Wednesday, April 30, 2008

J'ai aimé avril (1)

Parce qu'on commence à jouer dehors.


Parce qu'on peut faire du basket en pyjama en attendant que le dîner soit prêt.

Monday, April 28, 2008

Image de soi

...
Jeune, je rêvais d'être fascinante et fracassais ma chimère contre tous les miroirs placés sur mon chemin. Fascinante, non, ce n'est pas moi, je n'ai pas l'étoffe pour cela.
J'ai longtemps voulu être intéressante, et me rongeais les sangs de me sentir banale. Pourtant, je ne l'étais jamais autant que lorsque j'en faisais des tonnes pour faire mon intéressante.
La générosité est à l'horizon de mon idéal. La sérénité est l'impossible projet de ma vieillesse.

Je ne sais comment ne pas voler le mot de Christie, qui, dès que je l'ai lu, s'est imposé à moi comme une évidence. Oui, j'ai le fantasme de la muse, moi aussi. Etre cela, pour ceux qui m'entourent: l'étincelle, l'allumeuse du désir créatif (et du désir tout court, aussi, bien sûr, jusqu'à ce que je me recycle en grand-mère). Je voudrais tellement qu'on se souvienne de moi. C'est ma seule arme contre l'angoisse de la mort.

[Dans les pas d'un message qui m'a inspirée aujourd'hui]

Saturday, April 19, 2008

Couleurs

C'est peut-être le plus beau jour du printemps. Il fait 27°. C'est peut-être le soleil.
C'est peut-être parce que c'est le dernier jour d'école pour les Seniors (les élèves de Terminale) et que toute l'école a l'air en pré-vacances. C'est peut-être parce que l'un d'eux a dit publiquement les plus gentilles choses imaginables sur moi.
C'est peut-être parce qu'il m'a donné un hug qui m'a mis les larmes aux yeux.
C'est peut-être parce que je me suis échappée, à midi, et que lorsque la musique a ouvert la route devant moi et en bleu au-dessus de moi, mon coeur s'est serré de bonheur. C'est peut-être le vent dans mes cheveux et ma voiture filant entre les arbres qui explosent en blanc à mon passage.
C'est peut-être parce que ma chef m'a annoncé une bonne nouvelle.
C'est peut-être parce que deux de mes élèves sont longuement restés après la fin du cours, juste pour parler avec moi.
C'est peut-être à cause de mes ballerines et de ma nouvelle jupe.

C'est peut-être parce que le printemps est un vin plus puissant que celui que j'ai bu ce soir, qui a pourtant les couleurs exactes de la lumière à 6 heures et demie du soir en avril.

J'ai passé une très bonne journée.

Friday, April 18, 2008

Maison

Il paraît que nous allons acheter une maison. Mais rien n'est fait, rien n'est fait, ne nous emballons pas! Chat échaudé craint l'eau fraîche, l'expérience de l'année dernière nous rend circonspects. Voilà pourquoi "il paraît".
Et aussi, "il paraît", parce que je n'arrive pas à y croire. Ce n'est pas de l'émerveillement, c'est un doute chevillé à ces difficiles derniers mois.
Bizarrement, la maison dont il s'agit, j'en parlais déjà l'année dernière... C'était celle que nous n'avions pas choisie. Nous y revenons, finalement.

Cette décision remue tellement de doutes, d'inquiétudes, soulève tant la poussière des désaccords accumulés sur onze ans, que je ne peux me réjouir. J'attends, j'attends de voir venir.

[Sur la photo, c'est la maison dans laquelle j'habite actuellement, bien plus jolie que celle que nous allons peut-être acheter. J'ai tellement mal au coeur de la quitter... Mais nous n'avons pas le choix, d'une manière ou d'une autre, il faut lever le camp avant fin juin.]

Tuesday, April 15, 2008

Neige d'avril

...Oh! la merveille, la douceur, le duvet, la couleur, les odeurs... Ivresse!
Même les jours alourdis de fatigue, même les jours tendus, tordus de soucis, impossible d'échapper à l'enchantement.

[Pour ceux qui sont de l'autre côté de la terre et qui entrent dans l'hiver... Je pense à vous!]

Sunday, April 06, 2008

Oh! ça commence...

...
D'abord une petite solitaire, les pieds dans la boue, juste à côté de ma boîte aux lettres.

Puis, deux jours plus tard, ses copines.



Mercredi, pour la première fois, des couleurs sur quelques arbres nus. Chez moi, elles attendent toujours, frileusement enveloppées dans leurs fourreaux roses et verts.



Beaucoup de jaune, tout à coup.



Et puis, aujourd'hui dimanche froid et gris, un peu de magie: sur des branches enchantées, des fées-fleurs en robes de fête...


Cette année, en particulier, j'ai l'obsession de ne rien rater de l'arrivée des fleurs. Mais elles sont tellement plus rapides que moi, tellement ellusives...

Thursday, April 03, 2008

Réversibilité

Je ne sais pas où il est, je ne sais pas qui a eu cette brillante idée ni qui a pris la photo, mais si je savais où le trouver, j’y courrais derechef. De le voir, là, sans ombre sur son visage, les yeux toujours aussi verts, j'ai reçu un grand coup dans le ventre. Qui m'a envoyé cette image? Il me regarde (car je ne doute pas qu'il me regarde, moi, à travers toutes les épaisseurs des intermédiaires qui nous séparent, tout cet espace et tout ce temps) directement, droit devant. J'ai failli défaillir lorsque la photo s'est lentement téléchargée, ligne par ligne, avec une hésitation, une pause, au moment de découvrir sa bouche, son sourire ironique que j'aimais tant embrasser. Le monde est tout petit et celui qui a eu la cruauté ou le génie de rappeler mon amour à ma tendre mémoire a su me trouver dans l'anonymat du vague cyberspace. Suis-je si facilement repérable, ma vulnérabilité clignotant sur mon front, suis-je une cible si facile qu'il suffit d'une photo même pas tout à fait nette pour me faire tomber à la renverse?

Je ne peux détacher mes yeux de ce visage tant aimé. Demain, je le chercherai, je remonterai le courant. J'ai voulu pratiquer la terre brûlée, quelle vanité. Je n'ai pourtant pas la force, ni ne l'aurai jamais, de me couper à jamais de lui. Il suffit de le reconnaître: je ne pourrais jamais prétendre que je ne l'aime plus.


[Cette déclaration est ma cinquième (et dernière, hélas!) participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika. L'amorce vient du billet On efface tout et on recommence de Tassili.]

Monday, March 31, 2008

A gauche toute!

L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement.

La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger... D'un côté, ceux qui sont à gauche. Et de l'autre ceux qui sont à gauche. Ceux qui sont à gauche gueulent le plus fort. Et ceux qui sont à gauche ont généralement raison.

Ce n'est pas parce qu'on est une famille monopartite qu'on doit être une famille monolithique. A bas la pensée unique!

[Cette déclaration est ma quatrième participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika.]

Friday, March 28, 2008

Rengaine

...Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ». Honnêtement, je ne sais pas d'où ça sort, mais c'est ce que chante ma voisine à tue-tête quand elle fait son ménage le samedi matin. Elle doit croire qu'elle a déniché là une pensée profonde, le condensé d'une philosophie de la vie particulièrement éclairante, parce qu'elle a recopié les mots (avec des ronds à la place des points sur les i) sur une carte en bristol qu'elle a scotché sur sa porte d'entrée. Comme ça, même si par bonheur et par hasard j'arrive à échapper à sa ritournelle de début de week-end (les semaines où je découche), elle est certaine qu'au moins je ne peux ne pas me soumettre à la tyrannie visuelle de sa maxime préférée, parce que je suis contraint de passer devant sa porte en rentrant chez moi. J'ai bien essayé de fermer les yeux pour grimper les trois dernières marches avant le palier du 4e, mais, malheureusement, mon sournois cerveau immédiatement reproduit l'image mentale de ce que j'essaie d'éviter, et le bristol reste scotché dans mon crâne encore plus longtemps que si je laisse négligemment traîner mes yeux dessus.
J'ai tenté, subtilement, de détourner ma voisine vers d'autres rengaines. Je lui glisse en cachette des CD dans la boîte aux lettres. J'attends en vain qu'un samedi elle me chante "Zaza tu pues mais j't'aime quand même" (avouez que c'est tout de même d'un autre niveau!), mais rien, elle est sourde à toute autre mélodie que celle qui me vrille les tympans, un lendemain de fête particulièrement réussie, où mon numéro au torchon a fait grand effet. Je m'aperçois d'ailleurs que j'ai eu tellement de succès que je ne suis pas rentré seul: à côté de moi, la tête enfouie sous l'oreiller, il y a quelqu'un qui grogne désespérément: "Mais faites-la taire!" L'oreiller se soulève, et je m'aperçois que le visage en dessous n'est pas mal du tout. Elle me regarde en plissant les yeux (elle doit être myope) d'un air interrogateur. Je hausse les épaules en signe de résignation. Alors, elle rejette la couette, se lève avec détermination (ce qui va avec le visage vaut aussi la peine d'être vu) et se dirige résolument vers la porte d'entrée de mon minuscule studio. Je lui propose un T-shirt alors qu'elle a déjà la main sur la porte. Elle l'enfile dédaigneusement, et s'en va, ainsi vêtue, tambouriner à la porte à côté. La voisine s'arrête de chanter, ouvre la porte. Je n'entends pas distinctement le dialogue qui suit, mais les deux portes se referment, le T-shirt voltige à travers la pièce, et dans l'absence résonnante des déclamations lyriques de ma voisine, une jolie fille se pelotonne contre moi en murmurant: "Elle m'a réveillée, la garce, mais au fond, tant mieux, autant en profiter... Non?" Je crois que je vais la garder avec moi, celle-là. Et longtemps, si possible. Parce que le temps, c'est de l'amour. Non?
[Cette ritournelle est ma quatrième participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika.
Cette amorce provient de Réhabilitons un grand auteur, de M. LeChieur.]

Lila


Vous savez pas la dernière? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. Vous ne m'y reconnaîtriez pas. D'ailleurs, j'en arrive moi-même à douter de l'existence de ce blog, de cette fille. Là-bas, je n'ai plus le même nom. A peine une voyelle d'écart. Je n'ai pas le même âge, non plus, pas la même vie. Là-bas, je suis une aventurière. J'ose aimer, désirer, revendiquer, me fâcher. Gueuler. Et pardonner. Deux fois plus d'âme, en quelque sorte. Là-bas, je parle sans me retenir. Je parle de sexe, de trahison, de déception. Là-bas, je ne suis pas jolie, mais j'ai cette sorte de charme qui fait se tourner les têtes vers moi. Là-bas, je suis amoureuse d'un jeune homme, et cela ne me soucie pas. Les princes charmants sont faits pour être séduits, emportés sur mon cheval blanc. Là-bas, j'ai le courage de mes sentiments et je sais prendre des décisions. Là-bas, je suis parfois seule.

Lila, c'est moi en mieux. Elle a réussi partout où j'ai échoué. Elle a fini sa thèse, elle. Mais elle n'a pas d'enfants. Lila, à l'embranchement, a pris l'autre route. Sa vie est passionnante, parfois j'y passe de longues heures. Lila a le sens de l'humour, elle sait faire rire ceux qui la lisent. Je ne sais que toucher, apitoyer, geindre. Il faudrait parfois que Lila me donne de grands coups de pied dans le derrière.

Lila a trente-deux ans, un chat, et elle voyage. Il faut que je fasse attention à ce qu'elle n'absorbe pas trop de mon temps, de la matière de ma vie. Je finirais facilement par lui donner la meilleure part de mon énergie. D'ailleurs, j'en arrive à douter de mon existence: elle est parfois plus réelle que moi.

Je ne vous donnerai pas l'adresse de son blog. Vous m'abandonneriez, vous aussi, pour elle.

[Cette pseudo-confession est ma troisième participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika.
L'amorce provient de Chronique d'une thèse annoncée, de Krazy Kitty.]

Wednesday, March 26, 2008

Défigurée

...Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leurs larmes les pierres insensibles. Je crois que je ne dormirai plus jamais. Mes yeux sont très grands, très grand ouverts et très secs. Je ne pleurerai plus jamais non plus, j'en suis sûre. Mon visage a changé depuis hier, je sens bien que ma peau s'adapte lentement à la nouvelle forme de mes traits.

Cette falaise, d'où se sont jetées trois gamines en cinquante ans, attire les chagrins d'amour et les âmes en peine. Mais j'ai oublié d'être romantique. J'ai été abandonnée, certes, doublement abandonnée, mais j'ai par dessus tout horreur de la pagaille émotionnelle, du débordement de tous ces fluides chauds et gluants (le sang, les larmes et tout le reste) et ce n'est pas demain la veille que je me consolerai de l'amertume de la vie dans le néant doucereux de l'au-delà.

Ce soir, après les avoir vu partir, se lever, me tourner le dos et partir, j'ai cru tomber de très très haut et j'ai dû me forcer à me resituer géographiquement pour m'assurer de l'impossibilité physique de ma chute dans la mer, de mon éparpillement en morceaux sanglants sur les rochers indifférents. Mais le vertige est resté. Ah! A quel moment ai-je donc établi une telle falaise dans mon paysage intérieur? Il m'a aidé, c'est sûr. Avant lui, je n'avançais que sur terrain plat, dans le brouillard. De l'inconvénient de ces rencontres qui provoquent de telles secousses telluriques. Des bouleversements qui portent gravement atteinte à la morphologie aussi bien interne qu'externe.

Demain, personne ne me reconnaîtra. Tailladée à vif. Il vaut mieux que je parte.

Demain, j'étoufferai le bruit de la mer. Je mettrai de la distance, j'irai si loin. Demain, ce n'est pas dans très longtemps, c'est presque maintenant. Pourquoi alors le temps tourne-t-il en rond dans l'écume? Faites taire ces pleureuses. Est-ce que je pleure, moi?


[Cette petite histoire est ma deuxième participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika
Le texte d'origine est "Au bord de la mer", de Zoridae]

Tuesday, March 25, 2008

The secret life of the mind

Ce qui se fait en douce...

J'ai fait une liste, au début des vacances. Pleine d'espoir, et aussi par avance désespérée de savoir que je ne m'y tiendrai pas. Absolument pas. Comme si je pouvais me bercer d'illusions quant au week-end précédent la rentrée (dans quatre jours, aarrgghh...): oui, je serai devant mes copies, ravagée de colère contre moi-même, de stress à l'idée de n'avoir pas terminé à temps, d'accablement devant mon incapacité à échapper à la malediction de la procrastination.


J'ai quand même un peu avancé (pas beaucoup). Et puis, il y a ces choses qui se sont faites - ou défaites - toutes seules.

Je n'ai pas pris de décision. Mais je n'ai pas eu besoin de lui dire que je restais, que je ne partais pas. Il en a senti l'évidence comme moi. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose, cette évidence. Il vaut toujours mieux que rien ne soit gagné d'avance.

Maintenant, j'attends la suite. Et j'espère encore rayer de ma liste les tâches accomplies. J'espère encore.

Reach for the moon

...Maintenant que l'affaire est médiatisée, que non seulement les sites internet, mais aussi la radio et la télé parlent de l'affaire, je me sens plus libre d'en parler. Oui, c'est vrai, tout est vrai, même si cela paraît ahurissant, incroyable. Et si je peux vous l'affirmer de manière si péremptoire, c'est parce que cette affaire me touche de près. De très près même, mais passons.

Alors, quelques précisions, en même temps qu'un récapitulatif de tous les éléments que vous trouverez épars ici et là dans les média. D'abord, c'est bien sûr un cadeau. Un guitariste de rock, aussi célèbre et adulé soit-il, n'aura jamais les moyens de se payer une telle extravagance. Le coût total de l'opération est inchiffrables, paraît-il. Le-dit guitariste n'en a cure: il sait qu'il n'est pas le premier à avoir été contacté par l'agence, il était même loin sur la liste. Mais il est le premier à avoir accepté l'insigne honneur qui lui était fait. Alors c'est lui qui s'envolera sur la navette Endeavour. Mais pas seul, comme l'ont déjà noté bien des magazines people.

Pourquoi avoir accepté? Pour voir du pays, a-t-il répondu ("laconiquement" note un journaliste pour se donner des airs littéraires; malheureusement pour lui, l'adverbe est fort inapproprié. "Ironiquement" seul convient.). Moi je sais qu'il veut surtout s'éloigner.

Que va-t-il faire là-bas? Oh, pas grand-chose: se reposer, lire, regarder les étoiles. Rêver à ceux qu'il a laissés sur terre (est-ce qu'on se sent moins seul quand on est rêvé par quelqu'un?). Flotter. Faire de la musique "expérimentale" (ah ah). Et d'autres choses aussi.

Combien de temps restera-t-il? Ah, jusqu'à ce qu'on vienne le rechercher. Il laissera sa place au locataire suivant. Forcément, quand la nouvelle s'est répandue de son prochain départ, les envies se sont déliées, les angoisses surmontées, les jalousies aiguisées. La liste est longue de ceux qui lui succèderont dans la villa "Moonbeam". Mais il aura été le premier, le tout premier à passer deux semaines de vacances sur la lune.

L'été dernier, nous nous disputions au bord de la rivière, encore une fois, pour une de mes bouderies récurrentes qui commençaient à le lasser sérieusement. J'ai essayé - trop tard, trop tard - de dénouer, de déjouer la tension: "Tu sais très bien que je demande toujours la lune!" Mon ton badin est tombé complètement à plat. J'ai écouté avec effroi le "pouf!" de sa chute dans le silence épais. Et puis il a dit: "I can promise you will never get it". Il s'est levé, il est parti.

Il part dans 10 jours. Il emportera avec lui plusieurs de ses guitares, des livres sur cd, une photo de son chat. Dans la villa, il y a de quoi préparer des petits plats à l'aide d'aliments lyophilisés, une terrasse d'où on a une vue imprenable sur la terre, une bibliothèque très fournie, un lit apparemment très confortable, des chaises longues, des hamacs... A croire qu'on n'y fait que la sieste.

Non, il ne partira pas tout seul. Oui, il sera en galante compagnie. Mais je ne serai pas celle qui se posera sur la lune avec lui.


[Cette petite histoire est ma première participation au Sablier du printemps lancé par Kozlika
L'amorce vient d'un billet de TarValanion, ]

Thursday, March 20, 2008

Looking ahead

...Bon, vu d'ici, ça va mieux. D'avoir écrit, mis à plat, la trame de cette situation si tendue a quelque peu contribué à relâcher les noeuds que je sentais avec angoisse se resserrer autour de moi. J'ai fait fi de l'ultimatum, et ... rien. Il me rappelle quotidiennement qu'il attend une réponse. Je répète calmement que je m'en souviens.

Oui, ça va mieux. De vous avoir parlé, de vous avoir écouté(e)s, entendu(e)s. Et aussi de savoir que, non, je n'ai pas de cancer du sein (la probabilité était infime, mais cette jeunette gynéco avait quand même réussi à me foutre la trouille). Mon hypocondrie n'étant jamais à court de ressources, j'ai encore sous le coude d'autres sujets d'inquiétude, mais quand même - quand même! - ça va mieux.

Ma belle-mère est repartie hier, j'ai pu récupérer ma chambre (encore subliminalement empreinte de l'odeur de son parfum) et dormir dans mon lit (notre lit). Alors, ça va mieux.

Vous avais-je dit que j'avais passé le week-end dernier à New York? Que j'y avais trouvé un nouveau parfum, un prince charmant, des macarons AAAAHHHHH, des macarons à se mettre à genoux (ben oui, quand on est en manque, les réactions sont un peu extrêmes), and more?...
J'ai aussi croisé le Whitney Museum (photo), qui, c'est le moins qu'on puisse dire, attire le regard.

Wednesday, March 19, 2008

Where to go from here

...
Je suis en vacances, en sursit, en équilibre entre désespoir et soulagement, en colère, en transit.

Je suis incapable de prendre une décision. C'est pathologique: je ne peux pas. Lorsque je suis face à une alternative, je choisis toujours la troisième solution, celle que personne ne me propose: je fuis. Je m'endors. Je laisse traîner jusqu'à ce que la possibilité de choisir disparaisse. Je suis alors dans l'obligation de vivre avec les conséquences de mon non-choix, qu'elles me plaisent ou non.

Il m'a posé un autre ultimatum. Je dois prendre une décision avant jeudi. C'est quand jeudi? Demain. Et, bien sûr, j'en suis incapable. Je tourne en rond, affolée, me cognant partout dans ma tête pour trouver une raison de me déterminer. Et je ne trouve rien, je panique de plus en plus, j'ai envie de dormir jusqu'à la fin des temps. Je trouve des motifs de distraction, je m'invente des menaces plus graves que les siennes pour détourner mon attention. En trois jours, je me suis découvert au moins deux maladies mortelles, et j'ai quatre RV pour de multiples examens médicaux. Je suis déjà à moitié morte (de peur). C'est pathétique, je sais.

Si seulement je savais ce que je veux, ce que je veux vraiment...

[Photo: New York, le week-end dernier. Mais qu'est-ce que je fais là?]

Thursday, March 13, 2008

Après la tempête

.
Il reste des débris. Les plus grosses branches ont été balayées, enlevées de la route qu'elles entravaient, et la circulation de la vie quotidienne a repris son cours. Mais il reste ça et là, et surtout devant chez moi, les traces du grand vent de la semaine dernière.
Qu'est-ce qui m'a pris de secouer ainsi les fondations de ma vie-telle-qu'elle-est? Lui me répète et répète que ma vie-telle-que-je-la-rêve n'est qu'une illusion. Il a sans doute raison. Mais est-ce une raison pour me contenter des choses en l'état?

L'étrange calme après la tempête, les bruits atténués, l'éclat plus lumineux du quotidien, n'a pas duré. Il a mal compris mes avances, a cru que je me rendais. Et nous voilà repartis pour un tour.

Tuesday, March 04, 2008

Le chat à l'eau

Elle s'appelle Gracie, et elle est un peu particulière. Entre autres étrangetés, elle ne boit que dans l'évier et elle adore que l'eau lui tombe sur la tête ou sur le cou... C'est visiblement un des grands plaisirs de son existence.

Je crois qu'elle ne sait pas qu'elle est chat.
Je connais bien le problème.

Wednesday, February 27, 2008

Augustana

Trouvé ça et là, et dernièrement chez Versac, un petit jeu où le hasard vient rencontrer mes secrets... J'aime bien.
Vous pouvez jouer, vous aussi.

Voilà les règles:

Album Cover Generator
1.
http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article de la page est le nom de votre groupe.
2. http://www.quotationspage.com/random.php3
Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album.
3. http://www.flickr.com/explore/interesting/7days/
La 3ème photo, quelle qu'elle soit, sera votre pochette d'album!


PS: Z'avez-vu ma nouvelle bannière? Pas mon oeuvre, oh non, mais celle d'une petite fée des ordinateurs qui s'est penchée sur mes problèmes de perspective déformée, et d'un coup de clavier magique, hop là!, a fabriqué exactement l'image qui me fallait. Merci Camille!

PPS: Je m'aperçois qu'on ne peut guère lire le titre de mon premier album, c'est quand même dommage! Mais comme je viens de passer une heure à bidouiller cette pochette d'album (avec beaucoup de difficulté), je ne vais pas sur le métier remettre mon ouvrage.
Le nom de mon groupe est AUGUSTANA et le titre est :
On a day with no 'Y' in it.

Saturday, February 23, 2008

Finalement!!!

!Yep! It is a SNOW DAY!!!
YEAAAAHHHHHHHHH!!!

Un vrai, avec coup de téléphone à 5h30 du matin, retour au lit tout chaud jusqu'à 9h et Dudie qui débarque dans ma chambre tout ensuqué: "Mais maman, on a oublié de se réveiller!"


Un Snow Day, un vrai, avec pancakes au petit déjeuner...


une matinée de luge...


et chocolat chaud, bien sûr.

J'ai même réussi à caser 3 heures et demie de boulot et un dîner avec Else et sa fille, je suis assez fière de moi! Il faut dire (pour ceux, malheureux, qui n'ont jamais eu le bonheur d'en connaître un) que les Snow Days ont une particularité unique: ils sont extensibles. Ils laissent du temps pour tout. Ils rendent heureux.
Today, the snow made my day.

Monday, February 18, 2008

Valentines (suite)

.

Même si on est passé de la fête des amoureux à la fête de j'aime-tout-le-monde (avec avalanche de bonbons), il n'en reste pas moins que les hommes sont ici tenus de ne pas oublier leur chère et tendre en ce jour bordé de rose. (Voire leurs filles, s'ils en ont. Ou leur secrétaire. Ou n'importe quelle représentante de la gente féminine avec laquelle ils sont amenés à être tant soit peu en contact).
Mais le plus important, donc, c'est d'honorer la femme qui partage leur vie. Jeudi soir, après l'école, je croyais en avoir fini avec toutes ces mièvreries, mais que nenni. Au supermarché du coin où j'étais allée faire trois courses, j'ai trouvé le parking étonnamment rempli d'hommes. Tous un bouquet à la main. Et à l'intérieur, ils étaient venus, ils étaient tous là.

Le papa et son fiston encore en kimono de karaté, qui attendent patiemment (le gamin frissonnait) que la vendeuse finisse d'emballer les fleurs avec les rubans et les coeurs appropriés.
Le beau gosse, son portable à l'oreille, qui triture les roses blanches (la fleur de l'amour, ici, c'est l'oeillet rouge. Mais, lui, visiblement too cool for school, il ne peut pas faire comme les autres), en prend une, la repose, en prend une autre...
Celui qui avait oublié (comment peut-il?...), et qui, l'air très contrarié, choisit le bouquet le plus cher en espérant que ça suffira. Pas le temps d'aller au Mall pour un petit cadeau. Quelle galère se lit en toutes lettres sur son visage.
Le jeune père de famille qui projette un bon petit repas et laisse son bébé détruire méthodiquement les marguerites posées à côté de lui dans le chariot.
L'adolescent mal à l'aise, qui erre, l'air sombre, devant l'étal des boîtes de bonbons spécial Saint Valentin, se décide tout d'un coup, saisit une énorme boîte en forme de coeur, fonce vers les caisses en priant pour que personne ne le reconnaisse, ne l'interpelle ou se moque de lui.
Les deux pépés qui choisissent des cartes pleines de coeur et les commentent bien fort.

Et moi avec mon yaourt nature pas sexy, mes endives et mes carottes. Et du produit vaisselle. Il faut bien que quelqu'un aille à contre-courant de toute cette amourosité, non? Sinon, on finirait par être noyés dans le rose bonbon. (J'ai toujours détesté le rose).

Thursday, February 14, 2008

Un peu dégoûtant

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La première année, quand Dudie était en Kindergarten (l'équivalent de la dernière année de maternelle, mais ici, c'est la première année de l'école primaire), je ne m'étais doutée de rien. J'étais prête pour Halloween (mais, pas de chance, dans le Mid South, on ne fête pas Halloween dans les écoles publiques, de peur d'encourager l'engouement pour la magie noire. A la place, on a eu droit à une "Fête des moissons" sans flonflon), je me doutais bien qu'il y aurait une "class party" pour Noël (Ah, pas tout à fait, c'était plutôt une célébrations de toutes les fêtes de fin d'année, pour ne pas heurter les non-Chrétiens. Alors Kwanzaa était de la partie aussi, et peut-être même l'Aïd et Diwali). Mais je ne m'attendais pas à tel vacarme autour de la Saint Valentin. Ce jour-là, mon fils est arrivé à l'école comme les autres jours (c'est-à-dire à 7h20, le malheureux). Mais il en est revenu chargé de cartes toutes plus roses les unes que les autres et de bonbons bon marché. Il portait aussi une grosse rancune: "J'étais LE SEUL qui n'avais rien à donner aux autres, LE SEUL!"

Je ne me suis plus laissé surprendre. Chaque année, j'ai acheté des mini-cartes (par paquets de 36), qui disent des choses comme: "Let's have fun on Valentine's day!" ou "Happy Valentine's day to someone who is super cool" ou encore (plus osé): "You make my heart flutter on Valentine's day!", avec plein de coeurs et de sirupeuses illustrations. J'ai aidé Dudie, puis Paolo quand il a eu l'âge, à écrire le nom de chacun de ses camarades de classe (sans oublier la maîtresse). Car, si à l'origine les enfants ne donnaient des "Valentines" qu'à leurs amis les plus proches, la tradition a été modifiée sous la pression des parents: désormais, on doit donner la même chose à tous les enfants de la classe, aucune exclusion, aucune discrimination (Quelle illusion!). Par expérience, il faut commencer à préparer les cartes bien avant la veille au soir, sinon ça risque de tourner vinaigre après la 8e carte.

Et puis, nous sommes arrivés sur la Côte Est, et là, nous avons constaté un net changement: les cartes se sont lestées. Et d'année en année, les "petits cadeaux de l'amitié" sont devenus de plus en plus gros: on est passé d'une sucette scotchée sur une carte à une petite boîte de chocolats, ou à des petits jouets. Cette année, on bat tous les records: mini-jeux, chocolats, graines de lavande à planter ("Tiens maman, ça je te le donne, ça ne m'intéresse pas"), carnets, petites peluches... C'est comme si les parents rivalisaient à travers ce que leurs enfants distribuent à leurs camarades de classe. Un peu dégoûtant. Mais quelques parents résistent (ou simplement n'ont pas les moyens d'entrer en compétition), et se contentent des bonnes vieilles cartes: "To a dude with an attitude, Happy Valentine!"

J'ai acheté, il y a deux week-ends, de grosses coccinelles en chocolat que Paolo a collées sur des coeurs en papier épais découpés par son père. Fait maison, en quelque sorte. Dudie, lui, a voulu jouer l'originalité et s'est mis en tête de faire un petit origami pour chaque enfant de sa classe. Bien sûr, ça lui a pris un temps considérable, mais il l'a fait avec beaucoup de soin et il était très fier du résultat. Je m'attendais un peu à ce qui est arrivé: il est revenu déçu, les enfants n'y ont pas prêté grande attention ou n'ont pas compris ce que c'était. Il avait fait des oiseaux, des volcans et des paniers de basket (tout ce qu'il avait appris dans sa classe d'origami, qu'il a commencée il y a quelques semaines), et ses copains n'ont même pas cherché à savoir ce que représentaient ses fragiles constructions de papier. C'est un peu triste. (Mais en même temps, il a travaillé consciencieusement et avec persévérance, et je suis sûre que la satisfaction qu'il en a tirée contre balance son amertume).

La journée est finie et j'ai une légère nausée. Trop de mièvreries. Beaucoup beaucoup trop de rouge, de rose et de sentiments sucrés. Vivement la semaine prochaine, que recommencent les jalousies et les disputes.


Sunday, February 10, 2008

Bannière?

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Comment fait-on pour installer une bannière, en haut de la page? Une qui s'étale sur toute la largeur, et pas juste une petite photo dans le coin? Quelqu'un a une idée?

[La photo n'a rien à voir avec ma question, mais je l'aime...]

Thursday, February 07, 2008

Nine daughters

.Je vous ai menti, quand je me suis lamentée (tout haut ou tout bas, je ne m'en souviens plus) de ne pas avoir de fille. En fait, j'ai des filles. Neuf, cette année. Toutes adolescentes (ce qui fait que parfois je me réjouis de les rendre à leurs autres parents à la fin de l'après-midi).

Ce sont mes petites chéries, mes protégées, mes advisees. Dans ce système scolaire où le concept de classe n'est pas du tout le même qu'en France (la "classe", c'est l'ensemble des élèves d'une même année. Par exemple, la classe 2008, ce sont les terminales, cette année, ceux qui quitteront le lycée en 2008), il n'y a pas de professeur principal. Le "Dean" de la classe s'occupe de la discipline, de tout ce qui est administratif, des gros problèmes et des regroupements hebdomadaires (Class meeting). Mais il lui est impossible d'avoir une relation proche avec les quelques 95 élèves de sa classe. Alors, à chaque élève est attribué un "advisor", sorte de tuteur, conseiller, agent de liaison avec la famille, avocat au besoin, négociateur à l'occasion, parent de substitution de temps en temps... A partir de la deuxième année de lycée, l'élève peut choisir son advisor.

J'ai commencé avec 4, l'année dernière j'en avais 6 et cette année je me retrouve avec 9 filles. Elles insistent pour maintenir la non-mixité dans le groupe (et j'avoue que ça me va bien). Les petites nouvelles, cette année, ont un peu de mal à s'intégrer, tant la petite bande compte de fortes personnalités. Mais, peu à peu, elles se font une place.
J'adore mes filles (ce qui n'exclut pas l'agacement, parfois). A l'exception d'une seule qui fait de l'espagnol, elles parlent toutes français (plus ou moins bien), ce qui me permet de passer d'une langue à l'autre, j'adore ça (elles aussi). Chaque mardi, après le déjeuner, nous avons advisory, notre réunion hebdomadaire, qui nous met toutes de bonne humeur. Nous fermons la porte de ma salle de classe, et je les laisse parler, de leurs cours, leurs profs ("Mais non, cette prof ne te déteste pas, d'ailleurs, je te l'ai déjà dit, les profs n'ont ni le temps ni l'énergie de détester leurs élèves!"), de leurs notes, leurs brouilles, leurs copains... Mais aussi de leur vie en dehors de l'école, la famille, les activités du week-end, tout ce pan qui m'échappe alors que j'ai l'impression de les connaître si bien.

Nous avons une "conférence" sur notre système de e-mail, qui nous permet de poster des messages lus par nous seulement. Hier soir, parce que nous n'avions pas envie de travailler, parce que certaines d'entre elles venaient de recevoir des notes horribles à leur contrôle de chimie (un des cours les plus difficiles de l'école), parce que nous avions besoin de resserrer nos liens, nous avons commencé une longue conversation par e-mail. L'une répondant à l'autre, nos messages se sont enchaînés... et nous avons échangé 98 e-mails. Je sais, c'est ridicule, je n'ai pas du tout travaillé, mais j'ai bien rigolé.
Tout avait commencé par les lamentations de l'une d'elles, clamant que ses parents allaient la renier (suite à son carton en chimie). Je me suis fendue d'une petite leçon sur "Comment Faire Passer Une Mauvaise Note Inaperçue", que voici:

I have THE SOLUTION. Philosophy.

Here what you are going to do: You come home looking elated, and you tell your parents you attended an extraordinary class : a Philosophy class. In this class, you learned how to detach from material contigences (is it an English word? K.?), and you are now living in the realm of pure spirituality. You tell them that you have to practise finding the right perspective to look at things and you ask them if they want to practise with you. The first exercise is to focus on something that usually makes you upset and to force yourself to smile. Then you have to consider how unimportant this small annoyance will be in 5 years from now... Ask them if they are ready to "look at things from above" and to "put things in perspective"... and then tell them your grade. And admire how they are able to be detached from non-essential things. Am I a genius, or what?

Bon, elles ont trouvé que c'était de fort bons conseils, mais il se trouve qu'aucun de leurs parents n'est très versé philosophie. Dommage.

my parents i dont think are to much of a fan of philosophy. its more like (from my eyes) there is only one way to do things and if you dont do it that way you're just messing everything up

Ma réponse: That is why they have a daughter... To introduce in their life the poetry of the unexpected.

Quand nous ne discutons pas philosophie, nous avons aussi nos "silly moments". Parfois, il faut que je me rappelle que ce sont des adolescentes (et que je n'attende pas trop d'elles). Parfois, il faut que je me rappelle que je ne suis plus une adolescente (et que je continue à être l'adulte responsable dans le groupe).

N: Due to incredible stress, i think we all need to do weekly yoga classes

A: CAN WE GO SHOPPING FOR CUTE YOGA CLOTHES?

Avec des filles comme ça, je ne connais jamais l'ennui. Jamais.

Monday, February 04, 2008

TGV

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Question; je lui donne quelque chose (un demi-point?) pour sa "créativité"?
Franchement, j'aime bien sa définition du TGV... Pas vous?

Ah, j'ai un faible pour ceux qui savent retourner la situation en leur faveur: "Je ne sais pas, mais regardez plutôt ce que je sais faire..."

Thursday, January 31, 2008

2007: le bilan

.Voilà, nous sommes fin janvier, et je n'ai toujours pas pris mes résolutions du Nouvel An. J'imagine que c'est trop tard, maintenant (pareil pour les cartes de voeux qui attendent d'être envoyées). En fait, j'ai laissé traîner parce que la lourdeur des décisions à prendre me paraît insoulevable pour le moment. Je préfère enfouir ma tête sous le sable et éviter de voir plus loin que demain.
Trop tard, donc, pour les bonnes résolutions, mais peut-être ai-je encore le temps de faire un bilan.

Dès le départ, 2007 ne me disait rien qui vaille. Je n'avais pas tort: le 2 janvier, un fou furieux a semé la panique chez nous et nous a, pour de longs mois, plongés dans l'angoisse et la colère. C'est à cause de lui que nous nous sommes frénétiquement (et en vain jusqu'à présent) lancés dans la recherche d'une maison à acheter. A cause de lui que nous avons passé TOUS nos week-ends, de janvier à juin, puis de septembre à décembre, à visiter des maisons. Nous avons failli en acheter une, ça n'a pas marché, l'aventure nous a délestés de quelques milliers de $ et nous a laissé un goût amer. Alors que tout le monde chante sur tous les tons l'effondrement du marché immobilier, nous n'arrivons toujours pas à trouver une maison dans nos prix (et une fois que nous l'aurons trouvée, arriverons-nous à payer les impots locaux, qui sont les plus élevés des Etats-Unis?)
2007, ça a donc été l'année grise de l'inquiétude sourde, de la rancoeur, de la discorde. Ce que cet homme malfaisant a porté dans ma famille, c'est plus que la simple peur de se faire agresser par un déséquilibré. Il est à l'origine de tellement de complications, ma tentative (avortée) de changer de boulot, nos disputes à propos de nos plans à longs termes, nos dissensions sur les finances, les vacances, la scolarité des enfants. Peut-être que je lui mets beaucoup sur le dos, mais c'est son pétage de plomb qui a tout déclenché.
Quand je pense à l'état d'anxiété dans lequel je vivais en permanence, il y a un an. Quand je pense au malaise qui surgissait chaque fois que je rentrais chez moi. Comment voudrait-on que je pardonne et que je parle à cette femme (sa femme, ma collègue, qui l'a défendu alors qu'elle est elle aussi une victime de sa violence) comme si rien ne s'était passé? Je ne peux pas. Je ne peux pas.

Ah, mais il ne faudrait pas oublier le silver lining: après tout, sans cette crise, nous n'aurions pas obtenu la maison dans laquelle nous habitons maintenant. Cette petite maison que j'aime tellement, que je ne voudrais pas quitter. Le déménagement ici a été le point positif de cette année.

2007 a eu aussi ses beaux moments, il ne faut pas pousser non plus. En été, bien sûr...
Le week-end à Barcelone, cadeau que j'ai offert à ma petite soeur pour ses 18 printemps. L'occasion de se retrouver entre filles, avec ma cousine et ma soeur. Un régal. Un bonheur que cette ville, vibrante, chaleureuse, brouillonne et éclatante de beauté.


Une petite semaine dans le New Hampshire, chez Else, avec son fils. Quelques jours en parenthèse, suspendus au fil léger de l'amitié.


Le plus durable, peut-être, j'espère, de 2007, ce sont les liens qui se sont créés, renforcés - avec, entre autres, certaines d'entre vous!
Et surtout le lien noué entre Else et moi, cette corde sur laquelle je marche les mauvais jours et ce fil qui s'envole vers le ciel avec un ballon au bout, les jours de beau temps. Avec toutes nos années d'écart, nous aurions pu ne jamais nous "rencontrer". Je ne sais ce qui nous a fait franchir la distance. Son amitié m'est devenue infiniment chère.

Tuesday, January 29, 2008

J'ai bien fait

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J'ai bien fait d'aller bosser lundi.

* Même si je n'ai finalement pas présenté mon super Zebda projet (ma chef a réquisitionné toute la réunion pour s'auto-défendre/justifier; nous avons donc tous remballé nos cartons. Enfin, je ne sais pas si les autres étaient aussi prêts que moi, qui piaffais d'impatience). Tant pis, j'impressionnerai mes collègues une autre fois.
* Même si ma classe-cobaye, sur laquelle, après cette réunion un peu pénible, j'ai testé mon Zebda projet, a moyennement accroché. Peut-être aurais-je dû m'abstenir de préciser que le groupe a vu le jour en 1990 (pour moi, c'est hier à peine, mais eux n'étaient même pas nés...). Ah, bah, c'est une classe bêcheuse, de toute façon. Et je me suis rattrapée depuis avec des classes plus rigolotes qui ont apprécié, elles (les bons élèves, parfois, ils ont de sacrés angles morts. J'en sais quelque chose).
* Même si j'ai constaté une fois de plus la clanification du département, et ma mise à l'écart soulignée ici et là. Même j'ai pas dit mon dernier mot. Du coup, au lieu de m'isoler dans ma salle pendant mes (rares) heures libres, je reste dans le bureau. Quitte à visser mes écouteurs sur mes oreilles, mais au moins, j'occupe le terrain.
* Même si, après la journée de cours, il a fallu me farcir une réunion supplémentaire de deux heures (record battu), qui n'a mené à à peu près rien, étant donné qu'elle n'avait pas été sérieusement préparée par les responsables. Grrr.
* Même si je suis rentrée avec le cerveau à plat, des enfants énervés qui n'avaient pas profité de leur séjour prolongé à l'After-School pour commencer leurs devoirs (du coup, Dudie y était encore à 7 heures et demie ...), et une tonne de copies qui sont restées non corrigées (je n'ai même pas eu la tentation de les aérer, comme je fais d'habitude: elles sont restées dans mon sac. Prêtes pour un autre aller-retour maison-école-maison).

Oui, j'ai bien fait d'aller bosser, lundi.
  • Parce que c'était l'anniversaire de ma jeune collègue (27 ans, la vaurienne! Presque 10 ans de moins que moi!!) et que tout le monde l'avait oublié (ça en dit long sur l'ambiance...). Elle me l'a dit en arrivant, et elle est partie enseigner sa première classe. Moi, j'avais une heure de libre avant la fameuse réunion du département, j'en ai donc profité pour filer à la boulangerie acheter une super tarte aux airelles. Comme j'ai enfin réussi à faire (partiellement) fonctionner cet appareil impossible qui me permet d'écouter mon ipod dans la voiture, comme il faisait un soleil magnifique, comme c'était une heure à laquelle je ne vais jamais en ville, cette mini-escapade m'a ravie. Et ma petite collègue était toute émue.
  • Parce que l'énergie que j'ai investie dans la préparation de mon Zebda projet ne m'a pas quittée. Je ne sais d'où elle vient ni pourquoi ni comment, mais voilà, j'ai la pêche à faire peur à la pile alcaline (copyright: Zebda). Pourvu que ça dure... Pour l'instant, cette réserve de pensée positive coussine les ondes méchantes de mon entourage professionnel, l'apathie de certains de mes élèves, le montant des impots à payer, les garçons qui se battent, la pluie qui s'est mise à tomber...
Et puis, pour finir la journée, tisane et chocolat, celui que je viens de découvrir et auquel je suis déjà irrémédiablement accro...

Sunday, January 27, 2008

Tombez-la! (Pronoms objets)

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Parce que l'ambiance du département est pourrie;
Parce que, à peine revenue des vacances de Noël, ma chef est repartie pour une semaine dans les îles (ça ne se fait pas dans une école, autant vous dire que c'est très mal passé...);
Parce que la même a demandé à la collègue que je déteste (mon ancienne voisine...) de présenter "les merveilleux projets sur lesquels elle fait travailler ses élèves" à la prochaine réunion du département (lundi) à grands renforts de compliments hyperboliques et d'exagérations suspectes;
Parce que l'autre prof de français (en qui je croyais pouvoir avoir confiance) m'a démontré la semaine dernière qu'il n'était pas de mon côté;
Parce qu'en deux ans et demi, je n'ai été absente qu'un jour et une heure (mes enfants et moi-même faisons preuve d'une remarquable résistance aux microbes et virus depuis que nous vivons ici...);
Parce que ... un grand ras-le-bol et je les emmerde tous,

j'avais décidé de me faire porter pale demain lundi et de manquer par là-même la redoutée réunion de département durant laquelle l'horrible collègue doit se faire valoir avec ses extraordinaires projets.

Et puis... Samedi après-midi, d'un lieu inconnu, m'est venue une inspiration. J'ai renversé la vapeur. Arrière toute. Comment ça, moi, fuir? C'est Zebda qui m'a tirée de mon funk. De ma Toulouse natale, l'accent, la couleur, ils m'ont sauvée. Je ne sais pas pourquoi cette idée qui trainait dans ma tête depuis un moment a soudain pris forme. Mais bon sang, mais c'est bien sûr! Nous sommes en train d'étudier les pronoms compléments d'objets. Quoi, vous ne voyez pas où je veux en venir?

Alors écoutez:


Et puis, allez voir le clip que mes garçons adorent (et qu'ils regardent en boucle).
Voilà, avec un projet comme ça, j'écrase tout le monde avec ma pêche, comment entrer en compétition avec une telle activité pédagogique? J'ai tout: le rythme, les images de la banlieue toulousaine, l'humour, la diversité sociale et culturelle (je ne sais pas chez vous, mais ici "diversité" est le mot incontournable du moment), le pronom COD qui suit l'impératif et qui précède le verbe à l'indicatif autant que l'infinitif, je vais les éclabousser tous avec ma débordante bonne humeur. Qu'est-ce que j'ai dansé là-dessus! Voilà, non seulement je vais assister à cette #$&@* réunion, mais je vais être la star.
Bon, ce n'est pas grand chose, mais ça suffit à me remettre le coeur à l'ouvrage. Je trépine d'impatience (je suis sûre que mes élèves vont adorer Zebda). Je vais trancher dans le vif de la morosité ambiante. Yeah!

Bon, je vous raconterai comment ça s'est passé...