Friday, December 26, 2008

Avant Noël (1)


Les merveilleux, les fièvreux, les épuisants jours avant Noël... La frénésie, la fatigue, la tension entre l'urgence de tout finir et l'envie de se poser, on est en vacances après tout. Et toujours, chevillé au corps parce que le souvenir (embelli) des Noëls de mon enfance fait partie de moi, la désir d'une belle fête. En rajouter à la dernière minute, des folies, un livre de plus, des oeufs de saumon qui m'ont coûté un bras, un petit jouet fragile et sophistiqué pour les chaussettes (c'est la première fois que je cède à la tradition des "stockings").
Et puis la décompression (comment dit-on "anti-climax" en français?) du 26 décembre (aujourd'hui).

(1) Le dernier jour d'école. La tempête prévue n'a toujours pas eu lieu quand nous partons pour l'école. A 9 heures, d'épais flocons commencent à danser dans le ciel blanc. Contraste entre l'effervescence à l'intérieur et la quiétude cotonneuse qui s'installe dehors. C'est le jour de l'année scolaire que je préfère. Les élèves sont sur leur 31 (pas de leur plein gré: c'est un "dress-up day" obligatoire), ils essaient de me convaincre, classe après classe, de faire des jeux ("En français, madame!") au lieu d'une leçon de grammaire (jusqu'au dernier moment, je leur fais croire qu'elle aura lieu, mais à vrai dire je n'ai rien préparé pour ce jour-là...) Même avec ma classe de littérature, j'ai allégé le programme: je les fais lire, ou plutôt "jouer" Le Cid, au lieu de nous lancer dans l'explication de texte du jour.
Cette année, j'ai innové: j'ai emmené ma classe de Français 3 chanter "Vive le vent" à travers l'école. Un des élèves nous accompagnait au violon. Nous avons interrompu des classes, nous avons créé l'événement dans la cafétéria, nous avons réjoui les secrétaires dans les couloirs de l'administration, nous avons distribué des sucres d'orge sur notre passage et répandu partout l'esprit de fête. Je suis fière de mon projet (une semaine de répétition pour mémoriser les paroles, aussi bien avec mes Français 1 que mes Français 3), fière de leur bonne volonté et de leur participation, chapeaux du Père Noël sur la tête!
Cette année, j'ai réussi à voir tout ou partie des 3 concerts: celui de l'école primaire, dans lequel mon Paolo était un petit arabe. ["Diversity" est le buzz word du moment, et le Holiday Concert reflète le désir de n'offenser personne: on célébre donc toutes les traditions, Noël, Kwanzaa, Hannukah, Diwali, le Nouvel An chinois, l'Aid (je crois que je n'ai rien oublié).] Le concert du collège, dans lequel mon Dudie, arborant une fois de plus son costume (toujours aussi à l'aise), a chanté en anglais et en hébreu, avec le plus grand sérieux du monde. Et le traditionnel "Candelight Concert" du lycée, toujours aussi beau et émouvant (nous avons des chanteurs et des musiciens de grand talent).


Mon moment préféré, celui qui me met les larmes au bord des cils à chaque fois, c'est lorsque les 3e et les 4e (CE2 et CM1) chantent "White Christmas", accompagnant leurs chants des paroles en langue des signes. L'année dernière, lorsque Dudie faisait partie des chanteurs, j'étais transie d'émotion. Je sais, je suis beaucoup trop sentimentale. Mais c'est vraiment magnifique.
A 3 heures, l'école déborde d'agitation, les parents envahissent les couloirs, les élèves courent dans tous les sens, certains viennent m'offrir de petits cadeaux, des cartes, des hugs, on essaie de tout boucler avant de partir pour deux semaines. Trop de chocolat, sugar buzz, émoi de la neige qui continue de tomber. Nous rentrons (prudemment, sur les routes gelées et sans grande visibilité) épuisés. C'est le début des vacances. Nous allons nous coucher tôt.

Monday, December 15, 2008

Des petits paquets...


Voilà, c'est fait, j'ai envoyé à chacune des participantes l'adresse de sa "Snowflake". Si vous n'avez pas reçu la vôtre, signalez-vous!
Bon, maintenant, je suis impatiente de savoir si ça va marcher... Quand vous recevrez votre petit paquet, n'oubliez pas de laisser un commentaire pour raconter!
Pour celles qui n'ont pas pu participer cette fois, on recommencera sans doute l'année prochaine (si tout se déroule sans anicroche!)

Sunday, December 14, 2008

Secret Snowflake



Nous sommes 6 dans le jeu... Mais j'ai eu des petits problèmes de mails égarés dans les méandres du cyberspace, alors si vous m'avez envoyé un message et que vous n'avez pas reçu de réponse de ma part, retentez le coup (lola_au_loin arobase yahoo point fr) ou laissez un commentaire ici.
Je vais envoyer à chacune (oui, que des filles, bien sûr...) l'adresse de l'heureuse destinataire qui recevra son cadeau. Dans la mesure du possible, il faudrait envoyer les cadeaux avant Noël, mais on peut accorder des prolongations jusqu'au Nouvel An.

Le sapin a été acheté et décoré hier. Je suis clouée sur mon canapé, avec des piles de boulot tout autour de moi, mais de temps en temps m'arrive l'odeur verte de l'arbre. Les loupiottes clignotent, les garçons sautillent partout.
Cette semaine à venir est tellement, tellement chargée que je me sens à intervalles réguliers submergée par la panique. Je n'y arriverai pas, je n'y arriverai pas... Les concerts, les costumes, les cookies à faire pour la class de Paolo et les muffins pour celle de Dudie, et puis tous les cadeaux à trouver, les cours à assurer, AAAAAAHHHHHH!
Je crois que je vais me faire porter pâle. Je vais démissionner pour huit jours: je renonce à être prof, mère, fille, copine. Ne me cherchez pas, surtout ne me demandez rien.

Ah, mais en revanche, j'ai déjà trouvé le cadeau pour mon Snowflake, il ne me reste qu'à l'emballer et trouver le jour où je peux arriver à la Poste avant la fermeture (à 16h!) Vous voyez que je sais faire la part des choses et décider où sont mes priorités...

Monday, December 08, 2008

Une page de ...

... petites magies!



Un peu de pub pour mes copines... Il me tarde d'avoir le livre dans les mains!

Sunday, December 07, 2008

Une idée, une proposition, un projet...

...

Ce sont mes cyber-copines, Christie, Myosotis, Nathalie qui m'y ont fait penser. Et mes "filles" qui ont organisé, au sein de notre advisory, un projet "Secret Snowflake". Le principe est simple: on met tous les noms dans un chapeau, et chacune tire un nom au sort. On devient ainsi le Secret Snowflake de quelqu'un à qui on doit acheter un petit cadeau...
Et si, mes ami-es, nous faisions de même? On pourrait s'échanger de petites choses, faites maison ou spécialité du coin. Je n'ai pas la moindre idée de l'audience de ce blog, que je garde volontairement caché. Si une seule personne est intéressée, elle et moi pouvons nous envoyer un petit quelque chose... Si nous sommes trois, ça marche aussi. Ou quatre.

Donc, si ça vous dit, envoyez-moi votre adresse terrestre dans un petit mail (lola_au_loin arobase yahoo point fr) avant vendredi prochain. Le week-end prochain, je tire au sort qui est le Secret Snowflake de qui et je vous communique par e-mail les coordonnées de l'heureuse personne à qui vous allez envoyer un cadeau... Bien sûr, si vous vous engagez à participer, il faut tenir parole pour qu'il n'y ait pas de déçu-e.

Je sais que nous sommes tous super occupé-e-s en ce moment... No hard feeling si mon idée/proposition/projet tombe à l'eau.

A part ça, il a neigé, cette nuit...

Thursday, December 04, 2008

10 things I am thankful for

...
Je ne fais pas partie de ceux qui s’enfouissent la tête dans le sable et demandent qu’on les réveille quand tout est fini : j’adore la saison des fêtes. A commencer par Thanksgiving, qui « has grown on me over the years ». Maintenant, c’est une de mes fêtes préférées. D’abord, parce qu’on n’échange rien d’autre que des mots, on n’offre que des remerciements. La gabegie d’achat, la surenchère commerciale, c’est le mois prochain. Thanksgiving, c’est le moment des réunions familiales, des repas gargantuesques et c’est le début de la saison des fêtes. J’aime, j’aime, j’aime !

Cette année, nos trois jours de vacances ont été doux et plutôt heureux. Lors du dîner de Thanksgiving, pour éviter le clash prévisible entre l’homme et sa mère, j’ai proposé de remplacer le «Grace» qu’elle voulait dire et qu’il ne voulait pas entendre par un petit mot de chacun sur ce pour quoi nous voudrions dire merci. [Que la formule est embarrassée en français !]
Alors, une petite liste, dans le désordre et non exhaustive, de
«10 things I am thankful for»

* Les Amish qui élèvent de remarquables dindes. (Et les traiteurs qui les font cuire pour ceux qui, comme moi, manquent cruellement de four. J’ai utilisé mon mini-four pour tout le reste, la farce, les tartes, le pain grillé, mais pas moyen de faire entrer une dinde…)

* Mon beau-frère que j’aime de plus en plus chaque fois que je le vois. Heureusement que je ne le vois qu’une fois par an, je finirais par quitter mon mari pour aller vivre avec son frère.


* La saison des glissades, qui a recommencé. Et les progrès de mes patineurs, qui laissent leur mère loin derrière eux (et dire que c’est moi qui leur tenais la main l’année dernière !)


* Les efforts conjugués de tout le monde pour que se passe en douceur cette réunion familiale. Chacun y a mis du sien, même (c’est exceptionnel) l’homme et sa mère. Et mon beau-frère, qui a le don d’apaiser les tensions sans même avoir l’air d’essayer. En plus, il s’est laissé persuader de participer à un nombre considérable de parties de monopoly, de Catan et de pleins d’autres jeux, ce qui a mis mes garçons au comble du bonheur.



* La version BBC de Pride and Prejudice qui a rempli deux de nos soirées en famille. 2 heures et demi chaque soir, et les garçons n’ont pas moufté, scotchés qu’ils étaient à l’écran, guettant le moment où Darcy daignerait sourire. Quelques pauses pour un verre de vin, des chocolats français (j’ai mes fournisseurs), une tisane, une mandarine… C’était bien.

* Ma route hivernale et ensoleillée, qui sent le froid piquant du matin et le feu de bois.

* Le pain à la citrouille (mon nouveau moule, de saison, rentre tout juste dans le mini-four…)


* Ma capacité à ignorer, pendant trois jours, les bulletins qui m’attendent. Et le coup de collier du dimanche, 15 d’un coup ! (sachant que je mets à peu près 20 minutes par bulletin…)

* Encore et toujours, mon réseau de cyber-amitiés, réseau flexible et fluctuant, mais qui me soutient, me nourrit, beaucoup plus que je ne suis prête à le reconnaître. Vous seriez surpris(es) de savoir l’importance que votre présence bienveillante, irrégulière, indulgente a pour moi. Je ne le dis pas trop, mais un peu quand même : à vous, qui me lisez, que je lis, merci !

* Le feu dans ma cheminée, cette merveille…

Thursday, November 27, 2008

Un peu beau...

...
Non?

Et surtout souriant.
(Comme toujours...)

Tuesday, November 25, 2008

Unfortunately

...Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas. Mon obsession à me fixer des missions impossibles, elle, ne varie pas d'un iota.
Donc, le week-end dernier, comme d'hab, je me suis donné pour objectif de finir TOUTES les corrections de copies (bien obligée, c'est la fin du trimestre). J'avais bien m'intention de ne rien faire d'autre. Sauf: aller chercher les médailles des garçons (la saison de foot est finie, et c'est tant mieux parce qu'il fait horriblement froid); trouver une veste pour Dudie (il fallait être "bien habillé" pour la cérémonie de Thanksgiving à l'école, et les collégiens devaient donc porter veste-chemise-cravate; il nous manquait la veste...); et aller assister à une mini-représentation de Casse-Noisette, dans laquelle une de mes advisees était la Reine des Neiges (c'était juste une courte "preview", pour inciter les gens à venir au spectacle). Il me semblait que tout cela rentrait parfaitement dans mon samedi, en laissant de la place à une bonne pile de compositions. Wishful thinking!

En fait, tout s'est passé de travers. Allez, jouons au jeu des "shoulda, woulda":
- J'aurais dû accepter que nous prenions la voiture de l'homme pour aller chercher les médailles, au lieu de refuser ("parce qu'elle pue trop la clope, ta bagnole"). J'aurais dû le laisser conduire la mienne. J'aurais dû regarder où j'allais, au lieu de chercher à voir le bonhomme aux médailles.
Si ..., si..., si...., je ne me serais pas pris le trottoir, je n'aurais pas crevé un pneu (presque neuf), je n'aurais pas dû subir la rage de l'homme et l'exposé exhaustif de son point de vue sur ma manière de conduire. Je n'aurais pas été obligée d'apprendre à changer un pneu par -7° (je ne rigole pas), avec un cric rouillé, des enfants impatients dans la voiture et un homme à bout de nerfs. Je n'aurais pas perdu mon après-midi à patienter en attendant que le garage nous installe un nouveau pneu.
- J'aurais dû partir avec l'adresse du magasin de vêtements d'occase. Si je l'avais eu sous la main, ça m'aurait éviter de tourner en rond, avec les trois grognons gelés derrière moi, pour finalement renoncer. Personne n'avait l'air de savoir où il se trouve, cet endroit qui, m'avait-on garanti, regorge de vestes habillées pour garçons de 10 ans. Et Else ne décrochait pas son téléphone. Dommage. Il a donc fallu aller faire un tour au centre commercial (bleuuuuuurrgghhhh) pour dignement vêtir le fiston. Et accessoirement nourrir la tribu, parce qu'il était 2 heures de l'après-midi, et que personne n'avait déjeuné. J'avais l'estomac trop noué par mon incident de pneu pour avoir faim. Pendant que l'homme faisait la queue pour des hamburgers, je me suis acheté 3 pulls et un pantalon. Bah oui, c'était justement le moment de claquer du fric, parce que dans la semaine, nous avions dû payer (très cher) les réparations de la voiture de l'homme (au bout du rouleau, mais il faut qu'elle tienne encore un peu) et nous avons signé un contrat pour une nouvelle chaudière (la vieille semble décidée à ne pas passer l'hiver). Nous voilà donc plus endettés que jamais, et moi qui suis si peu dépensière, j'ai trouvé le moyen de tomber dans une frénésie d'achat. C'est triste. Shouda 've known better. En revanche, pas moyen de mettre la main sur une veste décente pour Dudie.
Le pneu n'étant toujours pas disponible, nous sommes allés faire les courses de la semaine, pour patienter. En faisant un petit tour par Target (où je vais quasiment tous les 15 jours), j'ai mis la main sur non seulement une veste, mais un pantalon habillé. La bonne taille, pas de rayures, pas trop cher et tout et tout. De joie, je me suis acheté un autre pull (pourquoi s'arrêter en si bon chemin...) (et je manquais cruellement de pulls, de toute façon). Bien sûr, j'aurais dû penser à Target en premier pour chercher la veste. L'homme l'avait suggéré, mais Mme JeSaisTout (moi) avait répliqué d'un ton péremptoire qu'on n'y trouve pas ce genre de vêtements. Shoulda 've shut my mouth.
- Evidemment, nous sommes arrivés à la représentation de Casse-Noisette juste quand elle venait de se terminer (après avoir - finalement - récupéré et payé mon nouveau pneu, il a fallu le mettre sur la voiture, rentrer à la maison, décharger les courses, repartir...) Comme ça se passait dans une librairie, j'ai offert des livres aux garçons (pour les remercier d'avoir supporté avec tant de constance les aléas de cette journée pourrie) (et aussi parce que j'avais une carte-cadeau donnée par ma chef lors des PTC). J'en ai profité pour faire réparer les lunettes de Paolo (finalement retrouvées le vendredi précédent, après une absence d'un bon mois, et cassées illico lundi, alors que l'enfant essayait de plier la branche "pour qu'elles tiennent mieux"). Et puis, comme ils étaient sages avec leurs nouveaux bouquins, je suis allée faire un tour chez Anthropologie, normalement hors de portée pour ma bourse, mais j'avais une autre carte-cadeau, celle-là donnée par Else pour avoir gardé son chat à Paques. Je me suis donc acheté une robe...

Et nous sommes rentrés à presque 21h.
J'ai dû travailler toute la journée de dimanche, toute la soirée de dimanche, et même un peu de lundi (je me suis couchée à 2 h du mat') pour finir mes copies. Mais, hé, j'ai FINI.

Bon, maintenant il va falloir se mettre aux bulletins.

Ce qui me ronge le plus, dans le récit de ce misérable week-end, c'est que je ne peux m'en prendre qu'à moi, à moi seule, à moi-même. Samedi soir, malgré mes 4 pulls, mon pantalon, ma robe, je me serais tapé la tête contre les murs de rage contre moi-même.

Tuesday, November 18, 2008

Unexpected

...
Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci devait être entièrement - entièrement - consacré au travail. Correction de copies au kilomètre.
Oui mais voilà. Vendredi matin, j'ai reçu un e-mail.

Juste un petit mail pour te dire que je suis de passage a Philadelphie pour un congres (je stresse a mort car dois parler samedi). Je me demandais si je pouvais te voir samedi apres midi bien que cela semble peut etre un peu audacieux. A combien de temps de Philadelphie habitez vous ?

Ah, pas une hésitation. J'ai passé le début du week-end à ranger la maison (pas nécessaire, je sais), puis le samedi après-midi à essayer de récupérer ma tête-en-l'air qui avait pris le mauvais train (c'est un peu ma faute, mes indications n'étaient pas assez précises) et s'est retrouvée dans un coin paumé de Trenton, dans une gare déserte, à la nuit tombée. Else (heureusement qu'elle était avec moi, ma bonne fée!) a fait marché son GPS interne et intuitif. Après nous être perdues plusieurs fois, nous nous sommes retrouvées, et nous avons cueillie mon amie, absolument seule au milieu d'un sinistre parking vaguement éclairé, assise sur sa valise rouge...
Malgré un déluge sur le chemin du retour (voiture coincée entre d'insondables rideaux de pluie), nous sommes finalement arrivées à bon port.

Ce soir-là, en préparant le dîner, à table, après le dîner avec nos tisanes devant la cheminée, nous avons parlé, parlé, parlé... Je ne savais pas à quel point quelque chose me manquait, jusqu'au moment où, de manière impromptue, ce manque a été - temporairement - comblé. A constater combien j'ai pu déverser de ma vie, de mon coeur, ce week-end, je ne peux qu'en conclure que j'aurais sérieusement besoin d'une présence amie plus près de moi. C'est toujours lorsque se rompt mon isolement qu'il m'apparaît avec évidence.

La remettre dans le train a été aussi compliqué qu'aller la chercher (train en retard, attente interminable sur un quai glacial, correspondance ratée à deux minutes près...), mais nous nous sommes quittées avec l'impression d'avoir enfin passé du temps ensemble. Après des années d'entrevue en coup de vent, lors de mes passages parisiens. Et c'était bien.

[Même si maintenant je rame pour rattraper le retard accumulé. Et la fin du trimestre qui se profile à l'horizon, aaaaahhhh, quand verrai-je le bout de ma pile de copies?]

Saturday, November 15, 2008

La fête des écureuils

Et vous croyiez, comme moi, qu'Halloween était la fête des monstres ...

la fête des bonbons...

... En fait, vous et moi, nous avions tout faux. Halloween, c'est la fête des écureuils, je viens de le découvrir cette année. Ils s'en mettent une ventrée. D'abord en attaquant les citrouilles entières, posées sur le porche pour décorer, une bonne semaine avant Halloween. Un petit grignotage, ici ou là, discret. Et puis un petit trou. Et puis un gros trou, pour accéder à ce caviar des écureuils: les graines de citrouille. Il y en avait partout devant notre porte. Je crois que l'ordinaire des provisions hivernales de notre copain a été grandement amélioré (peut-être est-ce le même qui, cet été, avait agressé sauvagement une boîte - en métal - contenant des noix de cajou. Le couvercle en plastique de ladite boîte avait été salement amoché).
Et finalement, lendemain de festin, nous avons retrouvé nos Jacks 0'Lantern tout machouillés, le 1er novembre.


[Je sais, ce billet est sérieusement overdue. Mais le quotidien court plus vite que moi. Je devrais sans doute l'antidater. Suis-je la seule à pratiquer avec autant de plaisir secret l'antidatage? Presque toutes mes lettres sont antidatées. J'imagine que c'est ma petite revanche sur le temps qui m'échappe tant. Un moyen de reprendre contrôle - trop tard, a posteriori.]

Sunday, November 09, 2008

November week-end - 2 versions

...
Version 1: Samedi à New York. Pluie. Brunch en terrasse, protégée des gouttes par l'auvent. Quelques magasins, une pièce de théâtre (La Mouette - ou plutôt, The Seagull), un mojito au concombre, un risotto au magret de canard, au potiron et aux champignons, un retour en train ensommeillé...


Version 2: Dimanche à Bonne Espérance. Soleil et feuilles d'or. Fabrication de délicates bibelots végétaux. Partie de frisbee.
(Et aussi: lessives, pliage de linge, correction de copies, deux heures à l'école pour cause de "journée Portes Ouvertes", soirée de prep devant l'ordi - la semaine a déjà commencé...)



[Message personnel: Maurine, j'ai finalement lu ton message! Je t'ai envoyé un e-mail sur ton adresse privée.]
...

Wednesday, November 05, 2008

Victoire!


Il y a quatre ans exactement, un gris mercredi de novembre, il me semblait que j'avais reçu quelque chose de très lourd sur la tête. J'étais comme étourdie, abasourdie, essayant de trouver du sens à un événement incompréhensible. Je regardais mon amie Paula qui titubait de rage et de désespoir, anéantie par le choc, plus que moi encore parce qu'elle était beaucoup plus impliquée et militante. Tout autour de nous, le Tenessee était en liesse: les Américains venaient de réélire Bush et Memphis se rengorgeait. Jamais je n'ai autant détesté les jolies têtes vides des élèves de cette école, qui roucoulaient de joie sans avoir la moindre idée des enjeux politiques d'une telle décision.
Quatre ans plus tard, j'ai du mal à croire que l'impossible s'est réalisé, que ce à quoi nous n'osions croire a trouvé une forme et une place dans la réalité: Barack Obama a été élu président des Etats-Unis. Dans ma petite ville du New Jersey, à forte majorité démocrate, l'ambiance est à la fête. Hier, les élèves ont voté, et Obama l'a emporté, aussi bien au collège qu'au lycée. Aujourd'hui, pas d'euphorie ni d'exultation comme à Memphis, mais de grands sourires.
"A quelle heure tu t'es couché?
- Ah, j'ai attendu la fin du discours.
- Moi, après Ohio, je savais que c'était gagné, alors je suis allé dormir."

On a envie de croire que le plus dur est passé. Hardly: ça ne fait que commencer. Let's get to work!

Sunday, November 02, 2008

Mon frère

J'ai mis du temps à me rendre compte que si je tenais tant à ce que mon frère nous rende visite, c'était moins pour lui que pour mon père. Mon père qui n'est jamais venu nous voir depuis que nous habitons dans le New Jersey (il nous avait rendu visite à Memphis, c'est peut-être cette expérience qui l'a découragé de revenir...) et que je rêve de faire venir ici.
A la place, j'ai insisté pour qu'il fasse venir mon frère. Je l'ai tarabusté pour qu'il prenne un billet (pas facile: deux semaines avant le début des vacances, il ne l'avait toujours pas acheté...), j'ai cherché des billets pas chers, je lui ai envoyé les sites de voyage que j'utilise habituellement. J'en ai fait presque trop.

Mais voilà, j'avais un peu oublié que mon frère est un ado de 15 ans, que je connais finalement assez peu. Je ne le vois qu'une semaine par an, en compagnie de ses copains (que mon père invite systématiquement quand nous passons une semaine de vacances ensemble; j'ai fini par lui dire cette année, après 4 ans de ce régime, que j'aimerais bien passer du temps avec lui sans les copains de son fils. Il a acquiescé, mais s'en souviendra-t-il l'été prochain?)
Mon frère a donc débarqué, avec ses dix mille questions auxquelles je réponds invariablement "Je ne sais pas", sa connaissance encyclopédique d'anecdotes dépourvues (pour moi) de tout intérêt, ses "blagues à deux balles" (selon son propre jugement), et sa gentillesse qui coexiste bizarrement très bien avec l'égoïsme de son âge. Le pauvre, il est tombé sur la mauvaise semaine, j'avais tellement de travail. Et pour pouvoir m'occuper un peu de lui, j'ai accumulé le retard. Maintenant, j'en paie les conséquences: je me sens submergée par un amoncellement de choses à faire, la panique me gagne et je deviens agressive parce que j'ai l'impression que tout le monde cherche à me voler mon temps précieux.

Je fais des efforts pour accepter les côtés irritants de mon frère. Mais je ne suis pas prête pour l'adolescence. Il n'a que quatre ans de plus que Dudie, et ça me tracasse: comment vais-je supporter un ado au quotidien? Est-ce que mon frère est particulièrement immature? (Oui, sans doute, en tout cas comparé à la plupart de mes élèves). Il est intelligent, sans doute très intelligent, mais son intelligence est recouverte d'une gangue épaisse de "culture télé". Il zappe sans arrêt d'un sujet à l'autre, ne creuse aucune idée, amasse les petits faits, manque de perspective et de culture générale. C'est l'âge, sans doute.
(Il me dit qu'il ne passe pas beaucoup de temps devant la télé. Juste deux heures par jour. Et aussi qu'il a arrêté les jeux en ligne. Il en parle comme un ancien drogué qui a décroché.)

Le fait même de faire des efforts me fait de la peine. Si je l'aimais vraiment, je n'aurais pas à me contraindre. Il me semble que pour ma soeur, mon agacement (qui n'est pas du même ordre) est tempéré toujours par la tendresse que j'ai pour elle. Je n'arrive pas à créer de lien avec ce grand garçon pâle qui est le fils de mon père. C'était un peu mon but inavoué, en le faisant venir ici. J'ai peur qu'il ne reparte avec le déplaisant souvenir de mon irritation. Et, encore une fois, c'est surtout par rapport à mon père que cela me fait mal.

Monday, October 27, 2008

Week-end en célibataire


J'avais tellement de projets. J'allais faire une méga fête, inviter plein plein de monde, profiter de l'absence de l'homme pour rattraper le temps perdu en matière de vie sociale. Je l'attendais avec impatience, ce week-end sans lui.

Mais, ah!, j'avais oublié les rendez-vous parent-prof mercredi, jeudi, vendredi, qui m'ont laissé complètement à plat. Je n'avais pas compté avec la pluie diluvienne. J'avais négligé la tonne de boulot qui m'attendait (m'attend toujours), les copies à corriger par dizaines, les préparations de cours (toujours ce maudit disque dur, qui, en oblitérant tout mon travail des années précédentes, me rend la tâche si difficile). J'avais ignoré les corvées de ravitaillement, de rééquipement (un cartable a lâché cette semaine, et je ne peux plus faire semblant de ne pas voir les trous aux genoux des jeans), de rangement, de bibliothèque, de foot, de lessive. Et aussi, je n'avais pas bien regardé mon calendrier: mon frère arrive lundi.

J'ai réussi à barrer de ma "to do" beaucoup beaucoup de choses (des dizaines de lessives faites, séchées, rangées; le foot sous la pluie, les courses sous la pluie, le déchargement des courses sous le déluge; un dimanche entier en compagnie de mes copies; ma semaine de boulot planifiée; un gâteau aux poires, une soupe au potiron; et quelques autres choses. Laissé tomber la bibli, on ira un autre jour. Les cartables sont achetés - un chacun, pas moyen de faire autrement -, les jeans aussi, et de nouvelles bottes pour moi que je ne suis pas sûre de garder. Les devoirs de Dudie ont été vérifiés.) Je me suis couchée à minuit et demie, après le retour de l'homme. Pas tout à fait fini ci et ça, mais bon...

J'ai donc passé un week-end comme les autres. Un peu plus paisible, peut-être.

Saturday, October 25, 2008

Turn around

...

J'ai essayé depuis le début de la semaine de renverser la vapeur. Je crois que j'y suis arrivée. Temporairement. Il fallait contrer l'accablement.
- Paolo a perdu ses lunettes depuis lundi (c'est la deuxième paire en 5 mois)
- Il s'est pissé dessus deux fois en deux jours (à huit ans?)
- Dudie s'est fait piquer le livre tout nouveau que je venais de lui offrir la veille et dont il rêvait depuis un moment. Il l'a laissé devant l'école pour aller jouer en m'attendant, et le livre a disparu en moins de 10 minutes. Il paraît que je ne lui avais jamais dit d'écrire son nom dans le livre ...
- J'ai dû aller expliquer à la bibliothèque municipale que l'étui du DVD que j'avais emprunté la veille avait été détruit par mes élèves trop zélés qui voulaient voir le film à tout prix, même si l'employée de la bibliothèque avait oublié d'enlever l'antivol. Ils ont bousillé l'étui, ça leur a pris presque une heure, nous n'avons donc pas pu regarder le film et j'ai dû payer $5 pour frais de remplacement.
- J'ai passé toutes mes soirées à corriger comme une forcénée, pour avoir quelque chose de substanciel à dire aux parents lors des rencontres parents-profs (oui, c'est le retour des PTC), du coup je suis arrivée mercredi soir comme un zombi à mes premiers rendez-vous. Limite de l'étourdissement, la tête qui tourne, des papillons devant les yeux, me demandant si j'allais tenir... Et comme souvent, j'ai puisé de nulle part l'énergie de leur faire face, de leur sourire, de leur parler de leurs gamins.
- J'ai réussi à me disputer avec l'homme juste avant son départ pour 4 jours (il a emmené ses élèves au Québec). Il faut dire, ça n'a pas été difficile, il n'attendait qu'un prétexte pour sortir sa grosse colère.
- En l'absence de l'homme donc, et devant rester à l'école jusqu'à 21h, j'ai dû me débrouiller de garderie en baby-sitter, puisqu'ils n'avaient pas école et que je suis démunie en matière de grands-parents. Et même si ça a été la course pour les récupérer et les véhiculer d'un endroit à l'autre entre deux sessions de parents, je me suis débrouillée. Sans trop crier (c'est aujourd'hui, samedi, que je décompresse et ai du mal à supporter les pinailleries, crises de rébellion et constantes réclamations).
- J'ai subi une heure et demie de foot sous la pluie ce matin (cette fois, j'avais pensé à la chaise pliante, au parapluie géant et au bouquin. Préparée.) De temps en temps, je levais la tête de mon livre pour gueuler: "Cours! Cours! Bouge! Va chercher le ballon!" à mon garçon qui depuis des années est toujours prisonnier de l'illusion que le ballon va lui arriver directement dans les pieds sans qu'il ait à se déplacer. Le petit jouant sur un terrain un peu plus loin n'a pas eu à souffrir mes conseils bien avisés.

Durant toute cette semaine, j'ai essayé, essayé de recommencer. Repartir à zéro (non, ce n'est pas une "mauvaise journée", c'est juste une mauvaise matinée. Ce n'est pas une mauvaise semaine, juste un mauvais mardi, après un mauvais lundi. A partir de maintenant, les choses vont changer, ça va aller mieux. A partir de maintenant).
Maintenant se fait vieux, et une autre semaine va commencer. Reste à l'orienter dans la bonne direction dès le début.


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Friday, October 17, 2008

Fall

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Les couleurs ont changé. Les nuits aussi. Nous nous préparons pour une nouvelle saison.

Bientôt, bientôt, le feu dans la cheminée. En attendant, je me chauffe comme un chat frileux à tous les rayons que les soleils d'octobre projettent en oblique. Et je pense à Maurine qui attend, attend le printemps, à l'autre bout du monde.

Sunday, October 12, 2008

Rumble Fish

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J'ai revu un des films cultes de mon adolescence, cette semaine. Rumble Fish est sorti en 1983, mais je suis certaine que je ne l'ai vu que quelques années plus tard, quand j'avais 15 ou 16 ans. Je ne me souviens pas dans quelles circonstances je l'ai vu, mais j'ai retrouvé intacte la fascination que j'avais éprouvée alors. Un film qui ne ressemblait à aucun autre, un film que je ne comprenait pas bien, mais qui me parlait, qui ne cessait de me parler, qui semblait me dire des choses que j'ignorais sur moi-même. J'avais tout absorbé, tout reconnu: la poésie en noir et blanc du désert urbain américain, vidé de l'intérieur; la chorégraphie des corps balancés comme au hasard et se rattrapant par miracle; la déconstruction du mythe qui ne repose plus que sur du de la fumée; l'étrange (et je ne sais comment terriblement familière) alchimie familiale; et surtout, surtout, l'envoûtement provoqué par ce seul nom: la Californie.
J'écrivais sur mon agenda: "The Motorcycle Boy Reigns". Pseudo-graffiti qui se la joue: en fait tout un programme. Mickey Rourke n'en finit pas (toujours aujourd'hui) de m'affoler le coeur. Il est, dans ce film, fascinant, envoûtant (je sais, je me répète. Je n'arrive pas à trouver le mot qu'il me faut. Il est de ceux qu'on suit, aveuglément, parce qu'il émane de lui une telle force mystérieuse, impérieuse - je parle du personnage, sans doute. Mais, comme le dit The Motorcycle Boy: "If you gonna lead people, you gotta have somewhere to go")



Cette fois, j'ai compris ce que je n'avais fait que sentir, à 15 ans (Et encore!) Notamment, que le sortilège de ce film tient beaucoup à sa bande son, au rythme ensorcelant qui ponctue, soutient, porte les images. Battements de coeur, bruits de la ville, voix embrumée.

J'ai revu ce film à cause du poisson que l'homme a adopté, un rumble fish, justement. Et finalement, finalement, avec quelques 12 années de retard, j'ai finir par établir le lien entre mon ensorcellement par ce film et ma passion pour la Californie, où, d'ailleurs, j'ai rencontré un homme et sa moto. Weird.

[J'ai récemment vu des photos de Mickey Rourke qui m'ont rendue très triste. Ce qu'il est devenu est assez effrayant.]

Friday, October 10, 2008

Sporadiques apparitions

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J’ai revu le Prince Charmant, ce soir. I thought I was over it. Was not.
Cette soirée, voilée par un persistant mal de tête qui bourdonnait en sourdine, me paraît totalement irréelle. Je me souviens à peine d’avoir mangé. Le goût dans ma bouche était brumeux. Ma vision aussi. Celui que je regardais ressemblait tellement à une créature de mon incessante rêverie que j’avais du mal à me croire dans la vraie vie. Le réel m’échappait sans cesse, fuyant sous mes doigts. Je savais que, assise à côté de lui, j’allais le toucher, à un moment ou à un autre. J’attendais. J’ai posé ma main sur son bras, mais encore une fois, je n’ai rien senti. Il était là, vivant, sous ma main, mais je n’ai rien senti de sa chaleur, de ses mouvements. Comme lorsque je me suis avancée vers lui pour un « hug », j’étais trop confuse pour rien sentir, ni son odeur, ni la forme de son corps. Je me suis éloignée trop vite de lui, laissant sa main glisser sur mon manteau.
Je ne l’avais pas vu depuis mai. Il n’a pas changé du tout. Il est un être de ma vie intérieure, et je n’arrive pas à réconcilier ses apparitions concrètes avec ce que j’ai fait de lui en moi.
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[Antidaté, bien sûr.]

Sunday, October 05, 2008

Separate dreams (Dyptique 4.3)

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There is nothing left of us in there
Nothing
We share the same bed
As if an invisible line was dividing it
In two
Stay on your side
I used to say when I was a child
Now I don't need to say it
Any more
You won't cross the line
And I'll make sure
I won't move over to your side.
There is nothing left of us in there
When I get up you are already gone
I read the dark waters on the surface of the bed
The wrinkles tell me of two separate bodies
Dreaming separate dreams.

[Deuxième participation - à l'heure, cette fois! - au Diptyque d'Akinou. Il s'agissait d'écrire un texte à partir de la photo de Michel Clair ]

Friday, October 03, 2008

Comment reconnaître ...

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J'ai un problème avec les voitures. Ici, on dirait que j'ai, si on devait me coller une étiquette, un "visual cognitive challenge", ou "automobile learning difference" ou quelque chose du même acabit. Car, voyez-vous, je ne reconnais pas les voitures. Elles se ressemblent toutes. Un jour, j'ai failli monter dans la voiture d'un parfait inconnu (qui m'a vu avancer la main pour ouvrir sa portière avec une évidente stupéfaction), alors que ma petite collègue, qui, presque chaque jour, s'arrêtait à mon arrêt de bus pour me conduire au collège de Nanterre où nous travaillions toutes les deux, alors que ma petite collègue donc, garée juste derrière le monsieur, agitait les bras pour m'empêcher de monter dans la mauvaise voiture... Elle m'a engueulée: "Mais, ce n'est pas la même marque! Ce n'est même pas LA MÊME COULEUR!!" Ah, détail sans importance. Sa voiture était bleue marine. Je crois. Ou verte. Mais d'un jour sur l'autre, je l'oubliais.
A Memphis, nous avons acheté une voiture vert foncé. Sur les immenses parkings qui s'étendent ad nauseam devant les monstrueux supermarchés du Tennessee, je retrouvais ma voiture parce que j'avais appris par coeur le numéro d'immatriculation. Ou alors parce que j'avais avec moi un petit garçon de trois ans doté d'un radar intuitif qui repérait à 100 mètres ce que j'étais incapable de voir... Il se moquait de moi: "Tu t'es encore perdue, maman!"
Maintenant, j'ai ma voiture à moi, et je la reconnais. D'abord, elle est rouge. Et puis, il y a des détails qui ne trompent pas...