Monday, October 19, 2009
Sunday, October 18, 2009
Saturday, mid-october
...

7h45: Je suis en retard. Quand on s'engage à surveiller un exam un samedi matin, on arrive à l'heure! Je vois leurs têtes affolées: ils ont cru que j'avais oublié... Cinq minutes de retard, panique générale. Finalement, je commence à l'heure, et c'est parti pour 3h et demie de déambulation entre les rangs ("Stop. Put your pencil down. Put your calculator under the table. Turn your answer sheet to section 3. Open your book test to section 3. You may only work on section 3. You may begin. You have 25 minutes" On and on). Tout ça pour $75...
12h: Sieste. La soirée sera longue, je reprends des forces (sur le canapé, devant un bon feu dans la cheminée...)
14h: Encore ensuquée, mais il faut partir. Mon sac est prêt, avec mes habits de soirée.
14h30: Chez Else. Par bonheur, il reste un peu de soupe potiron-carottes, je n'avais pas eu le temps de manger. Départ imminent pour une après-midi de filles...
15h: Smalltown. Un peu de shopping dans les rues bruineuses, un arrêt à Small World (bondé), et juste le plaisir d'être là, et pas ailleurs, un samedi après-midi d'octobre.
16h: The mall. En temps ordinaire, mon cauchemar. Mais en si bonne compagnie ... J'ai fini par dépenser une fortune (croisé Zara sur mon chemin...), et, au bout de trois heures, nouvellement pourvue de trois nouveaux pulls, d'un nouveau jean, d'un certain nombre de T-shirts et d'un nouveau parfum, j'étais dans un état d'euphorie proche du "sugar high".
20h: Retour chez Else. Une petite heure de pause, pour boire un premier verre, échanger des considérations sur les jupes à imprimé léopard et les ex-boyfriends qui veulent rester friends et se changer pour le dîner.
21h15: C'est un très beau restau. Nous sommes attendues, le champagne (commandé de loin par le Prince Charmant) arrive à notre table tout de suite. Et c'est aussi un très bon restau. Nous sommes traitées comme des princesses. Je crois que je finis par dire un peu n'importe quoi. Mais ce n'est pas grave non plus...
Au dessert, au diable la prudence, je mange une tartelette aux pignons. Les trois autres, alarmées par mon récit, me regardent faire sans toucher aux-dits pignons... Certainement, le vin doit agir en contre-poison?
Minuit: Nous sommes les dernières à quitter le restaurant, escortées par l'armada des charmants serveurs.
Minuit et demi: Je récupère ma voiture, et m'en repars chez moi avec tous mes paquets sur le siège à côté de moi, chantant à tue-tête et plissant les yeux pour ne pas rater les cerfs qui, les imprudents, viendraient se mettre sur ma route...
A la maison, l'Homme regarde encore Pride and Prejudice. Mais c'est déjà dimanche...
7h45: Je suis en retard. Quand on s'engage à surveiller un exam un samedi matin, on arrive à l'heure! Je vois leurs têtes affolées: ils ont cru que j'avais oublié... Cinq minutes de retard, panique générale. Finalement, je commence à l'heure, et c'est parti pour 3h et demie de déambulation entre les rangs ("Stop. Put your pencil down. Put your calculator under the table. Turn your answer sheet to section 3. Open your book test to section 3. You may only work on section 3. You may begin. You have 25 minutes" On and on). Tout ça pour $75...
12h: Sieste. La soirée sera longue, je reprends des forces (sur le canapé, devant un bon feu dans la cheminée...)
14h: Encore ensuquée, mais il faut partir. Mon sac est prêt, avec mes habits de soirée.
14h30: Chez Else. Par bonheur, il reste un peu de soupe potiron-carottes, je n'avais pas eu le temps de manger. Départ imminent pour une après-midi de filles...
15h: Smalltown. Un peu de shopping dans les rues bruineuses, un arrêt à Small World (bondé), et juste le plaisir d'être là, et pas ailleurs, un samedi après-midi d'octobre.
20h: Retour chez Else. Une petite heure de pause, pour boire un premier verre, échanger des considérations sur les jupes à imprimé léopard et les ex-boyfriends qui veulent rester friends et se changer pour le dîner.
21h15: C'est un très beau restau. Nous sommes attendues, le champagne (commandé de loin par le Prince Charmant) arrive à notre table tout de suite. Et c'est aussi un très bon restau. Nous sommes traitées comme des princesses. Je crois que je finis par dire un peu n'importe quoi. Mais ce n'est pas grave non plus...
Au dessert, au diable la prudence, je mange une tartelette aux pignons. Les trois autres, alarmées par mon récit, me regardent faire sans toucher aux-dits pignons... Certainement, le vin doit agir en contre-poison?
A la maison, l'Homme regarde encore Pride and Prejudice. Mais c'est déjà dimanche...
Wednesday, October 14, 2009
Dysgueusie
...
J'ai commencé par jeter une moitié de melon. Dudie ne s'était pas plaint, mais moi je le trouvais immonde, alors, tant pis, il est parti à la poubelle. J'ai horreur de jeter de la nourriture (par atavisme, sans doute; ma mère me fait une scène si j'ose me débarrasser du pain sec).
Puis les tortilla chips épicées dont je raffole: un mauvais paquet, sans doute.
Et puis, tout d'un coup, je gamberge: tous les aliments ont mauvais goût, je dois être malade. Surproduction de bile, estomac en dérangement, que sais-je... Le pain a une horrible saveur amère, le vin badigeonne mon palais d'un goût metallique, le fromage me répugne. Il m'a fallu deux jours à me désespérer - ce que j'aime le plus, je ne peux plus le supporter, mais que vais-je devenir? - avant de googliser: "goût amer dans la bouche". Et là, bingo! Les 5 ou 6 premières entrées m'ont donné la réponse: pignons de pins. Oui, trois jours auparavant, j'avais fait une sauce pistou pour les pâtes avec le basilic du jardin, de l'huile d'olive italienne, du pecorino romano, de l'ail du NJ, et ... des pignons de pin. Pas beaucoup, mais suffisamment pour m'affliger cette dysgueusie. Petits et ronds, les pignons, probablement importés de Chine (bizarrement, ce n'était pas écrit sur le paquet...). Responsables d'une détestable semaine où la faim et le dégoût se sont enchaînés.
Après investigation, il s'est avéré que deux autres personnes ont souffert de maux de ventre et de nausées à la suite de ce repas. Mais pas l'Homme de la maison, qui m'a pour l'occasion révélé qu'il était déficient au niveau de la sensation du goût: apparemment, il n'est pas capable de ressentir l'amer. Ah? (Quand il était au collège, une expérience en classe de science a révélé cet handicap.) Moi, je dois être hyper sensible à l'amer - et c'est sans doute pour cela que je ne supporte pas le café ni la bière.
Une semaine pour que s'effacent les symptômes de la dysgueusie (petit nom charmant, n'est-ce pas?). Je ne crois pas que je retenterai les pignons de si tôt. Depuis, un léger dégoût s'est installé à la surface de mes jours - je compense à grand renfort de chocolat, comme si le sucré qui masque un temps l'amer pouvait l'éliminer. Si peu, en fait.
Puis les tortilla chips épicées dont je raffole: un mauvais paquet, sans doute.
Et puis, tout d'un coup, je gamberge: tous les aliments ont mauvais goût, je dois être malade. Surproduction de bile, estomac en dérangement, que sais-je... Le pain a une horrible saveur amère, le vin badigeonne mon palais d'un goût metallique, le fromage me répugne. Il m'a fallu deux jours à me désespérer - ce que j'aime le plus, je ne peux plus le supporter, mais que vais-je devenir? - avant de googliser: "goût amer dans la bouche". Et là, bingo! Les 5 ou 6 premières entrées m'ont donné la réponse: pignons de pins. Oui, trois jours auparavant, j'avais fait une sauce pistou pour les pâtes avec le basilic du jardin, de l'huile d'olive italienne, du pecorino romano, de l'ail du NJ, et ... des pignons de pin. Pas beaucoup, mais suffisamment pour m'affliger cette dysgueusie. Petits et ronds, les pignons, probablement importés de Chine (bizarrement, ce n'était pas écrit sur le paquet...). Responsables d'une détestable semaine où la faim et le dégoût se sont enchaînés.
Après investigation, il s'est avéré que deux autres personnes ont souffert de maux de ventre et de nausées à la suite de ce repas. Mais pas l'Homme de la maison, qui m'a pour l'occasion révélé qu'il était déficient au niveau de la sensation du goût: apparemment, il n'est pas capable de ressentir l'amer. Ah? (Quand il était au collège, une expérience en classe de science a révélé cet handicap.) Moi, je dois être hyper sensible à l'amer - et c'est sans doute pour cela que je ne supporte pas le café ni la bière.
Une semaine pour que s'effacent les symptômes de la dysgueusie (petit nom charmant, n'est-ce pas?). Je ne crois pas que je retenterai les pignons de si tôt. Depuis, un léger dégoût s'est installé à la surface de mes jours - je compense à grand renfort de chocolat, comme si le sucré qui masque un temps l'amer pouvait l'éliminer. Si peu, en fait.
Monday, October 12, 2009
Thursday, October 08, 2009
Les pompiers devant ma porte
...
Mercredi sous haute tension.
Départ en catastrophe, en super retard.
Journée de petits riens éprouvants.
Réunion du département (je ne m'habitue toujours pas à présider ces réunions - hebdomadaires, il faut que je m'y fasse).
Conflits à répétition entre moi et la technologie (mon ordinateur ne m'aime pas, le projecteur de ma salle a une dent contre moi).
Cyber-conférence avec une marchande qui essaie de me fourguer un software pour apprendre aux élèves à parler une langue étrangère (je me demande à quoi servent les profs?), pendant 45 minutes (quand apprendrai-je à dire "non"?).
Réunion après l'école (de tous les profs sur les cas problématiques).
Discussion avec la (super-gentille) directrice de la garderie après-école, qui me signale que Paolo a fait des siennes (premières bagarres de l'année).
Et puis, et puis ...
Ma rue est bloquée par la police. Au-delà de la voiture des flics, je vois les flashes rouges et bleus du camion de pompiers. J'obtiens le droit de passer (le coeur serré - ils ne seraient pas garés devant ma maison, là?), et je descends pour parler à la fliquette qui me barre le passage. Elle me demande où j'habite et me dit: "Ah, c'est la maison où ..."
Où quoi? Où QUOI? Je passe en revue à toute vitesse ce que j'ai pu laisser branché et qui aurait pu provoquer un incendie. Je suis la reine des têtes-en-l'air, et j'ai à mon actif un bon nombre de situations qui-auraient-pu-mal-tourner (je vous raconterai un autre jour).
Mais non, cette fois ce n'est pas de ma faute, et ce n'est pas très grave. La maison n'a rien. Les grands vents ont poussé les branches de l'arbre devant chez nous contre les fils électriques (non protégés, bien sûr), et l'arbre a pris feu. Pas grand chose, quelques branches carbonisées, les pompiers étaient en train de finir d'éteindre les dernières braises quand nous sommes arrivés. Le voisin est furieux, ce n'est pas la première fois que ça arrive. J'ai beau demander de tous côtés à qui il faut m'adresser, personne ne sait. La fliquette me dit que la mairie n'est même pas au courant quand ce genre d'incident se produit. Le type de la compagnie d'électricité soutient que le canton les empêche de couper les branches potentiellement dangereuses. Les pompiers (très très jeunes) me disent que le feu est éteint et qu'il n'y a plus rien à craindre. Je n'obtiendrai rien de plus de personne.



Après ça, l'homme arrive à 7h - j'étais attendue pour l'anniversaire d'Else à 6h. Je débarque chez elle quand tout le monde s'en va. Elle me sert du champagne quand même. C'est la fin d'un mercredi un peu trop stressé.
Départ en catastrophe, en super retard.
Journée de petits riens éprouvants.
Réunion du département (je ne m'habitue toujours pas à présider ces réunions - hebdomadaires, il faut que je m'y fasse).
Conflits à répétition entre moi et la technologie (mon ordinateur ne m'aime pas, le projecteur de ma salle a une dent contre moi).
Cyber-conférence avec une marchande qui essaie de me fourguer un software pour apprendre aux élèves à parler une langue étrangère (je me demande à quoi servent les profs?), pendant 45 minutes (quand apprendrai-je à dire "non"?).
Réunion après l'école (de tous les profs sur les cas problématiques).
Discussion avec la (super-gentille) directrice de la garderie après-école, qui me signale que Paolo a fait des siennes (premières bagarres de l'année).
Et puis, et puis ...
Ma rue est bloquée par la police. Au-delà de la voiture des flics, je vois les flashes rouges et bleus du camion de pompiers. J'obtiens le droit de passer (le coeur serré - ils ne seraient pas garés devant ma maison, là?), et je descends pour parler à la fliquette qui me barre le passage. Elle me demande où j'habite et me dit: "Ah, c'est la maison où ..."
Où quoi? Où QUOI? Je passe en revue à toute vitesse ce que j'ai pu laisser branché et qui aurait pu provoquer un incendie. Je suis la reine des têtes-en-l'air, et j'ai à mon actif un bon nombre de situations qui-auraient-pu-mal-tourner (je vous raconterai un autre jour).
Mais non, cette fois ce n'est pas de ma faute, et ce n'est pas très grave. La maison n'a rien. Les grands vents ont poussé les branches de l'arbre devant chez nous contre les fils électriques (non protégés, bien sûr), et l'arbre a pris feu. Pas grand chose, quelques branches carbonisées, les pompiers étaient en train de finir d'éteindre les dernières braises quand nous sommes arrivés. Le voisin est furieux, ce n'est pas la première fois que ça arrive. J'ai beau demander de tous côtés à qui il faut m'adresser, personne ne sait. La fliquette me dit que la mairie n'est même pas au courant quand ce genre d'incident se produit. Le type de la compagnie d'électricité soutient que le canton les empêche de couper les branches potentiellement dangereuses. Les pompiers (très très jeunes) me disent que le feu est éteint et qu'il n'y a plus rien à craindre. Je n'obtiendrai rien de plus de personne.
Monday, October 05, 2009
Sunday, October 04, 2009
Petits points
...
Des points, des petits points partout...
Bons points, points de croix, point de toi ici, points de suspension, points de suture, points dans la figure, pointilleux, et points sur l'écharpe autour de mon cou, parce que le temps se rafraîchit, ma brave dame!
Des petits points en fête pour elle , sa petite musique qui me plaît bien et son point sur le i.
Bons points, points de croix, point de toi ici, points de suspension, points de suture, points dans la figure, pointilleux, et points sur l'écharpe autour de mon cou, parce que le temps se rafraîchit, ma brave dame!
Des petits points en fête pour elle , sa petite musique qui me plaît bien et son point sur le i.
Saturday, October 03, 2009
Du temps à moi
...
Bizarre de repartir de l'école à 8 h du matin. Dudie est moyennement content d'avoir été déposé seul. Paolo somnole derrière moi - je l'ai levé au dernier moment. Etrange d'aller en sens contraire de la circulation.
Tout ce que d'habitude je ne vois pas: la mère de famille qui, après avoir déposé ses momes à l'école, fait son jogging, queue de cheval, casquette, brassière de sport laissant voir son ventre remarquablement plat, et cycliste moulant. Les habitués du café où nous nous arrêtons acheter des muffins pour notre petit déjeuner - ils n'ont pas besoin de commander, on leur sert tout de suite ce qu'ils veulent. L'homme qui lit son journal dans un fauteuil. Le jeune père avec son tout petit garçon qui court partout et que la serveuse appelle par son prénom. La femme qui s'arrête acheter son café avant de filer au boulot - To go, please. Dans la rue, le rythme différent des passants.
Tout ce que d'habitude je n'entends pas: les voisins, vaquant à leurs occupations jardinières. Le "thump" du courrier dans la boîte aux lettres. Les cris de joie de très petits enfants que leur mère occupe en les promenant au bord du ruisseau. Le silence de la maison somnolant un après-midi de semaine.
Je ne suis jamais à la maison en semaine. Le rythme de la vie de prof est très différent de ce que j'ai connu quand j'enseignais en France. Ici, les profs (du moins ceux qui travaillent à temps plein) sont tenus d'arriver à 7h45 et ne doivent repartir que la journée d'école finie - c'est-à-dire à 15h30. C'est tôt, certes, mais nous n'avons pas de pause dans la semaine (pas de mercredi ...), et souvent des réunions prolongent nos journées jusqu'à 17h (et depuis que je suis calife, j'ai deux fois plus de réunions que l'année dernière!)
Cette obligation de ne pas quitter l'établissement, même quand nous n'avons pas cours, a deux objectifs: d'une part, nous mettre à la disposition de nos élèves, à tout moment (mes élèves passent dans mon bureau pour poser des questions, passer une interro qu'ils ont manquée, faire un petit cours de rattrapage, préparer un contrôle...), et de l'autre, construire - ce qui est si important ici - un sentiment de "communauté". C'est aussi pour cela qu'il n'y a pas de surveillants dans l'école: les profs assurent à tour de rôle les permanences ("study halls"), le "bus duty", la surveillance de la cour de récré pour l'école élémentaire et le collège (j'y échappe...), le "lunch duty"... Et de même, la plupart des entraîneurs ("coaches" pour les sports après l'école) sont aussi des profs. Bref, nous faisons tout nous-mêmes.
Bien sûr, nous pouvons quitter l'école, de manière exceptionnelle, si nous avons rendez-vous chez le docteur, ou si nous devons aller à la banque, etc. Mais il faut pointer ("sign out"), indiquer notre heure de départ et notre heure probable de retour, ainsi que la raison de notre absence. Ma chef, l'année dernière, était la reine des excuses et prenaient quasiment tous ses jeudis après-midi (elle n'avait pas cours et levait le camp après le déjeuner), ce qui irritait au plus haut point les membres du département (et je n'étais pas la dernière à m'en plaindre...) Cette année, j'ai moi aussi une après-midi de libre, et forte est la tentation de partir à la maison, sous un prétexte quelconque, pour m'offrir un peu de temps à moi - ce qui me manque tellement. Mais je sais que ce serait très mal vu par mes collègues, et puis ... j'ai trop de scrupules et trop de travail pour m'éclipser ainsi. Je ne "bade" jamais pendant mes heures libres - préparations, corrections, paperasse.
Alors, mercredi dernier, j'ai profité. J'ai fait semblant d'oublier que si j'avais, comme en France, mon mercredi, je serais certainement débordée, ce jour-là. Avec les enfants à conduire à droite et à gauche, les copies à corriger, un brin de ménage et ... Sans doute soufflerais-je de fatigue et peut-être même d'agacement, à la fin de la journée. Mais enfin, ce mercredi-là, offert, ouvert, paisible et inespéré, je l'ai savouré. J'ai même fini par faire un banana-chocolate cake très réussi. Et mon Paolo, frais et dispos, sans la moindre trace de fièvre, a regagné l'école dès jeudi. Heureux, comme moi, de la parenthèse.

Tout ce que d'habitude je ne vois pas: la mère de famille qui, après avoir déposé ses momes à l'école, fait son jogging, queue de cheval, casquette, brassière de sport laissant voir son ventre remarquablement plat, et cycliste moulant. Les habitués du café où nous nous arrêtons acheter des muffins pour notre petit déjeuner - ils n'ont pas besoin de commander, on leur sert tout de suite ce qu'ils veulent. L'homme qui lit son journal dans un fauteuil. Le jeune père avec son tout petit garçon qui court partout et que la serveuse appelle par son prénom. La femme qui s'arrête acheter son café avant de filer au boulot - To go, please. Dans la rue, le rythme différent des passants.
Tout ce que d'habitude je n'entends pas: les voisins, vaquant à leurs occupations jardinières. Le "thump" du courrier dans la boîte aux lettres. Les cris de joie de très petits enfants que leur mère occupe en les promenant au bord du ruisseau. Le silence de la maison somnolant un après-midi de semaine.
Je ne suis jamais à la maison en semaine. Le rythme de la vie de prof est très différent de ce que j'ai connu quand j'enseignais en France. Ici, les profs (du moins ceux qui travaillent à temps plein) sont tenus d'arriver à 7h45 et ne doivent repartir que la journée d'école finie - c'est-à-dire à 15h30. C'est tôt, certes, mais nous n'avons pas de pause dans la semaine (pas de mercredi ...), et souvent des réunions prolongent nos journées jusqu'à 17h (et depuis que je suis calife, j'ai deux fois plus de réunions que l'année dernière!)
Cette obligation de ne pas quitter l'établissement, même quand nous n'avons pas cours, a deux objectifs: d'une part, nous mettre à la disposition de nos élèves, à tout moment (mes élèves passent dans mon bureau pour poser des questions, passer une interro qu'ils ont manquée, faire un petit cours de rattrapage, préparer un contrôle...), et de l'autre, construire - ce qui est si important ici - un sentiment de "communauté". C'est aussi pour cela qu'il n'y a pas de surveillants dans l'école: les profs assurent à tour de rôle les permanences ("study halls"), le "bus duty", la surveillance de la cour de récré pour l'école élémentaire et le collège (j'y échappe...), le "lunch duty"... Et de même, la plupart des entraîneurs ("coaches" pour les sports après l'école) sont aussi des profs. Bref, nous faisons tout nous-mêmes.
Bien sûr, nous pouvons quitter l'école, de manière exceptionnelle, si nous avons rendez-vous chez le docteur, ou si nous devons aller à la banque, etc. Mais il faut pointer ("sign out"), indiquer notre heure de départ et notre heure probable de retour, ainsi que la raison de notre absence. Ma chef, l'année dernière, était la reine des excuses et prenaient quasiment tous ses jeudis après-midi (elle n'avait pas cours et levait le camp après le déjeuner), ce qui irritait au plus haut point les membres du département (et je n'étais pas la dernière à m'en plaindre...) Cette année, j'ai moi aussi une après-midi de libre, et forte est la tentation de partir à la maison, sous un prétexte quelconque, pour m'offrir un peu de temps à moi - ce qui me manque tellement. Mais je sais que ce serait très mal vu par mes collègues, et puis ... j'ai trop de scrupules et trop de travail pour m'éclipser ainsi. Je ne "bade" jamais pendant mes heures libres - préparations, corrections, paperasse.
Alors, mercredi dernier, j'ai profité. J'ai fait semblant d'oublier que si j'avais, comme en France, mon mercredi, je serais certainement débordée, ce jour-là. Avec les enfants à conduire à droite et à gauche, les copies à corriger, un brin de ménage et ... Sans doute soufflerais-je de fatigue et peut-être même d'agacement, à la fin de la journée. Mais enfin, ce mercredi-là, offert, ouvert, paisible et inespéré, je l'ai savouré. J'ai même fini par faire un banana-chocolate cake très réussi. Et mon Paolo, frais et dispos, sans la moindre trace de fièvre, a regagné l'école dès jeudi. Heureux, comme moi, de la parenthèse.
Wednesday, September 30, 2009
Mercredi à la maison
...
Paolo m'a offert - sans le vouloir - une journée de vacances. Il n'était pas bien hier, je l'avais bien vu en partant à l'école, mais ce n'est que quand l'infirmière est venue me chercher en plein cours qu'il a fallu reconnaître qu'il était malade. Oh, pas trop: une petite fièvre, une méchante toux et une grosse fatigue. Je soupçonnais plutôt le gros rhume que le début de grippe (j'avais raison), mais on ne transige pas avec les règles de l'école: il ne peut revenir que quand il aura passé 24 heures "fever-free" (sans l'aide de médicament, of course). Alors je me suis organisée, j'ai contacté une remplaçante, préparé mes cours pour elle, prévenu mes élèves. C'est une chance, le mercredi est ma journée la moins chargée.
Paolo a commencé à remonter la pente dans la soirée. Il n'avait rien mangé de son déjeuner (ce qui n'arrive absolument JAMAIS, et est un signe sûr qu'il ne va pas bien - cet enfant est un passionné de nourriture), mais il a retrouvé une partie de son appétit pour le dîner. Je savais bien que ma journée à la maison ne serait pas gâchée par l'angoisse de le savoir à l'article.
Et indeed... J'ai passé une très douce journée. Comme un mercredi, si j'avais des mercredis (ici, Wednesday est un jour comme les autres ...).
Et je me suis rendu compte:
* que le temps passe trop vite quand on trainaille devant l'ordinateur - tout en faisant la liste de toutes les choses qu'on veut accomplir (une dizaine de lessives, le rangement de tous les placards, le triages des affaires d'été, le remontage de la cave des affaires d'hiver, le changement de tous les draps, la préparation des cours pour les 6 mois à venir, le nettoyage de la boîte à e-mails ...)
* que les bonbons du dernier Halloween étaient toujours au fond du buffet, collants, gluants, collés aux sacs qui les contenaient, berk! J'ai tout fait disparaître, tout nettoyé, lavé les sacs et précipitamment recouverts les bonbons au fond de la poubelle, au cas où un petit curieux viendrait l'inspecter...
* que c'est la première fois depuis 5 ans que Paolo manque un jour d'école parce qu'il est malade. La dernière fois, il avait 4 ans et une gastro carabinée (qu'il avait passée à son frère d'ailleurs. Une super semaine. Je m'en souviens encore). En bons enfants de profs, mes fils ne sont malades que pendant les vacances scolaires.
* que tout est plus facile, plus tranquille, quand je suis seule avec mon petit homme. Nous avons navigué notre journée paisiblement, un peu chacun de notre côté, un peu ensemble, en parfaite harmonie. Il a fallu le retour de son frère pour que l'énervement gagne (même moi). Mais ce temps entre parenthèses, rien qu'à nous, nous a fait du bien à tous les deux.
* que même si je n'ai pas tout fait sur ma to-do list, j'ai quand même accompli beaucoup, avec une énergie qui m'échappe généralement le week-end. La machine a tournée en continu, le linge a été plié, rangé, trié. Je n'ai pas touché mon cartable, et pas ouvert mes livres de classe, mais j'ai mis tellement d'ordre par ailleurs que j'ai la conscience tranquille. Non, je n'ai pas travaillé aujourd'hui. Day off. Et c'est très bien comme ça.
* qu'on trouve d'étranges poissons quand on va pêcher dans le ruisseau au fond du jardin...
Paolo a commencé à remonter la pente dans la soirée. Il n'avait rien mangé de son déjeuner (ce qui n'arrive absolument JAMAIS, et est un signe sûr qu'il ne va pas bien - cet enfant est un passionné de nourriture), mais il a retrouvé une partie de son appétit pour le dîner. Je savais bien que ma journée à la maison ne serait pas gâchée par l'angoisse de le savoir à l'article.
Et indeed... J'ai passé une très douce journée. Comme un mercredi, si j'avais des mercredis (ici, Wednesday est un jour comme les autres ...).
Et je me suis rendu compte:
* que le temps passe trop vite quand on trainaille devant l'ordinateur - tout en faisant la liste de toutes les choses qu'on veut accomplir (une dizaine de lessives, le rangement de tous les placards, le triages des affaires d'été, le remontage de la cave des affaires d'hiver, le changement de tous les draps, la préparation des cours pour les 6 mois à venir, le nettoyage de la boîte à e-mails ...)
* que les bonbons du dernier Halloween étaient toujours au fond du buffet, collants, gluants, collés aux sacs qui les contenaient, berk! J'ai tout fait disparaître, tout nettoyé, lavé les sacs et précipitamment recouverts les bonbons au fond de la poubelle, au cas où un petit curieux viendrait l'inspecter...
* que c'est la première fois depuis 5 ans que Paolo manque un jour d'école parce qu'il est malade. La dernière fois, il avait 4 ans et une gastro carabinée (qu'il avait passée à son frère d'ailleurs. Une super semaine. Je m'en souviens encore). En bons enfants de profs, mes fils ne sont malades que pendant les vacances scolaires.
* que tout est plus facile, plus tranquille, quand je suis seule avec mon petit homme. Nous avons navigué notre journée paisiblement, un peu chacun de notre côté, un peu ensemble, en parfaite harmonie. Il a fallu le retour de son frère pour que l'énervement gagne (même moi). Mais ce temps entre parenthèses, rien qu'à nous, nous a fait du bien à tous les deux.
* que même si je n'ai pas tout fait sur ma to-do list, j'ai quand même accompli beaucoup, avec une énergie qui m'échappe généralement le week-end. La machine a tournée en continu, le linge a été plié, rangé, trié. Je n'ai pas touché mon cartable, et pas ouvert mes livres de classe, mais j'ai mis tellement d'ordre par ailleurs que j'ai la conscience tranquille. Non, je n'ai pas travaillé aujourd'hui. Day off. Et c'est très bien comme ça.
* qu'on trouve d'étranges poissons quand on va pêcher dans le ruisseau au fond du jardin...
Monday, September 28, 2009
Thursday, September 24, 2009
Mon chemin
Le thème était "la rue", et sur le chemin de l'école, nous croisons plutôt des routes...
Le premier jour de l'automne, le brouillard nous attendait, nous rappelant - je l'oublie toujours - que nous habitons dans une vallée (ça ne se voit pas à l'oeil nu) (du moins pour moi qui viens d'un pays de montagnes!). Collant aux vitres de la voiture, allongé dans les fossés sur le bord de la route, pressé entre ma voiture et celle de devant, le brouillard plaquait sa main mouillée sur le paysage matinal. Ma brave petite voiture rouge avançait dans le coton. Et puis, plus rien.
"Le brouillard s'est levé", a dit l'aîné.
"Non, nous sommes montés plus haut que lui", a répondu le petit.
[Ma première participation au Self Portrait Jeudi]
Wednesday, September 23, 2009
Tuesday, September 22, 2009
Cupcakes at midnight
.
Le plus dur, dans la rentrée, c'est l'après-rentrée. Les "bilans" de la troisième semaine. Les "debriefings" juste au moment où commence à s'installer l'amorce d'un début de routine. En d'autres termes: une semaine cauchemardesque.
C'est parti:
Lundi: Première réunion des profs du lycée (après l'école). Je viens à peine de m'installer dans la chaise que quelqu'un se penche pour m'avertir: "You have bus duty". Et allez: je traverse l'école en courant pour arriver en nage au point d'arrivée des bus. Les collègues de l'école primaire et du collège (eux aussi de corvée de bus) m'assurent que mon retard n'a pas d'importance, mais leurs regards sont très clairs: "Ne t'avise pas de recommencer". Ooops. Le dernier bus parti, je regagne ma réunion. Arrivée à la maison vers 6h, et on se met aux devoirs. Dans la joie et la bonne humeur, s'entend.
Mardi: Pas de réunion ce soir, je pense pouvoir partir tôt (vain espoir). Une fois expédiée la corvée des bus, je tente de rassembler ma troupe éparpillée à travers l'école (l'un dans la cour de récré, l'autre dans la bibliothèque, un cartable ici, un lunch box là, un blouson oublié dans le casier, combien de fois me faudra-t-il traverser cette école de part en part?). J'ai demandé à Paolo ce qu'il voulait pour son dîner d'anniversaire (demain). A part des pâtes. Un meatloaf, dit-il. Nous partons donc au supermarché chercher de la viande, et j'en profite pour faire le plein de "tout ce qu'il faut pour les gâteaux". Retour à la maison à 5h30, je me mets immédiatement aux cupcakes qu'il faut apporter en classe demain matin (Paolo s'est mis dans l'idée que j'allais écrire l'initiale de chaque enfant sur un cupcake. "Je t'aiderai, maman". Aaargh). Mais il faut que j'abandonne mes cupcakes après la première fournée (je n'ai qu'un mini-four, alors je fais les cupcakes 6 par 6), parce que ce soir, c'est la soirée parents-profs au collège, alors je change de chemise, mets ma casquette (invisible) de parent, et reprends le chemin de l'école. J'ai auparavant recommandé à l'Homme de finir tous les restes dans le frigo, en me laissant la ratatouille.
Soirée parents-profs: je suis l'emploi du temps d'un lundi de mon fiston, passe de classe en classe, écoute les profs présenter leurs cours et leurs méthodes, lis les papiers qu'ils me distribuent, ris à leurs blagues (ce sont mes collègues, il faut les soutenir), tout en pensant que jeudi c'est mon tour (jeudi dernier, j'étais dans la partie école élémentaire, pour rencontrer la maîtresse de Paolo. Je passe tellement de mes soirées dans cette école, c'est effrayant).
Retour à la maison - 9h30, les enfants sont couchés, l'Homme à sa guitare attaché me déclare sur un ton détaché qu'il a passé ma pâte à gâteau toute prête au four à micro-onde, pensant que le tupperware contenait des pâtes. Le temps de piquer une petite crise (toute petite, je le jure, je n'ai même pas élevé la voix et à peine râlé), je me remets à mes cupcakes.
Voilà, il est plus de minuit, j'ai fini les cupcakes, j'en ai brûlé fort peu, j'ai enveloppé un cadeau pour Paolo (celui qu'il ouvrira au petit déjeuner), j'ai mangé toute la ratatouille, et j'ai répondu à quelques e-mails. Demain, réunion du département. Jeudi, réunion des califes, puis soirée parents-profs (pendant laquelle je vais présenter mes cours et représenter mon département - oui, j'ai voulu être calife, il faut assumer). Question: aurai-je le temps de ramener les enfants à la maison et de me changer, entre la réunion et la soirée? Et dormir, cette semaine, c'est possible?
Vendredi soir, je me loue un film, je pose la bouteille de vin à côté de moi et j'ignore le monde entier. Ne me dérangez pas, je commence mon week-end. I can't wait.
C'est parti:
Lundi: Première réunion des profs du lycée (après l'école). Je viens à peine de m'installer dans la chaise que quelqu'un se penche pour m'avertir: "You have bus duty". Et allez: je traverse l'école en courant pour arriver en nage au point d'arrivée des bus. Les collègues de l'école primaire et du collège (eux aussi de corvée de bus) m'assurent que mon retard n'a pas d'importance, mais leurs regards sont très clairs: "Ne t'avise pas de recommencer". Ooops. Le dernier bus parti, je regagne ma réunion. Arrivée à la maison vers 6h, et on se met aux devoirs. Dans la joie et la bonne humeur, s'entend.
Mardi: Pas de réunion ce soir, je pense pouvoir partir tôt (vain espoir). Une fois expédiée la corvée des bus, je tente de rassembler ma troupe éparpillée à travers l'école (l'un dans la cour de récré, l'autre dans la bibliothèque, un cartable ici, un lunch box là, un blouson oublié dans le casier, combien de fois me faudra-t-il traverser cette école de part en part?). J'ai demandé à Paolo ce qu'il voulait pour son dîner d'anniversaire (demain). A part des pâtes. Un meatloaf, dit-il. Nous partons donc au supermarché chercher de la viande, et j'en profite pour faire le plein de "tout ce qu'il faut pour les gâteaux". Retour à la maison à 5h30, je me mets immédiatement aux cupcakes qu'il faut apporter en classe demain matin (Paolo s'est mis dans l'idée que j'allais écrire l'initiale de chaque enfant sur un cupcake. "Je t'aiderai, maman". Aaargh). Mais il faut que j'abandonne mes cupcakes après la première fournée (je n'ai qu'un mini-four, alors je fais les cupcakes 6 par 6), parce que ce soir, c'est la soirée parents-profs au collège, alors je change de chemise, mets ma casquette (invisible) de parent, et reprends le chemin de l'école. J'ai auparavant recommandé à l'Homme de finir tous les restes dans le frigo, en me laissant la ratatouille.
Soirée parents-profs: je suis l'emploi du temps d'un lundi de mon fiston, passe de classe en classe, écoute les profs présenter leurs cours et leurs méthodes, lis les papiers qu'ils me distribuent, ris à leurs blagues (ce sont mes collègues, il faut les soutenir), tout en pensant que jeudi c'est mon tour (jeudi dernier, j'étais dans la partie école élémentaire, pour rencontrer la maîtresse de Paolo. Je passe tellement de mes soirées dans cette école, c'est effrayant).
Retour à la maison - 9h30, les enfants sont couchés, l'Homme à sa guitare attaché me déclare sur un ton détaché qu'il a passé ma pâte à gâteau toute prête au four à micro-onde, pensant que le tupperware contenait des pâtes. Le temps de piquer une petite crise (toute petite, je le jure, je n'ai même pas élevé la voix et à peine râlé), je me remets à mes cupcakes.
Voilà, il est plus de minuit, j'ai fini les cupcakes, j'en ai brûlé fort peu, j'ai enveloppé un cadeau pour Paolo (celui qu'il ouvrira au petit déjeuner), j'ai mangé toute la ratatouille, et j'ai répondu à quelques e-mails. Demain, réunion du département. Jeudi, réunion des califes, puis soirée parents-profs (pendant laquelle je vais présenter mes cours et représenter mon département - oui, j'ai voulu être calife, il faut assumer). Question: aurai-je le temps de ramener les enfants à la maison et de me changer, entre la réunion et la soirée? Et dormir, cette semaine, c'est possible?
Vendredi soir, je me loue un film, je pose la bouteille de vin à côté de moi et j'ignore le monde entier. Ne me dérangez pas, je commence mon week-end. I can't wait.
Ma nouvelle robe préférée
Monday, September 21, 2009
Saturday, September 19, 2009
Mélancolique
.
Mélancolique? Triste, rancoeur, insatisfaction.
A ces mots qui reviennent, à intervalles réguliers, dans les commentaires, j'ai parfois envie de crier:
"Moi? PAS DU TOUT!! Vous ne me connaissez pas. J'ai toujours le sourire, le pas élastique. Je fais rire mes élèves, mes collègues. Je chante à tue-tête (très faux) dans ma voiture et je réveille mes enfants en chansons. J'aime boire, danser et faire la fête. Je ..."
Mais ça ne sert à rien de me défendre. C'est vain. Vous ne me connaissez pas, c'est vrai, et ce n'est pas grave. Ce que je montre, ou laisse échapper ici, c'est ce qui n'a de place nulle part ailleurs. Dans la vie quotidienne, je n'ai pas le temps de traîner ma mélancolie. Dans mon milieu professionnel, je n'ai pas le loisir d'être d'humeur chagrineuse. Mon blog, ma soupape de sécurité. Si je ne peux me laisser aller à des coups de cafard ici, où alors?
Bon, et finalement: oui, j'ai un fond mélancolique. C'est ma nature. Sous des épaisseurs d'optimisme indéracinable. Et, de tempérament latin, je m'emporte vite: passionnée aussi (c'est peu chaotique, comme mélange). Ce qui fait que j'ai de grands espoirs, j'y crois très fort, et je tombe souvent de haut. D'où mes amertumes, ici chroniquées. Et ma tristesse, qui revient en vagues.
Ah, et en Post-Scriptum: j'écris aussi (et assez souvent, j'ai fait un petit retour en arrière) sur mes bonheurs, mes élans de joie. Mais bizarrement, très peu de commentaires sur ces billets-là. J'imagine que le bonheur est si peu original. Et pas très intéressant, au fond.
En fait, ce que je préfère, dans tout ce que j'écris ici, ce sont mes fictions. J'y prends un énorme plaisir. Et je suis, sans aucune modestie, assez fière du résultat. Quelques exemples, ici et là...
A ces mots qui reviennent, à intervalles réguliers, dans les commentaires, j'ai parfois envie de crier:
"Moi? PAS DU TOUT!! Vous ne me connaissez pas. J'ai toujours le sourire, le pas élastique. Je fais rire mes élèves, mes collègues. Je chante à tue-tête (très faux) dans ma voiture et je réveille mes enfants en chansons. J'aime boire, danser et faire la fête. Je ..."
Mais ça ne sert à rien de me défendre. C'est vain. Vous ne me connaissez pas, c'est vrai, et ce n'est pas grave. Ce que je montre, ou laisse échapper ici, c'est ce qui n'a de place nulle part ailleurs. Dans la vie quotidienne, je n'ai pas le temps de traîner ma mélancolie. Dans mon milieu professionnel, je n'ai pas le loisir d'être d'humeur chagrineuse. Mon blog, ma soupape de sécurité. Si je ne peux me laisser aller à des coups de cafard ici, où alors?
Bon, et finalement: oui, j'ai un fond mélancolique. C'est ma nature. Sous des épaisseurs d'optimisme indéracinable. Et, de tempérament latin, je m'emporte vite: passionnée aussi (c'est peu chaotique, comme mélange). Ce qui fait que j'ai de grands espoirs, j'y crois très fort, et je tombe souvent de haut. D'où mes amertumes, ici chroniquées. Et ma tristesse, qui revient en vagues.
Ah, et en Post-Scriptum: j'écris aussi (et assez souvent, j'ai fait un petit retour en arrière) sur mes bonheurs, mes élans de joie. Mais bizarrement, très peu de commentaires sur ces billets-là. J'imagine que le bonheur est si peu original. Et pas très intéressant, au fond.
En fait, ce que je préfère, dans tout ce que j'écris ici, ce sont mes fictions. J'y prends un énorme plaisir. Et je suis, sans aucune modestie, assez fière du résultat. Quelques exemples, ici et là...
Monday, September 14, 2009
Comme un lundi
Wednesday, September 09, 2009
C'est reparti!
.
Nous sommes rentrés aujourd'hui. Le 09/09/09, pour un an d'école tout neuf, tout beau.
(Oui, je sais, une semaine après la France, mais nous n'avons pas de vacances de la Toussaint, nous...)
Lundi soir m'a vu arpenter le grand magasin du coin, listes de fournitures à la main. Je m'attendais à la foule, mais c'était désert: personne dans les allées, et rien sur les rayons. Le peu qui restait avait été rassemblé sur une seule petite gondole. Visiblement, je suis la seule mère indigne à attendre le dernier moment pour faire le plein de crayons de couleurs, compas et rapporteur, classeurs d'un pouce et demi (pas plus!). N'empêche que j'ai réussi à trouver l'essentiel, et j'ai complété avec les restes de l'année dernière. Puisque j'étais là, j'en ai profité pour refaire le plein de pantalons pour Paolo qui dépasse de tous ses vêtements - de tous les côtés. Il a énormément grandi, cet été (presque rattrapé son frère).
Ces courses de dernière minute m'ont fait comprendre que j'étais en plein déni de réalité, mais qu'il fallait pourtant bien se rendre à l'évidence: c'est bel et bien la rentrée.
Ils étaient beaux ce matin, mes garçons, et à l'heure en plus (dommage qu'un embouteillage nous ait bloqués sur la Grand Route ... Nous sommes finalement arrivés à la bourre, comme d'habitude).
Aujourd'hui, c'était le jour des grandes embrassades, des petits cris de joie des retrouvailles, des échanges de souvenirs de vacances. Rentrée sur le mode sautillant. Demain, on commence à bosser. C'est reparti...
(Oui, je sais, une semaine après la France, mais nous n'avons pas de vacances de la Toussaint, nous...)
Lundi soir m'a vu arpenter le grand magasin du coin, listes de fournitures à la main. Je m'attendais à la foule, mais c'était désert: personne dans les allées, et rien sur les rayons. Le peu qui restait avait été rassemblé sur une seule petite gondole. Visiblement, je suis la seule mère indigne à attendre le dernier moment pour faire le plein de crayons de couleurs, compas et rapporteur, classeurs d'un pouce et demi (pas plus!). N'empêche que j'ai réussi à trouver l'essentiel, et j'ai complété avec les restes de l'année dernière. Puisque j'étais là, j'en ai profité pour refaire le plein de pantalons pour Paolo qui dépasse de tous ses vêtements - de tous les côtés. Il a énormément grandi, cet été (presque rattrapé son frère).
Ces courses de dernière minute m'ont fait comprendre que j'étais en plein déni de réalité, mais qu'il fallait pourtant bien se rendre à l'évidence: c'est bel et bien la rentrée.
Ils étaient beaux ce matin, mes garçons, et à l'heure en plus (dommage qu'un embouteillage nous ait bloqués sur la Grand Route ... Nous sommes finalement arrivés à la bourre, comme d'habitude).
Aujourd'hui, c'était le jour des grandes embrassades, des petits cris de joie des retrouvailles, des échanges de souvenirs de vacances. Rentrée sur le mode sautillant. Demain, on commence à bosser. C'est reparti...
Monday, September 07, 2009
Punition
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Je le voulais trop. De manière répétitive, capricieuse. Trop visible mon désir.
J'avais décidé, l'année dernière, que j'irais désormais à la plage pour mon anniversaire. J'avais été heureuse, pour la première fois depuis longtemps, en ce jour si important pour moi. J'avais annoncé, clamé: "Nous irons encore à la plage le jour de mon anniversaire". Nul ne l'ignorait.
Oui, mais voilà.
Il paraît que la nouvelle voiture avait besoin d'être réparée juste ce jour-là. Pas le lendemain, non. Elle roulait pourtant. J'ai encaissé. Un anniversaire sans plage, puis sans bougie, sans champagne (le gâteau, c'est moi qui me le suis fait, et je l'ai trouvé sans goût). J'ai encaissé, mais j'ai commencé à bouder. C'est ma spécialité, depuis toute petite, et je suis très forte. Je peux bouder très longtemps.
Le lendemain, l'homme, réalisant tout à coup mais trop tard son erreur, propose d'aller à la plage. Mais je ne veux plus, toute à ma déception, rancoeur, colère.
Plus tard, j'ai relancé le projet. Mais, pour une raison ou pour une autre, nous n'y sommes jamais allés.
Alors, quand Else est rentrée de vacances, j'ai fixé la date. La veille, j'ai annoncé à l'homme que j'emmenais les enfants à la plage, avec Else. Longue et violente discussion. On passe.
Dimanche, nous avons chargé la voiture - serviettes, couverture, pique-nique, crème solaire ... Mais Else n'était pas prête. Puis nous avons rencontré de nombreux embouteillages. Attente sous un ciel de plus en plus gris. Arrivés finalement à l'océan, il a fallu se rendre à l'évidence: il faisait mauvais. Et quand nous avons payé l'entrée (les plages du New Jersey sont payantes), on nous a annoncé que la baignade était interdite pour cause de courants dangereux. Les garçons ont commencé à pleurer.

Bien fait pour moi, qui espérais tant cette journée sur la plage. Il faisait froid, vraiment froid, beaucoup de vent et de lourd nuages sombres pesaient au-dessus de nous. Bien fait pour moi, qui rêve trop haut et avec trop d'aplomb.

Une fois la déception digérée et le pique-nique en train (il fallait se méfier des mouettes qui lorgnaient sans vergogne nos sandwiches), les garçons ont tombé les pulls et se sont lancés dans des travaux de construction éphémères au bord de l'eau. Ils ont "sauvé" un grand nombre de sea fleas, ramassé un petit bout de méduse (sans se faire piquer, je ne sais comment), creusé, sauté dans l'écume du bord de mer et passé une après-midi somme toute heureuse.

Nous sommes repartis gelés, mais personne ne se lamentait. Le dernier week-end de l'été a été le premier de l'automne - et j'ai dormi seule, une fois de plus.
J'avais décidé, l'année dernière, que j'irais désormais à la plage pour mon anniversaire. J'avais été heureuse, pour la première fois depuis longtemps, en ce jour si important pour moi. J'avais annoncé, clamé: "Nous irons encore à la plage le jour de mon anniversaire". Nul ne l'ignorait.
Oui, mais voilà.
Il paraît que la nouvelle voiture avait besoin d'être réparée juste ce jour-là. Pas le lendemain, non. Elle roulait pourtant. J'ai encaissé. Un anniversaire sans plage, puis sans bougie, sans champagne (le gâteau, c'est moi qui me le suis fait, et je l'ai trouvé sans goût). J'ai encaissé, mais j'ai commencé à bouder. C'est ma spécialité, depuis toute petite, et je suis très forte. Je peux bouder très longtemps.
Le lendemain, l'homme, réalisant tout à coup mais trop tard son erreur, propose d'aller à la plage. Mais je ne veux plus, toute à ma déception, rancoeur, colère.
Plus tard, j'ai relancé le projet. Mais, pour une raison ou pour une autre, nous n'y sommes jamais allés.
Alors, quand Else est rentrée de vacances, j'ai fixé la date. La veille, j'ai annoncé à l'homme que j'emmenais les enfants à la plage, avec Else. Longue et violente discussion. On passe.
Dimanche, nous avons chargé la voiture - serviettes, couverture, pique-nique, crème solaire ... Mais Else n'était pas prête. Puis nous avons rencontré de nombreux embouteillages. Attente sous un ciel de plus en plus gris. Arrivés finalement à l'océan, il a fallu se rendre à l'évidence: il faisait mauvais. Et quand nous avons payé l'entrée (les plages du New Jersey sont payantes), on nous a annoncé que la baignade était interdite pour cause de courants dangereux. Les garçons ont commencé à pleurer.
Tuesday, September 01, 2009
Près de la fin
.
Il ne me bouleverse jamais autant que lorsqu'il touche à sa fin.
Après les dogs days of summer, étouffants, humides et fiévreux, trois jours de pluie pour faire tomber la/les température(s). Et puis l'été est revenu faire son tour d'adieux, en fanfare. Dimanche, je me suis laissé entraîner par les garçons et nous avons entassé les affaires de piscine dans la voiture (pour la dernière fois de la saison?). En roulant, toutes vitres ouvertes sur le ciel éblouissant d'août, les cheveux au vent et le soleil enroulé autour de mon bras, je me suis sentie prise d'un grand bonheur, immense, lumineux. Nous avons chanté à tue-tête, parce que le bonheur est fragile et difficile à dire, mais chanter ne l'effarouche pas (même chanter faux).
Mais il ne faut pas s'y tromper: la saison décline. Nous supportons à nouveau les draps, et même une petite couverture, la nuit. J'ai dû fermer un peu la fenêtre à côté de mon lit, grand ouverte depuis mi-juillet. L'air est transparent et doré, et non plus lourd et languide, troublé d'humidité. La piscine n'est plus saupoudrée d'insectes, mais de feuilles.
Il faut s'y faire: c'est la fin de l'été.
J'ai du mal à croire qu'il soit déjà passé - et passé sous mon nez. J'en ai trop peu profité.
Alors, je me console, à ma manière. Mes lectures estivales se sont accélérées, jusqu'à pas d'heure, il faut lire avant que le boulot ne m'arrache les bouquins des mains.
Et puis je me suis fait des séances de rattrapage. Merci la bibliothèque de Smalltown qui a tant et tant de bons DVD en réserve... Presque tous les soirs, la semaine dernière, j'ai envoyé les enfants dans leurs chambres (il faut qu'ils reprennent le rythme de l'école, ces petits), et me suis installée avec un verre de vin et un bol de glace devant un film. Ne me dérangez surtout pas. Je suis en train de finir mes vacances.

Après les dogs days of summer, étouffants, humides et fiévreux, trois jours de pluie pour faire tomber la/les température(s). Et puis l'été est revenu faire son tour d'adieux, en fanfare. Dimanche, je me suis laissé entraîner par les garçons et nous avons entassé les affaires de piscine dans la voiture (pour la dernière fois de la saison?). En roulant, toutes vitres ouvertes sur le ciel éblouissant d'août, les cheveux au vent et le soleil enroulé autour de mon bras, je me suis sentie prise d'un grand bonheur, immense, lumineux. Nous avons chanté à tue-tête, parce que le bonheur est fragile et difficile à dire, mais chanter ne l'effarouche pas (même chanter faux).
J'ai du mal à croire qu'il soit déjà passé - et passé sous mon nez. J'en ai trop peu profité.
Alors, je me console, à ma manière. Mes lectures estivales se sont accélérées, jusqu'à pas d'heure, il faut lire avant que le boulot ne m'arrache les bouquins des mains.
Et puis je me suis fait des séances de rattrapage. Merci la bibliothèque de Smalltown qui a tant et tant de bons DVD en réserve... Presque tous les soirs, la semaine dernière, j'ai envoyé les enfants dans leurs chambres (il faut qu'ils reprennent le rythme de l'école, ces petits), et me suis installée avec un verre de vin et un bol de glace devant un film. Ne me dérangez surtout pas. Je suis en train de finir mes vacances.
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