chocolat, celui que je viens de découvrir et auquel je suis déjà irrémédiablement accro...

Sunday, January 27, 2008

Tombez-la! (Pronoms objets)

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Parce que l'ambiance du département est pourrie;
Parce que, à peine revenue des vacances de Noël, ma chef est repartie pour une semaine dans les îles (ça ne se fait pas dans une école, autant vous dire que c'est très mal passé...);
Parce que la même a demandé à la collègue que je déteste (mon ancienne voisine...) de présenter "les merveilleux projets sur lesquels elle fait travailler ses élèves" à la prochaine réunion du département (lundi) à grands renforts de compliments hyperboliques et d'exagérations suspectes;
Parce que l'autre prof de français (en qui je croyais pouvoir avoir confiance) m'a démontré la semaine dernière qu'il n'était pas de mon côté;
Parce qu'en deux ans et demi, je n'ai été absente qu'un jour et une heure (mes enfants et moi-même faisons preuve d'une remarquable résistance aux microbes et virus depuis que nous vivons ici...);
Parce que ... un grand ras-le-bol et je les emmerde tous,

j'avais décidé de me faire porter pale demain lundi et de manquer par là-même la redoutée réunion de département durant laquelle l'horrible collègue doit se faire valoir avec ses extraordinaires projets.

Et puis... Samedi après-midi, d'un lieu inconnu, m'est venue une inspiration. J'ai renversé la vapeur. Arrière toute. Comment ça, moi, fuir? C'est Zebda qui m'a tirée de mon funk. De ma Toulouse natale, l'accent, la couleur, ils m'ont sauvée. Je ne sais pas pourquoi cette idée qui trainait dans ma tête depuis un moment a soudain pris forme. Mais bon sang, mais c'est bien sûr! Nous sommes en train d'étudier les pronoms compléments d'objets. Quoi, vous ne voyez pas où je veux en venir?

Alors écoutez:


Et puis, allez voir le clip que mes garçons adorent (et qu'ils regardent en boucle).
Voilà, avec un projet comme ça, j'écrase tout le monde avec ma pêche, comment entrer en compétition avec une telle activité pédagogique? J'ai tout: le rythme, les images de la banlieue toulousaine, l'humour, la diversité sociale et culturelle (je ne sais pas chez vous, mais ici "diversité" est le mot incontournable du moment), le pronom COD qui suit l'impératif et qui précède le verbe à l'indicatif autant que l'infinitif, je vais les éclabousser tous avec ma débordante bonne humeur. Qu'est-ce que j'ai dansé là-dessus! Voilà, non seulement je vais assister à cette #$&@* réunion, mais je vais être la star.
Bon, ce n'est pas grand chose, mais ça suffit à me remettre le coeur à l'ouvrage. Je trépine d'impatience (je suis sûre que mes élèves vont adorer Zebda). Je vais trancher dans le vif de la morosité ambiante. Yeah!

Bon, je vous raconterai comment ça s'est passé...

Sunday, January 20, 2008

(Not a) Snow Day

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Jeudi soir, il a neigé. Bien sûr, les premiers flocons ont commencé à tomber pendant la dernière heure de classe, et nous n'avons pas eu de journée raccourcie. Ni même de Snow Day le lendemain. Ce Snow Day que tous les enfants attendent en vain depuis le début de l'hiver.
Mais quand même, il a neigé, il fallait en profiter. Alors, juste après le goûter, au lieu de faire leurs devoirs, les garçons ont enfilé leurs pantalons de ski et leurs doudounes, et sont partis courir dans la neige. La nuit est vite tombée, mais avec les lampes qui éclairent le jardin derrière la maison, ils ont pu continuer à rouler leurs boules de neige.


Au bout d'un moment, les parents s'y sont mis aussi. Entreprise collective de modelage de bonhommes de neige.

Ils n'ont pas tenu: la pluie a remplacé la neige, pendant que nous nous mettions (tardivement) aux devoirs, et à la fin du dîner (lui aussi retardé), le plus grand des bonhommes a commencé à vaciller...

Le lendemain matin, il ne restait que cinq tas de neige sale, une carotte, deux noisettes et des brindilles en désordre... Il a fallu aller à l'école. No Snow Day, but a beautiful Snow Night.
~~~
Si on s'éloigne un peu du halo jaune des lampes de jardin, la nuit est féérique, brodée de blanc, épinglée de scintillements. Je reviens sans cesse goûter la paix majestueuse des grands arbres sombres festonnés de dentelle éclatantes. Mes pas étouffés, l'odeur piquante de la neige, les voix des garçons, à l'autre bout de jardin, l'immobilité tout autour: nuit de janvier, soir de neige.

Wednesday, January 16, 2008

Blocage

.Je n'arrive plus à écrire ici. Rien à faire. Pourtant ... Les garçons qui font des leurs; un samedi à New York avec Else; ma rencontre avec Marie; la pesanteur et l'embarras du secret, parfois; des histoires de parfum; la neige qui ne tombe pas... Il me semble que j'ai dans ma besace de quoi écrire. L'envie de raconter aussi.
Mais je n'y arrive plus. Je tourne autour du noeud sans pouvoir le défaire. Je danse d'un pied sur l'autre, mais je reste au même point.
A plus tard, donc.

Monday, January 07, 2008

Fin des vacances

.C'est la fin des vacances... J'ai vu hier quelqu'un que je n'avais pas rencontré depuis longtemps et qui m'a dit que j'avais l'air très reposé. J'étais un peu étonnée, mais j'ai décidé que ce regard sur moi était de bonne augure pour reprendre le collier. Au moins, cela: je n'ai pas abattu tout le travail escompté, mais j'ai pris un acompte de sommeil.

Dimanche matin, c'est pancakes.

Dernière balade avec le chat, avant son départ.Demain, c'est la rentrée...

Sunday, January 06, 2008

Un chat panivore

On nous a prêté un chat pour les vacances.

La même minouchette que d'habitude (elle était déjà là pour Thanksgiving, et aussi l'année dernière... Elle prend pension chez nous à chaque petite vacance). Cette fois, elle est restée plus de deux semaines, son plus long séjour, alors nous avons vraiment appris à nous connaître. Elle commençait à se sentir chez elle ici. Elle s'est approprié la chaise du bureau, au point de menacer férocement celui qui s'en approchait durant sa sieste. Elle venait volontiers dormir sur mes genoux quand j'étais assise à l'ordinateur (et miaulait méchamment si je me levais). Elle a confirmé sa prédilection pour les sacs.



J'ai découvert qu'elle aimait le pain, et plus encore le panettone.


Et puis, elle m'a échappé, un soir. Moi qui passait mon temps à dire aux garçons: "Attention à la porte, ne la laissez pas sortir!", c'est entre mes jambes qu'elle s'est faufilée, à 10 heures du soir... Je l'ai suivie en pantoufles dans le jardin. Elle me laissait approcher, mais dès que j'étais sur le point de l'attraper, elle bondissait un mètre plus loin. Elle broutait l'herbe avec entrain. Et puis, brusquement, elle a filé, s'est glissée dans les broussailles, a franchi la barrière et est partie chez les voisins. Nous avons essayé, pendant une heure, de la retrouver. Il faisait nuit noire et -1°, conditions idéales pour la chasse au chat. Elle avait complètement disparu. A 11h, je me suis résolue, toute déconfite, à appeler sa propriétaire. Et c'est là que j'ai appris que la puce électronique dont elle est porteuse n'était pas (comme je le croyais en toute naïveté, pff...) reliée à un satellite permettant de la localiser. C'est juste une base de données, avec adresse et numéro de téléphone, si jamais elle atterrit dans un refuge pour animaux.
J'ai vécu un grand moment de stress, l'angoisse de l'avoir perdue, la pesanteur de la responsabilité, ouh, je n'étais pas glorieuse... J'ai mis dehors un coussin sur lequel elle avait dormi et d'autres choses avec son odeur, pour qu'elle se retrouve. Et de la pâtée pour chat. J'ai laissé toutes les portes ouvertes. Et je me suis rongée les sangs avec entrain.
A minuit et demi, je me suis enfin résolue à aller me coucher. J'ai jeté un dernier coup d'oeil sur la terrasse ... Elle était là, l'air un peu transie et ébouriffée. Elle s'est laissé rentrer sans protester. J'ai dormi comme une pierre, cette nuit-là.
Elle vient de partir. Je continue à fermer la porte avec précaution.

Friday, January 04, 2008

Douceurs

Qu'as-tu fait de tes vacances, Ô toi qui berçais tant de projets depuis début décembre?...
Hum. J'ai officiellement décidé que les vacances n'étaient PAS faites pour barrer une à une les lignes de la TO-DO list. Par conséquent, en ce presque dernier jour de vacances, il me reste encore des milliers de cartes de voeux à écrire, un calendrier de mes cours de littérature (au jour près, a insisté ma chef) à assembler, un projet de cours pour l'année prochaine à mettre sur pied, toute ma paperasse à trier, des papiers de sécu à remplir (pas touchés depuis juin, arrrrgghhh), mon bureau à ranger, des copies à corriger (toujours et encore, ça ne finit jamais...), des mails auxquels il faudrait que je réponde...

Qu'as-tu donc fait de tes vacances?

Ah, la grasse mat', pour commencer.

Une traduction (un peu d'argent de poche...)

Et puis, un samedi à New York avec ma mère.



Et puis du patin à glace avec mes enfants (ça y est, Paolo m'a lâchée! Il tient tout seul sur la glace! Le coup de pouce est venue avant-hier, quand sa copine Zélie, toute contente de le voir, a patiné vers nous avec une grâce dont je suis encore jalouse, et lui a pris la main pour qu'ils patinent ensemble. Il n'a fait ni une ni deux, et s'est lancé. Bien sûr, il a eu du mal à la suivre, mais du coup, il a réalisé qu'il pouvait avancer tout seul...)



Et puis, quand la copine Zélie est venue à la maison, elle m'a demandé si on pouvait faire des cookies. Qu'a cela ne tienne, j'ai sorti ma recette de gingerbread cookies, Paolo et Zélie ont mesuré, versé, mélangé, cassé un oeuf chacun, puis m'ont un peu abandonnée. Ils sont revenus découper chacun "leur" cookie, dans la pâte pas vraiment facile à manipuler (pas le temps de la faire refroidir), et Zélie a dû partir, en emportant son cookie tout chaud et merveilleusement odorant. Du coup, je me suis retrouvée avec beaucoup beaucoup de pâte et plus de marmitons. Je me suis bien amusée, et la maison a embaumé la cannelle pendant toute la soirée...



Et puis, mon Papa m'a envoyé des chocolats... Et ça occupe les chocolats. Il faut passer du temps à choisir celui qui correspond à l'humeur du moment, non, pas croustillant aujourd'hui, pas fruité non plus, café, mmh, ah oui, un peu d'amertume et beaucoup de douceur, "Ganache Caramel déglacé au Xéres", c'est parfait ... Et après, il faut cacher la boîte, pour que mes trésors ne disparaissent pas trop vite. Oui, ça prend du temps, les chocolats.