Wednesday, September 10, 2008

Changements

...


* Un jour de la fin août, un jour de bleu très bleu et de vert tellement vert, une pluie de feuilles d'or a traversé ma route. Et, comme ça, en une envolée de lumière, l'été a annoncé sa fin prochaine. Quelques jours plus tard, une petite main écarlate au milieu d'un arbre encore entièrement revêtu de sa parure estivale m'a fait signe. Oh, ça va, j'ai compris.

* Nous devons partir une petite demi-heure plus tôt, maintenant que nous n'habitons plus à deux pas de l'école. Si nous ne sommes pas dans la voiture, avec tous nos sacs, nos livres, nos lunettes, avant 7h et demie, nous sommes bons pour les ralentissements (je n'ose dire les embouteillages, ce n'est rien comparé aux grandes villes) et pour les cavalcades dans les couloirs en arrivant. C'est que Dudie est collégien, maintenant, et il est pour lui hors de question d'être en retard. Alors qu'au mois de mai, il se moquait éperduement de son heure d'arrivée en classe.
Je sais que je dois prendre en compte ce décalage, et pourtant je n'arrive pas à me lever plus tôt que l'année dernière. Mon corps résiste de tout son poids de sommeil, de toute sa lourdeur de fatigue. Avant 5h50, pas moyen. Alors, j'ai moins de temps pour moi le matin, plus le temps de lire ou d'écrire. Il faut que je trouve une solution (me coucher plus tôt? Mais alors, je travaille quand?)

* Dudie a commencé le collège, donc. Ici, la première année du collège correspond à notre CM2. Il faut s'habituer à changer de salle, de prof, à plannifier ses devoirs non plus au jour le jour, mais d'une semaine à l'autre. Et, bien sûr, ça ne va pas sans heurt. Je m'énerve trop, je sais. Je crie inutilement (mais préparer une interro d'espagnol sans livre - laissé à l'école -, sans notes - "J'ai pas encore acheté le cahier, donc je n'ai pas pris de notes en classe" -, je trouve ça moyen comme méthodologie. Surtout quand, ultime parade, mon rejeton offensé me déclare: "Mais je comptais sur toi pour m'aider!" Ben voyons.)

* J'ai fait connaissance de mes nouveaux élèves. Je les aime bien, dans l'ensemble. Mais surtout, surtout, je suis heureuse de retrouver ceux qui sont restés avec moi, ceux qui ont survécu à l'examen AP et qui en redemandent, de la littérature française, avec des synecdoques, des rimes riches et chiasmes en veux-tu en voilà! Ceux-là, ceux que j'ai eu 3 ans sur les 4 qu'ils auront passés au lycée, je les aime d'amour. Quand j'arrive dans ma salle et que je les vois, installés en cercle, m'attendant avec Valmont et Merteuil, j'ai envie de les serrer très fort dans mes bras. Au lieu de ça, je leur dis: "Aujourd'hui, nous allons faire l'analyse de la préface".
Pas un cours ne se passe sans que l'un ou l'autre ne cite un de leurs mots fétiches: "bouc émissaire" et "soudoyer" (ils avaient parié qu'ils arriveraient à placer l'un ou l'autre dans leur essai à l'examen, je ne crois pas qu'un seul y soit arrivé. Il faut que je leur demande).

* Aujourd'hui, retour des vendredis-piscine. Les garçons étaient contents. Mais ils ne retrouveront plus leur copain Juan, et moi je me retrouve bien seulette sans sa maman. J'attendais presque de les voir surgir, en retard comme d'habitude. Mais non, ils sont à Barcelone cette année. Alors, après avoir regardé mes poissons sauter dans l'eau, c'est toute seule sous mon grand parapluie que j'ai fait le trajet du Y à la bibliothèque, toute seule que j'ai choisi un film pour ce soir, toute seule que je suis allée chercher un goûter (pour deux nageurs affamés, et non pour trois) à la boulangerie. Je n'ai même pas eu envie de ma brioche du vendredi. L'année dernière, ces quarante minutes passées ensemble à la fin de la semaine étaient ma respiration, une petite parenthèse entre la semaine de boulot et les tâches du week-end. Sous pretexte de tuer le temps pendant que nos enfants nageaient, nous nous accordions une vacance dans nos emplois du temps, le temps de parler de nous, de nos hommes, de mon boulot, de sa petiote, de nos familles au loin, de notre prochain dîner tous les quatre... Je suis revenue lentement vers le Y, toujours sous la pluie. Elle me manque, elle va me manquer. Ils vont être longs, ces vendredis après-midis.

Tour de passe-passe

Depuis des années, j'ai une passion exclusive, inaltérée pour la courgette. Un autre jour, je vous raconterai comment, lorsque j'étais au lycée, j'ai inventé un nouveau nom pour redorer le blason de ce pauvre légume qui souffre, il faut bien le dire, du tort causé par son patronyme un peu bêta (en vérité, le nom m'est venu dans un rêve. Comme quoi, on peut rêver de tout.)

Mes fils ont subi les conséquences d'une telle addiction, et ont dû ingurgiter, dans leur toute petite enfance, quantité de purées de courgettes, soupes de courgettes, gratins de courgettes et j'en passe. Dès qu'ils ont été en âge de se rebeller (c'est à dire, très rapidement), ils ont, d'un commun et tacite accord, banni de leur assiette toute trace de courgette (hélas!). Et logiquement ils ont refusé toute tentative de ratatouille, que j'adore et vénère.

Or, je viens de trouver la parade (héhéhé). Ils mangent volontiers de la soupe de légumes, surtout si elle est bien aillée (la présence de courgettes dissimulée dans la moulinade leur échappe). Par un tour de magie assez impressionnant (je dois le reconnaître moi-même), j'ai transformé, dans le secret de ma cuisine-laboratoire secret, une ratatouille bien relevée en innocente soupe, d'un coup d'un seul de mixer enchanté! Et hop, ni vu ni connu, je la leur ai servie avec options "plus d'ail", "plus de poivre", "plus de sel", et ils s'en sont régalés (même si Paolo a détecté, fine mouche, "un drôle de gout").

Trop forte la sorcière, je maîtrise bien mes marmites. La prochaine fois, je leur fais avaler des endives. Rapées en spaghetti, s'il le faut.

Tuesday, September 02, 2008

Le dernier jour des vacances (2)

Je me suis réveillée parce que le soleil s'était couché sur moi. Je ne pouvais pas ouvrir les yeux. J'ai dû attendre qu'il se déplace un peu, qu'il bouge sur le lit. Le matin est bien entamé, mais de toutes les chambres vient la même respiration heureuse. Premier jour de septembre, c'est encore l'été. Presque plus les vacances, autant en profiter.
L'air est transparent, chargé de lumière dorée. L'humidité cotonneuse d'hier s'est évaporée. Tout brille.
Je passe le reste de la matinée en chemise de nuit. Après le petit déj, inspection des fournitures, collage d'étiquettes et vérification que tout est en ordre dans les cartables (pas ouverts depuis juin... Je vide discrètement dans la poubelle les vestiges de l'année scolaire passée).
Et puis... Un peu de ménage. Un peu de traînaillage. Un peu d'enfantillage. Un peu de rêverie sans âge (je pense aux chatons que je vais - peut-être - adopter).
Déjeuner à trois heures de l'après-midi. Je promets paresseusement à Jim que je vais me mettre à peindre le plafond de la cuisine, mais c'est mal parti: je m'installe au soleil avec mon dessert et un bouquin. Il revient à la charge, me dit qu'il a préparé des seaux, des gants et une éponge pour que je récure le plafond avant de le peindre. "Bientôt". Je me déplace vers le hamac. Des bestioles sautent dans mon verre. Jim et les garçons se lancent dans l'opération virile intitulée: Nous-tondons-l'herbe-entre-hommes. Je ne suis que trop heureuse de les laisser faire. Je déplace juste un peu le hamac. Je finis par me lever quand l'ombre gagne et me dis qu'il serait temps d'arroser les plantes. Le basilic me fait signe qu'il a soif. Je téléphone à Else en désherbant un peu. Les garçons s'entraînent au baseball. Il ont plus d'enthousiasme que de talent.
Et puis, pas moyen de reculer, je mets ma tenue de combat et j'attaque le lessivage du plafond. J'attrape un torticolis en quelques minutes, mais je ne lâche pas l'affaire. Jim se réveille de sa sieste sur le canapé et déclare qu'il n'a pas réussi à dormir (ça fait une heure qu'il roupille), mais il est quand même content de mon travail. Du coup, il me prépare un petit pot de peinture pour "cut in" (faire les bordures?). C'est beaucoup plus difficile que je ne croyais. Il insiste pour me faire une démonstration et m'observe pour vérifier que je suis bien sa technique. Il est sept heures du soir, j'ai faim, je deviens hargneuse. Je m'arrête pour préparer le dîner, et il finit le pan de mur que j'ai abandonné.
Les garçons ont du mal à se laisser convaincre qu'il faut dormir. Moi, dès que je touche le lit, je m'enroule de bonheur. Le soleil de ce matin a creusé un petit nid. Je m'y endors très vite.


[Je ne sais qui a pris la première photo - ça m'apprendra à laisser traîner mon appareil photo. En tout cas, les grands pieds dans le hamac rouge, ce sont les miens!]

Friday, August 29, 2008

Le dernier jour des vacances (1)

Journée grisounette et tristounette. On a beau essayer d'invoquer ce qui d'habitude nous met en joie, rien n'y fait. Je n'ai pas envie, pas envie de faire les bagages (alors je ne les fais pas). Des entassements de nuages noient la vallée. Ma mère fait des gambas pour me faire plaisir, mais le coeur n'y est pas. Elle ne porte pas de maquillage et paraît fatiguée. Les garçons s'asticotent jusqu'à mon exaspération. Nous nous traînons jusqu'à la piscine, histoire de, malgré la menace de pluie. L'eau est froide, mais les garçons refusent d'en sortir: c'est la dernière baignade. La brume descend un peu plus bas. Ma mère parle, parle, sans arrêt. De l'autre côté, ma soeur se tait. Elle a appris hier qu'un de ses amis de toujours venait de mourir dans un accident de voiture. A 21 ans. Il n'était même pas au volant. Elle n'en parle surtout pas. Tous ses gestes sont plombés. Hier soir, elle m'a montré ses photos de Londres. On a bu du champagne à son bac et à sa mention Assez Bien. Elle est allée rapidement se coucher. Aujourd'hui, elle se tait.
Ma mère me questionne à l'infini. Je n'ai pas envie de parler, je veux lire. Elle arrête un moment, et puis reprend, c'est plus fort qu'elle. Je ne veux plus sortir de mon livre.
Je finis par extraire les garçons de l'eau quand leurs lèvres sont tellement violettes qu'elles sont devenues bleues.
Je bouclerai les sacs après le dîner. Et j'écrirai mes cartes postales - une petite vingtaine - sans entrain. Juillet n'est pas tout à fait fini, mais c'est déjà la fin des vacances. La première.

Saturday, August 23, 2008

La nouvelle maison

Pour la première fois depuis presque trois mois, l'homme de la maison (appelons-le Jim, parce que Christie pense qu'il s'appelle ainsi, et après tout, ça lui va bien) a repris sa guitare. Il se plaint, ses doigts sont rouillés. J'écoute sans y prêter vraiment attention ces fluctuations que je connais si bien. Et puis, je comprends: nous sommes installés.

J'observe, sans parvenir à les fixer dans ma mémoire, à quel endroit se déposent les flaques de soleil dans cette maison. Je suis toujours étonnée de les découvrir - elles devaient pourtant être au même endroit hier, non?

Je ne m'habitue toujours pas ma cuisine. Je perds mes ustensiles, mets du temps à trouver les bols et les plats et redoute d'ouvrir le placard que j'ai retrouvé infesté d'insectes à mon retour de France (ils habitaient dans les pâtes et la farine, j'ai dû tout jeter...). Le sol en lino est un peu hostile et les portes des placards sont toujours collantes, malgré mes efforts pour les cirer. Je suis en charge de peindre cette pièce - Jim a fait tout le reste de la maison, tellement de surface à couvrir. Mais voilà, je n'arrive pas à me décider quant à la couleur des murs, alors je repousse l'échéance (j'avoue que je suis aussi quelque peu appréhensive d'avoir à me comparer avec le travail léché à la perfection de mon cher et tendre... Je sais qu'à moitié chemin, je commencerai à en avoir marre et que la dernière couche sera balancée sur les murs avec désinvolture. Hélas, je me connais trop bien...). En attendant, Jim a fait sa propre déco avec des restes de peinture blanche. Oeuvre éphémère (qui durera peut-être...)
Les chambres des enfants me ravissent. Malgré mes supplications, ils n'arrivent pas à les garder rangées plus d'un quart d'heure (pourtant, la moitié de leurs jouets sont encore dans des cartons à la cave. J'avoue que l'envie me prend parfois de les y "oublier". Non, je ne suis pas une méchante marâtre [or maybe I am], mais ils ont tellement de jouets. Ils ne s'aperçoivent même pas qu'il leur en manque. Comme dirait l'homme "Moi, quand j'avais leur âge..." Oui, oui, je sais, je sais.)
[Rangée. Pendant quelques minutes.]

[Fouillis. "Mais non, je n'ai pas besoin de ranger, c'est MA chambre". Pré-adolescence?]

Je n'habite toujours pas ma chambre. Cela fait deux jours que Le Lit (ah, il faudra que je raconte Le Lit) est installé et nous dormons toujours dans le bureau, tellement rempli de tout ce qu'on ne veut pas mettre dans les autres pièces qu'il est difficile de s'y mouvoir. Mais cette chambre ... non, n'est pas encore la mienne. La nôtre. Ou bien?... J'aime sa couleur, sa lumière. Il va falloir que je l'apprivoise. Pour l'instant, elle ne compte qu'un lit (Le Lit) et une commode. Elle a l'air un peu désappointée d'être si vide.

Notre nouvelle maison est toujours une nouvelle maison. C'est étrange comme j'ai l'impression de m'être acclimatée beaucoup plus vite, l'année dernière, à la petite vieille maison que nous n'avons habitée que quelques mois. Je crois que je suis toujours intimidée par le fait que celle-ci c'est la nôtre. Pour de vrai.

Tuesday, August 19, 2008

Ma tête d'anniversaire

Ah, me voilà, moi, 37 ans sur la plage...
L'océan comme cadeau, le sable dans mes petits souliers.

I went to the shore on my birthday. And I loved it.

Saturday, August 09, 2008

Départ

Je repars déjà ... Une semaine dans le New Hampshire, chez mon amie Else. Pas de prince charmant cette année, il s'est trouvé une princesse exotique. Mais du repos, du vert, de l'eau, de la lecture, des recettes à cuisiner en commun et des vodka tonic au coucher du soleil. Pas mal comme programme.
Bien sûr, il faudra d'abord se lever à 4 heures du matin, ne pas rater le train pour New York, celui pour Boston, le car pour Concord. Je n'y suis pas encore. Mais je pars, je pars, je suis en partance...
Bonne semaine à vous!

[Dudie, sur la photo, partait en exploration avec détermination et bravoure. Il est revenu avec une sangsue...]

Wednesday, August 06, 2008

Retour

Qu'il est difficile de rentrer. Le retour a exactement le même goût que les céréales que j'ai retrouvées, à leur place, dans leur emballage habituel, un peu passées, un peu "éventées": elles ont perdu leur fraîcheur, et je ne peux m'empêcher de leur trouver un arrière-goût de poussière, même si je sais que c'est dans ma tête (comment, en trois semaines, la poussière pourrait-elle s'être infiltrée a l'intérieur d'une boîte bien fermée?...)

L'homme a travaillé comme un damné en notre absence, et presque tous les murs de la maison (y compris l'intérieur des placards) sont peints. Il me fait remarquer que c'est du travail quasi-professionnel (je veux bien le croire, vu le temps qu'il a passé sur chaque mètre carré ...) et s'agace de mon manque d'enthousiasme délirant. Je m'attendais à des bordures rouges dans le couloir (il m'avait consultée par téléphone) et je les retrouve blanches sans crier gare. Il me fait admirer le superbe luminaire qu'il a acheté pour notre chambre, et je grimace parce qu'il a choisi une ampoule "économie d'énergie" qui projette la lumière crue et glaçante d'un néon. Et puis je vois qu'il n'a pas - du tout - fait le ménage depuis notre départ, et que tout est sale... Je ne dis rien, mais ça doit se voir sur mon visage (bon, il faut aussi dire que je me suis levée à 4 heures du mat' pour prendre l'avion, que j'ai supporté 8 heures de vol avec mes deux loulous qui n'ont bien sûr pas fermé l'oeil une seconde, que nous sommes restés coincés dans les embouteillages en revenant de l'aéroport, qu'il m'a dit d'un ton désinvolte "Y'a rien à manger à la maison", ce qui fait que je me suis payé un petit tour au supermarché avant même d'avoir pu mettre les pieds chez moi... Bref, j'ai des circonstances atténuantes qui expliquent mon incapacité à feindre l'éblouissement devant l'amplitude du travail accompli). Nous finissons exaspérés l'un par l'autre et boudeurs, et nous le restons pendant deux jours.

Le jet-lag m'a frappée fort cette année. Il m'a fallu 4 bons jours pour me remettre d'aplomb et cesser de me traîner. Je supporte de moins en moins de quitter la France, je crois. Chaque fois, le contraste est plus violent. Les paysages ternes, les fruits insipides, les manies et les tics des gens d'ici me heurtent de plein fouet. 5 jours après, je me suis réhabituée, il n'y paraît plus. La France me manque de manière abstraite, c'est un sentiment que je range dans ma panoplie d'expatriée, et plus une douleur physique qui me fait répéter "Je me sens mal, je me sens mal" à longueur de journée (et l'homme exaspéré de lever les yeux au plafond - peint à la perfection, sans aucune dégoulinade).

Je suis de retour - et repars bientôt. L'été me file entre les doigts.

Thursday, July 10, 2008

Buller, l'été

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C'est ce que je vous souhaite, de tout coeur!

Je vais être encore déconnectée pendant un bon moment, je vous retrouverai en août, sans doute.
Bonnes bulles!

Ce qu'on emporte ...

... de maison en maison

* nos messages/images/mirages de frigo

* nos quelques certitudes et principes établis en commun (certains sont branlants, mais l'ensemble se tient encore)


* Nos rancoeurs, nos regrets, nos réserves. Nos non-dits, nos non-faits, nos pas-encore accomplis. Nos projets. En commun et séparés. Tout ce qui nous sépare et nous rassemble. Tout ce qui nous assemble et nous ressemble.


* La forme de nos rêves

Monday, July 07, 2008

Forget-me-nots about moving

.La prochaine fois, il faudra se souvenir de:

- ne pas débarquer du camion les cartons marqués "Kitchen" en premier (ils se retrouvent tout au fond du garage, sous un tas d'autres cartons, inaccessibles...);
- emballer les boîtes de conserve AVEC l'ouvre-boîte (avez-vous déjà essayé d'ouvrir une boîte sans ouvre-boîte?);
- préparer une valise de vêtements qui n'ont pas besoin d'être repassés, BEAUCOUP de vêtements (surtout si la machine à laver doit arriver beaucoup plus tard);
- déballer le carton de DVD en premier (mesure de tranquillité nécessaire);
- contacter le service de téléphone/internet avant même d'être sûr d'avoir la maison: apparemment, 3 semaines à l'avance, ce n'est pas suffisant.
- repérer les cafés avec wifi (Quel bonheur, à BonneEspérance, il y en a un, justement, au milieu du village, qui fait d'excellents scones et de très bonnes gaufres... Ils me voient tous les jours. Paolo a baptisé le lieu, en fracassant une bouteille de jus de pomme sur le joli plancher devant le comptoir. Du verre et du jus partout, et un petit garçon enragé contre lui-même et contre le monde entier. Depuis, j'y vais plutôt seule.)
- Ne pas espérer s'installer rapidement. Etre patiente, patiente. Accepter le chaos, le désordre, la poussière. Ne pas lutter contre des moulins à vent, ni se décourager parce que rien n'avance. Petit à petit, une chose après l'autre... Mais oui, cette maison sera habitable!

Saturday, July 05, 2008

Disconnected

.

Je ne suis pas partie, je ne me suis pas perdue dans un dédale de cartons, j'ai déménagé et je suis sans téléphone, sans internet, sans chambre, sans repères depuis une semaine. C'est comme une épreuve initiatique: apprendre à vivre sans confort moderne. Le frigo et le four qui décident d'arrêter de fonctionner quand nous emménageons (quelqu'un m'a dit: "Tu sais, les maisons sont un peu rancunières, elles n'aiment pas le changement. Et méfiantes. Il faut leur laisser le temps de s'adapter.") Pas de machine à laver, ni à sécher. Pas d'eau froide pendant 2 jours.
Camping, tous les 4 sur des matelas dans une petite pièce. Je ne retrouve pas ce que je cherche (quel que soit ce que je cherche, d'ailleurs).
Mais petit à petit, les choses s'organisent. Un semblant d'ordre dans le chaos. La fatigue pèse lourd sur mes épaules. L'homme a apparemment chopé la maladie de Lyme (c'est le moment...) et bien sûr, en bonne hyponcondriaque que je suis, je me suis convaincue que moi aussi.
Les garçons sautent sur les matelas et dessinent sur les murs pas encore peints.

Bientôt la France.
Si je ne vous écris pas d'ici là, bonnes vacances, bel été à vous tous!

Thursday, June 26, 2008

Moving again

..

Août 1995: Paris-Berkeley

Novembre 1995: Berkeley-Oakland

Août 1996: Oakland-San Francisco

Août 1997: San Fancisco-Paris (Rue Sébastien-Mercier)

Mars 2000: Rue SB-Rue Saint-Charles

Juillet 2003: Paris-Memphis

Juin 2005: Memphis-Small Town (NJ)

Juillet 2007: Appartement (Faculty Housing)-Maison (Faculty Housing) toujours à Small Town

Juin 2008: Maison (Faculty Housing)-Maison (la nôtre!) à Bonne Espérance

Je n'en peux plus, des déménagements. Ils sont à chaque fois un peu plus épuisants. Pourvu qu'on se pose un peu, cette fois...


Friday, June 20, 2008

Un nouveau copain

...
Juste avant de quitter notre petite vieille chaleureuse maison, on s'est fait un nouveau copain. J'avais idée qu'il était déjà venu nous rendre visite en notre absence, mais voilà qu'un soir, je l'ai entendu faire du bruit dans le garage (grand ouvert, comme d'habitude). Et c'est là que j'ai compris que notre copain n'était pas attiré par nos personnalités hors du commun, notre extraordinaire gentillesse, notre éblouissante culture générale ou nos beaux yeux. Non. Il était juste intéressé par nos poubelles. Ah. Bon.



Même pas peur! Visiblement, ça ne le dérangeait pas du tout que nous assistions à son entreprise de perforation des sacs poubelles. Il a fallu faire un raffut d'enfer pour le faire déguerpir. Et encore, il est revenu deux minutes plus tard, d'un air de dire: J'ai pas fini, je peux m'y remettre?
[Les photos ne sont pas géniales, forcément, c'est l'homme qui les a prises...]

Thursday, June 19, 2008

Propriété

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L'hiver dernier, alors que je me perdais dans les méandres d'impossibles prises de décision, alors que je m'étais persuadée que j'étais sur le point de rompre, définitivement, les liens qui me rattachaient à ma vie rangée, je me suis réveillée un matin avec une calme et irrévocable conviction. Je ne sais si j'avais rêvé, ou si j'avais juste eu, fugitivement, un aperçu de ce qui pourrait être. Je me suis réveillée, seule, dans le lit déserté par l'homme de la maison (déjà parti? encore une de ces nuits passées sur le canapé?), avec la certitude que dans cette maison nous pourrions vivre.
L'homme l'avait dit depuis le départ, j'avais résisté. Quelques mois plus tard, une décision, comme une évidence: cette maison-là.

Nous avons signé mardi. Elle est à nous.
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Monday, June 16, 2008

Birthday Party

Recette pour une fête d'anniversaire réussie (sans se ruiner ni - trop - se fatiguer):

1) Choisir le dimanche le plus chaud du printemps (35° minimum);

2) Se tenir prêt, écran total à la main, à enduire les gamins à peine descendus de la voiture des parents (un peu interloqués). Les enduire généreusement;

3) Organiser une chasse au trésor - prévoir d'abreuver les chasseurs à intervalles réguliers - qui les fera courir d'un bout à l'autre du jardin pour enfin arriver au coffret qui récèle, merveille!, une douzaine de pistolets à eau.


4) Fournir des seaux d'eau (munitions) et brancher le jet d'eau, astucieusement connecté à cette invention géniale qu'est le Slip and Slide;


5) S'asseoir à l'ombre et laisser faire. Vous n'aurez plus rien à bouger jusqu'au ravitaillement (hot-dogs et maïs au BBQ, puis gâteau et bougies). Quand tout le monde est rassasié, rebrancher le jet d'eau. Attendre les parents, toujours à l'ombre.


Entendu ce jour-là:
- That was the best birthday party!
- Why do I have to leave? I want to stay!
- Oh, what a great idea, a good, old-fashioned backyard party!
(un parent)

Pour lutter contre la surenchère des fêtes de plus en plus chères et "originales" (bowling party, laser tag party, karate party, cooking party...), rien ne vaut un bon retour aux sources: la fête dans le jardin, avec un gâteau maison et un bon vieux tuyau d'arrosage! (N'empêche, s'il avait plu, je ne sais ce que nous aurions fait des 12 gamins ...)

Thursday, June 12, 2008

No Friday this week

C'était une semaine sans vendredi. On avait beau attendre, attendre, le vendredi n'arrivait jamais. JAMAIS. Le jeudi soir, les enfants n'allèrent pas se coucher. Ce vendredi n'arriverait pas, pas du tout.

Il m'a expliqué: ça ne sert à rien de commencer en avance. De toute façon, le boulot, il faut le faire. Soit on y passe 3 jours entiers, en s'appliquant, et à la fin, on s'aperçoit qu'on a bien fait le boulot, mais on n'a fait que ça. Soit on le fait à la dernière minute, en 8 heures, on travaille intensément, mais au moins on n'a pas perdu 3 jours. Je n'aurais pas dû l'écouter. Toute ma vie (d'élève, de prof) justifiée, théorisée. Maintenant je ne me sens même plus coupable, je me sens rationnelle. J'ai repoussé jusqu'à la dernière minute, et alors? Au moins je n'ai pas perdu mon temps.

Tout irait bien sans ce vent de panique intérieur, qui se lève soudain à 23h22 et cette voix qui répète sans qu'on lui ait rien demandé: On Friday at noon, all the comments must be sent to the Registrar. Et alors? J'ai tout demain matin... Je crois que je vais arrêter de perdre mon temps à me raconter des histoires et je vais - enfin - aller me coucher.

Et moi qui dors d'un sommeil de plomb, moi qui sombre avant même d'avoir eu le temps de poser ma tête sur l'oreiller, moi la dormeuse, je sais que - rien à faire - je n'arriverai pas à dormir cette nuit. Trop pour moi. Je me délesterais volontiers d'un peu de tout ce que j'ai accumulé récemment. J'en sais trop pour dormir.

Wednesday, June 11, 2008

Heat wave

...
Il fait chaud. La peau poisse, tout de suite après la douche. La tête embrumée, mais impossible de dormir, la chaleur étouffe comme un linge humide qui colle au corps. Les enfants se plaignent, se traînent, demandent à se coucher par terre (il fait plus frais près du sol, selon eux) et finissent par s'endormir à une heure du matin. Heureusement, ils sont en vacances, eux...
Pas moi.
Le temps s'étire, on se lève déjà fatigué. Tout ce qui reste à faire plombe mes pas. Pas faim.
Dans la maison, l'air est si lourd qu'il m'abasourdit. Je sors sur la terrasse, il y fait aussi chaud mais, de temps en temps, un souffle d'air, à peine, dérange l'immobilité pesante de l'après-midi brûlante.


J'arrose les enfants à intervalles réguliers. Je resterais bien avec eux sous le jet d'eau, mais il faut que je finisse, il faut que je finisse... Mes cheveux m'embarrassent, ma robe me gène, et mes bulletins n'avancent qu'à pas d'escargot. Je jette la robe. En maillot de bain, aspergée d'eau glacée, je reviens à mon pensum. Les gouttes d'eau s'évaporent trop vite sur ma peau. Je respire du feu. Il paraît qu'il fait froid, à Toulouse...

Sunday, June 08, 2008

Of course, I had to be...

I am Elizabeth Bennet!


Take the Quiz here!


I knew it! Who else?...

Sur ce, je vais me relouer la série de BBC et recommencer la relecture de TOUS les romans de Jane Austen!! YES! Un projet pour l'été!!

[A part ça, plaignez-moi: je fais cuire des gâteaux alors qu'il fait 35° et j'ai l'impression d'être DANS le four, plutôt qu'à côté... J'espère que Dudie appréciera le dévouement de sa mère, parce que là, tout de suite, je suis presque de l'avis de son père (je cite): Birthday parties are useless, who needs them?]

Monday, June 02, 2008

Cat walk

...

Dimanche matin. Début juin.
Le printemps impose sa couleur, envahit tout,
jusqu'à la lumière, jusqu'à l'ombre, saturées de vert.
Le chat emmène l'enfant en promenade.
Le chat, l'enfant,
la grâce entre eux partagée.