Tuesday, September 22, 2009

Cupcakes at midnight

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Le plus dur, dans la rentrée, c'est l'après-rentrée. Les "bilans" de la troisième semaine. Les "debriefings" juste au moment où commence à s'installer l'amorce d'un début de routine. En d'autres termes: une semaine cauchemardesque.
C'est parti:

Lundi: Première réunion des profs du lycée (après l'école). Je viens à peine de m'installer dans la chaise que quelqu'un se penche pour m'avertir: "You have bus duty". Et allez: je traverse l'école en courant pour arriver en nage au point d'arrivée des bus. Les collègues de l'école primaire et du collège (eux aussi de corvée de bus) m'assurent que mon retard n'a pas d'importance, mais leurs regards sont très clairs: "Ne t'avise pas de recommencer". Ooops. Le dernier bus parti, je regagne ma réunion. Arrivée à la maison vers 6h, et on se met aux devoirs. Dans la joie et la bonne humeur, s'entend.

Mardi: Pas de réunion ce soir, je pense pouvoir partir tôt (vain espoir). Une fois expédiée la corvée des bus, je tente de rassembler ma troupe éparpillée à travers l'école (l'un dans la cour de récré, l'autre dans la bibliothèque, un cartable ici, un lunch box là, un blouson oublié dans le casier, combien de fois me faudra-t-il traverser cette école de part en part?). J'ai demandé à Paolo ce qu'il voulait pour son dîner d'anniversaire (demain). A part des pâtes. Un meatloaf, dit-il. Nous partons donc au supermarché chercher de la viande, et j'en profite pour faire le plein de "tout ce qu'il faut pour les gâteaux". Retour à la maison à 5h30, je me mets immédiatement aux cupcakes qu'il faut apporter en classe demain matin (Paolo s'est mis dans l'idée que j'allais écrire l'initiale de chaque enfant sur un cupcake. "Je t'aiderai, maman". Aaargh). Mais il faut que j'abandonne mes cupcakes après la première fournée (je n'ai qu'un mini-four, alors je fais les cupcakes 6 par 6), parce que ce soir, c'est la soirée parents-profs au collège, alors je change de chemise, mets ma casquette (invisible) de parent, et reprends le chemin de l'école. J'ai auparavant recommandé à l'Homme de finir tous les restes dans le frigo, en me laissant la ratatouille.
Soirée parents-profs: je suis l'emploi du temps d'un lundi de mon fiston, passe de classe en classe, écoute les profs présenter leurs cours et leurs méthodes, lis les papiers qu'ils me distribuent, ris à leurs blagues (ce sont mes collègues, il faut les soutenir), tout en pensant que jeudi c'est mon tour (jeudi dernier, j'étais dans la partie école élémentaire, pour rencontrer la maîtresse de Paolo. Je passe tellement de mes soirées dans cette école, c'est effrayant).
Retour à la maison - 9h30, les enfants sont couchés, l'Homme à sa guitare attaché me déclare sur un ton détaché qu'il a passé ma pâte à gâteau toute prête au four à micro-onde, pensant que le tupperware contenait des pâtes. Le temps de piquer une petite crise (toute petite, je le jure, je n'ai même pas élevé la voix et à peine râlé), je me remets à mes cupcakes.

Voilà, il est plus de minuit, j'ai fini les cupcakes, j'en ai brûlé fort peu, j'ai enveloppé un cadeau pour Paolo (celui qu'il ouvrira au petit déjeuner), j'ai mangé toute la ratatouille, et j'ai répondu à quelques e-mails. Demain, réunion du département. Jeudi, réunion des califes, puis soirée parents-profs (pendant laquelle je vais présenter mes cours et représenter mon département - oui, j'ai voulu être calife, il faut assumer). Question: aurai-je le temps de ramener les enfants à la maison et de me changer, entre la réunion et la soirée? Et dormir, cette semaine, c'est possible?

Vendredi soir, je me loue un film, je pose la bouteille de vin à côté de moi et j'ignore le monde entier. Ne me dérangez pas, je commence mon week-end. I can't wait.

Ma nouvelle robe préférée

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Elle m'est arrivée du Nord de la France, échangée contre quelques babioles ... Et je l'adoooore! Très Jane Austen, je trouve. J'ai profité d'un week-end magnifique, le dernier de l'été vraiment, pour faire la belle.
Merci encore, Lisa!

Monday, September 21, 2009

Comme un lundi (2)

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Early morning.

Saturday, September 19, 2009

Mélancolique

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Mélancolique? Triste, rancoeur, insatisfaction.
A ces mots qui reviennent, à intervalles réguliers, dans les commentaires, j'ai parfois envie de crier:
"Moi? PAS DU TOUT!! Vous ne me connaissez pas. J'ai toujours le sourire, le pas élastique. Je fais rire mes élèves, mes collègues. Je chante à tue-tête (très faux) dans ma voiture et je réveille mes enfants en chansons. J'aime boire, danser et faire la fête. Je ..."

Mais ça ne sert à rien de me défendre. C'est vain. Vous ne me connaissez pas, c'est vrai, et ce n'est pas grave. Ce que je montre, ou laisse échapper ici, c'est ce qui n'a de place nulle part ailleurs. Dans la vie quotidienne, je n'ai pas le temps de traîner ma mélancolie. Dans mon milieu professionnel, je n'ai pas le loisir d'être d'humeur chagrineuse. Mon blog, ma soupape de sécurité. Si je ne peux me laisser aller à des coups de cafard ici, où alors?

Bon, et finalement: oui, j'ai un fond mélancolique. C'est ma nature. Sous des épaisseurs d'optimisme indéracinable. Et, de tempérament latin, je m'emporte vite: passionnée aussi (c'est peu chaotique, comme mélange). Ce qui fait que j'ai de grands espoirs, j'y crois très fort, et je tombe souvent de haut. D'où mes amertumes, ici chroniquées. Et ma tristesse, qui revient en vagues.

Ah, et en Post-Scriptum: j'écris aussi (et assez souvent, j'ai fait un petit retour en arrière) sur mes bonheurs, mes élans de joie. Mais bizarrement, très peu de commentaires sur ces billets-là. J'imagine que le bonheur est si peu original. Et pas très intéressant, au fond.

En fait, ce que je préfère, dans tout ce que j'écris ici, ce sont mes fictions. J'y prends un énorme plaisir. Et je suis, sans aucune modestie, assez fière du résultat. Quelques exemples, ici et ...

Monday, September 14, 2009

Comme un lundi

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Nouvelle année, nouveau projet. Une image chaque lundi (on verra si je m'y tiens). Le temps qu'il fait, mon humeur, mon nombril, ma route, mon verre à moitié plein. Comme un lundi.

Aujourd'hui:

Wednesday, September 09, 2009

C'est reparti!

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Nous sommes rentrés aujourd'hui. Le 09/09/09, pour un an d'école tout neuf, tout beau.
(Oui, je sais, une semaine après la France, mais nous n'avons pas de vacances de la Toussaint, nous...)

Lundi soir m'a vu arpenter le grand magasin du coin, listes de fournitures à la main. Je m'attendais à la foule, mais c'était désert: personne dans les allées, et rien sur les rayons. Le peu qui restait avait été rassemblé sur une seule petite gondole. Visiblement, je suis la seule mère indigne à attendre le dernier moment pour faire le plein de crayons de couleurs, compas et rapporteur, classeurs d'un pouce et demi (pas plus!). N'empêche que j'ai réussi à trouver l'essentiel, et j'ai complété avec les restes de l'année dernière. Puisque j'étais là, j'en ai profité pour refaire le plein de pantalons pour Paolo qui dépasse de tous ses vêtements - de tous les côtés. Il a énormément grandi, cet été (presque rattrapé son frère).
Ces courses de dernière minute m'ont fait comprendre que j'étais en plein déni de réalité, mais qu'il fallait pourtant bien se rendre à l'évidence: c'est bel et bien la rentrée.

Ils étaient beaux ce matin, mes garçons, et à l'heure en plus (dommage qu'un embouteillage nous ait bloqués sur la Grand Route ... Nous sommes finalement arrivés à la bourre, comme d'habitude).

Aujourd'hui, c'était le jour des grandes embrassades, des petits cris de joie des retrouvailles, des échanges de souvenirs de vacances. Rentrée sur le mode sautillant. Demain, on commence à bosser. C'est reparti...

Monday, September 07, 2009

Punition

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Je le voulais trop. De manière répétitive, capricieuse. Trop visible mon désir.
J'avais décidé, l'année dernière, que j'irais désormais à la plage pour mon anniversaire. J'avais été heureuse, pour la première fois depuis longtemps, en ce jour si important pour moi. J'avais annoncé, clamé: "Nous irons encore à la plage le jour de mon anniversaire". Nul ne l'ignorait.
Oui, mais voilà.
Il paraît que la nouvelle voiture avait besoin d'être réparée juste ce jour-là. Pas le lendemain, non. Elle roulait pourtant. J'ai encaissé. Un anniversaire sans plage, puis sans bougie, sans champagne (le gâteau, c'est moi qui me le suis fait, et je l'ai trouvé sans goût). J'ai encaissé, mais j'ai commencé à bouder. C'est ma spécialité, depuis toute petite, et je suis très forte. Je peux bouder très longtemps.
Le lendemain, l'homme, réalisant tout à coup mais trop tard son erreur, propose d'aller à la plage. Mais je ne veux plus, toute à ma déception, rancoeur, colère.
Plus tard, j'ai relancé le projet. Mais, pour une raison ou pour une autre, nous n'y sommes jamais allés.

Alors, quand Else est rentrée de vacances, j'ai fixé la date. La veille, j'ai annoncé à l'homme que j'emmenais les enfants à la plage, avec Else. Longue et violente discussion. On passe.
Dimanche, nous avons chargé la voiture - serviettes, couverture, pique-nique, crème solaire ... Mais Else n'était pas prête. Puis nous avons rencontré de nombreux embouteillages. Attente sous un ciel de plus en plus gris. Arrivés finalement à l'océan, il a fallu se rendre à l'évidence: il faisait mauvais. Et quand nous avons payé l'entrée (les plages du New Jersey sont payantes), on nous a annoncé que la baignade était interdite pour cause de courants dangereux. Les garçons ont commencé à pleurer.
Bien fait pour moi, qui espérais tant cette journée sur la plage. Il faisait froid, vraiment froid, beaucoup de vent et de lourd nuages sombres pesaient au-dessus de nous. Bien fait pour moi, qui rêve trop haut et avec trop d'aplomb.

Une fois la déception digérée et le pique-nique en train (il fallait se méfier des mouettes qui lorgnaient sans vergogne nos sandwiches), les garçons ont tombé les pulls et se sont lancés dans des travaux de construction éphémères au bord de l'eau. Ils ont "sauvé" un grand nombre de sea fleas, ramassé un petit bout de méduse (sans se faire piquer, je ne sais comment), creusé, sauté dans l'écume du bord de mer et passé une après-midi somme toute heureuse.

Nous sommes repartis gelés, mais personne ne se lamentait. Le dernier week-end de l'été a été le premier de l'automne - et j'ai dormi seule, une fois de plus.

Tuesday, September 01, 2009

Près de la fin

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Il ne me bouleverse jamais autant que lorsqu'il touche à sa fin.
Après les dogs days of summer, étouffants, humides et fiévreux, trois jours de pluie pour faire tomber la/les température(s). Et puis l'été est revenu faire son tour d'adieux, en fanfare. Dimanche, je me suis laissé entraîner par les garçons et nous avons entassé les affaires de piscine dans la voiture (pour la dernière fois de la saison?). En roulant, toutes vitres ouvertes sur le ciel éblouissant d'août, les cheveux au vent et le soleil enroulé autour de mon bras, je me suis sentie prise d'un grand bonheur, immense, lumineux. Nous avons chanté à tue-tête, parce que le bonheur est fragile et difficile à dire, mais chanter ne l'effarouche pas (même chanter faux).

Mais il ne faut pas s'y tromper: la saison décline. Nous supportons à nouveau les draps, et même une petite couverture, la nuit. J'ai dû fermer un peu la fenêtre à côté de mon lit, grand ouverte depuis mi-juillet. L'air est transparent et doré, et non plus lourd et languide, troublé d'humidité. La piscine n'est plus saupoudrée d'insectes, mais de feuilles.

Il faut s'y faire: c'est la fin de l'été.

J'ai du mal à croire qu'il soit déjà passé - et passé sous mon nez. J'en ai trop peu profité.
Alors, je me console, à ma manière. Mes lectures estivales se sont accélérées, jusqu'à pas d'heure, il faut lire avant que le boulot ne m'arrache les bouquins des mains.
Et puis je me suis fait des séances de rattrapage. Merci la bibliothèque de Smalltown qui a tant et tant de bons DVD en réserve... Presque tous les soirs, la semaine dernière, j'ai envoyé les enfants dans leurs chambres (il faut qu'ils reprennent le rythme de l'école, ces petits), et me suis installée avec un verre de vin et un bol de glace devant un film. Ne me dérangez surtout pas. Je suis en train de finir mes vacances.



Thursday, August 27, 2009

Sa carrière d'enfant

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Ils avaient construit ensemble une lego-civilisation. Une dispute a éclaté - rien de nouveau à cela - et l'aîné a décidé de récupérer tous les éléments de la civilisation qui lui appartenaient. Comme ils étaient nombreux, il a détruit une grande partie de la cité. Paolo pleure à grosses larmes et refuse d'être consolé. Il me montre une petite maison: "C'est la première que j'ai construite, et maintenant, maintenant ..." L'autre se défend, les legos sont à lui, il peut les reprendre quand il veut, et d'abord il en reste plein dans la chambre de son frère. Je le congédie sans ménagement.
Paolo, sur son lit, roulé en boule, à travers les larmes: "Ma carrière d'enfant est terminée!"

Je l'ai fait répéter trois fois, je voulais être sûre d'avoir bien entendu. Mais ce sont bien ses mots, qui me brisent le coeur.
Je lui demande d'expliquer. "Je voulais construire une civilisation, je voulais vraiment construire une civilisation, et maintenant, voilà ... Ma carrière d'enfant est terminée".

Une demi-heure plus tard, une miraculeuse réconciliation a eu lieu et Dudie a re-déménagé ses legos dans la chambre de son frère. Ensemble, ils construisent une civilisation encore plus belle et plus grande que la précédente.

Sunday, August 23, 2009

Raison, sentiments et MPP

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J'ai boudé pendant quelques jours.
Parce que.
Je ne suis pas allée à la plage le jour de mon anniversaire (la nouvelle voiture ayant besoin d'une réparation a eu la priorité).
Mes amis (même ma chère Else) m'ont oubliée - ainsi qu'une partie de ma famille. Seul mon Jeune Homme et une très chère blog-friend ont pensé à me souhaiter mes 38 ans - et vous qui me lisez!
Mes amis, quels amis?
Engueulade avec l'Homme. Où j'apprends - une fois de plus - que je suis paranoïaque (et je vous passe le reste) (Vous qui commencez à me connaître, vous imaginez bien les qualificatifs qui décrivent mon caractère). "Of course your feelings are true. What could be truer than one's own feelings? but you have to measure them, to compare them to REALITY. You have to realize they are not reasonable". Ah. Reality check. Damn it, je n'apprendrai jamais.
La rentrée approche et je panique. Normal. J'ai l'impression qu'on m'a volé mes vacances. Qui, comment? J'enrage de ne pas avoir fait ce que je voulais faire. Pourquoi?
Bref, je boude.
Et puis quand j'ai entendu parler de MPP, je me suis reconnue, et j'ai eu un peu honte. Pas trop, juste la petite piqure qui suffit à remettre les pendules à leur place.

Wednesday, August 19, 2009

38

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C'était mon anniversaire aujourd'hui.
Et j'ai décidé qu'il était temps que je renonce.
Entre autres, à espérer que le jour de mon anniversaire ressemble à ce que je voudrais.

Ma tête d'anniversaire...

Tuesday, August 18, 2009

De la difficulté à être avec ceux qu'on aime

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Cela fait quatre ans que j'attendais cette visite. Rien d'étonnant à ce qu'elle m'ait mise sens dessus-dessous. Mon père était venu nous voir à Memphis, la première année, et depuis il avait voyagé dans bien des pays, mais jamais vers chez nous. Il a enfin pris des billets, cet été - mais uniquement, je crois, parce que nous avions renoncé à aller en France.
J'étais tellement contente que je n'ai pas tout de suite ressenti la morsure de déception. C'est en parlant à Else de mon bonheur de les voir enfin venir chez moi que j'en ai pris conscience. "Si peu?" m'a-t-elle dit. Oui, deux jours chez nous, et trois jours à New York, ça fait peu. (Mais ils ont déjà passé deux semaines en Croatie et une semaine dans le sud, cet été. Nous arrivons en dernier dans leurs plans de vacances. C'est comme ça).

J'ai récuré ma maison de fond en combles. Jusqu'à ce que je ne fais jamais, d'habitude (épousseter les plinthes, balayer l'escalier de la cave). J'ai enfin remplacé les vieux stores en plastique tout pourris par des rideaux blancs, dans les salles de bain. J'ai harcelé l'Homme pour qu'il finisse d'accrocher les cadres dans toute la maison. J'ai dépensé une petite fortune en nourriture et vins. J'ai acheté des draps neufs pour notre lit - j'ai insisté pour leur laisser notre chambre avec la salle de bains.
J'en fais trop? Sans doute. Mon coeur se serre, à y penser. Je dois être un peu pathétique - encore faut-il qu'ils s'en aperçoivent.

Leur avion décolle dans un peu moins d'une heure. L'orage gronde (et je m'inquiète, bien sûr). L'Homme insiste: ça s'est bien passé. C'est vrai - en partie. Ils ont eu l'air content d'être ici, ont trouvé la maison vraiment bien, ont aimé Smalltown et Bonne Espérance (la ville où je travaille et le village où je vis). Nous avons fait le tour de Smalltown très rapidement - c'est charmant, mais très provincial, ont-ils dit. Je voulais les emmener voir le musée de l'université, mais ça sera pour une autre fois. Et puis, il faut dire que mes enfants se sont donné beaucoup de mal pour être le plus désagréables possible, refusant de venir se promener en ville, traînant les pieds, gémissant qu'ils avaient chaud, étaient fatigués, "Et pourquoi on est OBLIGÉS de venir avec vous?". Au restau, Paolo a piqué une crise, une belle, parce que la garniture de la pizza ne tenait pas sur la pâte. Il s'est mis à pleurer, a refusé de toucher à son assiette, a repoussé brutalement mes tentatives pour l'aider à découper la pizza récalcitrante. L'enfer. Mon père, à côté de lui, regardait le spectacle, Paolo at his worst. Cela m'a fait beaucoup de peine.

Le deuxième jour, ils ont voulu aller sur la côte. Bon, c'était samedi, il faisait plus de 35°, et après être restés coincés dans les embouteillages, il nous a été impossible de trouver une place de parking pour aller à la plage. Mais, c'était bien, quand même. Nous avons mangé de la langouste sur une terrasse couverte (la compagne de mon père se plaignant de la chaleur) et puis nous sommes partis dans une autre petite ville côtière, moins populaire, pour essayer d'accéder à l'océan. Bravant l'irritation de l'Homme, j'ai insisté pour que les enfants (et moi avec) aient au moins une heure sur la plage. Quand nous avons enfin pu nous garer, je les ai emmenés au bord de l'eau (zigzagant entre les New Jersiens, qui se faisaient rôtir, presque les uns sur les autres), pendant que les trois autres allaient prendre un café quelque part. L'eau était très bonne, nous nous sommes régalés.

Tout au long de ces deux jours, j'ai été prise dans un dilemne récurrent: passer du temps avec eux / ou préparer (le repas, la maison) pour eux. Le repas du samedi soir, que j'aurais tant aimé élaborer longuement, a été un peu assemblé à la va-vite. J'ai oublié de mettre du champagne au frais. Mais ... c'était bien, quand même.

C'est ce qu'on peut dire de leur séjour. C'était bien, quand même.

Je ne parle pas de dimanche soir, quand nous sommes allés les rejoindre à New York, pour un dîner dans un de mes restau préférés. Là, vraiment, ce n'était pas une réussite. c'est dommage que nous nous soyons quittés là-dessus.

Monday, August 17, 2009

Summer lunch: What we love

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Un déjeuner composé uniquement de restes - et des tomates d'un jardin ami (les propriétaires de notre chat de vacances sont en vadrouille. Je m'occupe du chat, j'arrose le jardin, et je mange les tomates!). Un déjeuner selon notre coeur (chacun son coeur).

Dans la famille gourmande, qui mange quoi?

Sunday, August 16, 2009

New Jersey Shore

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Presque Port-la-Nouvelle ...

Les langoustes en plus!

Wednesday, August 12, 2009

Encyclopédie

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Mon père arrive demain (5 heures de ménage, 3 heures de rangement, 4 heures - ! - de courses), et je sais déjà ce qu'il va me dire: "Mais fous-leur la paix!". Mon père contre mes principes d'éducation: une vieille histoire. Ce qui me fait un peu rigoler, c'est que je reproduis plus ou moins, avec mes enfants, la manière dont j'ai été élevée. Mais ses idées ont changé en 25 ans, et mon frère a eu un père radicalement différent du mien (c'est la même personne, pourtant).

Je sais déjà qu'il va se moquer de mon système de troc: deux pages de français contre une demi-heure de "screen time" (DS ou jeu sur l'ordinateur). Oui, c'est un affreux chantage. C'est aussi la seule manière que j'ai trouvée pour leur inculquer la grammaire, l'orthographe, la culture françaises. Sans récompense, aucune motivation: "Et pourquoi je dois faire deux fois plus de devoirs que les copains?" Bah oui, pourquoi, au fond?
Mais j'y tiens. Dudie absorbe comme une éponge: la formation des adverbes, la conjugaison du passé simple, la règle d'accord des participes passés (et s'empresse d'oublier, une fois finis les exercices). Paolo proteste, râle, se cabre, se fâche, jette son cahier, pleure un bon coup, récupère le cahier, complète la page, retrouve le sourire. C'est épuisant. Est-ce que ça vaut la peine?

Une après-midi, poussé par une envie frénétique d'essayer le nouveau jeu acheté par sa grand-mère, Dudie s'est lancé dans un marathon-cahier de vacances. Il galope. Et m'interroge sans cesse (il est sur l'unité des synonymes): "Qu'est-ce que ça veut dire 's'invectiver'? Et 'suppléant'? 'Tonitruant'?"
Au lieu de ménerver de ces interruptions incessantes (ou plutôt en plus de m'énerver...) (j'essaie de travailler, c'est déjà dur, une après-midi d'été), je le plante devant l'encyclopédie Larousse, achetée dans les années 80 à France Loisirs, 4 volumes par mois, et qui m'a accompagnée durant toutes mes études. Je ne sais pas pourquoi exactement nous l'avons transportée aux Etats-Unis, nous aurions pu économiser le poids des 25 volumes, un peu outdated, tout de même. Mais bon, elle est là, autant s'en servir.
Il proteste, il ne veut pas tourner les pages, et puis... Je l'observe, silencieux, feuilleter l'encyclopédie. Comme moi. Il s'arrête, de page en page, d'article en article, il picore. Chaque fois que je l'ouvrais, quelle que soit l'urgence de ma recherche, je finissais toujours par sautiller de mot en mot, absorbée, envoûtée par les mondes contenus entre les lignes des petits livres rouge foncé. Je ne pensais pas lui transmettre cette fascination-là. L'encyclopédie, mi-labyrinthe, mi-sirène, l'a séduit.

Friday, August 07, 2009

Répit?

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Bon, j'ai fini:

- Séminaires de formation professionnelle. Deux. (Maintenant, il faut essayer de me souvenir de ce que j'y ai appris et m'en servir l'année prochaine. Et les suivantes. Et celles d'après...)

- Visites de la belle-famille. Trois. Deux du beau-père, une (combinée) belle-mère et beau-frère. J'adore le frère de mon homme, mais j'ai du mal avec ma belle-mère. Heureusement, je travaillais la plupart du temps de son séjour, et ça ne s'est pas trop mal passé. Plutôt bien en fait. Et je regrette toujours de voir si peu cet homme que j'aime tellement.

- Leçons particulières. 4 semaines. J'ai quinze jours de battement avant le retour de mon élève. Je ne me plains pas: je l'aime bien, j'adore son frère (qui a été mon élève pendant 3 ans), je suis bien payée. Mais quand même, quinze jours sans obligations, rendez-vous, horaires ... c'est pas mal.

- Accrochages des cadres dans la maison. Seize. Terriblement difficile (choisir l'emplacement, remplacer les vieux sous-verre par des cadres un peu plus regardables). Et puis, se rendre compte que tout ce que nous avons à mettre sur les murs, ce sont des photos de nos enfants... Je ne sais pas, c'est déprimant. Nous sommes dans une période de misère (ah oui, c'est encore la crise, chez les petites gens de la middle class, même si à la radio on clame à corps et à cris le début du commencement de la reprise) et nous n'avons pas de quoi nous payer de belles affiches. Ou des meubles pour la plus belle pièce de la maison (toujours vide). Mais bon, nos enfants sur partout sur nos murs. Jamais, dans aucun des (nombreux) appartements que nous avons successivement occupés, je n'ai été gênée par cet étalage de "Nous". Maintenant, j'ai envie d'autre chose.

- Summer Camp! C'était aujourd'hui mon dernier jour de "French Immersion" pour les petits. Yeah! Bon, deux semaines, ce n'était pas non plus la fin du monde (certains de mes collègues travaillent depuis mi-juin...), mais me lever à 6 h et demie, passer plusieurs heures par jour à préparer la "classe" du lendemain, avoir en tête un programme, mettre en place les moyens de le réaliser, me confronter à la réalité du "public" en face de moi ... ça ressemble un peu trop à mon quotidien de l'année scolaire. Bien sûr, beaucoup de points positifs: les 7-9 ans, ça me change des lycéens. J'apprends à m'adapter, et j'acquiers une nouvelle flexiblité. J'emmagazine les idées pour mon cours de Français 1. Je m'exerce à la patience et je répète sans me lasser dix mille fois les jours de la semaine ou les nombres jusqu'à 20. J'ai reçu plein de hugs aujourd'hui, en remerciement de mes efforts, et ça m'a mis du baume au coeur. Je sais que mes petits campers se souviendront des crêpes que nous avons faites ensemble, de la chanson "La Famille Tortue", du film Le Roi et l'Oiseau (qu'ils ont regardé de bout en bout et bien compris), des croissants, brioches, baguettes du dernier jour, et de ma balle lumineuse...


Ce qu'il me reste à accomplir avant la fin de l'été:

- Visite de mon frère (demain) et de mon père (dans cinq jours).

- Préparation de l'année prochaine (plus beaucoup de temps, aaarrrhhgh!).

- Rangement de tous les placards de la maison.

- Installation de rideaux ou stores aux fenêtres (il faudrait d'abord les acheter. Mais la Banque de l'Amérique s'y oppose fermement - voir plus haut la misère de la middle class).

- Réparation de la vieille voiture. Ou achat d'une nouvelle. QUOI? Non, mais ça va pas? N'a-t-on pas dit que c'était la misère, chez les braves gens de la middle class? Ah oui, mais il faut bien aller travailler quand même. Comment faire? Dilemne. On tourne en rond: réparer la vieille voiture, qui tiendra ... combien de temps? Acheter une nouvelle. Réparer, acheter. Un nouvel emprunt? Impossible. Encore quelques centaines de $ pour maintenir tant bien que mal un truc roulant qui tombe en morceaux? Pas raisonnable. Alors?...

- Aménagement et agencement de mon nouveau bureau (à suivre ...)

- Retour à la piscine (miraculeusement réouverte aujourd'hui, après une semaine d'interruption pour cause de "traitement chimique" -?-), histoire de se muscler les fessiers et de présenter une photo de "femme en maillot de bain" sur ce blog. Sinon, je vais être obligée d'avoir recours à celles de l'année dernière, et ça, franchement, franchement, c'est la honte. Si je n'assume pas mes fessiers de 37 ans et trois quarts, qu'est-ce que ce sera à 38? Je frémis rien que d'y penser. Brrr.

Tuesday, August 04, 2009

Ce que m'apporte le WWW...

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... et je lui en suis très reconnaissante!

J'ai l'impression de ne pas avoir eu de vacances, cette année - pas seulement parce que nous ne sommes pas allés en France, mais aussi parce que je travaille tout le temps -, et tout d'un coup, les vacances sont arrivées à moi ... par la poste. Et, tout bêtement, ça m'a remplie de joie.
Merci, merci!

Tuesday, July 28, 2009

Port-la-Nouvelle

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J'ai fini par détester Port-la-Nouvelle. C'était injuste de ma part, bien sûr. Je ne voulais plus y aller, plus en entendre parler.
Et pourtant, Port-la-Nouvelle revient, encore et encore, au fil de mes années. Je croise de loin en loin, sur mon chemin, cette petite ville de l'Aude. L'été dernier, le train de nuit qui nous emmenaient de Paris à Barcelone (et qui a pris tout son temps tout au long du voyage) m'a mis sous les yeux les plâtrières de Port-la-Nouvelle au soleil levant. Je n'en revenais pas de passer juste devant, comme ça, sans prévenir.

Port-la-Nouvelle.
C'est un mot-valise, un vrai. Qui contient tant et tant ... C'est un mot-valise-de-vacances.

Un jour - mais comment en sommes-nous arrivés à parler de cela? - dans les premiers temps de ma romance avec mon Jeune Homme, j'ai évoqué mon enfance à Port-la-Nouvelle. Et il m'a immédiatement sorti la sienne. A quelques immeubles de distance, nous avons passé nos jeunes étés côte à côte. Oui. Il est même plus que probable que nous avons fait de l'optimist ensemble, à l'unique Club de Voile de Port-la-Nouvelle. Ah, le Destin se marre, c'est sûr (mais comme il était de près de 3 ans mon cadet, il y a peu de chance pour qu'à l'époque nous nous soyons remarqués. A 11 ans, je n'allais tout de même m'intéresser à un marmot de 8 ans...)

J'ai appris à faire du vélo sur le parking désert du dernier immeuble de la plage, ces week-ends d'hiver où mes parents quittaient Toulouse pour passer deux jours à la mer. Il n'y avait personne, absolument personne. Le sable était froid, malgré le soleil, et je portais des bottes en caoutchouc - et des sous-pulls en nylon sous ma tunique violette, c'était les 70's, quand même.

L'été, toute ma famille s'entassait dans l'appartement acheté par mon grand-père pour ses enfants et petits-enfants. Nous partagions les chambres, quelques-uns dormaient dans la salle à manger, il fallait faire la queue pour accéder à la douche et se dépêcher de laisser la place ("Qui a encore laissé du sable plein la baignoire?"). Un de mes oncles dormait toujours sur le balcon.

Le 14 juillet, nous regardions toujours le feu d'artifice au-dessus de la jetée. Le 17, c'était l'anniversaire du petit dernier de la famille (du moins à l'époque, d'autres sont venus se rajouter après), et parfois c'était quelqu'un de chez nous qui allumait des fusées et des pétards sur la plage.

Une année, ce même petit cousin a saisi à plein bras une méduse échouée. Il a beaucoup pleuré.

Souvent, nous emportions un pique-nique sur la plage, salade de riz et thon, pastèque. Nous, les cousines, étions nues, mais il fallait porter des chaussures en plastique à cause des vives, dont la "morsure" cruelle agitait la plage, chaque fois qu'un imprudent marchait dessus. Tout le monde se rassemblait, abreuvait de conseil le malheureux (ou ses parents): "Il faut de l'ammoniaque, qui a de l'ammoniaque? ... Alors il faut lui faire pipi sur le pied. Ou alors approcher un briquet très près. Faites-le marcher, il faut faire circuler le sang." Je me souviens, ça fait vraiment mal, les piqûres de vive.

Et puis, il y avait le manège. En fin d'après-midi, nous rentrions, recuits, sablés, irrités par une journée dans les remous constants du bruit des vagues, des cris des enfants et des mouettes, du cinglement de l'eau et du sable. Fraîches douchées et shampooinées, parées de nos robes d'été: c'était l'heure du manège. Nous partions avec notre oncle, laissant nos mères et/ou tantes un temps de répit. Parfois en voiture, parfois à pied le long du bord de mer. Et chaque jour, chaque année, la même excitation renouvelée, incroyablement intacte: le manège. Nous faisions des tours et des tours, à nous en donner le tournis, pendant que notre oncle s'achetait une gaufre (parfois des frites) à la baraque à côté du manège. Un peu plus loin, sur la jetée, la Réserve, allongée, paraissait endormie, attendant la nuit pour s'éclairer. Mais ça, c'est plus tard, quand nous nous sommes finalement lassées du manège.
La première, l'aînée des cousines (celle qui venait à PLN le moins souvent), a décidé d'arrêter. Trop grande, a-t-elle dit avec une moue dédaigneuse. Elle a commencé à manger des gaufres (parfois des frites). Nous avons encore tenu bon, nous les presque-jumelles, prétextant que la plus petite ne pouvait monter sur le manège toute seule, il fallait la tenir. Quand elle a eu 4 ans et qu'elle nous a envoyé balader, quand son frère n'a plus du tout voulu qu'on le tienne dans la toupie, il a bien fallu renoncer. Nous avions 10, 11 ans, et nos longues jambes, même bien pliées, ne rentraient déjà plus dans l'hélico. Nous avons rejoint les spectateurs-mangeurs de gaufres (et parfois de frites).

L'année suivante, tout a changé. A 12 ans, nous avons - de haute lutte - obtenu le droit de nous promener seules (pas tard!) sur l'esplanade.

L'année où j'ai reçu pour mon anniversaire un appareil photo, j'ai organisé des défilés de mode sans fin, utilisant ce que j'avais sous la main - cousines, cousin, serviette de plage et paréo.

Et, finalement, l'été de nos 14 ans, deux de nos oncles nous ont emmenées à la Réserve, qui nous faisait rêver depuis quelques années.

Et puis, ça a été la fin de Port-la-Nouvelle. Et je n'ai plus voulu y revenir. Pendant quelques années, PLN a été pour moi une petite ville laide et minable, avec cet appartement rongé par le sable et le sel, ces plages remplies de beaufs et ces usines comme toiles de fond. J'étais ingrate, oui, et partiale. Ma vision troublée par le ressentiment. J'oubliais les années et les années de bonheur au bord de la mer, ces étés parfois trop longs, le sable qui fouettait parfois trop fort, le soleil, toujours, l'optimist - parce que mon dernier été à PLN a été malheureux.

J'y suis retournée, depuis. Deux fois. Et le temps a adouci ma rancoeur. Ce n'est pas la faute de Port-la-Nouvelle, vraiment, mais celle des adultes autour de moi si, à 15 ans, je suis entrée dans une période grise. Maintenant, l'appartement est vendu, mais il reste des liens: la famille de mon Jeune Homme y passe toujours ses étés. Et une amie de blog va y faire le plein d'air marin et de sable blanc. Elle y a peut-être vu mon fantôme, avec ou sans maillot (mais avec des chaussures en plastique), creusant des châteaux de princesse et cherchant des tenilles pour en remplir mon seau.

[Bien sûr, ces réminiscences m'ont été inspirées par les nouvelles de La Nouvelle offertes par Samantdi. Depuis, les souvenirs de Mab (avec une très belle photo) sont venus se rajouter aux miens, tissant la chaîne de "celles qui ont passé leurs étés à La Nouvelle". Il y en a d'autres?]