Les tennis de Dudie ont disparu de son casier de gym, il faut donc lui en acheter d'autres (après avoir remué l'école dans tous les sens pour les retrouver - je ne suis pas vraiment ravie de débourser pour une seconde paire de godasses en une seule saison, surtout qu'elles servent uniquement aux cours de sport). Mais le coach (à qui j'ai exprimé par e-mail mon mécontentement), après m'avoir assurée qu'il n'y pouvait rien (pas sa faute à lui si mon gamin s'est fait chourer ses tennis) (dans une école où les élèves laissent traîner leurs téléphones/appareils photos/ ordinateurs n'importe où sans que personne n'y touche), m'a fait une description tellement précise des chaussures qu'il fallait pour jouer au tennis qu'après avoir fait trois magasins, spécialisés soit dans le sport, soit dans les chaussures, nous étions toujours bredouilles. Parce que les tennis shoes n'ont rien à voir avec les running shoes, ou même les fitness shoes (je suis contente de le savoir).
Et donc voilà, l'après-école s'est déroulée de galeries commerciales en galeries commerciales, pour mon plus grand plaisir (ces endroits me donnent la nausée), avec deux gamins passablement fatigués et constamment en train de se chercher les puces. Arrivés à la maison (19h bien tassées), j'ai nourri les fauves (mesure nécessaire à qui souhaite bénéficier de quelques minutes de calme) et trouvé sur mon ordinateur, en trois minutes, les tennis shoes parfaitement comme il faut (le prix aussi comme il faut: $40. Je vais faire un peu durer mes chaussures à moi, parce qu'on ne peut pas tous renouveler la garde-robe de nos pieds en même temps...)
Et j'ai un peu le coeur qui pince, parce que je me dis que mon gamin a joué au tennis plusieurs jours de suite avec ses grosses godasses d'hiver (genre chaussures de randonnée) sans que personne ne lui ait rien dit. Preuve qu'une fois de plus, on ne prête guère attention à lui. Le petit maigrichon à lunettes qui court comme un pingouin ne sera jamais une star des courts de tennis - ou des terrains de foot, ou des salles d'escrime. Et pourtant il prend plaisir à pratiquer ces trois sports, messieurs les coachs. Il suffirait de l'encourager un tout petit peu, de lui donner un peu plus l'occasion de jouer, au lieu de le mettre constamment sur le banc. Ce n'est que le collège, et déjà la compétition fait rage, les coaches veulent aligner leurs meilleurs éléments, briller à travers eux. "Nous ferons notre possible pour que tous les enfants disputent un match, mais nous ne pouvons rien promettre". Les plus doués (et ceux qui prennent des leçons privées depuis des années) en disputeront plusieurs. Et les petits maigrichons qui courent comme des pingouins restent assis sur le banc.
Ah. j'avais pourtant dit que je me contentais de petits soucis, de problèmes simples, aujourd'hui. Du genre: où trouver des chaussures de tennis, taille 6, un mardi après-midi?
(La réponse, à cette question et à beaucoup d'autres est bien entendu: sur l'internet)
